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Propriétés des communautés religieuses: le maire Labeaume s'impatiente

Isabelle Porter   3 février 2012  Ville de Québec
Québec — Le maire de Québec, Régis Labeaume, trouve que le dossier des propriétés conventuelles dans l'arrondissement de Sillery n'avance pas et a pressé le ministère de la Culture d'agir hier.

«Le chien court après sa queue et personne ne prend de décision», a déploré M. Labeaume lors d'une réunion plénière sur l'avenir du patrimoine des communautés religieuses. «On entretient un peu le tiraillage entre le ministère et la Ville, et moi je [ne] veux plus ça!»

Voilà des années qu'on débat à Québec de l'avenir des grands domaines que possèdent les communautés le long du chemin Saint-Louis. L'appétit des promoteurs pour ces terrains a suscité toutes sortes de craintes chez des groupes de citoyens et défenseurs du patrimoine, qui plaident pour qu'on y aménage un parcours public.

En 2010, un comité de la Ville avait recommandé qu'elle fasse adopter rapidement son Programme particulier d'urbanisme (PPU) pour ce secteur, mais hier, le maire a dit craindre que le ministère de la Culture le bloque en raison de ses pouvoirs de contrôle sur l'arrondissement historique.

«La Ville ne proposera pas de PPU tant que le ministère de la Culture ne fera pas connaître ses intentions», a-t-il lancé.

Interrogée hier à ce propos, la ministre Christine St-Pierre s'est dite disposée à coopérer à l'élaboration du PPU mais a souligné que cela ne la priverait pas d'intervenir contre le résultat si nécessaire. «Ce que je comprends, c'est qu'il [le maire] veut faire le PPU en collaboration avec nous. C'est parfait, c'est ce qu'il faut faire. Cependant, le ministère reste responsable des arrondissements historiques et ne déléguera pas sa responsabilité. C'est lui qui va délivrer des permis.»

D'emblée, ajoute-t-elle, les intentions du ministère pour ce secteur sont connues depuis la publication en 2010 de son «cadre de gestion».

Selon la conseillère de l'opposition Anne Guérette, le maire cherche ainsi «à accuser quelqu'un d'autre d'être responsable» des délais. «C'est flou, il n'y a pas de plan d'action concret.»

Convertir un couvent en hôtel, pourquoi pas?

L'administration Labeaume a par ailleurs invité les promoteurs immobiliers à faire preuve d'imagination pour trouver de nouvelles vocations au patrimoine religieux sur l'ensemble du territoire.

Une étude qu'elle a commandée démontre qu'à Maastricht, aux Pays-Bas, par exemple, une chaîne hôtelière a converti avec succès un couvent en un établissement haut de gamme de 60 chambres.

Le document produit en mai par l'Agence INCA s'attarde aussi à l'achat par la maison d'édition Glénat d'un vieux couvent situé à Grenoble. Dans les deux cas, la participation de la Ville au financement du projet s'élevait à 10 %. Or, comme l'a souligné hier le consultant en patrimoine religieux Mario Dufour, les couvents sont beaucoup plus faciles à convertir que les églises.

La Ville de Québec abrite par ailleurs de beaux exemples d'églises aux nouvelles vocations, comme la bibliothèque du quartier Saint-Jean-Baptiste ou encore l'École de cirque dans Limoilou. Toutefois, comme l'a expliqué la conseillère responsable du dossier, Julie Lemieux, on manque encore souvent «d'inspiration» pour trouver à ces lieux une seconde vie.
 
 
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    3 février 2012 06 h 47
    Conversion?
    «Les couvents sont beaucoup plus faciles à convertir que les églises.» Quelle jolie expression! Le Vatican doit en frémir.

    Desrosiers
    Val David
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  • Gilles Delisle - Abonné
    3 février 2012 09 h 02
    Le pire danger pour le patrimoine des communautés religieuses est. . . . . . .
    .. . . . . . de laisser un maire développeur s'occuper de cela!
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  • northernbud - Inscrit
    3 février 2012 10 h 01
    Expropriation
    Toutes ces communautés de parasites ont trop longtemps profité de congés fiscaux de la part des divers niveaux de gouvernement tout en accumulant des avoirs et en utilisant les services publics (aqueduc, égouts, sécurité publique et j'en passe...) à l'oeil. Leurs prétendues "bonnes oeuvres", intéressées, leur servant de justification. Il est temps que ça cesse et que quelqu'un mette ses culottes. S'il y a des besoins ou du potentiel à développer (pas n'importe comment, évidemment) que l'on reprenne nos biens tout simplement.
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  • Joho - Inscrite
    3 février 2012 11 h 50
    Go labeaume Go
    Il faut se rappeler que ces terrains sont situés sur les hauteurs avec vu sur le Saint-Laurent, que la mairesse Boucher voulait attirer des millionnaires et créer un immense quartier clôturé pour récolter des précieuses taxes. Il aura fallu la mobilisation des résidents pour freiner suffisamment longtemps les délires de Boucher pour que les promoteurs lâchent le morceau.

    Si Boucher n'avait aucune envergure c'est totalement différent avec Labeaume, il ne cédera pas ces terrains à une clique de millionnaires, déjà qu'il y en a qui s'installent dans le vieux Québec et qui exigent que plus rien ne se construisent autour d'eux, les activités les dérangent et ils se lamentent. Comme le dit Labeaume, si des millionnaires veulent la tranquilité, il y a du bois tout le tour de Québec.
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  • Robert Dufresne - Abonné
    3 février 2012 12 h 31
    Respect
    Les communautés religieuses sont propriétaires dons, par définition ont la jouissance de leurs biens. S'ils veulent vendre c'est leur droit, s'ils ne veulent pas aussi. C'est également leur droit de vendre à qui ils veulent.

    Alors moi à leur place je conseillerais à Narcisse Lebaume, même s'il porte ses culottes, de rester poli parce qu'il pourrais bien se retrouver le bec à l'eau, encore une fois.
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  • nicole dorion-poussart - Inscrite
    3 février 2012 15 h 29
    Le patrimoine du futur !
    Le Kripalu Center for Yoga and Health, situé au milieu d’un immense parc à Stockbridge, Massachusetts, est un noviciat et séminaire construit par les Jésuites en 1957. Il constitue un exemple remarquable de la conversion d’un bâtiment conventuel.

    Sa vocation a exigé très peu de changements architecturaux: les chambres, le réfectoire et les aires de séjours ont conservé le caractère spartiate de l’époque jésuite, ce qui correspond tout à fait à l’esprit yogique.

    Pourquoi ne pas envisager l’établissement d’un tel centre dans une propriété conventuelle de Sillery, située elle aussi dans un vaste parc avec vue sur le fleuve? Elle conserverait toute sa richesse patrimoniale, car n’exigeant peu de modifications.

    Combiné avec les attraits remarquables de la ville de Québec, elle pourrait devenir un centre de yoga international, comme Kripalu. À mon sens, ce type de tourisme intéressé par la santé du corps et de l’esprit correspond tout à fait au marché présent et futur, bien plus qu'un hôtel luxueux dont la ville est déjà bien pourvue.
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  • camelot - Inscrit
    3 février 2012 16 h 15
    Pour calmer
    Son impatience, Labeaume devrait se procurer quelques livres d'histoire du Québec, dont le dernier Vaugeois-Lacousière accessible aux adolescents.
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  • northernbud - Inscrit
    3 février 2012 16 h 24
    @Robert Dufresne
    Un propriétaire d'un bien immobilier qui ne paie jamais ses taxes se fait saisir ce bien par les autorités.

    En plus, la plupart des acquisitions des ces communautés religieuses se sont faites sur la base de donnations. legs ou ventes à rabais, à une époque où le prix de l'immobilier était risible.

    La plus-value que ces communautés encaissent lorsqu'ils vendent certains de ces actifs n'est pas taxée non plus. Et croyez moi, du fric ils en font lorsqu'ils se mettent en mode vente. J'en sais quelque chose. ayant moi même déjà transigé avec une communauté pour un lopin de terre dans la région de Québec.
    Et les communautés n'ont pas fini d'en faire du fric : saviez vous que les plus grands propriétaires terriens privés au Québec sont des communautés religieuses ?

    Nos bons curés nous ont longtemps maintenus dans la peur, l'ignorance et la pauvreté (avec la complicité des gouvernements et des "notables" de l'époque) ; il est temps de les déboulonner et de reprendre ce qui nous appartient comme peuple.
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