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Lettres - Pire que la pauvreté, l'indifférence

Pierre Anthian - Laval-des-Rapides, le 6 février 2012  8 février 2012  Villes et régions
Probable conséquence de la récession des années 2008-2009: Laval n'a pas été épargnée et 25 % de sa population vit sous le seuil de la pauvreté. Deuxième conséquence probable de la récession: les banques alimentaires de Laval ont enregistré une croissance accrue de leurs services, mais surtout l'émergence de deux nouvelles clientèles: les étudiants et les aînés. Troisième conséquence probable de la récession: plus de 2000 familles ne pouvaient plus payer leurs taxes foncières (d'après 11 pages pleines publiées dans un journal de Laval, le 30 octobre 2011).

Lorsqu'on ne peut plus payer nos taxes, il est probable que les factures d'électricité sont aussi en souffrance. Et si par-dessus le marché nous n'avons pas les moyens de réparer un toit qui fuit, alors on vit dans un taudis, même s'il y a un écran plat HD de 60 pouces dans le salon. C'est la dernière étape avant de perdre sa famille, son travail, sa dignité. Puis on se retrouve à la rue.

Le mois dernier, à l'assemblée municipale de Laval, monsieur Vaillancourt, notre maire, affirmait sans sourciller qu'il n'y a pas de taudis à Laval.

Il y a des taudis à Laval. Il y en a même beaucoup: j'en connais.

Mais pire que les taudis, les coquerelles, les fuites, le froid et l'itinérance, la pire chose qui puisse arriver à la pauvreté, c'est d'affirmer qu'elle n'existe pas. C'est de ne pas reconnaître que ça existe, les taudis à Laval. Surtout lorsque ça vient du premier magistrat de cette ville!

Le mois dernier, j'ai invité le maire à venir comprendre la douleur et le désarroi de ces 60 000 usagers des métros de Laval, qui attendent patiemment une place dans une rame bondée: il a décliné mon invitation.

Hier soir, au conseil municipal, il a encore refusé mon invitation d'aller visiter un taudis de sa ville. C'est dommage, il aurait pu certainement découvrir une réalité qui semble lui échapper.

***

Pierre Anthian - Laval-des-Rapides, le 6 février 2012
 
 
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  • France Marcotte - Abonnée
    8 février 2012 08 h 28
    Pire que l'indifférence, le déni
    Le maire veut vivre dans sa ville imaginaire, dans sa vue de l'esprit de sa ville.
    Il n'est pas le seul.

    Une des priorités actuelles est certainement de se rendre compte de l'état des lieux, de constater sans complaisance.
    Simplement subversif.

    Vous êtes un brave homme, monsieur Anthian.
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  • Manon G - Abonné
    8 février 2012 09 h 58
    Et il n'y a pas que Laval...
    Si la pauvreté chez nous prends des aspects moins spectaculaires que dans certaines régions du monde, elle n'en existe pas moins. C'est un sujet tabou...
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  • Michele - Inscrite
    8 février 2012 10 h 43
    600 piastres par mois
    Comment une personne peut-elle bien joindre les deux bouts avec environ
    600$ par mois?
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  • MJ - Inscrite
    8 février 2012 11 h 17
    Le quart de la population de Laval vivrait sous le seuil de la pauvreté
    Cette proportion semble énorme. Si tel est le cas, il n’est pas étonnant alors d’observer parallèlement une augmentation de la fréquentation des banques alimentaires (étudiants et aînés en majorité, selon M. Anthian). Cette marche vers la pauvreté s’accompagne d'arrérages de comptes divers dont le compte de taxes foncières, entraînant la perte pour de nombreux citoyens de leur maison, à la suite de la vente pour taxes impayées. Les pertes d’emplois et l’impossibilité pour certains de retrouver un autre emploi ou des gains similaires à ce qu’ils obtenaient sont évidemment parmi les facteurs importants d’appauvrissement.

    C’est donc un drame pour tous ces individus et ces familles qui se retrouvent plus démunis et dans l'incertitude quant au présent et au futur. S’ajoutent fréquemment à ces difficultés financières des conflits conjugaux et familiaux aboutissant à une rupture du couple, et des problèmes de santé mentale (anxiété, dépression, troubles du sommeil, etc.). Cette pauvreté toucherait surtout les étudiants (une jeune clientèle qui dépend de prêts et bourses insuffisants et ne permettant pas de combler leurs besoins essentiels) et beaucoup d'aînés dont les revenus de retraite sont insuffisants pour boucler leur budget. Cette pauvreté devrait être prise au sérieux par les autorités municipales, provinciales et fédérales afin de trouver des moyens d’action efficaces pour aider ces personnes et ces familles.
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  • MJ - Inscrite
    8 février 2012 11 h 22
    Le quart de la population de Laval vivrait sous le seuil de la pauvreté (suite et fin)
    Le désintérêt et le déni du maire de Laval, Gilles Vaillancourt, à l’égard de la pauvreté dans sa Ville, n’est pas à son honneur. Alors qu’il devrait être bien informé de cette situation, étant maire de Laval depuis 1989, et actuellement à son cinquième mandat. Il a donc eu tout le temps nécessaire pour voir évoluer la situation économique et financière de ses concitoyens, lui dont le parti PRO s’est fait rembourser, lors de la campagne électorale de 2009, des dépenses électorales de 517, 259 $ dont au moins la moitié du montant était incompatible avec les balises spécifiées dans le règlement municipal et la Loi sur les Cités et Villes. Voir à ce propos l’article du journal Le Devoir du 7 juillet 2011:
    http://www.ledevoir.com/politique/villes-et-region

    Les Lavallois doivent demeurer solidaires et ne pas baisser les bras devant l’inaction de leur maire en ce qui concerne les problèmes de pauvreté à Laval, et s’impliquer davantage politiquement afin d’insuffler des actions et des mesures pour diminuer l’incidence de la pauvreté et ses effets néfastes sur les citoyens. D’ailleurs, je suis prête à parier que cette situation de pauvreté n’est pas exclusive à la Ville de Laval, la deuxième ville la plus populeuse au Québec.
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  • real@realo.ca - Abonné
    8 février 2012 13 h 18
    merci
    Vous êtes un brave homme, monsieur Anthian.
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  • Jean Tremble - Inscrit
    8 février 2012 13 h 43
    Clarenceville
    << (…) Les banques alimentaires de Laval ont enregistré une croissance accrue de leurs services, mais surtout l'émergence de deux nouvelles clientèles: les étudiants et les aînés. Troisième conséquence probable de la récession: plus de 2000 familles ne pouvaient plus payer leurs taxes foncières…>>

    Voilà un scénario qui peut probablement s’appliquer à la grandeur de la province… Je songe notamment à un article de presse d’il y a quelque temps, lequel m’apprenait que la région de Clarenceville recèle une importante population de nécessiteux, tellement que l’article témoignait du désarroi des instituteurs du coin qui doivent recevoir en classe des élèves littéralement affamés, qu’ils nourrissent tant bien que mal à même leur salaire…

    Par ailleurs, parce que l’appauvrissement de la population entraîne des tensions sociales, je me demande si le renforcement de la répression auxquels nous convient actuellement les autorités ne correspond pas à cette déliquescence du progrès social que nous constatons actuellement.
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  • Bernard Gervais - Abonné
    8 février 2012 13 h 53
    Attitude déplorable
    Aux infos télévisées d'hier à Radio-Canada, un reportage sur la pauveté à Laval. Parmi les gens interrogés, une responsable d'une d'une banque alimentaire, qui disait voir sa clientèle augmenter beaucoup, ainsi que de simples Lavallois parlant de dos pour ne pas être reconnus et qui, de leur côté, déclaraient que, depuis plusieurs mois, ils n'arrivaient plus et n'avaient d'autre choix que de fréquenter un établissement de ce genre afin de pouvoir se nourrir.

    Déplorable de voir, en lisant la lettre de M. Anthian, que le maire Vaillancourt reste si indifférent à cette réalité de sa ville.

    C'est tellement plus facile et rassurant de continuer de croire qu'on dirige toujours une ville prospère et que c'est ailleurs qu'il peut y avoir des pauvres et des taudis !
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  • Solange Bolduc Solange Bolduc - Abonné
    8 février 2012 17 h 28
    @François Legault
    Il faudrait demander à M. Legault ce qu'il compte faire de cette situation à Laval, à Montréal, et partout au Québec. Est-ce qu'il compte proposer à ces gens de faire des affaires pour s'en sortir, et surtout de leur en donner les moyensf?
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  • Jean Tremble - Inscrit
    8 février 2012 22 h 56
    Phrase complexe…

    Si je n'avais pas eu la berlue, il aurait fallu lire dans ma précédente :

    (…) Je me demande si le renforcement de la répression à laquelle nous convient actuellement les autorités…
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