Lettres - Le Québec et les Shafia
Tragédie humaine bouleversante, injustifiée et injustifiable que la mort de trois jeunes filles et d'une femme de la famille Shafia.
Rien ne justifie l'irréparable et l'atteinte à la vie, don sacré de Dieu qui, en tant que Créateur, devrait seul en disposer. Dans la Bible comme dans le Coran, la condamnation du meurtre est sans appel et ce dernier est même assimilé expressément à un véritable génocide, le coupable étant considéré comme ayant tué l'humanité dans son ensemble.
Le Coran va plus loin, Dieu rétribuant la personne ayant sauvé une vie comme si elle avait sauvé l'humanité entière. De plus, les qualifications de «crime d'honneur» et de «crime passionnel» n'existent ni en droit ni dans les textes sacrés de l'islam. Les conditions historiques et l'environnement culturel n'y changent rien, tout assassinat et toute atteinte à l'intégrité de la personne devant être punis selon la loi.
À cet égard, il y a lieu d'établir une distinction entre islam et musulmans, le décalage pouvant être très grand entre l'idéal et les prescriptions religieuses et morales, d'une part, et la réalité humaine, d'autre part. Cela se constate, en l'occurrence, en ce qui a trait à la condition des femmes dans certains pays musulmans où le patriarcat ancestral survit, avec ses dérives parfois violentes.
Dans ces cas, la culture traditionnelle l'emporte sur la religion, au point que l'on ne se gêne guère pour couvrir indûment d'un enrobage religieux des pratiques archaïques dont certaines sont condamnables, voire anti-islamiques, comme le crime dit d'honneur ou le mariage forcé.
Faire assumer cette violence et ces crimes par l'islam revient à attribuer à Jésus et à l'Évangile les génocides et les affres de l'esclavage, des croisades et de la colonisation perpétrés au nom du Christ. De même, rendre la population afghane, voire les musulmans, coupable par association est tout aussi abject qu'injuste.
Enfin, on ne peut que s'étonner de la non-intervention de la justice qui n'a pas jugé approprié de déclencher une enquête sur l'incompétence inouïe de certaines institutions comme la DPJ, qui, malgré des appels au secours dans les deux langues officielles depuis 2008, a abandonné les victimes à leur sort.
Pourquoi ces quatre personnes n'ont-elles pas été traitées comme toutes les femmes victimes de violence? Parce qu'elles sont Afghanes et musulmanes? N'y a-t-il pas là non-assistance à personnes en danger?
Puissent ces quatre victimes reposer en paix. Amen!
***
Touhami Rachid Raffa - Québec, le 1er février 2012
Rien ne justifie l'irréparable et l'atteinte à la vie, don sacré de Dieu qui, en tant que Créateur, devrait seul en disposer. Dans la Bible comme dans le Coran, la condamnation du meurtre est sans appel et ce dernier est même assimilé expressément à un véritable génocide, le coupable étant considéré comme ayant tué l'humanité dans son ensemble.
Le Coran va plus loin, Dieu rétribuant la personne ayant sauvé une vie comme si elle avait sauvé l'humanité entière. De plus, les qualifications de «crime d'honneur» et de «crime passionnel» n'existent ni en droit ni dans les textes sacrés de l'islam. Les conditions historiques et l'environnement culturel n'y changent rien, tout assassinat et toute atteinte à l'intégrité de la personne devant être punis selon la loi.
À cet égard, il y a lieu d'établir une distinction entre islam et musulmans, le décalage pouvant être très grand entre l'idéal et les prescriptions religieuses et morales, d'une part, et la réalité humaine, d'autre part. Cela se constate, en l'occurrence, en ce qui a trait à la condition des femmes dans certains pays musulmans où le patriarcat ancestral survit, avec ses dérives parfois violentes.
Dans ces cas, la culture traditionnelle l'emporte sur la religion, au point que l'on ne se gêne guère pour couvrir indûment d'un enrobage religieux des pratiques archaïques dont certaines sont condamnables, voire anti-islamiques, comme le crime dit d'honneur ou le mariage forcé.
Faire assumer cette violence et ces crimes par l'islam revient à attribuer à Jésus et à l'Évangile les génocides et les affres de l'esclavage, des croisades et de la colonisation perpétrés au nom du Christ. De même, rendre la population afghane, voire les musulmans, coupable par association est tout aussi abject qu'injuste.
Enfin, on ne peut que s'étonner de la non-intervention de la justice qui n'a pas jugé approprié de déclencher une enquête sur l'incompétence inouïe de certaines institutions comme la DPJ, qui, malgré des appels au secours dans les deux langues officielles depuis 2008, a abandonné les victimes à leur sort.
Pourquoi ces quatre personnes n'ont-elles pas été traitées comme toutes les femmes victimes de violence? Parce qu'elles sont Afghanes et musulmanes? N'y a-t-il pas là non-assistance à personnes en danger?
Puissent ces quatre victimes reposer en paix. Amen!
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Touhami Rachid Raffa - Québec, le 1er février 2012
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