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Lettres - Les CPE, s'agit-il de congés ou d'argent?

Jean-Paul Gravel - Québec, le 10 février 2012  11 février 2012  Actualités en société
Que penser des demandes des éducatrices des CPE? À suivre les débats dans les médias, c'est à la fois clair et pourtant encore nébuleux. C'est comme la vie, quoi.

Il semblerait que ce ne soit pas une question de sous, mais seulement de congé... Ça, c'est clair! On ne demande pas d'argent, quoique 11,5 % d'augmentation en trois ans, c'est déjà pas mal. Non, tout ce qu'on demande, ce sont des congés! Mais, depuis quand un congé ne vaut pas de l'argent?

Si, au cours d'une année, je travaille moins de jours, est-ce que je n'ai pas, en quelque sorte, augmenté mon revenu par heure de travail? Et le jour où, pour le même salaire, je ne travaillerai plus que la moitié du temps, ne faudra-t-il pas penser à engager plus de travailleurs pour accomplir la tâche que j'accomplissais avant?

Faudrait qu'on m'explique, tout ça se mêle dans ma tête. L'économie c'est, y a pas à dire, très compliqué.

Un de mes frères, pompier de son métier, a pris sa retraite à 54 ans. Comme il le disait si bien, rien ne lui servait de continuer à travailler, ses pourcentages de retraite étaient au maximum et, fiscalité aidant, il ne travaillait plus que pour le gouvernement. Son syndicat, comme il l'expliquait aussi, ne négociait plus d'augmentation salariale, on a assez d'argent, disait-il; alors, les négociations portaient sur les congés. Ça paraît mieux et c'est plus payant; il n'y a pas d'impôts sur les congés.

C'est clair, je suis de plus en plus mêlé, au secours!

***

Jean-Paul Gravel - Québec, le 10 février 2012
 
 
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  • Fabien Nadeau - Inscrit
    11 février 2012 06 h 22
    Un peu compliqué...
    Pour nous, les payeurs de taxe, de toute manière, le résultat ne change pas grand-chose. On va payer!

    Mais les deux parties se lancent dans l'arène avec les armes de la propagande. Si un ou deux CPE ont déjà accordé des vacances de deux mois à leurs employés, la ministre prétend que ce sont tous les employés qui veulent la même chose. C'est un détournement de vérité, pour ne pas dire mensonge.

    La partie syndicale fait elle aussi jouer sa cassette. Les membres interviewées cette semaine n'élaboraient pas et si les journalistes avaient fait leur travail, on aurait vite compris qu'il s'agit d'une cassette. On est en politique, ici, non?

    Ceci dit, je pense que les deux parties n'ont pas grand-chose à gagner à négocier sur la place publique: le gouvernement démuni contre la pauvre "gardienne" d'enfants. Il faudra retourner à la table de négociation et accepter de boire son vin coupé d'eau jusqu'à la lie...
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  • bourgeoisgentilhomme - Inscrit
    11 février 2012 08 h 06
    S'il n'y avait que cela!
    M. Gravel, vous avez entièrement raison. Mais pour moi, il y a plus. Connaissez-vous vraiement toutes les demandes syndicales? Connaissez-vous vraiment ce qu'est prêt à donner le gouvernement et quelle est sa marge de manoeuvre? Comment faire pour rapprocher deux camps qui maintiennent leurs positions? Pour les congés, on pourrait bien dire qu'ils sont déjà en congé lorsqu'il grèvent. Ces gens sont embauchés pour s'occuper des petits et non pour grèver. Après cela, ils se demanderont pourquoi le gouvernement veut promouvoir les garderies privées.
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  • Jean_Yves - Abonné
    11 février 2012 10 h 43
    Réflexion judicieuse monsieur Gravel !
    Une telle demande du point de vue du lecteur salarié peut facilement être comprise comme sans coût puisque l’employé ne reçoit pas plus d’argent.

    Mais cette perception démontre une compréhension très étroite de sa société . Des employés qui travaillent moins d’heure dans une année pour un service donné implique d’avoir plus d’employés pour fournir ce même service.

    Et cela ajoute plus qu’une simple paye supplémentaire, cela ajoute le coût globale d’un salarié. Il ne s’agit pas ici d’un coût marginal, même si la chose est parfois appelé avantages marginaux... Cela ajoute facilement de 30 à 50% au salaire.

    Et ce coût global doit être divisé par le nombre d’heures effectives de travail fournit pour savoir combien au juste vous coute une heure de garde d’enfant. Dans le cas présent les demandes débouchent sur un salaire par heure travaillé de 29.08$ auquel il faut ajouter un cout de l’ordre de 40% pour avoir un aperçu du coût globale, ce qui nous donne un peu plus de 40$ de l’heure.
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  • Roland Berger - Abonné
    12 février 2012 12 h 09
    Deltell vous appuierait
    Monsieur Gravel, vous pouvez compter sur l'appui total du bras droit de Legault. Il faut en effet tomber à bras raccourcis sur n'importe lequel travailleur qui s'est assuré une retraite décente à un âge où il peut encore en profiter. Et ce, même s'il s'agit d'un frère. Votre contribution serait plus positive si vous travailliez à ce que tous les travailleurs sans exception puissent compter sur une retraite décente. On appelle ça la justice sociale.
    Roland Berger
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  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    12 février 2012 23 h 36
    M Berger
    Il faut en effet tomber à bras raccourcis sur n'importe lequel travailleur qui s'est assuré une retraite décente à un âge où il peut encore en profiter. Et ce, même s'il s'agit d'un frère.

    Monsieur, ci cette belle retraite est entièrement payé par lui... Bravo mon gars vas y, mais ci elle est payé par mes taxes alors que moi je travail et doit économiser pour mes jours en plus de lui payer une retraite doré...... no way... dans le vous savez ou.
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  • amaranta - Inscrit
    13 février 2012 01 h 24
    @ Fabien Nadeau
    Le Québec compte environ 40% de travailleurs syndiqués, tous payeurs de taxes et d'impôts.
    Tant qu'à payer, je préfère que l'argent de mes impôts et des taxes que je paie servent à payer des services publics plutôt que de firmes d'experts conseils ou des contracteurs privés dont le principal objectif est de faire des profits.
    Je suis par contre outré d'avoir à payer les généreuses retraites auxquelles ont droit les députés après seulement huit années de service. Ils sont vraiment mal placés pour critiquer.
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  • amaranta - Inscrit
    13 février 2012 15 h 42
    @ JAMAIS UN QUeBEC PAYS
    C'est en tant qu'employeur que vous, moi et même tous ces travailleurs de la fonction publique payons une part des retraites des employés de l'État.
    Il en est ainsi dans la majorité des grandes entreprises syndiquées du secteur privé: l'employeur paie une part des retraites, l'autre est payée par les employés.
    À l'heure où les experts quittent la fonction publique pour le secteur privé qui leur offre des meilleures conditions de travail, nous laissant à la merci des entreprises privées (gaz de schiste, ingénierie, construction), impuissants devant l'escalade des coûts qui en découle, voudriez-vous que le gouvernement se comporte comme le pire des employeurs?
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