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Publicité - Les Premières Nations éclaboussées par Eska

Fabien Deglise   30 juin 2011  Consommation
La publicité d’Eska se retrouve notamment au petit écran et dans les abribus.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
La publicité d’Eska se retrouve notamment au petit écran et dans les abribus.
De l'eau et une controverse. La nouvelle campagne publicitaire pour l'eau minérale Eska, mise en bouteille par Eaux Vives Water, soulève l'ire des plusieurs représentants des Premières Nations, qui dénoncent «une utilisation dégradante des autochtones» pour promouvoir cette eau. Paradoxalement, l'Eska, désormais propriété d'une grosse caisse de retraite américaine, est puisée à Saint-Mathieu d'Harricana, au cœur du territoire traditionnel des Algonquins, qui demandent à la compagnie de mettre un terme à cette campagne.

«Par respect pour les rapports harmonieux et constructif qui se tissent au quotidien entre les peuples de l'Abitibi-Témiscamingue [d'où provient cette eau], nous osons croire que vous réviserez votre stratégie marketing en cessant de diffuser ces publicités», écrit Édith Cloutier, directrice du Centre d'amitié autochtone de Val-D'Or, dans une lettre ouverte adressée cette semaine à Jim Delsnyder, président d'Eaux Vives Water, l'embouteilleur de l'Eska. Cette publicité ternit les liens et porte ombrage à tous les efforts déployés pour casser les préjugés tenaces à l'égard des autochtones».

Depuis quelques semaines, l'eau Eska, une entreprise dont l'actionnaire majoritaire est la Morgan Stanley Strategic Investments, une banque d'affaires de New York impliquée dans l'effondrement des marchés en 2008, interpelle les consommateurs, au petit écran et dans les arrêts d'autobus, par l'entremise d'une campagne mettant en vedette des «sauvages», de type guerrier amazonien, qui défendent l'eau pour la protéger de la tentation des jus de fruits. Le slogan «Eska: la pureté bien protégée» vient sceller le concept publicitaire. Et c'est là que le bât blesse.

Tout en rappelant que l'eau «est un symbole puissant chez les Premiers Peuples à travers les Amériques», le Centre d'amitié autochtone, dénonce cette campagne qui «entretient le mythe de l'Indien sauvage qui fait peur» et qui dépeint les premiers occupants du territoire comme des «indigènes primitifs incarnés en guerriers Eska aux allures de nonos, prêts à tuer pour protéger la pureté de l'eau depuis 8000 ans».

«Nous comprenons que les concepteurs ont misé sur l'humour pour accrocher le consommateur, ajoute Mme Cloutier. Malheureusement, plutôt que d'être sympathique, votre publicité crée un malaise et en blesse plusieurs.»

Hier, par voie de communiqué, le président d'Eaux Vives Water, Jim Delsnyder, s'est dit «désolé d'apprendre que la publicité ait offensé» la représentante du Centre d'amitié. Depuis son bureau de Toronto, l'homme précise que son entreprise a porté «une attention particulière» pour que cette campagne ne comporte «aucune référence culturelle propre à quelque nation que ce soit dans l'habillement et le style des personnages», dit-il.

Sans statuer sur le sort de cette campagne, avec ces «personnages imaginaires», l'entreprise dit analyser actuellement la plainte et promet d'y répondre de manière plus complète «prochainement».
 
 
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  • Gaston Bourdages - Abonné
    30 juin 2011 02 h 05
    Dans cet indéfinissable cadeau qui est nôtre.....
    ...nous, les êtres humains, nous y trouvons cette liberté du choix et de choix. Je puis me «faire» complice de cette campagne publicitaire en répétant mes achats de cette eau de marque «Eska» ou encore m'abstenir. Votre article, Monsieur Deguise, m'interpelle, m'invite à une réflexion sur la position qu'il m'est POSSIBLE de prendre. Oui, une autre fois, J'AI le choix avec et malgré toutes ces gens qui, autour de moi, me disent et redisent : «Je n'ai pas le choix». Je me considère et surtout me sais, dans ma condition, ÊTRE humain LIBRE. Oui libre et RESPONSABLE. Cette liberté, cadeau de....? porte en son sein ce fait de la responsabilité, de cette auto-responsabilité échappant à tout animal. Qui eût dit qu'une campagne publicitaire mettant en avant-scène les premiers habitants du Québec m'amènerait à réfléchir tout haut sur les vertus de cet inqualifiable cadeau qu'est celui de cette liberté de choix ?
    Monsieur Deguise, madame Édith Cloutier, Monsieur Jim Delsnyder, ma vive gratitude.
    Humblement,
    Gaston Bourdages
    Simple citoeyn - écrivain en devenir
    Saint-Valérien de Rimouski
    www.unpublic.gastonbourdages.com
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  • Jean-Guy Dagenais - Abonné
    30 juin 2011 06 h 25
    Dénonçons
    Nous dénonçons cette publicité idiote. Mal conseillé, l'entreprise doit rectifier et s'excuser. Y a des blagues qui n'en sont pas, il y a humour et drôlerie et originalité. Ce message n'en est pas et est gênant pour tous.
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  • meme40 - Inscrit
    30 juin 2011 07 h 56
    OUF !!!
    Cette eau est tellement bien protégée qu'on l'a donné à une multinationale étrangère, avec en prime le logo Kasher.. c'est fort !!!Vive le territoire, vives les premières nations.. en fait de référence culturelle .. ??? Kasher c'est pas un peu religieux.?
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  • P. Boutet - Abonné
    30 juin 2011 09 h 36
    Anglais sait ce qui est bon pour toi
    Moi je suggère une contre publicité à cette dernière.

    Une bande de blancs pompant frénétiquement un petit oasis du Névada. Sur les hauts plateaux surplombant ce petit oasis un groupe d'indiens encerclant ces petits merdeux tout en se demandant s'ils méritent de vivre ou non et en se questionnant sur l'objectif de cette pathétique masquarade.
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  • marinathan - Inscrit
    30 juin 2011 10 h 08
    On ne vaut plus gand'chose
    Tout simplement pour vous donner comme commentaire: si on ne vaut pas une risée, on ne vaut pas grand'chose. On cherce n'importe quoi pour semer la contreverse...je suis autochtone et fiere de l'être et bref, cette publicité me fait simplement sourire et n'atteint pas ce que je suis.Franchement!
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  • Pierre Marcotte Pierre Marcotte - Inscrit
    30 juin 2011 12 h 30
    Arrêtez donc de geindre !
    Cette affiche dépeint autant des autochtones de l'Abitibbi que des noirs du Congo.
    D'ailleurs, les peuples autochtones crient haut et fort qu'ils veulent conserver leurs héritages et leurs coutumes (ce qui inclut leurs costumes); pourquoi alors s'énerver lorsqu'une compagnie utilise ces accoutrements pour attirer l'attention ? Ils mettent leur plumes d'aigle à la première occasion et jouent de leur tambour en peau de caribou à chaque manifestation ou fête locale. Pourquoi, encore, s'énerver lorsque ces symboles sont dans les mains d'autochtones fictifs ?
    Personnellement, je ne saurais faire la différence entre un habit traditionnel iroquois, algonquin, huron, sioux, mohawk (à part les cheveux), mic-mac, et al.

    Ici comme ailleurs, le dernier recours est d'encourager au pas l'achat des produits affichés.
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  • Francis Déry - Inscrit
    4 juillet 2011 07 h 09
    Les redevances culturelles
    Après les redevances sur l'eau, Eska devrait payer des redevances culturelles pour l'usage des Algonquin dans le moussage de sa vente d'eau.
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