Lettres - Pire que la pauvreté, l'indifférence
Probable conséquence de la récession des années 2008-2009: Laval n'a pas été épargnée et 25 % de sa population vit sous le seuil de la pauvreté. Deuxième conséquence probable de la récession: les banques alimentaires de Laval ont enregistré une croissance accrue de leurs services, mais surtout l'émergence de deux nouvelles clientèles: les étudiants et les aînés. Troisième conséquence probable de la récession: plus de 2000 familles ne pouvaient plus payer leurs taxes foncières (d'après 11 pages pleines publiées dans un journal de Laval, le 30 octobre 2011).
Lorsqu'on ne peut plus payer nos taxes, il est probable que les factures d'électricité sont aussi en souffrance. Et si par-dessus le marché nous n'avons pas les moyens de réparer un toit qui fuit, alors on vit dans un taudis, même s'il y a un écran plat HD de 60 pouces dans le salon. C'est la dernière étape avant de perdre sa famille, son travail, sa dignité. Puis on se retrouve à la rue.
Le mois dernier, à l'assemblée municipale de Laval, monsieur Vaillancourt, notre maire, affirmait sans sourciller qu'il n'y a pas de taudis à Laval.
Il y a des taudis à Laval. Il y en a même beaucoup: j'en connais.
Mais pire que les taudis, les coquerelles, les fuites, le froid et l'itinérance, la pire chose qui puisse arriver à la pauvreté, c'est d'affirmer qu'elle n'existe pas. C'est de ne pas reconnaître que ça existe, les taudis à Laval. Surtout lorsque ça vient du premier magistrat de cette ville!
Le mois dernier, j'ai invité le maire à venir comprendre la douleur et le désarroi de ces 60 000 usagers des métros de Laval, qui attendent patiemment une place dans une rame bondée: il a décliné mon invitation.
Hier soir, au conseil municipal, il a encore refusé mon invitation d'aller visiter un taudis de sa ville. C'est dommage, il aurait pu certainement découvrir une réalité qui semble lui échapper.
***
Pierre Anthian - Laval-des-Rapides, le 6 février 2012
Lorsqu'on ne peut plus payer nos taxes, il est probable que les factures d'électricité sont aussi en souffrance. Et si par-dessus le marché nous n'avons pas les moyens de réparer un toit qui fuit, alors on vit dans un taudis, même s'il y a un écran plat HD de 60 pouces dans le salon. C'est la dernière étape avant de perdre sa famille, son travail, sa dignité. Puis on se retrouve à la rue.
Le mois dernier, à l'assemblée municipale de Laval, monsieur Vaillancourt, notre maire, affirmait sans sourciller qu'il n'y a pas de taudis à Laval.
Il y a des taudis à Laval. Il y en a même beaucoup: j'en connais.
Mais pire que les taudis, les coquerelles, les fuites, le froid et l'itinérance, la pire chose qui puisse arriver à la pauvreté, c'est d'affirmer qu'elle n'existe pas. C'est de ne pas reconnaître que ça existe, les taudis à Laval. Surtout lorsque ça vient du premier magistrat de cette ville!
Le mois dernier, j'ai invité le maire à venir comprendre la douleur et le désarroi de ces 60 000 usagers des métros de Laval, qui attendent patiemment une place dans une rame bondée: il a décliné mon invitation.
Hier soir, au conseil municipal, il a encore refusé mon invitation d'aller visiter un taudis de sa ville. C'est dommage, il aurait pu certainement découvrir une réalité qui semble lui échapper.
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Pierre Anthian - Laval-des-Rapides, le 6 février 2012
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