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Questions d'image - Colère à Bixiland

L'affaire est entendue. Posséder une flotte publique de vélos pour faciliter les allées et venues dans le centre-ville de Montréal constitue une nette amélioration dans la relation que notre ville tisse avec ses écocitoyens et ses écotouristes. Cela inscrit également la pratique et la présence de la bicyclette dans les us et coutumes des usagers des rues de la cité — ce qui n'est pas si évident et ne se fera pas d'un coup de baguette magique.

L'expérience inspirée d'Europe me paraît plus que louable, la première qualité qu'elle possède étant de réduire, en principe, le flot et le nombre d'automobiles qui empruntent les mêmes rues et, par le fait même, de limiter les émissions délétères si nuisibles à l'environnement urbain. Bref, il est bien difficile d'être contre la vertu et je m'en voudrais de ne pas saluer la chose comme l'ont fait tant de confrères. J'irai même jusqu'à dire: bienvenue au Bixi et, j'espère, longue vie.

Je n'épiloguerai pas sur son lancement cacophonique dans la presse et sur le Web. Un «faux blogue» a en effet irrité, et à raison, grand nombre d'internautes et dérangé également le petit village publicitaire. Comment peut-on faire un faux blogue? Tout simplement en se faisant passer pour un autre, un quidam, un anonyme, un prétendu passionné d'écologie et de petite reine... et en faisant des commentaires élogieux (un peu gros d'ailleurs) sur les bienfaits du Bixi.

Supercherie énorme et dénoncée qui fit d'emblée deux victimes: le lancement du Bixi, et c'est dommage, et l'image déjà pas bien reluisante de la communauté publicitaire. (Puisque ce faux blogue fut créé de toutes pièces par une agence, qui pensait user d'un habile stratagème pour séduire une cible naturellement «amie», la communauté cycliste elle-même). Une fois de plus, dans les pratiques hasardeuses, l'arroseur fut copieusement arrosé.

Un véritable tollé, mesdames et messieurs, sur Facebook, sur Twitter, sur les sites des médias. Mes alertes et veilles personnelles, la journée durant, ont porté mon attention sur une multitude de commentaires et d'articles à propos de «l'événement» en question. Ma consoeur Marie-Claude Ducas, sur le site d'Infopresse, le magazine professionnel de notre industrie, résuma fort bien l'incident, en tirant les enseignements idoines de cette affaire. Les esprits se calmant, je m'interrogeais sur la véritable nature de ce «cyber-coup de gueule».

«Touche pas à mon blogue!» semble être le cri de ralliement des internautes. Des internautes d'ordinaire assez prompts aux délires de toutes sortes lorsqu'il s'agit de critiquer, de commenter les pratiques ou événements de la vie publique, sans autre forme de retenue. Je me garderai bien d'amalgamer tous les internautes à ce chapitre, mais je suis bien obligé de constater que certains d'entre eux n'apprécient guère qu'on leur serve la médecine qu'ils nous servent continuellement dans la blogosphère.

Ne soyons toutefois pas naïfs, il existe désormais de nombreux similiblogues ou des blogues qui, plus pernicieusement, font l'objet d'une surveillance constante quand ils ne sont pas tout bonnement infiltrés par des internautes qui poursuivent d'autres visées que celles d'entretenir une simple conversation sur un sujet donné. Après tout, le principe même du blogue autorise voire encourage toute forme d'expression libre, le plus souvent dans l'anonymat le plus complet. Pas de quoi s'étonner.

Cette colère contre le lancement du Bixi était-elle nécessaire? Je n'en ai pas la moindre idée. Comme toute bonne colère, elle a dû en soulager plus d'un. Mais le véritable enjeu est ailleurs. Le succès du Bixi repose désormais sur ses pédales. Le prix, a priori élevé, de son abonnement (deux à trois fois plus cher qu'en Europe) fait craindre des hésitations bien compréhensibles à l'essai. Nombre de commentaires d'internautes faisant mention que sa propre bicyclette revient quand même moins cher à l'usage. À l'heure des partenariats public-privé et pour justifier le coût, le Bixi joue les puristes et refuse d'arborer sur ses flancs toute forme de publicité, se distançant du même coup des initiatives européennes. C'est un choix. Mais permettre la présence très discrète de la publicité (comme c'est le cas du Vélo'v lyonnais et du Vélib' parisien) aurait permis de réduire les coûts de location de moitié. C'est un pensez-y bien.

****

Jean-Jacques Stréliski est spécialiste en stratégie d'images.
 
 
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  • Robert Henri - Inscrit
    19 mai 2009 05 h 44
    Le Bixi, pas de problème
    Excepté son nom mais... Bof!

    Les faux blogs... Il faudrait poursuivre pour publicité mensongère, usurpation d'identité, tromperie tous les auteurs de tous les faux blogs qu'on trouve sur le Net.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    19 mai 2009 06 h 15
    Tout à fait d»'accord avec ce que vous dites à la fin sur le Bixi.
    Effectivement, j'ajouterais qu'en utilisant la publicité à bon escient, le Bixi aurait pu être aussi un instrument pour sensibiliser les gens, entre autres, à l'écologie et à l'environnement. D'autant plus, comme vous dites, que ça aurait pu en réduire les coûts à l'usage.

    jm
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    19 mai 2009 07 h 20
    Supercherie ou norme?
    À n'en pas douter, les auteurs du faux blogue étaient certes, avant que la supercherie ne soit découverte, très fiers de leur coup. Certains collèges, mis au parfum, les ont peut-être félicités. Mentir, dissimuler, tromper, jeter de la poudre aux yeux, c'est la nature même du métier de publicitaire, de relationniste et de faiseur d'image. Ce qui étonne, c'est que certains s'en étonnent.

    Pierre Desrosiers
    Val David
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  • Rironie - Inscrit
    19 mai 2009 09 h 14
    Tuer la compétition?
    L'hiver dernier, j'ai pu constater que les déneigeurs à chenille prenaient un plaisir fou à rentrer dans toutes bicyclettes attachées sur les trottoirs de mon quartier (plateau). J'en ai vu des dizaines qui ont été ainsi amochées. Étaient-ce des initiatives personnelles de la part des cols bleus, ou l'exécution d'une directive pour tuer la compétition de la nouvelle Bixi? Question sans réponse...
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  • Jean-Serge Baribeau - Abonné
    19 mai 2009 11 h 30
    Je hais profondément la pub, ce «mal nécessaire»!
    Le problème fondamental dans toute cette question, c'est la putasserie profonde de la publicité, des agences de publicité, des commandites et de tout ce qui concerne ce monde factice et prétentieux qu'est le monde des «spécialistes» du marketing et de la pub.

    La pub constitue une propagande plus pernicieuse que celle que l'on retrouvait (ou retrouve) dans les sociétés communistes où l'on vantait les charmes du merveilleux parti en place, porteur incontestable des aspirations du prolétariat souffrant.

    Je pense qu'avec la pub et des horreurs comme la téléréalité, on est en train de perturber profondément la capacité de distinguer le vrai et le faux.

    Jusqu'à ma mort je combattrai cette pute qu'est la pub. Cela même si je sais que la pub finance des médias indispensables et des événements souvent très valables.

    Inspiré par ce vieil Ubu, je dis MERDRE!

    Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias
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  • Claude Archambault - Inscrit
    19 mai 2009 20 h 06
    @ M. St-Amand
    Les bisyclette c'est pour l'été. Et si elles étaient laissées attachées sur la rue en hivers, et bien le trottoir n'est pas un entrepot, de plus si elles étaient en usage alors comme les voiture elle doivent laisser le champs libre.
    Pas de pitié pour ceux qui ont trop de service fourni et n'ont pas un sous à payer.
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  • André Loiseau - Abonné
    19 mai 2009 22 h 53
    @ M. Baribeau
    Vous avez parfaitement raison et j'aime cette image des débuts de la pub, les lavages de cerveaux à grandeur du pays sous le communisme dictatorial. Ils trompèrent tout le monde, au temps de Staline, certains jusqu'à la mort.
    La pub est une pute dont on achète les produits dérivés ad nauseam. C'est une chienne qui impose ses vacarmes, ses chaînes et notre abrutissement collectif.
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  • Svetozar Vesic - Abonné
    20 mai 2009 10 h 10
    La pub
    Je trouve pathétique, fatiguant, envahissant et fourbe qu'aujourd'hui en 2009 on tente encore de nous faire du lavage de cerveau en nous proposant - que dis-je - imposant ! des produits par la pub à travers la TV, la presse, et tout support qu'ils peuvent trouver (même des vélos ?), comme si on était tous des imbéciles auxquels il est facile de vendre sa salade et sa camelote. Il faut vraiment vouloir emmerder les gens dans leur salon pour se permettre de couper un film toutes les trois minutes avec de l'information débile appelée publicité; pensent-t-ils vraiment que je reste sur le même poste pour gober leurs cochonneries ? ne réalisent-t-ils pas que c'est une perte de temps et d'argent pour eux comme pour nous ? si j'ai besoin d'un produit j'irai sur le Net et/ou au magasin, j'ai pas besoin de quelqu'un pour me dire quoi acheter ou ce qui est le mieux pour moi. Publicitaires (et indirectement ceux qui fricottent avec vous, à savoir les propriétaires de canaux de télévision que l'on paye déjà trop cher mais qui n'ont jamais assez de sous), si vous vouler vanter vos produits et tenter de nous les vendre, servez-vous de vos sites web et des journaux, on ira vous voir SI ON VEUT, mais venez pas me casser les c.... dans mon salon.
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  • Jean C. Lemieux - Abonné
    20 mai 2009 17 h 19
    Le Bixi, aux taxes citoyens!
    Le lancement du Bixi a provoqué beaucoup de commentaires défavorables, surtout en raison de son coût d'utilisation et du mensonge grossier du blogue Morrow.
    Pour ma part les bras me sont tombés quand j'ai entendu mentionner le coût des BIXI: 15 millions de dollars (15 000 000$) pour 3000 vélos - 5 000$ par vélo! Ces machines qui pèsent une tonne et n'ont que trois roues d'embyayage coûtent plus cher que les bicycles du Tour de France.
    Et on a pas vu encore les coûts d'opération et d'entretien qui devraient excéderont probablement les revenus par 3-400%.
    Le Bixi c'est les compteurs d'eau divisés par 20, même mauvaise administration, même laxisme, sans considération aucune pour ceux qui payent la note.
    Citoyens, à vos taxes partez! Et ne vous plaignez surtout pas du coût, vous êtes assis sur un siège digne de Lance Armstrong
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  • Éric Perreault-Chamberland - Inscrit
    20 mai 2009 20 h 31
    Bixi et fausse pub...
    On est à l'ère de l'information, de la mésinformation et de tout ce qui suit. Le sens critique et le jugement sont des caractéristiques qu'on vient presqu'à perdre tellement il y a d'éléments à gérer, tellement de fausses vérités, de demi-mensonges, de factices.

    Les spécialistes de la publicité et al. sont la cause même de la surconsommation. C'est simple, c'est leur objectif!

    Sans un changement de paradigme et de système économique basé sur la consommation et le « JE », l'égo et le besoin de répondre à « mon besoin », on s'en va dans le décor.

    Effectivement que le Bixi est une excellent initiative. Néanmoins, mon vélo me coûte absolument rien (déjà payé) sauf quelques mises au point et entretien régulier.

    Je rêve du jour où je verrai des rues entières réservées aux autobus et aux vélos/patins à roues alignées/piétons, tramway électriques, etc.
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  • ludovic Hebert - Inscrit
    28 juillet 2010 15 h 34
    Mon velo'v
    Oui, il est bien pratique et de plus il est associé à ma carte-pass metro-bus-tram. Oui, son coût est partiellement financé par la Pub et alors, dites-moi comment faire pour se deplacer à moindre coût et rendant la ville plus vivable. Je vous donne encore une autre information: la societé Decaux organisatrice de Velo'v nous fourni également de "vespasienes" (toilettes public) gratuites et automatisées à chaque usage. Et maintenant elles fonctionnent !
    N'est pas belle la ville avec un peu de Pub bien reglementée et inserée dans de jolis panneaux aussi Decaux dessinés par Starck!

    Velo'v nous a changé la vie et bien d'autres nous ont imité....Bravo continuer à pedaler.
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