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Des aubaines qui n'en sont pas

Bouchra Ouatik   22 septembre 2011  Consommation
Un rabais de 600 $ sur un ensemble de meubles de cuisine, cela peut sembler une aubaine. Sauf quand le solde est en vigueur pendant huit mois consécutifs et que l’article n’est pratiquement jamais vendu au prix régulier. C’est l’un des nombreux exemples de pratiques commerciales trompeuses que dénonce l’organisme Option consommateurs dans un rapport publié hier, intitulé Soldes ou faux soldes. À la suite d’une enquête échelonnée sur un an, auprès de 16 commerces d’ameublement au Québec et en Ontario, l’organisme a porté plainte hier auprès du Bureau de la concurrence, de l’Office de la protection du consommateur et du ministère des Services aux consommateurs de l’Ontario. «On s’attend à ce qu’ils fassent enquête», déclare Maryse Guénette, responsable du service de recherche et de représentation d’Option consommateurs.

L’organisme a relevé plusieurs pratiques trompeuses dans certaines succursales de La Baie, de Brault et Martineau, de Brick, de Dormez-vous, de Germain Larivière, de Léon, de Mattress Mart et de Sears. Des articles sont en solde de façon quasi perpétuelle, des centres de liquidation affichent des prix plus élevés que les succursales régulières, un sommier est offert gratuitement à l’achat d’un matelas... dont le prix aura été augmenté en conséquence. Toutes ces manœuvres attirent le consommateur avec des offres faussement alléchantes.

«La loi l’interdit carrément», indique Jean Jacques Préaux, relationniste de l’Office de la protection du consommateur, au sujet des faux soldes. Tant la Loi de la protection du consommateur, au provincial, que la Loi sur la concurrence, au fédéral, interdisent à un commerçant de déclarer qu’un article est en solde s’il est couramment vendu à ce prix. La Loi sur la concurrence stipule que le prix de vente régulier doit être en vigueur plus de 50 % du temps ou que plus de la moitié des articles doivent être vendus à ce prix. Dans son rapport, Option consommateurs affirme qu’il est possible que ces critères ne soient pas assez stricts. Les commerçants qui enfreignent la loi sont passibles d’amendes pouvant atteindre jusqu’à 10 millions de dollars.

L’Office de la protection du consommateur et le Bureau de la concurrence entendent étudier les plaintes déposées par Option consommateurs, et ils encouragent les citoyens à les contacter lorsqu’ils constatent de telles pratiques. «Ça affecte l’économie, explique Gabrielle Tassé, conseillère principale en communications du Bureau de la concurrence. Les consommateurs finissent par perdre confiance dans le marché et ils hésitent à acheter.»

Options consommateurs incite la population à être prudente devant les rabais annoncés. «Il ne faut pas faire d’achat impulsif seulement parce qu’un article est en solde, prévient Maryse Guénette, d’Option consommateurs. Ce n’est pas nécessairement une bonne affaire.»

Les pratiques dénoncées par Option consommateurs ne se limitent pas aux détaillants de meubles. En 2005, Sears avait dû payer près d’un demi-million de dollars en amende pour avoir offert de faux rabais sur des pneus. En un an, le prix régulier n’avait été en vigueur que pour un 1 % des ventes. En 2009, Options consommateurs avait révélé que les magasins d’appareils électroniques Future Shop et Best Buy gonflaient artificiellement leurs prix pour ensuite annoncer un rabais, de sorte que le prix payé par le consommateur était toujours le même.
 
 
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    22 septembre 2011 07 h 06
    Rien de nouveau là-dedans...
    Option consommateur a bien choisi ses cibles en s'en prenant à de gros poissons, ceux dont les malversations se calculent en dollars, en dizaines de dollars, autrement ça n'aurait pas grand impact. Mais gageons qu'il en va de même dans bien d'autres commerces.

    Au début des années soixante, ayant décroché du système scolaire pour la deuxième fois, je me retrouve à la caisse d'un super marché indépendant, le Lachine super market, pour l'appeler par son nom, disparu depuis des lunes. Un jour une femme s'amène à la caisse avec entres autre 5 petites "cannes" de je ne sais plus quoi, or je n'avais pas noté qu'elles étaient en vente: je poinçonne donc .17 une fois, deux fois et là elle m'arrête, outrée, "ils sont en vente, 5 pour une piasse!" Je vérifie et elle avait bien raison, ce que je lui lui confirme et j'ajoute donc .03 une fois, deux fois, et là elle me dit "qu'est-ce que vous faites là?". Je lui apprend donc, ce qu'elle devait savoir, qu'un dollar divisé en 5 ça fait .20, et que quand elles ne sont pas en vente elles coûtent 17 sous chacune, alors je dois rétablir la balance. Elle me regarde les yeux ronds, ne dis pas un mot, et ne pense même pas à se plaindre à l'un des patrons qui rôdaient par là.

    Oui, c'était une époque où l'on prenait facilement son trou... Est-ce que ça a tellement changé?, tant en ce qui concerne les sous que le français? On se fie maintenant sur les lois: on est tellement confiant... ou indifférent?
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  • SUE MURPHY - Inscrite
    22 septembre 2011 07 h 54
    NAIF ET COMPARONS
    La règle d'or est de tenter d'éviter d'être trop naif,de comparer les prix afin de s'assurer de faire le bon choix dans nos achats. L'internet devient un allié de choix à cet effet. Par contre, cette publicité trompeuse doit être sanctionnée car on se laisse tous «prendre» dans le jeu de ces techniques marketing, d'attrapes consommateurs.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    22 septembre 2011 08 h 42
    Un ménage
    Oui, un ménage se doit d'être fait dans la publicité trompeuse et surtout attrapeuse des moins bien nantis.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    22 septembre 2011 11 h 12
    Parlons-en, de la loi
    La loi de la protection des consommateurs est absolument risible. L'Office n'a aucun pouvoir d'enquête, et ne peut agir que sur plainte d'un citoyen qui doit d'abord tenter de régler à l'amiable avec le commerçant. Je ne peux pas porter plainte si je n'ai pas été directement lésé, même si je constate une publicité mensongère. Et aucun inspecteur ne peut ouvrir un dossier d'enquête de son propre chef.
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    22 septembre 2011 12 h 11
    Sylvain Auclair a raison, et...
    les amendes sont ridicules, surtout pour les grosses compagnies...
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