dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 22h21
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Digressions sur l'amour

Prenons une pause de nos débats sociaux et politiques puisque le mardi 14, la Saint-Valentin, nous y invite. Bien sûr, les indifférents aux fêtes du calendrier liturgique, à celles de Noël et de Pâques, ainsi qu'aux fêtes des Mères et des Pères, ces «récupérations commerciales», ceux-ci n'en ont cure, eux qui échappent aux niaiseries populaires et sentimentales. Grand bien leur fasse. Mais nous sommes nombreux à apprécier ces moments, sorte de rites annuels, qui provoquent un effort de générosité et une réflexion aussi sur la vie, la mort et l'amour.

J'ai rencontré peu de gens, même parmi les moins expansifs, les plus discrets, qui refusaient de raconter le début de leurs histoires d'amour. Sans doute parce que le sentiment qui préside à l'émoi est vécu comme une naissance, ou plus exactement comme une renaissance. L'anglicisme le moins rebutant, «tomber en amour», correspond littéralement à l'émotion qui submerge lorsque l'autre, encore inconnu et mystérieux, renverse à la fois nos certitudes et nos habitudes. Cette émotion inattendue, imprévisible, à la fois violente (car on se sent tomber presque physiquement) et enivrante, appartient à l'exaltation de vivre.

En dépit de toutes les perturbations et de toutes les mutations subies dans ce monde de fou, obsédé de compresser le temps, de réduire les distances, d'échapper à la loi de la gravité, ce monde actuel de la virtualité, l'amour demeure le dernier repli de l'humanité espérante. En ce sens, les ruptures amoureuses sont avant tout l'expression d'une trop grande idéalisation de l'amour qu'il ne faut pas interpréter comme une perte de foi dans le sentiment amoureux. À preuve, la majorité des éclopés du coeur pratiquent la récidive. L'augmentation de l'espérance de vie porte fruits. Il y a des amours tardives aussi délectables que les crus classés des vendanges tardives. Pour paraphraser Richard Desjardins, «quand on aime une fois, on aime pour toujours», mais il arrive que cette réalité se répète au cours d'une même vie.

D'une certaine manière, on ne cesse pas d'aimer ceux que l'on a aimés. En ce sens, la fidélité demeure. Les désamours ne relèveraient-ils pas plutôt des conjonctures de la vie, de l'évolution des personnes à une étape donnée lorsque les chemins s'éloignent ou se perdent? Car il y a un réconfort certain à ne pas renier les amours anciennes afin de ne pas altérer sa propre capacité à aimer encore et toujours.

L'amour échappe à toute rationalité, à toute typologie de la psychologie pop, à tous les codes et à ces garde-fous sociaux. Le sentiment amoureux ne s'explique pas, ne se justifie pas, ne se décortique pas. Il nous enferme dans son mystère, nous grise et de façon fugace nous fait découvrir la lueur de l'immortalité. Et l'amour, parce qu'il est aveugle, permet à chacun au-delà des canons de la beauté, de l'âge, des classes sociales, d'espérer le croiser sur sa route.

Les déchirements amoureux sont indissociables du sentiment lui-même. Aimer c'est souffrir inévitablement. Le début des amours rend euphorique, mais cette euphorie ne nous immunise pas contre les peines à venir. C'est sans doute pour cela «qu'on voudrait mourir lorsqu'on est heureux», comme le chante Isabelle Aubret.

Certains sont plus doués que d'autres pour le bonheur amoureux. J'ai rencontré cette semaine un couple de soixante ans, marié depuis quarante-trois ans, qui s'est connu à treize ans. Elle était la plus belle de l'école, se rappelle-t-il encore. Un jour, quelques années plus tard, ils se sont retrouvés. «Je vais te marier et t'emmener voir le tombeau de Lénine», lui a-t-il déclaré en guise de demande en mariage. C'étaient les années soixante, il admirait Lénine et avant tout Marie Curie. Ils se sont épousés et sur la place Rouge, devant le tombeau de son idole, il a pleuré toutes les larmes de son corps avec sa bien-aimée à ses côtés. Puis, le pèlerinage s'est poursuivi à Paris, au laboratoire de sa première idole.

Cet homme toujours fou de sa femme se souvient de tout. Or, il y a un an, on l'a diagnostiqué. Il est atteint de la maladie d'Alzheimer. L'autre soir, à table, la vividité de sa mémoire amoureuse donnait à penser que sa longue et exceptionnelle histoire d'amour avec celle qu'il regarde avec des yeux à la fois allumés et inquiets sera la dernière à s'effacer de son esprit. Sa femme écoutait le récit de leur longue vie aussi prospère qu'amoureuse avec l'admiration que commande l'amour. Il fallait être attentif pour percevoir chez elle la sourde angoisse que cette éclatante mémoire amoureuse ne s'efface lentement et inexorablement.

Le sentiment amoureux a traversé tous les cataclysmes, toutes les guerres, toutes les modes. L'amour au XXIe siècle, malgré ce qu'on en dit, malgré les caricatures, malgré les désacralisations, malgré le cynisme affiché et la peur de l'engagement travestie en choix de vie émancipée, cet amour demeure le seul remède contre l'angoisse de vivre si présente dans notre monde tumultueux de l'individualisme régnant.

denbombardier@videotron.ca
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Georges Paquet - Abonné
    11 février 2012 06 h 38
    Onpourraît citer Gilles Vigneault et Hubert Reeves.
    1-Vigneault: «Le temps que l'on prend pour dire "je t'aime",
    C'est le seul qui reste au bout de nos jours.»»
    2-Reeves:Je paraphrase: ...Un fois exploré l'Univers, ce qui compte c'est le rapport que l'on a avec son semblable.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilberto - Abonné
    11 février 2012 06 h 45
    Oui à l'humanité espérante
    Réflexion bien inspirée. Comme vous le dites si bien, "cet amour demeure le seul remède contre l'angoisse de vivre et présente dans notre monde tumultueux de l'individualisme régnant..." Travailleur social, dans les différentes situations d'aide, j'ai souvent constaté que l'amour reste le plus puissant levier de l'espoir pour nombre de personnes éclopées de la vie. André Jacob, professeur associé
    École de travail social, Université du Québec à Montréal.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    11 février 2012 08 h 07
    Épingler l'amour
    L'amour est insaisissable mais madame Bombardier vient de le fixer une fois pour toutes.
    Il est ceci et il n'est pas cela.
    Il "demeure le seul remède contre l'angoisse de vivre si présente dans notre monde tumultueux de l'individualisme régnant".
    Le seul remède?
    Ayoye, alors les "périphériques" ont intérêt à s'y ranger si hors de lui point de salut.

    Oui, car il y a des singuliers, par choix ou par fatalité, et ça leur fera plaisir de savoir qu'ils sont doublement particuliers. Mais même en matière d'amour il y a des autorités.
    Et il y a de l'espoir pour tous les repentants vu que l'amour n'est pas regardant. Puisqu'il faut impérativement se ranger, je suggère à toutes les moitiés de fermer les yeux et d'étreindre sur le trottoir le premier passant venu.
    S'il y a confusion sur le sexe, fermez les yeux à nouveau.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre75 - Inscrit
    11 février 2012 10 h 25
    Madame B
    Denise Bombardier c'est comme une sociologue "décliniste" qui vante les vertus de l'Amour Transcendant, qui arrive à nous saisir (par la raison et la passion) dans un monde moderne tapageur souvent vulgaire.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Socrate - Inscrit
    11 février 2012 10 h 41
    pop.corn
    Il y a l'amour pop.corn tout comme sur soft.porn présentement à l'affiche de toutes-tv de la SRC qui prétend maintenant libérer le Bon Peuple par les bas sans pantalons plutôt que par le haut sans les idées, et toutes tendances confondues, nul doute qu'un bon lait au chocolat tout comme pour Mme de Sévigné aura toujours meilleur goût pour les Vieilles Amours de Ronsard plutôt que celles de Messire de Rabelais sans sa Dive Bouteille. Mais encore?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marcel Bernier - Inscrit
    11 février 2012 10 h 41
    Toujours actuel...
    Pouvoir dire et ressentir : «J'ai besoin de toi parce que je t'aime!»
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc O. Rainville - Inscrit
    11 février 2012 11 h 07
    ...le tombeau de Lénine.
    Je crois qu'il va falloir entamer une recherche sur la fréquence de parution du camarade Lénine dans le corpus bombardier. C'est du fétichisme ! La semaine dernière, c'était pour rappeller les ''centaines de millions de morts'' (sic) dont il a été la cause. Je ne mens pas, vérifiez.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jeannot Duchesne - Abonné
    11 février 2012 11 h 23
    Ce ne sont pas les jours du calendrier qui fixent l'amour
    L'histoire de ce couple amoureux que vous racontez dans vos derniers paragraphes, est très touchante mais ce n'est pas la norme. Votre perception de l'amour est plutôt idyllique.

    Je regardais JE jeudi soir et toutes ces jeunes filles qui tombaient en amour, exactement comme vous le décrivez dans votre texte, pour finir par n'être des guichets automatiques pour leur faux Roméo et des objets de sexe pour les compulsifs dont de ces derniers aiment surement leur femme et leurs enfants. Je me disais que l'amour était autre chose que l'amour entre deux êtres fusionnels, autre chose ça, plus que ça; et qu'aucune personne n'est plus douée qu'une autre pour le bonheur amoureux.

    Est-ce la chance? Je ne crois pas à la chance. Est-ce un milieu familial aimant et propice, une bonne éducation? C'est certain que c'est un gros plus mais ça ne garanti rien de l'autre partenaire. Moi je me dis que tout va bien tant et aussi longtemps que que vous ne rencontrez pas l'injustice, ce mal qui n'est pas seulement réservé qu'aux classes moins privilégiées de la société.

    Je suis de ceux qui échappent à ces étourderies, ces niaiseries populaires et en vous lisant je me disais: "parce que je n'aime pas". Oups! Oh les moteurs! Je suis en train de me faire culpabiliser alors que je dois lutter tous les jours de me sortir de cette culpabilisation qu'on m'a imprégnée à coups de calendrier liturgique, aussi récupéré à des fins commerciales. J'étais en train de retourner aux ombres de la caverne.

    Je crois que tous devraient rencontrer l'amour au moins une fois dans leur vie quelle qu'en soit la forme, mais un amour vrai, désintéressé.

    Bonne Saint-Valentin pour ceux qui y croient, pour les autres vous aurez surement l'occasion dans l'année de vivre l'amour sous la forme qu'il se présentera sur votre chemin et que fort probable qu'il y est déjà et qu'il ne demande qu'à être reconnu.

    :-)
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    11 février 2012 11 h 57
    Mille façons d'aimer
    Au fond il existe autant de façons d'aimer qu'il y a de personnes sur Terre : sept milliards. Déjà dans le sein maternel vers les dernières semaines de grossesse, le fœtus devient de plus en plus bébé relationnel, donc aimant. Gobant, pourrait-on dire, toutes les sensations positives. Amour vorace certes, mais amour quand même, plus réceptif que donnant. Et plus il aura, enfant, été comblé d'amour, plus ensuite il pourra apprendre à le répandre à son tour.
    (suite à venir)
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    11 février 2012 11 h 58
    Mille façons d'aimer (2)
    Et que dire de l'amour maternel? Habituellement tendre, chaleureux, inconditionnel, l'amour maternel est le résultat d'une évolution de millions d'années de préparation animale d'abord, surtout chez les mammifères, avec finalement cette touche humaine si touchante. L'amour paternel, souvent moins expressif, n'en porte pas moins à des sommets surprenants le volet inconditionnel. Il existe évidemment des exceptions qu'il est inutile de souligner ces jours-ci.
    (suite à venir)
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    11 février 2012 12 h 00
    Mille façons d'aimer
    Vient ensuite ou en même temps l'amour amitié. Pour plusieurs personnes vieillissantes et seules, c'est là que peut s'appliquer au mieux la description de madame Bombardier :
    «... le seul remède contre l'angoisse de vivre si présente dans notre monde tumultueux de l'individualisme régnant.»

    Et que dire de l'amour passion à l'approche de la St-Valentin? Là c'est le bouquet. Il peut se vivre à tout âge. À l'adolescence évidemment avec des coups de foudre plus souvent dévastateurs que comblants, du moins dans le temps. C'est à la maturité et même à ce que l'on appelait autrefois la vieillesse, ce qui peut paraître surprenant à plusieurs, que l'amour passion peut donner ses plus beaux fruits. L'expérience permet de savourer tant du cœur que du sexe tout ce que peut apporter un abandon mutuel à Cupidon.
    (suite et fin à venir)
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    11 février 2012 12 h 07
    Mille façons d'aimer(4)
    Finalement osons un mot quelque peu démodé de nos jours : il s'agit de l'amour oblatif, le don de soi pour le plaisir du partage humain. Nous sommes tous reliés. Donner un peu de soi à l'autre, c'est aussi recevoir de l'autre, que ce soit dans l'échange amical ou dans l'accueil compatissant. Voilà un aspect que notre univers technologique tend hélas trop souvent à nous faire oublier.

    Je termine sur une expérience unique vécue dans le beau Parc de la Visitation. Un bébé (moins d'un an) dans une poussette, qui applaudissait la nature. Ébloui des beautés, les yeux rayonnants de joie, il se frappait dans les mains avec grand entrain. M'approchant, je l'applaudis lui-même. Il éclata alors d'un rire surprenant qui combla le reste de ma journée.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Solange Bolduc Solange Bolduc - Abonné
    11 février 2012 12 h 22
    Amour crève-coeur : cliché, et surtout violence !
    "Et l'amour, parce qu'il est aveugle, permet à chacun au-delà des canons de la beauté, de l'âge, des classes sociales, d'espérer le croiser sur sa route."

    Amour, yeux bandés, avecsa flèche-crève -coeur, est la conception de l'amour de Madame B.
    à l'Émission "à la semaine prochaine, on parlait des amours de 16 ans de M.B, à qui on faisait dire: "À 16 ans, tous les gars fantasmaient sur moi, mais moi je fantasmais sur moi!" C'est cela l'amour aveugle de La Bombardier!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Édith Simard - Inscrite
    11 février 2012 13 h 11
    Citer aussi Vincent Vallière et Patrick Huard, René Angllil et d'autres ...
    ... qui ont affirmé haut et fort, lors d'une émission de SA, que l'amour de la famille, des amiEs est le seul qui agrémente le retour à la maison de ces gens qui font le tour du monde.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Geoffroi - Abonné
    11 février 2012 13 h 16
    Est-ce possible ?
    « ...obsédé... d''échapper à la loi de la gravité...»
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Leproff - Inscrit
    11 février 2012 15 h 13
    L'Amour vrai et durable ...
    Quand on rencontre, une fois, dans sa vie, quelqu'un qui nous dit: «Il n'y a rien de plus beau que le fond de ton coeur», on vient de découvrir l'amour avec un grand A. Il n'y a que l'amour inconditionnel qui nous fait réaliser l'amour comme il est.

    Aimer l'autre, c'est lui permettre d'être ce qu'il est... sans l'étouffer, l'écraser! le diriger! le censurer. Et toujours se rappeler que ...

    L'amour est patience,
    l'amour est accueillant,
    il n'est pas jaloux,
    pas vantard,
    pas gonflé,
    pas malfaisant.
    Il ne cherche pas son intérêt,
    il ne s'irrite pas,
    Ne se fâche pas...

    L'AMOUR vrai ne déchoit jamais.
    En tout, il cherche la joie de l'autre,
    son bonheur, son accomplissement!

    JOYEUSES ST-VALENTIN!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gérard Lévesque - Abonné
    11 février 2012 15 h 16
    Il y amour et amour

    On ne saurait parler de l’amour sans faire la part des choses entre ses diverses formes. Entre autres différences, il y a l’amour, subit et intense, qui nous fait « tomber en amour ». C’est celui-là dont parle surtout Mme Bombardier et au sujet duquel on a pu dire qu’on voudrait mourir pendant qu’il existe encore. Puis, il y a l’amour serein et profond qui, tout en étant passionné sans être passionnel, fait qu’on se maintient en amour. C’est apparemment le cas du couple dont Denise parle à la fin de son article. La différence entre ces formes d’amour est telle que ces amours peuvent exister l’une sans l’autre et que l’une ne débouche pas inévitablement sur l’autre.

    L’amour coup de cœur paraît plutôt imprévisible, du moins à ses débuts, puisque son caractère souvent éphémère en rend la fin prévisible. Son caractère mystérieux tient soit au hasard de la rencontre ou au destin, comme certains le croient, soit à notre ignorance de ses facteurs déclencheurs, comme le croient ceux qui pensent qu’on pourrait l’expliquer si on était davantage conscient du contenu de notre inconscient auquel se rattache à notre insu le fait de succomber à l’attrait. On préfère souvent la première explication parce qu’elle nourrit l’illusion que si cet amour a surgit sans raison, c’est la preuve que les amoureux étaient faits l’un pour l’autre… (À suivre )
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gérard Lévesque - Abonné
    11 février 2012 15 h 16
    Il y amour et amour

    On ne saurait parler de l’amour sans faire la part des choses entre ses diverses formes. Entre autres différences, il y a l’amour, subit et intense, qui nous fait « tomber en amour ». C’est celui-là dont parle surtout Mme Bombardier et au sujet duquel on a pu dire qu’on voudrait mourir pendant qu’il existe encore. Puis, il y a l’amour serein et profond qui, tout en étant passionné sans être passionnel, fait qu’on se maintient en amour. C’est apparemment le cas du couple dont Denise parle à la fin de son article. La différence entre ces formes d’amour est telle que ces amours peuvent exister l’une sans l’autre et que l’une ne débouche pas inévitablement sur l’autre.

    L’amour coup de cœur paraît plutôt imprévisible, du moins à ses débuts, puisque son caractère souvent éphémère en rend la fin prévisible. Son caractère mystérieux tient soit au hasard de la rencontre ou au destin, comme certains le croient, soit à notre ignorance de ses facteurs déclencheurs, comme le croient ceux qui pensent qu’on pourrait l’expliquer si on était davantage conscient du contenu de notre inconscient auquel se rattache à notre insu le fait de succomber à l’attrait. On préfère souvent la première explication parce qu’elle nourrit l’illusion que si cet amour a surgit sans raison, c’est la preuve que les amoureux étaient faits l’un pour l’autre… (À suivre )
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gérard Lévesque - Abonné
    11 février 2012 15 h 17
    Il y a amour et amour (suite)
    L’amour qui fait que les partenaires se tiennent en amour semble bien naître et se maintenir grâce au fait qu’il prend ancrage dans des traits de la personne qui ne sont pas superficiels comme le sont l’apparence physique ou le sex appeal que le coup de foudre nous fait prêter à juste titre ou non à l’autre. Il s’agit souvent au départ d’affinités de goûts et d’intérêts entre les personnes, comme le fait d’admirer Lénine ou autres modèles et d’épouser les mêmes causes ou valeurs. La vie en commun vient confirmer la valeur du choix qu’on a fait du partenaire et, plutôt que de créer la déception, elle fait croître la joie d’aimer.

    La longévité de ce véritable amour est redevable à l’évolution des personnes et à l’acquisition des qualités requises par la vie en commun de qualité. Cette vie en commun aide les amoureux à grandir en amour et en beauté intérieure. Ce sont ces qualités qui évitent que les partenaires ne finissent pas, pour reprendre les termes de Jeannot Duchesne, par « être des guichets automatiques pour leur faux Roméo et des objets de sexe pour les compulsifs ».

    Cet amour est en un sens réconfortant. Compte tenu que l’amour coup de cœur échappe à notre contrôle et semble dû à la chance, l’on peut se demander, un peu comme Denyse, si certains ne seraient pas plus favorisés par le sort et destinés à rencontrer Cendrillon ou le prince charmant. Dans le cas de l’amour vrai et sincère, nous sommes tous « doués au bonheur amoureux ». Car ce bonheur, lié à notre devenir personnel, est par conséquent davantage entre nos mains.

    Voilà qui donne du sens aux fleurs que tendent nos mains lors de la Saint-Valentin… Bonne Saint-Valentin !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yvon Bureau - Abonné
    12 février 2012 16 h 36
    Monter en amour
    Tomber en amour, cela va de soi. Continuité de la Vie oblige. Darwin a raison.

    Monter en amour, après cette chute de nécessité, demande beaucoup et devient tout un défi.

    Aimer devient un choix, tout comme le bonheur. On place l'être aimé en première place de ses valeurs, et suivent ses agirs en cohérence avec celle-ci, cette Valeur première de sa vie..

    De là nait le plaisir d'aimer, ce qui est beaucoup plus que l'amour par plaisir.

    C'est moins «l'fun» mais c'est tellement plus gratifiant et honorant et porteur de joie intérieure.

    Ainsi va Lentin ! Ainsi va la vie.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    12 février 2012 17 h 58
    Mais...
    de quoi parle-t-ellle au juste? L'amour est surtout humain... alors c'est tout dire: il comprend le meilleur et le pire, et son absence.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Baril - Inscrit
    14 février 2012 01 h 49
    Aimer(!)
    - Pépé, quand on n'a que l'amour...?
    - Avec le temps, tu verras, c'est extra.

    Bonne Saint-Valentin!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie-France Legault - Inscrit
    23 février 2012 11 h 07
    Une pensée de célibataire....
    L'amour est aveugle
    le MARIAGE rend la VUE.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
23 réactions
15 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012