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Lettres - Le Québec et les Shafia

Touhami Rachid Raffa - Québec, le 1er février 2012  6 février 2012  Actualités en société
Tragédie humaine bouleversante, injustifiée et injustifiable que la mort de trois jeunes filles et d'une femme de la famille Shafia.

Rien ne justifie l'irréparable et l'atteinte à la vie, don sacré de Dieu qui, en tant que Créateur, devrait seul en disposer. Dans la Bible comme dans le Coran, la condamnation du meurtre est sans appel et ce dernier est même assimilé expressément à un véritable génocide, le coupable étant considéré comme ayant tué l'humanité dans son ensemble.

Le Coran va plus loin, Dieu rétribuant la personne ayant sauvé une vie comme si elle avait sauvé l'humanité entière. De plus, les qualifications de «crime d'honneur» et de «crime passionnel» n'existent ni en droit ni dans les textes sacrés de l'islam. Les conditions historiques et l'environnement culturel n'y changent rien, tout assassinat et toute atteinte à l'intégrité de la personne devant être punis selon la loi.

À cet égard, il y a lieu d'établir une distinction entre islam et musulmans, le décalage pouvant être très grand entre l'idéal et les prescriptions religieuses et morales, d'une part, et la réalité humaine, d'autre part. Cela se constate, en l'occurrence, en ce qui a trait à la condition des femmes dans certains pays musulmans où le patriarcat ancestral survit, avec ses dérives parfois violentes.

Dans ces cas, la culture traditionnelle l'emporte sur la religion, au point que l'on ne se gêne guère pour couvrir indûment d'un enrobage religieux des pratiques archaïques dont certaines sont condamnables, voire anti-islamiques, comme le crime dit d'honneur ou le mariage forcé.

Faire assumer cette violence et ces crimes par l'islam revient à attribuer à Jésus et à l'Évangile les génocides et les affres de l'esclavage, des croisades et de la colonisation perpétrés au nom du Christ. De même, rendre la population afghane, voire les musulmans, coupable par association est tout aussi abject qu'injuste.

Enfin, on ne peut que s'étonner de la non-intervention de la justice qui n'a pas jugé approprié de déclencher une enquête sur l'incompétence inouïe de certaines institutions comme la DPJ, qui, malgré des appels au secours dans les deux langues officielles depuis 2008, a abandonné les victimes à leur sort.

Pourquoi ces quatre personnes n'ont-elles pas été traitées comme toutes les femmes victimes de violence? Parce qu'elles sont Afghanes et musulmanes? N'y a-t-il pas là non-assistance à personnes en danger?

Puissent ces quatre victimes reposer en paix. Amen!

***

Touhami Rachid Raffa - Québec, le 1er février 2012
 
 
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  • Yves Claudé - Inscrit
    6 février 2012 04 h 47
    Affaire Shafia : la loi de l’omerta à la DPJ … !
    Comme Touhami Rachid Raffa, on peut s’interroger sur le fait que notre société n’ait pas été à même de prévenir le meurtre de quatre personnes, malgré des appels à l’aide répétés.

    Il faut souligner le fait que la DPJ a une lourde responsabilité dans cette tragédie. Le système d’omerta généralisée (facilité par la confidentialité des dossiers…) qui prévaut dans cette institution ne facilite aucunement les remises en question. Suite aux informations publiées dans les médias et faisant état des dysfonctionnements de la DPJ dans l’Affaire Shafia, on a eu droit à un exercice de “langue de bois” de la part de la directrice de Montréal, Madame Michelle Dionne : il s’agissait de colmater les brèches, mais aucunement d’une remise véritable en question qui serait à même de prévenir d’autres tragédies.

    Le problème vient du fait que les dysfonctionnements de la DPJ sont soumis à une loi du silence institutionnelle qui s’exerce depuis les superviseurs de la base, jusqu’au sommet de la hiérarchie, et que les mécanismes supposément régulateurs comme l’ombudsman et le Comité des usagers se soumettent eux aussi à l’omerta ! Dans ces situations, la DPJ dépense plus d’énergie à faire taire les critiques émanant des “clients” et de leurs familles, ou d’observateurs indépendants, qu’à effectuer du travail social. Les effets de ces dysfonctionnements sont parfois corrigés par les juges de la Cour de la jeunesse, à condition qu’ils disposent d’informations pertinentes, et qu’ils ne participent pas eux-mêmes à cette culture du silence.

    À quand une commission d’enquête sur la DPJ ?

    Yves Claudé - sociologue
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  • Vic - Inscrit
    6 février 2012 05 h 39
    La religion empoisonne tout
    Si un homme couche avec un autre homme comme on couche avec une femme, ils se rendent tous les deux coupables d'une action monstrueuse et doivent être mis à mort.
    Lévitique 20:13

    «La religion diabolise la science, se fait complice de l'ignorance et de l'obscurantisme. Source de haine, de tyrannie et de guerres, la religion met notre monde en danger.»
    Christopher HITCHENS, auteur britano-américain, God Is Not Great. On the nature of religion
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  • Georges Paquet - Abonné
    6 février 2012 07 h 00
    Oui mais...
    Il faudrait que chacun invite, enciurage, presse les responsables politiques et religieux à dénoncer et punir ces crimes dits "d'honneur"dans tous les pays où ils sont encore pratiqués et tolérés. L'Égalité entre hommes et femmes devrait devenir le combat quotidien de tous, dans tous les pays.
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    6 février 2012 07 h 08
    La faute aux fonctionnaires!!!
    Un père, sa maitresse et son fils assassinent la première femme et trois de ses filles pour une vieille question d'honneur. A qui la faute?
    Aux trois assassins? A la traditon afghane et musulmane?
    Non monsieur. La faute est aux fonctionnaires de la DPJ!!! Des fonctionnaires qui n'ont pas traité les plaintes de ces musulmanes comme ils l'auraient fait pour des catholiques mettons!

    M. Raffa, fort connu à Québec, n'en est pas à sa première déclaration incendiaire. Mais celle-là dépasse les limites de l'acceptable.
    Y'a pas un seul fonctionnaire de la DPJ qui aurait pu penser un seul instant que trois adultes complotent pour assassiner 4 enfants. A part M. Raffa évidemment.
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  • Gilles Delisle - Abonné
    6 février 2012 08 h 00
    Cà doit être la faute aux Occidentaux, finalement!
    N'essayons pas de faire dériver la vérité! Ce crime est un crime d'honneur qui n'existait pas au Québec avant l'arrivée du fanatisme religieux et de l'archaisme social de certains immigrants.
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  • Michele - Inscrite
    6 février 2012 08 h 40
    Les drames familiaux, un échec collectif
    Face à tous ces drames familiaux, il semble que nous sommes tous responsables. Les voisins, la famille proche, les amis, la communauté, l'école, les services de santé, la DPJ, les policiers, enfin tous ceux qui de près ou de loin connaissent la famille. Les patricides, les matricides, les infanticides, la violence, l'inceste, bref les abus de toutes sortes sont trop nombreux. Est-ce qu'il y en a plus au Québec qu'ailleurs? Peut-être. Est-ce que nos organismes de soutien sont adéquats? Peut-être. Peut-on faire des améliorations? Probablement. Toutefois, avant de pointer le doigt vers un organisme en particulier, il faut d'abord comprendre que les premiers responsables sont les perpétreurs du crime. Pour les autres, il semble que la responsabilité soit partagée et que l'heure soit à la réflexion. La communauté musulmane et toutes les autres communautés dont les membres ont recours à la violence, doivent aussi faire leur part, pour trouver des solutions constructives, face à ce problème.
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  • nathalieg - Inscrit
    6 février 2012 09 h 28
    WOW! M. Raffa, vous y allez un peu fort!
    Vous commencez votre article en amadouant tout doucement les lecteurs avec le don sacré à la vie inscrite dans la bible et le coran. Puis vous continuer en spécifiant bien que le coran va même plus loin que la bible dans le respect de la vie. Puis vous terminez en laissant entendre que les fonctionnaires de la DPJ seraient responsables de ces meurtres car ils ne traiteraient pas les femmes Afghanes et musulmanes de la même façons que les autres femmes de la province!
    WOW!
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  • Franfeluche - Abonné
    6 février 2012 11 h 01
    Le problème
    Une partie du problème est que, justement, la DPJ a peut être traité le problème comme s'il s'agissait des autres femmes de la province sans penser à la possibilité du crime d'honneur.
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  • Charles Dubois - Inscrit
    6 février 2012 11 h 59
    Quelques bémols...
    Il a un un bémol à l'affirmation suivante: « certaines sont condamnables, voire anti-islamiques, comme le crime dit d'honneur ou le mariage forcé.»

    La réalité est différente. Dans les textes et dans la réalité quotidienne, les femmes musulmanes ne peuvent épouser un homme non-musulman. Dans les communautés musulmanes vivant en Occident, le mariage forcé demeure un fait incontournable.

    Par ailleurs, le crime d'honneur est défendu dans des livres classiques de la charia.

    L’immunité des parents qui tuent leurs enfants est reconnue à l’article o1.2.4 de l’Umdat al-Salik. Ce manuel de la charia est reconnu par les grandes institutions sunnites de l'islam dont l'Université Al Azhar en Égypte.Ce manuel de charia ( Reliance of the Traveller) est endossé par plusieurs leaders musulmans contemporains dont Tariq Ramadan et tous les lobbies musulmans associés aux Frères Musulmans.
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  • Albert Descôteaux - Abonné
    6 février 2012 12 h 27
    De la DPJ et de la religion
    Facile de blâmer un organisme tel la DPJ pour l'horreur accomplie par le trio Shafia. Il aurait d'abord fallu que la jeune Shafia dépose une plainte expliquant réellement la nature du problème avec sa famille, ce qui n'a pas été le cas. La peur l'a empêchée d'exprimer ouvertement aux autorités que sa vie était menacée.

    La lettre de M. Raffa est consistente avec l'attitude de nombreux musulmans, qui nient toujours que leur culture et leur religion, sont souvent à la base des problèmes que vivent les jeunes qui désirent s'intégrer à la société québécoise. C'est toujours la faute des autres.
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  • Solange Bolduc Solange Bolduc - Abonné
    6 février 2012 14 h 30
    Je suis indignée , monsieur Raffa !
    Pourquoi ces quatre personnes n'ont-elles pas été traitées comme toutes les femmes victimes de violence? Parce qu'elles sont Afghanes et musulmanes? N'y a-t-il pas là non-assistance à personnes en danger?

    Je trouve votre affirmation injustifiée ! De la paranoïa , quoi !? Il y a eu des erreurs dans cette affaire, certains ne l'ont pas caché. Mais de là à affirmer que c'est parce qu'elles sont afghanes et musulmanes qu'on aurait négligé de leur prêter secours, je crois que vous dépasez les bornes. C'est comme si vous nous accusiez indirectement de meurtriers, ou meurtrières. C'est grave!

    Avez-vous entendu toutes les entrevues que certains membres de la DPJ ont accordé aux médias? Comme bien des immigrants que je connais, ils ne s'intéressent même pas à l'actualité de chez nous, ils sont souvent plus tournés vers celles de leur pays d'origine qu'à celles du Canada ou du Québec. C'est un constat et non une affirmation gratuite comme vous le faites. Je suis indignée, monsieur !
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  • plan sud - Inscrit
    6 février 2012 14 h 50
    La Presse décembre 2011
    L'intervenante Saloua Hassoun s'occupe de cas d'immigrants en lien avec la DPJ.
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  • mourad.o - Inscrit
    6 février 2012 17 h 41
    deux pointsdeux mesures
    mercI rachid pour ta lettre . juste il faut rajouter que la justice devrait se pencher sur le crime d'horreur de Guy Turcot
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  •  
  • Nelson - Inscrit
    6 février 2012 18 h 06
    Ni la DPJ, ni la psychiatrie, ni personne est tout-puissante.

    Tout en comprenant le désarroi et impuissance des gens face à des drames pareils, tous les spécialistes nous diront que des situations genre Lépine, Turcotte, Shafia, Lortie, Bernardo, Breivik etc. SONT TRÈS DIFFICILES, VOIR IMPOSSIBLES, À PRÉVOIR ET ÉVITER.

    Il faut vivre avec...ça fait partie des réalités humaines...inutile blâmer psychiatres et TS, ou les religions, les cultures ou je ne sais pas quoi.

    Des lettres comme celle-ci de M. Raffa et les déclarations des Imans américains et canadiens prenant distance des actes horribles commis, aident par exemple, et sont des gestes constructifs.
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  • christinel - Inscrit
    6 février 2012 20 h 27
    @ Nelson
    Il est bien évident que les horreurs meurtrières commises par les Shafia, Lépine, Turcotte, Lortie et autres meurtriers de toutes époques étaient et sont difficiles à prévoir et à éviter.

    Mais en quoi une lettre comme celle de M. Raffa qui qualifie certaines institutions (au pluriel) comme la DPG, et il ne nomme pas les autres, "d'incompétence inouïe" peut-elle être un geste constructif?
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  • Annie-Eve Collin - Inscrite
    8 février 2012 10 h 30
    l'islam et les musulmans
    Je suis d'accord pour dire qu'il faut faire une différence. Je suis contre l'islam et non contre les musulmans. Je peux bien m'entendre avec des musulmans (comme je peux bien m'entendre avec des chrétiens). Bien que je sois contre l'islam, je sais aussi que des musulmans commettent des injustices qui n'ont rien à voir avec le coran, mais avec leur culture. Ceci dit j'ai une remarque à faire.

    Je remarque que quand des musulmans font des atrocités non conformes au coran, on dit : "Ce n'est pas indiqué comme ça dans le coran, il faut en dissocier l'islam." Cela laisse entendre qu'on connaît le vrai islam par le coran.

    Par contre, que des musulmans s'éloignent du texte coranique pour des raisons plus louables (en prônant l'égalité des sexes, par exemple, ou en acceptant les homosexuels), on dit : "L'islam n'est pas aussi simpliste que juste l'application du coran à la lettre. Il y a plusieurs façons d'être musulman."

    Faudrait savoir : soit on connaît l'islam par le coran, soit il y a plusieurs façons d'être musulman même en s'éloignant du coran, et alors il n'y a pas de raison que s'éloigner du coran pour commettre des crimes d'honneur ne soit pas une "façon d'être musulman", tout autant qu'être à la fois musulman et féministe.
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  • Marie-France Legault - Inscrit
    15 février 2012 09 h 55
    le crime d'honneur
    est un ATAVISME qui relève d'un fonctionnement aveugle et tenace entretenu depuis des SIÈCLES et qui a traversé les temps.

    Certains afghans ont évolué dans le temps et considèrent
    que tuer, sous prétexte de "sauver l'honneur"
    ne sauve rien...l'honneur n'est pas rattaché à un MEURTRE.
    Un meurtre est un meurtre quels que soient les motifs: vengeance, honneur, viol, racisme, homosexualité etc...

    Rien ne peut JUSTIFIER un meurtre...
    Au Canada, la peine de mort a été abolie.
    Il ne faut pas descendre au "niveau" des meurtriers...
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