Québec s'attaque à l'intimidation
Le gouvernement annonce un projet de loi et une stratégie nationale
Photo : Jacques Nadeau - Archives Le Devoir
La ministre de l’Éducation, Line Beauchamp
Le gouvernement libéral a déployé toute une phalange, hier, pour annoncer le dépôt prochain d'un projet de loi sur l'intimidation chez les jeunes et une campagne de sensibilisation.
Jean Charest, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, et le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, sont venus à Montréal pour l'annonce, à laquelle les journalistes avaient été convoqués en hâte la veille.
Faut-il voir dans ce deuxième point de presse dominical en deux semaines une entrée du gouvernement en mode électoral? Non, répond Jean Charest, qui juge que le thème de l'intimidation est si important que ses collègues et lui devaient y être.
Le gouvernement a annoncé le lancement d'une stratégie nationale nommée L'intimidation, c'est fini. Moi, j'agis, qui mobilisera un budget d'un million de dollars par année pendant trois ans. Le gouvernement lance un site Web (moijagis.com), finance des publicités et invite la population à signer la nouvelle Déclaration québécoise d'engagement contre l'intimidation et la violence.
Québec a aussi prévu la création d'une semaine annuelle de l'intimidation.
Selon le premier ministre, Jean Charest, ces mesures sont «vraiment un appel à tous pour nous rappeler nos responsabilités respectives, pour réaffirmer notre volonté de combattre un phénomène qui, diront certains, existe depuis toujours, mais que nous ne voulons plus tolérer.»
Les ministres Dutil et Bolduc étaient là pour inviter toutes les écoles à conclure des ententes avec les intervenants de la santé et du milieu policier, si elles ne l'ont déjà fait.
Un projet de loi sur l'intimidation sera de plus déposé cette semaine et définira le concept d'«obligation d'intervenir». «Je pense que nous sommes tous conscients que nous ne sommes plus à l'étape de parler de moyens, de parler des intentions; nous sommes bel et bien à l'étape de confirmer que nous avons des obligations d'agir», a dit la ministre Line Beauchamp. Cette loi permettrait également de mesurer le phénomène et de répertorier les cas dans chaque école.
La ministre a aussi précisé que ce seront finalement 18 millions de dollars qui seront investis d'ici 2015 pour prolonger le plan contre l'intimidation qui avait été lancé en 2008 pour trois ans, avec une enveloppe de 17 millions.
L'opposition officielle est d'accord sur le fait qu'il faut sensibiliser la population au sujet du phénomène qui se complexifie avec les médias sociaux. Toutefois, le porte-parole du Parti québécois en matière d'éducation primaire et secondaire, Sylvain Gaudreault, estime que le gouvernement ne va pas assez loin. «On peut bien faire signer n'importe quelle déclaration, mais il faut qu'atterrissent dans les écoles les ressources financières pour l'embauche de ressources professionnelles.» Il attend avec impatience le projet de loi et le prochain budget de Québec.
La Fondation Jasmin-Roy espère aussi que les écoles auront plus de ressources. «De l'argent a été débloqué depuis 2008 et il semblerait qu'il ne s'est pas rendu dans les écoles, a commenté Jasmin Roy. Mais l'annonce [d'hier] lance néanmoins un bon message pour rassurer la population.»
Le milieu de l'éducation est partagé devant les mesures annoncées hier. La présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré — qui est proche du parti Coalition avenir Québec, il faut le dire — s'est dite déçue. «Pour nous, les directions d'école, c'est un copié-collé du plan de 2008-2011 avec les mêmes montants qui sont reconduits, plus un petit ajout d'un million pour la campagne de publicité.»
La Centrale des syndicats du Québec, qui représente des dizaines de milliers d'enseignants, espère que l'annonce n'était pas qu'un grand coup pour «épater la galerie sans qu'il se passe rien après», mais se réjouit de voir que le sujet est mis à l'avant-plan. L'Association québécoise des directions d'écoles et l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire ont pour leur part salué les efforts de Québec, les qualifiant de bon «pas vers la solution pour éradiquer la violence à l'école».
Jean Charest, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, et le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, sont venus à Montréal pour l'annonce, à laquelle les journalistes avaient été convoqués en hâte la veille.
Faut-il voir dans ce deuxième point de presse dominical en deux semaines une entrée du gouvernement en mode électoral? Non, répond Jean Charest, qui juge que le thème de l'intimidation est si important que ses collègues et lui devaient y être.
Le gouvernement a annoncé le lancement d'une stratégie nationale nommée L'intimidation, c'est fini. Moi, j'agis, qui mobilisera un budget d'un million de dollars par année pendant trois ans. Le gouvernement lance un site Web (moijagis.com), finance des publicités et invite la population à signer la nouvelle Déclaration québécoise d'engagement contre l'intimidation et la violence.
Québec a aussi prévu la création d'une semaine annuelle de l'intimidation.
Selon le premier ministre, Jean Charest, ces mesures sont «vraiment un appel à tous pour nous rappeler nos responsabilités respectives, pour réaffirmer notre volonté de combattre un phénomène qui, diront certains, existe depuis toujours, mais que nous ne voulons plus tolérer.»
Les ministres Dutil et Bolduc étaient là pour inviter toutes les écoles à conclure des ententes avec les intervenants de la santé et du milieu policier, si elles ne l'ont déjà fait.
Un projet de loi sur l'intimidation sera de plus déposé cette semaine et définira le concept d'«obligation d'intervenir». «Je pense que nous sommes tous conscients que nous ne sommes plus à l'étape de parler de moyens, de parler des intentions; nous sommes bel et bien à l'étape de confirmer que nous avons des obligations d'agir», a dit la ministre Line Beauchamp. Cette loi permettrait également de mesurer le phénomène et de répertorier les cas dans chaque école.
La ministre a aussi précisé que ce seront finalement 18 millions de dollars qui seront investis d'ici 2015 pour prolonger le plan contre l'intimidation qui avait été lancé en 2008 pour trois ans, avec une enveloppe de 17 millions.
L'opposition officielle est d'accord sur le fait qu'il faut sensibiliser la population au sujet du phénomène qui se complexifie avec les médias sociaux. Toutefois, le porte-parole du Parti québécois en matière d'éducation primaire et secondaire, Sylvain Gaudreault, estime que le gouvernement ne va pas assez loin. «On peut bien faire signer n'importe quelle déclaration, mais il faut qu'atterrissent dans les écoles les ressources financières pour l'embauche de ressources professionnelles.» Il attend avec impatience le projet de loi et le prochain budget de Québec.
La Fondation Jasmin-Roy espère aussi que les écoles auront plus de ressources. «De l'argent a été débloqué depuis 2008 et il semblerait qu'il ne s'est pas rendu dans les écoles, a commenté Jasmin Roy. Mais l'annonce [d'hier] lance néanmoins un bon message pour rassurer la population.»
Le milieu de l'éducation est partagé devant les mesures annoncées hier. La présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré — qui est proche du parti Coalition avenir Québec, il faut le dire — s'est dite déçue. «Pour nous, les directions d'école, c'est un copié-collé du plan de 2008-2011 avec les mêmes montants qui sont reconduits, plus un petit ajout d'un million pour la campagne de publicité.»
La Centrale des syndicats du Québec, qui représente des dizaines de milliers d'enseignants, espère que l'annonce n'était pas qu'un grand coup pour «épater la galerie sans qu'il se passe rien après», mais se réjouit de voir que le sujet est mis à l'avant-plan. L'Association québécoise des directions d'écoles et l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire ont pour leur part salué les efforts de Québec, les qualifiant de bon «pas vers la solution pour éradiquer la violence à l'école».
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