À l'école de la vie, l'expérience est le diplôme
Affiche du film Kindergarten Cop de 1990 (© Universal) parodiée et publiée sur Twitter (@lvitalis).
Elle n'est pas à vendre, ce n'est pas une application disponible pour votre iPhone, on ne la gagne qu'au prix du temps, des risques qu'on a pris ou de la guigne qui nous est tombée dessus. C'est le diplôme que la vie vous décerne pour avoir répondu «présent» chaque matin, que ça plaise ou non, sans égard pour le prestige social, le pognon ou la beauté.
Et vient un temps où il ne vous reste plus que ça, un autre mot pour «sagesse» ou «désillusion». C'est mon droit d'aînesse, ce sont mes légions d'honneur rien qu'à moi, mes cicatrices honorifiques, mes points Air Miles.
Alors que s'apprêtent à siéger au Parlement canadien de dignes représentants de la génération Y — dont le plus jeune, Pierre-Luc Dusseault, un ado de 19 ans, faisait la une du Globe and Mail la semaine dernière —, on peut s'attendre à beaucoup d'ingénuité si on se fie à des phrases comme: «Je le savais que j'allais gagner...»
Je m'intéresse beaucoup à cette génération qui me suit, celle de 1979 à 1995. Je compte quelques amitiés dans ses rangs, je ne les mets pas tous dans le même sac, loin s'en faut, mais je m'amuse à lire des ouvrages à saveur socio-psycho-comportementale les concernant.
L'auteur de Génération Y, Carol Allain, qualifie les X de ma génération (1962 à 1978) par le mot «désenchantement» et les Y par «séduction». «Ils aiment s'afficher, s'affirmer et surtout... séduire», écrit-il. On leur a prêté toutes sortes de défauts, allant de l'irresponsabilité sociale (je faisais pire à leur âge) au refus de l'autorité et au goût des voyages à Vegas. Ce sont des consommateurs, épris de gratifications immédiates, plus pragmatiques et moins rêveurs que les générations précédentes. On les dit aussi plus intransigeants et bébés gâtés.
Même si certains prennent la formule «copier-coller» pour de l'innovation, je les trouve souvent plus finauds et beaucoup mieux informés (Web 2.0 et communication en mouvement, c'est eux) que nous ne l'étions. Moins naïfs, plus cyniques parfois, mais pour l'expérience, eh, rien ne sert de tirer sur ses cheveux gris pour les faire pousser.
Innovation versus expérience
Les nouvelles technologies les servent bien face aux générations qui les précèdent, plus malhabiles et le cerveau encore formaté pour lire un livre de 500 pages. Mais le contenant ne fournit pas le contenu. Je n'oublierai pas de sitôt cette entrevue accordée par un Y qui consultait son BlackBerry en répondant à mes questions. «Ils font tous ça!», m'ont indiqué les membres de son équipe, tentant de banaliser son geste. C'est bien ce qui m'inquiète: la loi du nombre!
«Aucun employeur ne pourra s'effacer derrière son bureau et traduire ses intentions par son titre ou se reposer sur son ancienneté pour muscler ses propos», écrit encore Carol Allain à propos des Y.
Tiens, à ce sujet, j'écoutais en février dernier le «Conseil des Y» à l'émission L'après-midi porte conseil. Tous les lundis, on peut entendre quatre jeunes très articulés — deux gars, deux filles — prendre position sur un thème. Mon préféré reste le comédien Émile Proulx-Cloutier, 28 ans.
Sur la question «Les syndicats ont-ils un avenir?», il remettait à sa place son co-Y Alexandre Forest, ce dernier prônant carrément la méritocratie et les compétences sur l'ancienneté, surtout dans les domaines humains (éducation, santé, gouvernement (!)).
Les filles aussi étaient contre cette idée pétrie de clichés «des gens qui s'achètent une job avec leur incompétence» qui a donné naissance aux syndicats pour contrer l'arbitraire patronal. Le débat était lancé.
«Je préfère quelqu'un qui a enseigné à 3000 élèves et qui possède un trésor en lui qui est plus grand, à quelqu'un qui a enseigné à 300!, s'est élevé Émile en faisant peut-être référence à la maîtrise de l'orthographe, le trésor d'une langue.
Il n'a pas tort. Un vieux con est toujours moins con qu'un jeune con. C'est mathématique, même si les deux restent cons.
En vieillissant, le métier de vivre s'incrustant, on devient plus intelligent. On maîtrise mieux les outils et les règles du jeu. Et tout le monde sait, depuis les travaux popularisés par le psychologue américain Daniel Goleman sur l'intelligence émotionnelle, que ladite intelligence est plurielle. Certains ont une intelligence académique, sociale, émotionnelle. D'autres ont assez d'intuition pour la faire passer pour de l'intelligence. En tout cas, ils la mettent au service de leur expérience, cocktail redoutable qui peut servir bien des vieux roublards de la politique.
Le printemps approche
«L'expérience, c'est TOUT», m'a déjà soufflé le père André Barbeau, qui dirige l'abbaye Val Notre-Dame (déménagée d'Oka à Saint-Jean-de-Matha).
L'âgisme est une nouvelle forme de suicide, j'imagine, un pacte avec l'oubli qui gagne en popularité chez de plus en plus de jeunes. Autrefois, le conseil des anciens apportait son expérience et le recul sur la vie en société. On consultait cette bande de sages désormais retirés de l'action pour se concentrer sur la réflexion. C'est d'ailleurs pourquoi on dit un «jeune juge de 40 ans». Certains postes exigent une maturité, une expérience de la vie (et une recommandation du PM) que nul diplôme ne peut supplanter.
J'ai longtemps fait appel aux lumières de mon grand-père Alban lorsque mon canot prenait l'eau. Il avait complété une 4e année mais il était né en 1909 et il a manoeuvré sa barge au sec pendant 96 ans. Sa philosophie enracinée m'aidait beaucoup: «Faut en avoir pour en perdre», «Pogne pas le "stretch", c'est pas bon pour la santé!», «Le printemps va revenir, tu vas voir».
Ces brèves du quotidien, en moins de 140 caractères, m'apaisaient. Je percevais dans le ton tout le poids de l'expérience qui me faisait défaut. Et je mesurais la valeur de l'héritage transmis.
En vieillissant, on voit venir de plus loin même si la myopie s'installe, on plastronne peut-être moins pour masquer son inexpérience, on sait qu'on ne transmet pas 10 % de cette ressource naturelle qui imbibe tous les proverbes du cru dans tous les pays du monde.
À 20 ans, je savais tout. À 40 ans, je doutais de tout. À 60 ans, je pourrai chanter comme Gabin: «La vie, l'amour, l'argent, les amis et les roses. On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses. C'est tout ce que je sais, mais ça, je le sais.»
***
cherejoblo@ledevoir.com
twitter.com/cherejoblo
***
Et les zestes
Aimé: le rajeunissement du magazine français Nouvelles Clés. La dernière édition (avril-mai 2011) nous donne à lire un débat sur «Comment redonner du rêve à notre jeunesse» au moment où les Y français semblent avoir perdu espoir et flirtent eux aussi avec le suicide et le désenchantement. Un dossier sur la chute des dictatures depuis 40 ans dans le monde (pour ceux qui n'étaient pas nés) et un autre sur la tentation de la frugalité, la simplicité volontaire (rebaptisée «sobriété heureuse» ou «décroissance conviviale») expliquée aux Français, une tendance qui émerge là-bas. «Crise économique, sentiment écologique, excès du bling-bling nourrissent ce nouveau refus du gaspillage.» Mais il faut dire que les Européens ont toujours été plus frugaux en terme d'espace et de consommation d'énergie. Une livraison dont l'édito de Jean-Louis Servan-Schreiber s'intitule «Vieux jeunes et jeunes vieux» et qui touche à une multitude de sujets, tant philosophiques que psychologiques, politiques et sociaux.
Reçu: deux livres qui se répondent mutuellement, celui de la réalisatrice et romancière Anaïs Barbeau-Lavalette, Embrasser Yasser Arafat. Chroniques palestiniennes, et celui de Philippe Lavalette, son père, cinéaste-arpenteur qui partage ses carnets de route La mesure du monde, tous deux aux Éditions Marchand de Feuilles.
La jeune réalisatrice Y (compagne du comédien Émile Proulx-Cloutier mentionné plus haut et fille de la cinéaste Manon Barbeau) était «recherchiste improvisée» à vélo pour ses parents. Elle s'apprête à retourner en Palestine pour tourner un film, flanquée de son père comme directeur photo. Un bel exemple de mentorat ou d'union multigénérationnelle. Leurs récits à chacun nous font découvrir du pays, un regard pétri d'intelligence posé sur la différence et un amour indéfectible de l'authenticité, de la fragilité et de la vérité. J'admire peu de gens. Mais cette fille, dont je suis le parcours depuis longtemps, oui, beaucoup.
***
«L'éducation nous apprend les règles de la vie. L'expérience nous apprend les exceptions.» - Mina Guillois
«La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information.» - Albert Einstein
«L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs.» - Oscar Wilde n «Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard.» - Louis Aragon
***
Joblog
24 heures à Saint-Henri
Je me suis régalée devant la première mouture du documentaire sur Saint-Henri, signée noir sur blanc par Hubert Aquin en 1962. À St-Henri, le cinq septembre, produit par Fernand Dansereau, de l'ONF, et narré par Jacques Godbout, retrace l'histoire de ce quartier ouvrier et nous le montre sous toutes ses coutures durant 24 heures.
On retrouve une odeur familière, celle des toasts brûlées, de la sueur d'homme en bedaine, de l'huile de foie de morue et d'une pauvreté accentuée par le nombre dans une famille de 12 enfants. Le propos est idéaliste, marxiste à souhait, et fait sourire aujourd'hui.
Ce film d'époque est disponible gratuitement dans les archives de l'ONF: 41 minutes qui vous feront d'autant plus apprécier la nouvelle mouture, toujours produite par l'ONF et réalisée le 26 août dernier par Shannon Walsh et ses 16 documentaristes, sur une musique de Patrick Watson. À St-Henri, le 26 août apporte la couleur mais il lui manque la «couleur» de la version originale.
Le contraste entre les deux époques, à un demi-siècle d'écart, est frappant. L'embourgeoisement du quartier, les familles moins nombreuses, les vieux qui n'ont pas oublié, les moeurs qui ont changé, l'immigration; on constate combien le sort de tous (particulièrement des enfants) s'est amélioré bien que la vie de quartier ne soit plus aussi tissée serré. Le docu, sans narration, a perdu son côté militant mais y gagne en subtilité.
Un regard sur notre ville qui vaut le détour et une tranche de vie urbaine au Parallèle (et au Clap, à Québec), dès aujourd'hui pour la version 1962 et le 20 mai pour la seconde. www.onf.ca.
***
http://blogues.chatelaine.com/blanchette/
Et vient un temps où il ne vous reste plus que ça, un autre mot pour «sagesse» ou «désillusion». C'est mon droit d'aînesse, ce sont mes légions d'honneur rien qu'à moi, mes cicatrices honorifiques, mes points Air Miles.
Alors que s'apprêtent à siéger au Parlement canadien de dignes représentants de la génération Y — dont le plus jeune, Pierre-Luc Dusseault, un ado de 19 ans, faisait la une du Globe and Mail la semaine dernière —, on peut s'attendre à beaucoup d'ingénuité si on se fie à des phrases comme: «Je le savais que j'allais gagner...»
Je m'intéresse beaucoup à cette génération qui me suit, celle de 1979 à 1995. Je compte quelques amitiés dans ses rangs, je ne les mets pas tous dans le même sac, loin s'en faut, mais je m'amuse à lire des ouvrages à saveur socio-psycho-comportementale les concernant.
L'auteur de Génération Y, Carol Allain, qualifie les X de ma génération (1962 à 1978) par le mot «désenchantement» et les Y par «séduction». «Ils aiment s'afficher, s'affirmer et surtout... séduire», écrit-il. On leur a prêté toutes sortes de défauts, allant de l'irresponsabilité sociale (je faisais pire à leur âge) au refus de l'autorité et au goût des voyages à Vegas. Ce sont des consommateurs, épris de gratifications immédiates, plus pragmatiques et moins rêveurs que les générations précédentes. On les dit aussi plus intransigeants et bébés gâtés.
Même si certains prennent la formule «copier-coller» pour de l'innovation, je les trouve souvent plus finauds et beaucoup mieux informés (Web 2.0 et communication en mouvement, c'est eux) que nous ne l'étions. Moins naïfs, plus cyniques parfois, mais pour l'expérience, eh, rien ne sert de tirer sur ses cheveux gris pour les faire pousser.
Innovation versus expérience
Les nouvelles technologies les servent bien face aux générations qui les précèdent, plus malhabiles et le cerveau encore formaté pour lire un livre de 500 pages. Mais le contenant ne fournit pas le contenu. Je n'oublierai pas de sitôt cette entrevue accordée par un Y qui consultait son BlackBerry en répondant à mes questions. «Ils font tous ça!», m'ont indiqué les membres de son équipe, tentant de banaliser son geste. C'est bien ce qui m'inquiète: la loi du nombre!
«Aucun employeur ne pourra s'effacer derrière son bureau et traduire ses intentions par son titre ou se reposer sur son ancienneté pour muscler ses propos», écrit encore Carol Allain à propos des Y.
Tiens, à ce sujet, j'écoutais en février dernier le «Conseil des Y» à l'émission L'après-midi porte conseil. Tous les lundis, on peut entendre quatre jeunes très articulés — deux gars, deux filles — prendre position sur un thème. Mon préféré reste le comédien Émile Proulx-Cloutier, 28 ans.
Sur la question «Les syndicats ont-ils un avenir?», il remettait à sa place son co-Y Alexandre Forest, ce dernier prônant carrément la méritocratie et les compétences sur l'ancienneté, surtout dans les domaines humains (éducation, santé, gouvernement (!)).
Les filles aussi étaient contre cette idée pétrie de clichés «des gens qui s'achètent une job avec leur incompétence» qui a donné naissance aux syndicats pour contrer l'arbitraire patronal. Le débat était lancé.
«Je préfère quelqu'un qui a enseigné à 3000 élèves et qui possède un trésor en lui qui est plus grand, à quelqu'un qui a enseigné à 300!, s'est élevé Émile en faisant peut-être référence à la maîtrise de l'orthographe, le trésor d'une langue.
Il n'a pas tort. Un vieux con est toujours moins con qu'un jeune con. C'est mathématique, même si les deux restent cons.
En vieillissant, le métier de vivre s'incrustant, on devient plus intelligent. On maîtrise mieux les outils et les règles du jeu. Et tout le monde sait, depuis les travaux popularisés par le psychologue américain Daniel Goleman sur l'intelligence émotionnelle, que ladite intelligence est plurielle. Certains ont une intelligence académique, sociale, émotionnelle. D'autres ont assez d'intuition pour la faire passer pour de l'intelligence. En tout cas, ils la mettent au service de leur expérience, cocktail redoutable qui peut servir bien des vieux roublards de la politique.
Le printemps approche
«L'expérience, c'est TOUT», m'a déjà soufflé le père André Barbeau, qui dirige l'abbaye Val Notre-Dame (déménagée d'Oka à Saint-Jean-de-Matha).
L'âgisme est une nouvelle forme de suicide, j'imagine, un pacte avec l'oubli qui gagne en popularité chez de plus en plus de jeunes. Autrefois, le conseil des anciens apportait son expérience et le recul sur la vie en société. On consultait cette bande de sages désormais retirés de l'action pour se concentrer sur la réflexion. C'est d'ailleurs pourquoi on dit un «jeune juge de 40 ans». Certains postes exigent une maturité, une expérience de la vie (et une recommandation du PM) que nul diplôme ne peut supplanter.
J'ai longtemps fait appel aux lumières de mon grand-père Alban lorsque mon canot prenait l'eau. Il avait complété une 4e année mais il était né en 1909 et il a manoeuvré sa barge au sec pendant 96 ans. Sa philosophie enracinée m'aidait beaucoup: «Faut en avoir pour en perdre», «Pogne pas le "stretch", c'est pas bon pour la santé!», «Le printemps va revenir, tu vas voir».
Ces brèves du quotidien, en moins de 140 caractères, m'apaisaient. Je percevais dans le ton tout le poids de l'expérience qui me faisait défaut. Et je mesurais la valeur de l'héritage transmis.
En vieillissant, on voit venir de plus loin même si la myopie s'installe, on plastronne peut-être moins pour masquer son inexpérience, on sait qu'on ne transmet pas 10 % de cette ressource naturelle qui imbibe tous les proverbes du cru dans tous les pays du monde.
À 20 ans, je savais tout. À 40 ans, je doutais de tout. À 60 ans, je pourrai chanter comme Gabin: «La vie, l'amour, l'argent, les amis et les roses. On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses. C'est tout ce que je sais, mais ça, je le sais.»
***
cherejoblo@ledevoir.com
twitter.com/cherejoblo
***
Et les zestes
Aimé: le rajeunissement du magazine français Nouvelles Clés. La dernière édition (avril-mai 2011) nous donne à lire un débat sur «Comment redonner du rêve à notre jeunesse» au moment où les Y français semblent avoir perdu espoir et flirtent eux aussi avec le suicide et le désenchantement. Un dossier sur la chute des dictatures depuis 40 ans dans le monde (pour ceux qui n'étaient pas nés) et un autre sur la tentation de la frugalité, la simplicité volontaire (rebaptisée «sobriété heureuse» ou «décroissance conviviale») expliquée aux Français, une tendance qui émerge là-bas. «Crise économique, sentiment écologique, excès du bling-bling nourrissent ce nouveau refus du gaspillage.» Mais il faut dire que les Européens ont toujours été plus frugaux en terme d'espace et de consommation d'énergie. Une livraison dont l'édito de Jean-Louis Servan-Schreiber s'intitule «Vieux jeunes et jeunes vieux» et qui touche à une multitude de sujets, tant philosophiques que psychologiques, politiques et sociaux.
Reçu: deux livres qui se répondent mutuellement, celui de la réalisatrice et romancière Anaïs Barbeau-Lavalette, Embrasser Yasser Arafat. Chroniques palestiniennes, et celui de Philippe Lavalette, son père, cinéaste-arpenteur qui partage ses carnets de route La mesure du monde, tous deux aux Éditions Marchand de Feuilles.
La jeune réalisatrice Y (compagne du comédien Émile Proulx-Cloutier mentionné plus haut et fille de la cinéaste Manon Barbeau) était «recherchiste improvisée» à vélo pour ses parents. Elle s'apprête à retourner en Palestine pour tourner un film, flanquée de son père comme directeur photo. Un bel exemple de mentorat ou d'union multigénérationnelle. Leurs récits à chacun nous font découvrir du pays, un regard pétri d'intelligence posé sur la différence et un amour indéfectible de l'authenticité, de la fragilité et de la vérité. J'admire peu de gens. Mais cette fille, dont je suis le parcours depuis longtemps, oui, beaucoup.
***
«L'éducation nous apprend les règles de la vie. L'expérience nous apprend les exceptions.» - Mina Guillois
«La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information.» - Albert Einstein
«L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs.» - Oscar Wilde n «Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard.» - Louis Aragon
***
Joblog
24 heures à Saint-Henri
Je me suis régalée devant la première mouture du documentaire sur Saint-Henri, signée noir sur blanc par Hubert Aquin en 1962. À St-Henri, le cinq septembre, produit par Fernand Dansereau, de l'ONF, et narré par Jacques Godbout, retrace l'histoire de ce quartier ouvrier et nous le montre sous toutes ses coutures durant 24 heures.
On retrouve une odeur familière, celle des toasts brûlées, de la sueur d'homme en bedaine, de l'huile de foie de morue et d'une pauvreté accentuée par le nombre dans une famille de 12 enfants. Le propos est idéaliste, marxiste à souhait, et fait sourire aujourd'hui.
Ce film d'époque est disponible gratuitement dans les archives de l'ONF: 41 minutes qui vous feront d'autant plus apprécier la nouvelle mouture, toujours produite par l'ONF et réalisée le 26 août dernier par Shannon Walsh et ses 16 documentaristes, sur une musique de Patrick Watson. À St-Henri, le 26 août apporte la couleur mais il lui manque la «couleur» de la version originale.
Le contraste entre les deux époques, à un demi-siècle d'écart, est frappant. L'embourgeoisement du quartier, les familles moins nombreuses, les vieux qui n'ont pas oublié, les moeurs qui ont changé, l'immigration; on constate combien le sort de tous (particulièrement des enfants) s'est amélioré bien que la vie de quartier ne soit plus aussi tissée serré. Le docu, sans narration, a perdu son côté militant mais y gagne en subtilité.
Un regard sur notre ville qui vaut le détour et une tranche de vie urbaine au Parallèle (et au Clap, à Québec), dès aujourd'hui pour la version 1962 et le 20 mai pour la seconde. www.onf.ca.
***
http://blogues.chatelaine.com/blanchette/
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page






