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Itinérant abattu par la police - Les incivilités

En août dernier, douze ans après la mort de l'itinérant Jean-Pierre Lizotte, la Cour supérieure a conclu que la police avait utilisé une «force excessive» pour maîtriser le sans-abri. L'arrêt d'agir mené contre l'homme de 45 ans était si brutal que M. Lizotte est décédé des suites de ses blessures un mois après l'intervention musclée des policiers. C'était en octobre 1999.
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  • Georges Paquet - Abonné
    11 janvier 2012 05 h 44
    La question des interpellations
    Il me semble que la société, les analystes, journalistes et citoyens "ordinaires" sont beaucoup trop tolérants au sujet des «sans motif» pratiqués dans toute sorte de circonstances, par nos bons policiers.
    Je ne suis pas juriste, mais mon interprétation de la Charte des droits voudrait que je ne sois pas interpellé par quiconque, surtout pas par un agent de police, en uniforme et en public, sans un motif clair et précis. Et que ce motif soit immédiatement dévoilé. Mon interprétation voudrait également que cela s'applique à un individu autant qu'à un groupe.
    Il me semble qu'il est interdit à un policier «d'aller à la pêche», c'est à dire d'interpeller ou d'arrêter quelqu'un "au cas où" on découvrirait quelque chose "d'intéressant" ou de "loche".
    Dans le cas qui nous intéresse ici, je crois comprendre que l'individu a été interpellé sans autre motif qu'il marchait seul et sans but. La défense des policiers reposerait que cet individu avait dans ses poches un exacto (un instrument tranchant). Même si c'était vrai, il me semble que j'ai le droit de me promener, dans le méto ou ailleurd avec un exacto dans mes poches. Ce n'est pas l'affaire de la police de m'arrêter pour voir ce que j'ai dans les poches.
    Plein de causes ont été gagnées, en Cour par des citoyens ayant été interpellés sans motif. Il devrait en avoir davantage...
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  • Chantal_Mino - Abonnée
    11 janvier 2012 08 h 14
    Merci de parler des itinérants qui sont sans voix pour les représenter, mais ce serait intéressant que vous alliez plus profondément dans le sujet au lieu d'alimenter les préjugés, et ce, probablement sans le vouloir
    Vous dites que «nous sommes condamnés à ramener les mêmes constats...une prise de conscience éclair,hélas»...je crois que la cause principale est le fait que cette population est de peu d'intérêt pour les journalistes,donc pour la population et nos élus qui n'en sont point sensibilisés.

    De plus,ce qui n'aidera en rien le mieux-être des itinérants dans notre société québécoise,encouragée à l'individualiste par tous nos médias,n'est certes pas le fait de dire «Mais tant que les protagonistes—policiers d'un côté,itinérants de l'autre—demeureront emmurés dans de coriaces préjugés,ces face-à-face seront toujours à haut risque,de part et d'autre.».Car la différence entre un itinérant et un policier et tout citoyen qui se prend en main,c'est la considération et l'actualisation de celui-ci.Vraiment,mettre au même niveau policiers et itinérants dans les préjugés et le pouvoir de changer les choses n'aura comme seul résultat de n'aboutir à rien.Ils ne sont pas du tout avec le même potentiel pour s'adapter,se remettre en question,s'ajuster à l'autre qui lui communique ses perceptions,qui est agressif,bref, en bon québécois,pour mettre de l'eau dans son vin.

    L'itinérant est itinérant parce qu'en tout premier lieu,il se croit incapable de rien,ne s'aime pas et dans le fond,en vivant de la sorte,détruit peu à peu sa vie au lieu de se suicider tout d'un coup.Vraiment,je crois que ce sont les bien portants qui ont eu la chance de s'actualiser,à être sensible à ces personnes en leur montrant en tout premier lieu,amour,considération,respect,empathie,etc. .

    Une personne qui croit qui ne vaut rien sera rallumée par cette étincelle d'amour vitale qui vient du regard d'autrui et lui reflète qu'elle est importante.Ces gens ont souvent grandi dans la souffrance et les préjugés qui les ont détruits lorsque leur identité était en construction.

    Plus tard,je vous raconterai un fait vécu qui j'espère vous sensibilisera.
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  • Lise Moga - Inscrite
    11 janvier 2012 09 h 34
    Le délire contre les policiers a assez duré.
    Il faudrait peut-être se poser des questions. Est-ce que ça arrive à plusieurs d'entre nous de nous promener avec un couteau, au cas où quelqu'un nous interpelle? Comment un individu peut circuler, en toute liberté, sans aucun encadrement, dans un endroit public, avec une arme blanche, aussitôt après un séjour en psychiatrie? Le milieu psychiatrique ne peut anticiper pareil agissement? C'est seulement après avoir massacré quelqu'un qu'il peut affirmer que l'individu n'était pas responsable de ses gestes, pour aliénation mentale. Je serait plus en faveur de protéger un individu malade mentalement, dans un lieu sécure, que de mettre toute la population à l'abri.
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  • Jacques Patenaude - Abonné
    11 janvier 2012 12 h 17
    Une question de société qui mérite plus que le sensationnalisme
    Dans cette histoire ce n'est que lorsqu'il y a des crises que les média nous présentent ces questions. Certains condamneront les policiers, d'autres les excuseront, certains condamneront les services de santé, d'autres les excuseront, on évoquera la charte, la sécurité du publique et on continuera ainsi pour quelques jours mais rien ne nous informe sur le fond. Combien il y a de cas tel que ceux qu'on voit dans les média si on les comparent avec l'ensemble des cas d'intervention policière? est-ce un cas isolé? La situation des itinérants s'est-t-elle dégradée depuis la déinstitutionalisation? est-ce mieux avant? le public est-il plus en danger maintenant en comparaison de ce qui existait il y a 40 ans?

    Les média ont financés de grands reportages d'enquêtes sur la corruption dont les reportages ont maintenu dans l'actualité cette question durant longtemps pourquoi ne feraient-ils pas aussi une grande enquête qui va au fond des choses? se serait surement aussi utile que ces reprotages sans perspectives qu'on nous ressort à chaque événement spectaculaire.
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  • Georges Paquet - Abonné
    11 janvier 2012 16 h 08
    C'est une question de respect...
    On ne peut pas bien analyser une situation si on ne comprend pas clairement comment elle s'est produite. Ainsi, ils sont nombreux les video qui nous laissent voir des policiers qui interpellent des citoyens, qu'ils croisent ou qu'ils suivent par hasard. Je suis sûr que vous en avez vu. On installe des barrages routiers. On interpelle des milliers d'automobilistes pour arriver à trouver un ou deux fautifs. Et les citoyens ne protestent pas.

    Il faut savoir que la Charte des droits ne permet pas à un policier de vous interpeller sans un motif précis qu'il doit vous citer, avant toute chose.

    Or, dans le cas qui nous intéresse ici, il semble bien que cet homme, que l'on insiste pour appeler de façon un peu méprisante "un itinérant", comme si ce n'était pas un concitoyen qui avait été tué. Les citoyens, qu'ils soient riches ou pauvres, itinérants ou sédentaires, ont droit au respect.

    Il faut de toute nécessité que l'on sache comment cette histoire a commencé. Qui a interpellé qui? Pourquoi deux policiers solides et sobres n'auraient pas réussi à maitriser facilement et calmement un pauvre gueux?
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  • Lise Moga - Inscrite
    11 janvier 2012 20 h 21
    @Georges Paquet
    "C'est une question de respect... cet homme, que l'on insiste pour appeler de façon un peu méprisante "un itinérant"... un pauvre gueux."

    Je cherche ce que le respect vient faire dans cette situation. Trouvez moi comment le respect est absent dans la dénomination "un étinérant" et présent dans "un pauvre gueux". Ce qui précède parle des actes posés par un individu. N'importe quel individu qui a un exacto et s'en sert lorsqu'on l'aborde ne doit pas être laissé en toute liberté parmi les autres humains. Il y a des comportements civilisés et d'autres pas... des comportement acceptables et d'autres pas. Quand on ne fait pas la différence entre ce qui est acceptable ou pas, on doit être encadré.
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