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Mourir dans la dignité - Permettre une fin de vie paisible, un devoir politique

Collectif d'auteurs  13 février 2012  Actualités en société
En fin de vie, nous sommes tous semblables par notre dénuement. Nous sommes fragiles et nous craignons de souffrir. C’est notre lot à tous. <br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
En fin de vie, nous sommes tous semblables par notre dénuement. Nous sommes fragiles et nous craignons de souffrir. C’est notre lot à tous.
Alors que la Commission sur la question de mourir dans la dignité s'apprête à déposer ses recommandations, nous souhaitons insister sur l'importance de bien poser cette question, qui concerne la politique elle-même, autant que la médecine ou le droit. Désirons-nous que le cadre principal de notre vie en société et de notre vie personnelle maintienne le respect de la vie et l'interdit formel de porter atteinte à la vie d'autrui? Pensons-nous que ce cadre reste légitime et porteur d'un avenir? C'est à ces questions qu'il faut répondre d'abord. Et c'est après cette réponse qu'il est possible de poser et de répondre aux autres questions: celle de l'euthanasie, celle du suicide assisté, celle des «soins balisés» provoquant la mort, celle des modalités juridiques gouvernant l'application de la loi.

Jusqu'à aujourd'hui, notre Charte québécoise des droits et libertés de la personne répond par l'affirmative aux questions fondamentales précédemment posées. Elle stipule que «tous les êtres humains sont égaux en valeur et en dignité et ont droit à une égale protection de la loi». Dans son article premier, elle affirme: «Tout être humain a droit à la vie, ainsi qu'à la sûreté, à l'intégrité et à la liberté de sa personne.» Ces droits affirmés solennellement sont garantis par notre volonté collective et «constituent le fondement de la justice et de la paix».

Pour sauvegarder l'égalité, la dignité, le droit à la vie ou à la sûreté, il est impératif de saisir le sens de ces articles et de bien en évaluer la portée. Les signataires de cette lettre reconnaissent la nécessité d'incarner ces valeurs par des orientations politiques tablant sur une recherche effective du bien commun. C'est pourquoi, à l'heure des choix, nous attirons l'attention sur quatre considérations politiques à ne pas négliger: le respect effectif de l'égalité en fin de vie; le respect de la sécurité des lieux de santé; la prise en compte du consensus exprimé par les gens du milieu de soins palliatifs; le souci de ne pas énoncer de recommandations aux effets contradictoires.

Respect de la fragilité

En fin de vie, nous sommes tous semblables par notre dénuement. Nous sommes fragiles et nous craignons de souffrir. C'est notre lot à tous. Dans un tel contexte, l'État doit garantir aux citoyens des milieux de soins où le respect de cette fragilité est assuré. L'humanité d'une civilisation se mesure à la manière dont elle prend soin des personnes marginales, handicapées, mourantes, parce qu'elles sont toutes des membres à part entière de la communauté, et ce, malgré leurs limites. Le devoir de l'État consiste à rendre accessibles en tout temps des soins adéquats de fin de vie pour tous, éliminant des situations de souffrances mal soulagées autant que l'acharnement thérapeutique. Il s'agit de préserver l'égalité des citoyens à l'heure où elle est le plus menacée.

Respecter l'égalité et l'intégrité implique aussi de maintenir un climat sécuritaire dans les lieux de soins. La sécurité des milieux de santé est un pilier de consensus social et un fondement de l'équité s'y exprimant fortement. Le système public de santé doit être un endroit où nul ne peut nourrir ni mettre à exécution une intention claire d'interrompre la vie de quiconque. On peut comprendre la réflexion de bien-portants apeurés par l'anticipation de conditions débilitantes au terme de leur existence et certaines carences du système de soins, ce qui les amène à souhaiter la légalisation de l'euthanasie comme une sorte de police d'assurance. Néanmoins, le système de santé public doit demeurer un milieu intègre où toutes les ressources capables d'apporter du confort sont utilisées à bon escient sans jamais prendre la décision de provoquer la mort, mais de tout faire pour soulager les souffrances. Cette politique doit demeurer claire et inviolable.

Risques liés à l'euthanasie

Nous attirons votre attention sur le consensus contre toute forme d'euthanasie exprimé devant la Commission par les intervenants du milieu des soins palliatifs. Ces gens sont les mieux placés pour saisir les enjeux reliés à la question. Contrairement à l'avis de certains théoriciens, comme ceux de la Société royale du Canada à l'origine d'un récent rapport sur la question, les personnes oeuvrant en soins palliatifs bénéficient d'une expertise concrète de premier plan.

Or, les mémoires présentés par des gens de soins palliatifs convergent de manière étonnante et significative. En effet, au lieu de défendre les soins palliatifs eux-mêmes, ils s'inquiètent plutôt des risques liés à toute forme d'ouverture à l'euthanasie. Leurs points de vue soutiennent la sauvegarde et la protection des liens humains, du climat de confiance et du sentiment de sécurité requis dans le contexte délicat des soins en fin de vie. Leur préoccupation touche directement le cadre politique assurant un climat social paisible et stable.

Ainsi, nous pensons qu'il est politiquement néfaste de recommander, d'une part, un accès accru aux soins palliatifs et, d'autre part, d'autoriser l'euthanasie sous forme de «soins appropriés en fin de vie dans certaines circonstances». L'euthanasie acceptée dans ces lieux transformera nos institutions de soins en lieux ambigus où l'on peut aussi provoquer la mort. Celle-ci arrivant toujours comme une surprise, les familles qui verront un des leurs parler et rire la veille puis mourir brusquement le lendemain ne pourront pas ne pas se demander: qu'est-ce qu'ils lui ont fait?

Devoir politique

Cette question est lourde à porter. Il faut ici penser aux familles qui se diviseront sur cette décision d'euthanasie entre ceux qui aiment trop leur être cher pour le tuer et ceux qui l'aiment trop pour le laisser vivre. Si l'euthanasie est possible, on ne sait pas où la souffrance des survivants les mènera, quelle avalanche de contestations ou d'enquêtes surgira. Que dire aussi des soignants eux-mêmes, qui se verront imposer un lourd fardeau? Car celui qui exige de mourir exige qu'on le supprime. Quel poids cela imposerait aux soignants! Serait-il justifiable que le droit de l'un gomme ainsi le droit de l'autre? Ne sommes-nous pas devant une rupture profonde d'équité dans une société où chacun devrait avoir droit aux mêmes égards? La liberté de l'un ne s'arrête-t-elle pas quand celle de l'autre commence?

Les signataires de cette lettre souhaitent, tout comme vous, préserver les valeurs soutenant notre démocratie québécoise, valeurs clairement exprimées par notre charte des droits et libertés. Nous ne voulons pas que soit mis à mal notre respect de l'égalité, de la sûreté et de l'interdit de porter atteinte à la vie d'autrui, valeurs fondamentales à la base de notre vie en société. En fin de vie, nous sommes tous semblables et notre droit à la sécurité et aux soins est plus important que jamais. C'est un devoir politique que d'assurer une fin de vie paisible dans un milieu sécuritaire pour toutes les citoyennes et tous les citoyens québécois.

***
Ont signé cette lettre: Louis Balthazar, professeur émérite en sciences politiques de l'Université Laval; Thomas De Koninck, titulaire de la Chaire «La philosophie dans le monde actuel» de l'Université Laval; Michel L'Heureux, directeur général de la Maison Michel-Sarrazin et professeur associé au département de médecine familiale de l'Université Laval; Louis-André Richard, professeur de philosophie, président de l'Institut Jean-Paul-Desbiens et membre du comité d'éthique de la Maison Michel-Sarrazin; Patrick Vinay, médecin en soins palliatifs à l'hôpital Notre-Dame du CHUM.
 
 
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  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    13 février 2012 01 h 33
    Quelle différence
    Quelle différence entre un suicide et un autre? Pourquoi serait il plus acceptable de mettre fin à la vie de quelqu'un qui a perdu espoir et jouissance de la vie parce qu'il a une maladie incurable et permettre en fournissant les moyen à un prisonnier de se suicider parce qu'il n'a plus d'espoir de sortir de prison (25 c’est le minimum) et qu'il est rongé par les remord? Pourquoi dans un cas c'est donner une sorti en dignité alors que l'autre est barbare?

    Le prisonnier a autant le droit à une fin digne quand il est rongé par les remords et qu'il n'a plus d'espoir que le malade atteint d’Alzheimer ou d'un cancer incurable.
    Ce qui est acceptable pour un doit l'être pour l'autre et ce qui est inacceptable pour un doit l'être pour l'autre.
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  • michel lebel - Inscrit
    13 février 2012 07 h 13
    Oui à la vie!
    Je ne puis qu'ëtre en accord de principe avec ce texte. Non au mélange des genres:euthanasie et soins palliatifs! Ne pas porter atteinte à la vie d'autrui et tout faire pour soulager les souffrances, voilà deux principes qui doivent être des guides pour un fin de vie digne. Ceci dit, toute vie est unique, personnelle, et les choses peuvent être moins simples dans les faits. Du moins, je le pense ou soupçonne, moi bien-portant. Mais les principes, eux, doivent demeurer clairs. Très clairs. Merci aux auteurs de ce texte.


    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés de la personne
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  • France Marcotte - Abonnée
    13 février 2012 09 h 00
    Sale temps pour mourir
    Il y a quelque chose d'éthéré dans ce texte.
    D'ailleurs, je remarque qu'il est le fait de professeurs, penseurs, directeurs et un seul médecin, donc pas tout à fait des gens de terrain.

    On peut bien être d'accord avec tous ces énoncés de principe mais dans tout ce brouillard, on entend pas la voix du principal intéressé, le mourant.
    On se penche à son chevet, on ne veut pas qu'il souffre, on veut lui témoigner du respect...mais il semble toujours aussi difficile de mourir.

    Et la réalité actuelle est que seulement 10% des mourants bénéficient de soins palliatifs.
    En condition de quasi médecine de guerre, il faut peut-être parfois prendre des décisions avec lesquelles on ne serait pas en accord par beau temps malgré tout le respect qu'on a pour celui qui part.
    Il arrive même que les choses décident pour nous.
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  • Guy Chicoine - Abonné
    13 février 2012 09 h 03
    Principe vs pratique
    J'ai une question à poser.

    Quel pourcentage des décès québécois, ou canadiens, se font dans des centres de soins palliatifs ?

    Les soins palliatifs sont exceptionnellement méritoires ...mais ne sont offerts qu'à une infime partie de la population ... Affirmer que la seule voie est celle offerte à une faible minorité est à questionner. La VERTU ne peut ni négliger, ni oublier la situation globale.

    J'accepterais mal que de "bonnes intentions" de "bonnes âmes" me condamnent à la "torture" en fin de vie . Que de "beaux principes" ne trouvent pas place dans la "pratique" de tout citoyen.
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  • Michel Dussault - Abonné
    13 février 2012 09 h 04
    Libre choix
    Je persiste à croire au libre choix "éclairé" de chacun. Le mien est de ne pas subir d’acharnement thérapeutique qui me maintiendrait en vie dans un état très diminué. Merci.
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  • Mbotemingi - Abonné
    13 février 2012 09 h 16
    Le droit à la dignité
    J'estime que nous devrions avoir le droit de décider de notre mort. Il me semble que ce n'est pas au médecin, ni au philosophe, ni à mes proches de décider pour moi. Je souhaite qu'il soit permis d'écrire ses dernières volontés en cas de fin de vie. Ce texte devrait être le guide pour les proches et les soignants d'une personne aux postes de la mort. Aindi, ce sera la volonté de la personne qui sera respectée et non celle des proches ou toutes autre personne.

    Estelle
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  • Michel Harvey - Abonné
    13 février 2012 10 h 08
    @France Marcotte
    Madame, vous affirmez que le texte reflète la vison d'universitaire, mais ce n'est pas uniquement le cas. Il faut savoir lire un texte...

    « Nous attirons votre attention sur le consensus contre toute forme d'euthanasie exprimé devant la Commission par les intervenants du milieu des soins palliatifs. Ces gens sont les mieux placés pour saisir les enjeux reliés à la question. »

    Ce consensus est celui des intervenants du milieu des soins palliatifs.

    De plus, c'est lorsque les principes sont bien exprimés et bien compris que le brouillard se dissipe.

    Ce texte est expressément pensé en seul fonction du mourant. Il faut l'accompagner, le soulager et le protéger contre toute forme d'agressions psychologiques et/ou physique provenant de bien-portants arguant que « dans son état, il serait ben mieux mort! » 
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  • Michel Leclaire - Abonné
    13 février 2012 10 h 09
    La morale....
    Tout le verbiage de cet article pour cacher la morale des autres (Léo Ferré) sous des mots et un argumentaire des "bien-pensants".

    Ma vie m'appartient et je ne laisserai pas les "grenouilles de bénitier" de votre espèce m'enlever ma LIBERTÉ.

    TOUTES les religions sont construites sur l'imaginaire et ont été, sont et seront cause de malheur pour la VIE.

    Michel Leclaire
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  • Notsag - Abonné
    13 février 2012 10 h 42
    Que fait-on en attendant...
    Apparemment aucune des personnes ayant accès à des soins palliatifs ne demande à avoir recours à l'euthanasie ou au suicide assisté.

    La solution idéale existe donc bel et bien. Le problème est de savoir qui en a accès. On peut s'attendre à ce que cela prenne plusieurs décennies avant que le Québec ne soit couvert d'un bon réseau de soins palliatifs.

    Alors, que fait-on en attendant?
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  • Louis Dugal - Inscrit
    13 février 2012 10 h 55
    De l'accessibilité aux soins palliatifs
    Ceux qui montrent une ouverture à l'euthanasie parce qu'ils constatent que les soins palliatifs ne peuvent être offerts qu'à une proportions trop mince de mourants se trompent. Si les soins palliatifs nous aident à mieux vivre jusqu'au bout (et à des coûts minimes, si on les compare aux autres soins offerts dans les hopitaux), c'est en eux qu'il faut investir et pas dans une législation aux conséquences éthiques, sociales et psychologiques infiniment lourdes. Le meurtre n'est pas une solution, même temporaire. Élargissons l'offre des soins palliatifs à toute la population et la question de l'euthanasie s'évanouira d'elle-même.
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  • nathalieg - Inscrit
    13 février 2012 11 h 35
    Je veux être libre de choisir
    Les soins palliatifs, l'acharnement thérapeutique et l'euthanasie auraient avantage à être définis et bien expliqués. Car souvent les opposants à l'euthanasie entremêlent toutes ces notions pour justifier leur position.
    Une personne qui demande explicitement qu'on l'aide à mourir devrait recevoir l'aide. Tout comme une personne qui ne veut pas d'acharnement thérapeutique ne devrait pas en recevoir. Et si une personne désire plus de calmants pour soulager sa douleur sachant qu'elle écourte sa vie, et bien on devrait satisfaire sa demande.
    C'est à la personne mourante de décider.
    Et c'est à la famille et aux proches de laisser leur croyance ou leur non croyance de côté afin de respecter la personne mourante.
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  • France Marcotte - Abonnée
    13 février 2012 11 h 47
    Déni, déni, déni
    Hier soir à Télé-Québec, un troublant reportage sur 10 des catastrophes écologiques qui ont marqué l'histoire.

    À Bhopal en 1985, les enfants intoxiqués mouraient dans les bras des médecins complètement paniqués, dépassés par l'ampleur de la tâche à sauver ces vies.
    Je suis certaine pourtant que eux aussi étaient d'accord avec le principe d'une mort digne.

    Et on lisait l'autre jour dans ce journal que plus une idéologie est forte, plus elle ignore les faits bruts du présent.

    On dirait bien que cela vaut pour toutes les idéologies, des plus nobles aux plus dévastatrices.
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  • France Marcotte - Abonnée
    13 février 2012 12 h 11
    Précision
    Pour être plus précise, voilà la source exacte à laquelle je me réfère dans mon précédent commentaire:

    «Plus on tient une position idéologique forte, plus on considère que les données objectives sur une réalité comptent moins que l'opinion que l'on se fait»
    Pierre Noreau, président de l'Association francophone pour le savoir (Acfas) et professeur au Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal.

    Dans un article du 10 février au sujet des statistiques au Canada.
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  • Notsag - Abonné
    13 février 2012 12 h 47
    Détournement de la vrai question
    @M. Harvey:
    "Ce texte est expressément pensé en seul fonction du mourant. Il faut l'accompagner, le soulager et le protéger contre toute forme d'agressions psychologiques et/ou physique provenant de bien-portants arguant que « dans son état, il serait ben mieux mort! » "

    Il n'est aucunement question de donner aux "bien-portants" le droit de décider à la place de la personne en cause. Bien sûr, les "pro-agonie" aiment bien agiter cette menace de dérives, qu'ils jugent inévitables.

    Non, la vrai question est de savoir si on veut accorder au mourant le droit de décider pour lui-même.
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  • Platon - Abonné
    13 février 2012 13 h 05
    Question mal posée
    La question est très mal posée. Ce n’est pas une question qui doit être abordée sous l’angle collectif mais bien sous l’angle individuel. Il faut arrêter d’aborder les problèmes humains, personnels, individuels, subjectifs, comme le droit de mourir dans la dignité, sous l’angle de la société. Les solutions trouvées sont loufoques. L’être humain, la nature humaine, la société, la justice, l’égalité, ce sont des catégories générales, ce sont des réifications, ce sont des entités abstraites, QUI N’EXISTENT PAS DANS LA RÉALITÉ. Toute ratiocination dérivée de ces catégories est vouée à des dérives, comme l’illustre le texte de ce collectif d’auteurs, car elle ne prend pas adéquatement en compte la subjectivité humaine. Ce texte repose sur une éthique de la conviction, c’est-à-dire une éthique fondée sur des principes a priori, des règles universelles qui s’imposent sans discussion, sur une hiérarchie des savoirs, etc.
    CE QUI EXISTE, ce sont des personnes en chair et en os qui ont des sentiments, des émotions, des désirs, des peurs, des croyances, etc., C’est le sujet humain qui est la source de tout collectif, de toute structure sociale et il est un phénomène individuel singulier, mortel et très fragile. Dans ce contexte, je favorise une éthique de la finitude, c’est-à-dire une éthique fondée sur un sujet corporel vivant, où l’affectif, la santé, la mort sont des dimensions directrice de la conduite. Il faut par ailleurs renoncer à la quête de repères universels, impersonnels, objectifs qui n’existent que dans le langage et non dans le vécu du vivant humain, sensible, charnel, dont les sens, la sensibilité et l’affectivité déterminent le sens qu’il donnera à tout ce qui l’entoure.
    Jacques de Guise, avocat à la retraite
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  • Michel Harvey - Abonné
    13 février 2012 14 h 56
    @ Platon
    Selon votre commentaire, il n'y a rien d'objectif. La notion de dignité humaine ne peut donc pas l'être non plus. Chacun proposera donc la sienne.

    Un individu, car c'est bien d'individus dont vous parlez, dans le sens le plus individualiste du terme, pourra sans rougir déclarer indigne tout autre humain. C'est exactement ce qui se passe dans un génocide. Une partie d'une population juge qu'une autre partie est indigne.

    Selon votre posture, puisqu'il n'existe que des individus et que toute autre idée n'est qu'abstraction, ces génocidaires ont tout à fait raison de procéder ainsi. Pourquoi devraient-ils réprimer des comportements qui ne sont répréhensibles qu'au nom d'idées abstraites, d'idées qui n'existent pas, qui ne sont rien ?
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  • Yvon Bureau - Abonné
    13 février 2012 15 h 15
    Universitaires avec peu de compassion et peu de respect de la liberté des autres
    La Commission nous a amenés dans un autre univers de soins pour terminer nos agonies et nos vies, celui des soins appropriés et PERSONNALISÉS de fin de vie. Jamais plus au Québec, notre façon de terminer nos vies ne sera plus la même. Et cela même si des les dirigeants des soins palliatifs s'y opposent, affichant une rigidité indigne d'universitaires.

    Soins palliatifs et aide médicale active à mourir, balisée et contrôlés, se doivent d'être complémentaires, comme en Hollande et en Belgique. Aucun de ces pays ne voudrait revenir au temps de la criminalisation de cette aide active.

    Chers universitaires, près de 80 % de la population québécoise, et cela depuis près de 15 années, est en faveur de cette aide médicale active (euthanasie SOUS conditions). Bien plus, la grande majorité des médecins, des avocats, des travailleurs sociaux, du Comité provincial des malades, du Regroupement des comités des usagers... est en faveur à une ouverture souple et sage.

    La Commission vous invite à laisser passer la personne en fin de vie bien AVANT les soignants, universitaires soient-ils. La primauté à la personne. Comme le dit le Barreau du Québec : la PERSONNE et SON intention. Clair, non ?

    Le fait d'être nombreux à signer un tel article ne donne pas plus de crédibilité ni de hauteur suffisante aux arguments amenés.

    Plus de 85 % des gens meurent dans des institutions autres que palliatives. Ces professionnels de la santé de ces établissements montrent plus d'ouverture, plus d'humanité et surtout plus d'humilité si nécessaire à un accompagnement respectueux de chaque PERSSONNE, avec ses valeurs, sa dignité et son libre-choix, que bien des dirigeants des soins palliatifs.

    Le Québec optera pour un système INCLUSIF de soins personnalisés de fin de vie. Pour le mieux-être de tous, soignés, soignants, proches et institutions qui veulent sortir enfin des impasses et des zones grises impropres à l’accompagnement de PERSONNES digne
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  • Nelson - Inscrit
    13 février 2012 15 h 49
    Il ne faut menacer avec la prison les médecins qui aident des malades souffrants et sans espoir, avec leur consentement et celui de leurs familles.

    Il est une question de logique et bons sens de penser que se fait déjà que des médecins se font demander par les familles des malades en fasse terminal, très souffrants et avec aucun, aucun espoir, de terminer avec des souffrances inutiles et des acharnements thérapeutiques.

    Les gens et les médecins ne sont pas fous et font ce qu'ils ont à faire, et malgré des lois stupides, des délires religieux non empathiques avec les souffrants, et quoi encore.
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  • Platon - Abonné
    13 février 2012 16 h 32
    Une nouvelle conception de la personne et du mourant
    @ M. Harvey
    J’ai confiance en l’individu et non en l’institution. La personne en laquelle j’ai totalement confiance et dont je parle n’est justement pas celle sur laquelle votre Charte des droits et liberté est fondée. Cette dernière est justement une entité abstraite à laquelle sont attribuées des droits que ce cher législateur veut bien lui attribuer, mais dont l’exercice dépend de toute une autre gamme de ressources au sujet de laquelle ce cher législateur se tient bien silencieux. Pourquoi? Parce qu’il sait très bien qu’en réalité, dans le concret, dans le vécu de chaque personne, ces ressources sont très inégales et, par son idéologie néo-libérale, il ne vise qu’à le masquer. Cherchez dans vos textes fondamentaux et la personne dont je parle avec des souffrances, des sentiments, des émotions, des désirs, des peurs, des croyances, des aspirations, une subjectivité humaine, des projets à réaliser, une identité à construire, à nourrir et à maintenir, vous ne la trouverez pas. Tous vos textes se fondent sur la personnalité juridique dans l’abstrait. Or ce sont justement ces mêmes textes, se gargarisant de dignité humaine, qui permettent implicitement les traitements que la personne âgée reçoit dans nos divers centres pour personnes âgées, que la personne malade reçoit dans nos urgences et que la personne malade reçoit dans nos hôpitaux où les soins palliatifs sont totalement inadéquats, etc., etc.. C’est ce que permettent vos façons de penser dans l’abstrait. Encore pire, ce seront les tribunaux et le législateur qui vont venir me dire comment je dois me comprendre et me vivre comme personne et quand je devrai mourir selon ce qu’ils conçoivent comme étant la dignité humaine. Jamais! J’ai bien plus peur de vos dérives totalisantes et communautaristes que de ma volonté à vouloir privilégier une nouvelle conception de la personne humaine avec du coeur et une volonté de vouloir pr
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  • Yvon Bureau - Abonné
    13 février 2012 16 h 37
    Un mot manquait à la fin du paragraphe
    Et quel mot ! LIBRES.

    «Le Québec optera pour un système INCLUSIF de soins personnalisés de fin de vie. Pour le mieux-être de tous, soignés, soignants, proches et institutions qui veulent sortir enfin des impasses et des zones grises impropres à l’accompagnement de PERSONNES dignes et libres.»

    www.yvonbureau.com

    www.collectifmourirdigneetlibre.org

    http://www.collectifmourirdigneetlibre.org/blog.ph
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  • Platon - Abonné
    13 février 2012 17 h 27
    Une nouvelle conception de la personne et du mourant
    @M. Harvey

    Quelques mots ont été coupés. Les voici :

    "prendre ses décisions toute seule. Les institutions devraient appuyer la personne dans ses choix et non vouloir la contrôler pour mieux la manipuler. J’ai confiance en la personne et non en l’institution.

    Jacques de Guise, avocat à la retraite
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  • Michel Harvey - Abonné
    13 février 2012 17 h 53
    @ Yvon Bureau
    Vous dites, M. Bureau :

    « Chers universitaires, près de 80 % de la population québécoise, et cela depuis près de 15 années, est en faveur de cette aide médicale active (euthanasie SOUS conditions). Bien plus, la grande majorité des médecins, des avocats, des travailleurs sociaux, du Comité provincial des malades, du Regroupement des comités des usagers... est en faveur à une ouverture souple et sage. »

    Le premier argument, celui du sondage est un sophisme basé sur l'utilisation d'un lieu commun, celui de quantité. Fréquenter l'université permet au moins d'éviter les paralogismes les plus grossiers.

    Le deuxième point, en plus d'être une variante du sophisme précédent, est tout simplement faux. Une grande majorité de médecin, d'avocat, etc. ne sont pas pour « une ouverture souple et sage.»

    De plus, je ne vois pas ce que vient faire la sagesse dans ce type d'argumentaire. La sagesse, pour y avoir un tant soit peu accès, demande énormément d'études; or je vois bien à votre intervention que vous méprisez cet effort considérable que nécessite le désir de penser mieux.
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  • Peter Kavanagh - Inscrit
    13 février 2012 19 h 28
    Ego demesuré
    A tout ceux qui se disent contre une mort digne, vous avez un ego demesure si vous pensez que vous décider a ma place. Vous vulez vous rendre au bout, et bien allez y, mais cessez de voulir imposer votre point de vu a tout le monde.
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  • Lise Moga - Inscrite
    13 février 2012 20 h 13
    @Platon
    Une connaissance a été envoyé dans un centre hospitalier, puisque sa date d'expiration avait été décrété, par sa famille. Le centre hospitalier a "dit" procéder à des tests: le coeur, les poumons, les reins etc, se sont révélés en bonne condition. Malgré tout, le monde médical a acheté le "verdict de la famille" et l'a envoyé à un CHLSC, sous prétexte de convalescence. Rendu là, l'individu voulait retourner chez lui. Il était autonome, sain d'esprit, malgré une médication (universelle pour cet âge, 75 ans ) contre le cholestérol, pour éclaircir le sang, contre la pression; il voulait retourner chez lui et pour le retenir calmement à la merci du diagnostic familial et maintenant médical, on lui a donné la morphine (mort fine). Après 6 semaines, il est passé de vie à trépas. S'agit-il d'une mort digne?
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  • Lise Moga - Inscrite
    13 février 2012 20 h 20
    @ Platon
    J'ai oublié de vous dire que cette personne lucide et autonome voulait vivre.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    14 février 2012 07 h 52
    Oh sagesse quant tu nous tiens
    La sagesse est dans le «ET» et dans «D'un côté, d'un autre côté».

    D'un côté, un groupe minoritaire veut EXCLURE d'autres façons de terminer nos vies; d'un autre côté, une très grande majorité de Québécoises et de Québécois tant personnellement que professionnellement veut un système qui INCLUT tout le monde, dans et par le libre-choix, dans le respect des normes adoptées.

    Notre Assemblée nationale du Québec habitera une grande sagesse dans ses choix politiques concernant la fin digne et sereine et respectueuse de la vie des ses près de 60 000 personnes qui terminent leur vie annuellement au Québec.

    La sagesse demande une audace ET une saine prudence.

    La sagesse demande de s'éloigner des idéologies, religieuses soient-elles, ET de se rapprocher du finissant de la vie et de son libre-choix. La sagesse s’éloigne de la rigidité dogmatique ET s’approche de la personne et de sa dignité et de sa liberté ultime.


    La sagesse apporte la sérénité, souple face à chaque personne et ses choix, forte dans le respect des balises choisies.

    La sagesse est tellement de mise dans l’accompagnement en fin de vie et dans l’univers de la PERSONNE. Il en est de même pour le respect de chaque personne finissant sa vie.
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  • Notsag - Abonné
    14 février 2012 08 h 45
    Une anecdote invérifiable
    @Lisa Moga:

    Vous devriez appeler TVA. Ils feraient un beau topo de votre histoire.

    Que sommes-nous supposés conclure de cette anecdote? Fermons les CH et les CHSLD parce qu'ils pratiquent l'euthanasie active?

    Ce genre d'anecdote n'apporte rien au débat.
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  • Lise Moga - Inscrite
    14 février 2012 10 h 26
    @Notsag
    "Que sommes-nous supposés conclure de cette anecdote? Fermons les CH et les CHSLD parce qu'ils pratiquent l'euthanasie active?"

    Il y a peut-être lieu de ne pas se laisser berner par les beaux discours de gens qui veulent notre bien au point de ne pas s'enfarger dans les règles élémentaires de respect. La vie est "la chose" de qui?

    "Ce genre d'anecdote n'apporte rien au débat". À votre point de vue!!! Au miens, je crois que lorsqu'on introduit une notion aussi SUBLIME que "mourir dans la dignité", ça ne doit absolument pas surclasser "vivre dans la dignité" et le respect de la principale personne concernée par ce débat doit prévaloir sur toutes autres considérations. Ma vie et ma mort m'appartiennent et je reconnais ce droit à sa vie et à sa mort à tout autre.

    J'adhère aux énoncés: "La Commission vous invite à laisser passer la personne en fin de vie bien AVANT les soignants". Yvon Bureau
    "J’ai confiance en l’individu et non en l’institution". Platon
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  • Michel Harvey - Abonné
    14 février 2012 10 h 32
    @ Notsag
    C'est certain que toutes les histoires qui iront à l'encontre de votre position n'apporteront rien au débat...

    @ M. Bureau

    Votre idée de la sagesse est trop naïve pour être opératoire. Je vous conseille de lire Aristote, au moins pour avoir une idée de la nature du débat. La sagesse selon Aristote (Métaphysique, A, 2, 982a 18) est la vertu « qui connaît en vue de quelle fin les choses sont faites, fin qui est, dans chaque être son bien et du souverain Bien dans l'ensemble de la nature. » 

    Je ne serai jamais convaincu que l'action d'abréger la vie de quelqu'un plutôt que de soulager ses souffrances est faite en vue du bien de cette personne. Faudrait-il à tout le moins connaître ce qu'est la nature de ce bien. Moi, je l'ignore.

    @ Platon

    Vous avez une grande confiance dans l'individu. Les individus que je côtoie sont souvent inspirés par l'égoïsme, la peur, la convoitise, l'ignorance... Ils sont toujours arbitraires. Vous avez une vision très rousseauiste des humains, ou vous n'habitez pas la même planète que la mienne. J'aime mieux m'en remettre à des institutions plutôt qu'à l'arbitraire du particulier. Trop de violences ont été perpétrées par des particuliers qui n'avaient que leur arbitraire pour les guider...

    Ce sont eux qui ont laissé mourir la petite Chinoise frappée par un véhicule, dans l'indifférence la plus complète. Si vous n'avez pas vu cette remarquable démonstration humaine, je vous donne une adresse où l'on peut la regarder. C'est édifiant : http://motosportquebec.ca/showthread.php?5275-Happ
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  • Vivre dans la dignite - Inscrit
    14 février 2012 11 h 43
    Cohérence 101 SVP!
    @Yvon Bureau
    @Platon
    Malgré un sondage d’Angus-Reid publié en 2010 et démontrant que 62 pour cent des Canadiens et 69 pour cent des Québécois sont en faveur de la peine de mort, plusieurs politiciens ont vivement réagi à la déclaration du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu affirmant qu' « il faudrait que chaque assassin aurait (sic) droit à sa corde dans sa cellule pour décider de sa vie."
    Le gouvernement fédéral a cependant réitéré son intention de ne pas rouvrir le débat sur la peine de mort. Par conséquent, les criminels continueront d’être protégés par la loi interdisant la peine de mort.

    Espérons que les membres de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité interdiront toute pratique d’euthanasie et condamneront le suicide assisté afin de protéger tous les membres de notre société québécoise et les empêcher de se donner la mort (sous forme de suicide assisté) et afin d'éviter aux médecins d’être complices d’un acte criminel (euthanasie )

    Une analyse indépendante des résultats des consultations publiques (1) démontre que 60 pour cent des interventions devant la commission furent contre ou plutôt contre l’euthanasie, et 99 pour cent des interventions furent clairement en faveur des soins palliatifs.

    Les résultats des auditions publiques indiquent clairement la direction que devront préconiser les membres de la commission. Les députés doivent prendre leurs responsabilités sociales afin d’assurer la protection du public et de donner la garantie que tous les lieux publics (incluant les institutions de santé) restent toujours sécuritaires.

    La loi interdisant l’euthanasie et le suicide assisté ne devrait jamais être transgressée, parce qu'elle protège les personnes vulnérables ainsi que ceux ( médecins ou autres intervenants) qui pourraient subir des pressions pour devenir complices de ces crimes.
    (1) http://www.newswire.ca/fr/story/878891/les-soins-p
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  • Notsag - Abonné
    14 février 2012 12 h 53
    Finale,ment, on est bien d'accord!
    @Mme Moga:
    "Ma vie et ma mort m'appartiennent et je reconnais ce droit à sa vie et à sa mort à tout autre."

    Je suis tout à fait d'accord avec vous. Voilà bien l'essence du débat. On ne parle pas de donner à des institutions le droit de tuer quiconque sans son consentement libre et éclairer, même s'il n'est pas malade.

    @M.Harvey:
    Le débat est de savoir si on accepte qu'une personne en phase terminale qui n'en peut plus d'agoniser puisse demander d'en finir. L'anecdote de Mme Moga référait à une institution qui a euthanasié une personne qui n'était même pas malade, et qui n'a jamais exprimé le désir de mourir. Cela n'a donc aucun rapport au débat actuel.
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  • Francois - Inscrit
    15 février 2012 09 h 08
    Oui à la liberté de mourir
    Il en va du choix et du droit de l'individu de choisir sa mort. Personne ne peut et devrait décider de la mort d'une autre personne que la tienne. Il y fort longtemps que les philosophes le recommande.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    15 février 2012 11 h 03
    Ai lu, relu, rerelu, et pourtant
    J'en arrive toujours à voir dans votre texte peu de richesse, peu de compassion, peu de souplesse intellectuelle; dommage, on s'attend à tellement plus des universitaires et des dirigeants d'institutions palliatives qui affichent leurs titres et leurs haut-grades. J'y vois surtout une volonté de garder une autorité de domination et non une autorité humble de service, au service de la personne en fin de vie, de ses proches et de ses soignants.

    Une mise à jour s'impose. Vous ne parlez que du contrôle de la douleur. C'est rendu le 4e ou 5e critère dans le choix des mourants. Le finissant de la vie a peur de perdre sa dignité, son intégrité, son identité, son intimité, ses secrets, a peur de vivre un mourir sans sens et dégradant, a peur de devenir pour soi et pour les autres un monstre. À raison, assez souvent.

    Il vous est mieux d'écrire «DES et non LES» soignants en SP. Bien de ces personnes ( soignants et bénévoles) nous ont confié bien des secrets, n'osant pas vous les dire, craintifs étant. Des soignants et bénévoles en SP voudraient plus d'ouverture, moins de rigidité. Ils sont plus nombreux que vous le pensez à vouloir ainsi.

    @ vivre dans la dignité,
    Je sais que la majorité des corporations professionnelles sont en faveur d'une ouverture (Avocats, TS, médecins...). Et des organismes comme Le Comité de protection des malades, Le Regroupement des comités des usagers. Et vous aussi vous le savez. Vous les écoutez mais vous refusez de les entendre. À tord.

    Êtes vous capables de dire : «Soins appropriés et personnalisés de fin de vie?» Vous revenez toujours à SP, car plus lointains du mourant et du réel.

    Développer les soins de fin de vie, bien sûr, ayant l'aide médicale active à mourir, balisée et contrôlée, en complémentarité. Ici, pas d’opposition.

    Avant de développer les SP, faudrait en faire un bon examen pour savoir lesquels de ces SP ont encore sens aux yeux des mourants et des soignants.
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  • Vivre dans la dignite - Inscrit
    15 février 2012 15 h 45
    Illusions
    @ François
    Il est ILLUSOIRE de prétendre que l’euthanasie est une forme d’expression de son autonomie et donne un faux sens de son contrôle sur sa mort. Or, si l’euthanasie prend pour point de départ la demande du malade, la décision de prescrire et d’injecter le médicament mortel est prise par le médecin Évidemment, par leur définition même, l’euthanasie et le suicide assisté ne constituent jamais des manifestations d’autonomie, puisqu’ils requièrent un minimum de coopération de la part d’autres individus (les personnes offrant l’aide au suicide ou pratiquant l’euthanasie).
    Et si l’euthanasie devenait une réalité au Québec…Imaginons le jour où des personnes peu scrupuleuses apprendraient comment favoriser le consentement du malade ou même prendraient des moyens pour que l’euthanasie puisse s’imposer. La personne malade,vivant avec une maladie dégénérative ou vivant avec un handicap sentira qu’elle est de trop et percevra la pression subtile du « devoir » de mourir en consentant à l’euthanasie. Quelle effrayante perspective !
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  • Notsag - Abonné
    15 février 2012 16 h 40
    Facile d'imaginer toutes sortes de scénarios effrayants....
    Avec l'abolition du registre sur les armes d'épaule, il faudra maintenant se méfier des tireurs embusqués quand on marche à découvert dans la rue.
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  • Vivre dans la dignite - Inscrit
    15 février 2012 23 h 47
    Les cliques-élites ne font pas le poids de la mobilisation citoyenne engagée
    @Yvon Bureau
    Un rappel du contexte de la commission spéciale. L’Assemblée Nationale a mise sur pied des audiences publiques pour consulter la population du Québec et écouter ce que la population avait à dire. « Nous croyons que les Québécoises et les Québécois souhaitent ce grand débat de société et qu’ils sont prêts à prendre part à une réflexion…La population québécoise pourra s’exprimer sur les divers enjeux entourant la question de mourir …. Source: communiqué assnat.qc.ca

    Maintenant que les résultats de la consultation itinérante citoyenne ne semblent pas faire VOTRE affaire ( Citoyens québécois en FAVEUR à 99 pour cent pour les soins palliatifs, 60 per cent contre l’euthanasie, moins de 3per cent seulement sont pour le suicide assisté ), vous le savez et vous refusez de l’accepter. Voilà maintenant que vous braquez la bannière des cliques -élites de QUELQUES corporations professionnelles (sans consultation de leurs membres) parmi une centaine qui ont présenté devant la commission.
    Source: http://www.vivredignite.com/docs/statistiques15nov
    http://www.vivredignite.com/docs/communique_fin.pd

    Alors, pourquoi le gouvernement québécois aurait-il dépensé les quelques
    750 000$ de nos taxes pour cette consultation itinérante? Ne pas écouter la voix des CITOYENS serait une insulte l'égard des québécois qui ont pris le temps de réfléchir et d’y participer. Aux yeux de ceux-ci, cela confirmerait leurs craintes énoncées en commission que cette initiative n’était qu’une mascarade, et la population en concluera de même!
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  • Notsag - Abonné
    16 février 2012 09 h 57
    La mobilisation peut faire toute une différence
    @Vivre dans la dignité:
    Vos statistiques sont sans doute exactes. Toutefois, les sondages dans les média nous donnent une image fort différente. Pourquoi?

    Se pourrait-il que des organismes bien organisés puissent mobilisés leurs membres afin de faire pencher les statistiques de leur côté? Par exemple, combien de membres du Réseau Vivre en Dignité ont déposés un mémoire ou effectués une intervention?

    Si les tenants du "Pour" n'ont pas une telle capacité de mobilisation, ils se feront rapidement débordés.

    Dans ce contexte, les sondages média me semblent donner une image plus représentative de l'opinion de la population.

    Si un référendum national donnerait un 60% pour, et 40% contre, est-ce que vous accepteriez le choix de la majorité?
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  • Yvon Bureau - Abonné
    16 février 2012 19 h 28
    Meilleur titre suggéré
    Titre de l'article : «Mourir dans la dignité - Permettre une fin de vie paisible, un devoir politique».

    Un ami et collaborateur vous en suggère un autre :
    Mourir dans la dignité – Permettre à toute PERSONNE mourante une fin de vie digne, sereine et respectueuse jusqu’à la fin de son libre-choix : un devoir politique.

    @Vivre dans la dignité
    Votre point de vue est intéressant MAIS insuffisant, boiteux et souvent tordu. À vouloir tellement convaincre, vous en arrivez à perdre de votre crédibilité; dommage.

    À preuve. Vous avez organisé des séances d'information pour la population ; avec vos invités pensant tous pareil ; de vos organisateurs ont même refusé mon offre d'aller y prendre la parole, gratuitement. On appelle cela des séances de conviction. Cela traduit bien votre organisme à but de convaincre à tout prix.

    Une observation : La Commission a grandement apprécié les témoignages et les mémoires avec une argumentation solide; cette Commission a eu grande écoute et s’est donnée une énorme crédibilité; elle méritera RESPECT, le nôtre et le vôtre; peu importe son rapport et les choix de notre Assemblée nationale du Québec.
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  • Pierre Bellefeuille - Inscrit
    16 février 2012 22 h 48
    Euthanasie, aucune généralisation possible! (1 de 2)
    Conscients de la valeur de la vie, de sa beauté et de sa fragilité, nous sommes souvent à la fois outrés et déstabilisés par la mort. Je n’aime pas la mort, mais elle donne tellement de sens à la vie, une mort qui pourtant semble si bien remplie de non-sens.

    Les aspirations de l’espèce humaine en tant que tissu social sont bien moins limitées dans le temps que ne l’est un individu. Qui sommes-nous pour imposer des aspirations collectives à un individu face aux limites de sa propre vie, car dans certains cas on peut imposer une violence ou douleur morale qu’on n’imposerait pas à un animal domestique? Hélas! Nous avons tous une fin à vivre.

    « Non, la vraie question est de savoir si on veut accorder au mourant le droit de décider pour lui-même. »

    Notsag vise très juste ici!

    Il est très rare d’entendre le témoignage des gens désirant qu’on les débranche ou qu’on les laisse partir.

    On s’entend tous pour dire que le sujet de l’Euthanasie est extrêmement délicat.

    Pour payer mes études, j’ai travaillé pendant 8 ans dans des centres de soin de longue durée. J’ai croisé des gens très forts psychologiquement, qui malgré la maladie dégénérative, ne demandait qu’à vivre et nous accueillaient chaque jour souriants et chaleureux, ça ébranle! Cependant, à ma connaissance, je n’ai croisé qu’un seul cas ayant demandé pendant plusieurs années qu’on le laisse partir. Il est finalement mort au cours des années 1980 de ses multiples maladies envahissantes qui le faisaient souffrir sur tous les plans. À son départ, tous avaient poussé un soupir de soulagement par empathie.
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  • Pierre Bellefeuille - Inscrit
    16 février 2012 23 h 07
    Euthanasie, aucune généralisation (2 de 2)
    Suivant une discussion avec l’aumônier, il était en accord avec moi, dans son cas précis, qu’on aurait dû acquiescer plus tôt à sa demande de mourir.

    J’ai aussi vu des variantes entre les deux, mais sans plus où l’idée de donner un accès éclairé et libre à l’euthanasie ne me traversait pas vraiment l’esprit.

    J’ai vu aussi beaucoup de solitude, une solitude qui semblait peser plus lourd que la maladie elle-même, et cela m’attristait.

    J’ai constaté dans bien des cas une formidable capacité d’adaptation chez plusieurs personnes et cela a modifié profondément ma perception de la normalité.

    Dans le cas le plus grave mentionné plus haut, il n’y avait aucun doute possible dans mon esprit : on aurait dû le laisser partir bien avant. Mais, ça reste mon interprétation, et il est possible que je m’abuse ici.

    Je pense que nous n’avons pas le droit d’imposer à un être humain désirant partir des conditions de survie où la maladie inexorablement ne pourra pas être guérie, même si on peut en atténuer les effets néfastes avec des soins palliatifs. Dans ce cas précis, on ne peut pas non plus automatiser la mort demandée. Ça prend une évaluation multidisciplinaire de la personne, une évaluation à laquelle un ou des proches de la famille devraient participer. Une réflexion approfondie doit se faire au cas par cas, car aucune généralisation n’est viable.

    Une équipe multidisciplinaire pourrait être composée d’un médecin, d’une infirmière, d’un psychologue, d’un notaire ou avocat, d’un prêtre, d’un membre de la famille ou autre.

    Je ne ferai pas le tour ici, mais on doit savoir que ce sujet peut-être aussi une véritable boîte de pandore. Ça demande une très grande vigilance!
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  • Jana Havrankova - Abonnée
    18 février 2012 09 h 48
    La liberté pour les malades incurables
    J’ai envoyé le texte suivant à la rédaction du Devoir, mais comme il n’a pas été publié cinq jours plus tard, je présume qu’il ne le sera pas…
    Les auteurs invoquent « le droit à la liberté et à l’intégrité de sa personne » garanti par notre Charte. Ils s’en servent pour réfuter la pertinence de toute aide à mourir. Toutefois, une personne atteinte d’une maladie incurable pourrait demander cette aide au nom, justement, de la liberté et du respect de l’intégrité de sa personne. Les soins palliatifs et l’aide à mourir se s’opposent pas, ils se complètent, ce que les intervenants en soins palliatifs refusent d’admettre obstinément. Que l’on puisse soulager en général la douleur constitue une victoire des soins palliatifs. Que l’on doive améliorer l’accès aux soins palliatifs n’est contesté par personne. Cependant, pour certains malades, le problème principal n’est pas la douleur, mais une perte insupportable et irréversible des capacités : prendre soin de soi, bouger moindrement, respirer sans peine, qui s’étire durant les mois, sinon des années. D’ailleurs, ce sont les personnes atteintes de telles maladies qui ont demandé avec le plus d’insistance l’aide à mourir. Ses gens ne démontraient aucunement un « dénuement » dont on est censé souffrir en fin de vie selon les auteurs. Au contraire, elles se battaient malgré leurs handicaps pour pouvoir terminer leurs souffrances au moment choisi par elles, librement. Combien d’autres devront dépenser leurs dernières énergies à convaincre le législateur qu’une aide à mourir s’avère, dans certaines rares situations, la meilleure issue? Si les soins palliatifs tournaient le dos à l’euthanasie sur demande, il serait sans doute possible de confier cette tâche à d’autres intervenants. Ainsi, on protégerait le rôle des soins palliatifs désiré par les auteurs : préserver la vie à tout prix. Permettre une fin de vie paisible constit
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  • Jana Havrankova - Abonnée
    19 février 2012 15 h 10
    La liberté pour les malades incurables (suite)
    (Il ne restait plus grand-chose à ajouter) : Permettre une fin de vie paisible constitue un devoir humain plutôt que politique ou idéologique.
    Jana Havrankova
    Médecin endocrinologue
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  • Vivre dans la dignite - Inscrit
    21 février 2012 10 h 25
    Programme de valorisation du savoir être en société
    @ Hana Havrankova
    Vous avez écrit que: ... "pour certains malades, le problème principal n’est pas la douleur, mais une perte insupportable et irréversible des capacités : prendre soin de soi, bouger moindrement, respirer sans peine, qui s’étire durant les mois, sinon des années. D’ailleurs, ce sont les personnes atteintes de telles maladies qui ont demandé avec le plus d’insistance l’aide à mourir."

    Vous confirmez à la population et à nos élus que les intentions derrière le mouvement pro-euthanasie de l'AQDMD, dont vous êtes membre, que l'euthanasie n'est pas vraiment pour les personnes en fin de vie ayant moins de 6 mois à vivre.
    Votre proposition est très dangereuse à mon avis.

    Je propose plutôt que le Québec mette en place un programme de valorisation du savoir être collectif pour contrer les stéréotypes et les préjugés face aux personnes malades ou en perte d'autonomie. Plutôt que de réduire les personnes malades à leurs incapacités ou leurs "pertes d'autonomie", on aurait tous à gagner par une approche qui mise sur les CAPACITÉS des personnes et sur leur contribution à la société.
    Qu'est-il arrivé au respect inconditionnel et à la reconnaissance de l'autre peu importe ses conditions physiques ou psychologiques?
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