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Anglais intensif au primaire: appel à la mobilisation citoyenne

Collectif de parents du Bic et de Rimouski  13 février 2012  Éducation
Tout d'abord, précisons quelques petites choses d'entrée de jeu. Croyons-nous qu'il soit souhaitable pour quiconque d'apprendre une seconde langue? Oui. Croyons-nous que cela puisse ouvrir des portes? Fort probablement. Faut-il favoriser un apprentissage intensif, voire immersif? Assurément. Souhaitons-nous que nos enfants atteignent un jour la maîtrise d'une langue seconde? De toute évidence. Nous leur souhaitons même d'en maîtriser une troisième!

Mais faut-il, pour autant, faire de l'apprentissage de l'anglais la priorité de notre système d'éducation, en y ajoutant 400 heures intensives en sixième année du primaire, au détriment des autres matières? À cela, nous répondons fermement: non. Non, parce qu'au-delà des questionnements légitimes quant à la manière de procéder à un tel chambardement, c'est à son principe même que nous nous opposons.

Parce qu'imposer une mesure d'une telle ampleur pour tous les enfants du Québec, c'est d'abord et avant tout envoyer un message non équivoque: sans anglais, au Québec, point de salut! Et si, par malheur, nos enfants ne devaient retenir qu'une chose de cette demi-année in English, ce serait ce message.

Instrumentaliser l'éducation

Mais au fait, pourquoi tant d'empressement à «bilinguiser» nos enfants? Comme société, sommes-nous réellement sur la bonne voie en misant ainsi toutes nos cartes sur l'anglais? Quel objectif véritable poursuivons-nous? Celui de l'épanouissement personnel de chacun de nos enfants, vraiment? De leur ouverture sur le monde? Ou n'est-ce pas plutôt ce souci de prospérité économique dont parle la ministre qui nous guide ici?

En répétant à satiété qu'il est impératif de parler anglais pour percer le marché du travail, nous cautionnons par le fait même son anglicisation. Nous contredisons les efforts qui ont été faits pour le franciser et nous abdiquons devant cette escalade qui pousse bon nombre d'employeurs à exiger l'anglais pour des postes qui souvent, dans les faits, ne le requièrent pas. En région, par exemple, combien d'emplois nécessitent véritablement la maîtrise de l'anglais? Et qu'en est-il dans ces petites municipalités qui peinent à retenir leurs jeunes citoyens? Est-ce là que ces futurs enfants bilingues pourront réinvestir leurs nouvelles compétences linguistiques?

Mais plus encore, dire que nous formons les enfants pour qu'ils deviennent la main-d'oeuvre de demain (et pour cela prioriser l'anglais de façon démesurée), c'est subordonner l'éducation aux principes économiques et sociaux d'un néolibéralisme sujet à caution. C'est instrumentaliser l'éducation pour que celle-ci forme non pas des humains libres de penser le monde, mais des citoyens se satisfaisant du cadre qu'on leur a prévu comme monde. C'est ainsi détourner l'éducation du sens profond qu'elle devrait avoir, faire de chaque enfant un être curieux et autonome ayant accès à la connaissance.

Une corde de plus à son arc

Faut-il rappeler que maîtriser sa langue maternelle, savoir compter, être en bonne santé physique et mentale, être en mesure de comprendre les contextes historique, culturel et politique de notre société sont des apprentissages fondamentaux qui, eux, sont d'ordre primaire? Quand un enfant n'acquiert pas la maîtrise de l'un de ces éléments, non seulement c'est son avenir qui est menacé mais c'est toute la société qui risque tôt ou tard d'en payer le prix.

L'apprentissage d'une langue seconde, malgré ce qu'on peut en tirer de positif, demeure, le mot le dit, d'ordre secondaire. Il s'agit là d'une corde de plus à l'arc de nos enfants, mais cette corde ne justifie pas qu'on mette en péril le reste de leurs apprentissages, voire leur identité. Car au même titre qu'elle n'a pas pour mandat de former des sportifs de haut niveau ou des Picasso en herbe, l'école québécoise n'a pas pour mission de bilinguiser tous les enfants. À plus forte raison lorsque cette mesure menace, pour plusieurs d'entre eux, l'atteinte d'objectifs pédagogiques de base.

Et lorsque certains prétendent que le fait d'amputer d'une demi-année le temps d'apprentissage des matières de base ne menace pas les enfants en difficulté, que ceux-ci pourraient même en retirer un sentiment de réussite, nous rétorquons: pourquoi alors ne pas permettre à ces mêmes enfants d'accéder, eux aussi, aux différents programmes à concentration sportive ou artistique qui leur sont actuellement refusés? Ne seraient-ils pas susceptibles de vivre là également de belles réussites?

Des priorités à revoir

Pour toutes ces raisons, nous appelons non seulement les parents, mais toute la société à se mobiliser contre cette mesure. Mesure qui s'ajoute, faut-il le rappeler, à l'introduction récente de l'anglais en première année. Nous croyons que le ministère de l'Éducation doit revoir ses priorités à la lumière de la mission première de l'école et réévaluer l'importance démesurée qu'il accorde, depuis quelques années, à l'apprentissage de l'anglais langue seconde.

Nos enfants ne sont pas que «main-d'oeuvre» en devenir. Ils sont les hommes, les femmes, les visionnaires de demain. C'est à eux que revient l'immense défi, certes, de faire rayonner notre société, mais également d'en préserver la spécificité, l'identité. Et pour cela, ces enfants ont, avant toutes choses, besoin de savoir qui ils sont et d'où ils viennent. Car avant d'aller vers le vaste monde, c'est d'abord leur milieu qu'ils doivent connaître, leur culture. Après, seulement après, il sera bénéfique, pour eux comme pour nous, qu'ils deviennent bilingues ou même polyglottes et qu'ils partent conquérir le monde.

Mobilisons-nous. Il en va de l'avenir de nos enfants, de la survie de leur langue et, par ricochet, de l'identité de toute notre société. Et l'identité d'une société, comme celle d'un enfant, ça ne peut pas ne pas être primaire, donc, fondamental.

***

Ont signé ce texte les parents suivants: Virginie Hébert, Valérie Jean, Ève Lavoie, Julie Quimper, Alain Martineau, Martine Fournier, Vincent Couture, Elen Garon, Claude St-Pierre, Alain Dion, Julie Roberg, Lucien Cimon, Véronique Fontaine, Sandra Vuaillat, Benoit Rochette, Rosalie Cyr, Jean-Claude Neault, Isabelle Bouillon, Éthel Gueret.
 
 
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  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    13 février 2012 01 h 43
    Et si?
    Et si on faisait comme dans les années 60, l'école de 8 am à 11:30 (récréation 15 minutes) puis 12:30hr à 16:30 (récréation 15 minutes) Cela donnerait 7 heures d'enseignement par jour. Et augmenter le nombre de jours dans le calendrier scolaire de 20 jours.Juste en coupant dans le nombre de congé et débuter un peut plutôt et utiliser les dernières journées, pas comme aujourd'hui ou les derniers jours se transforme en camp de vacance. On pourra alors tout faire EN PLUS on pourra en faire une grande partie en anglais.

    Aussi fait doubler un enfant, c'est pas mauvais.... c est drôlement mieux que de l'endicaper et retarder tout le groupe en forçant les promotion.
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  • Marc-Antoine Daneau - Abonné
    13 février 2012 04 h 51
    Charest disait...
    En 1998, Charest disait « Peu importe ce que je ferai dans ma carrière politique, si je ne peux donner le Canada à mes enfants, j'aurai failli à la tâche. »

    Et c'est exactement ce qu'il fait, la culture ou même le coût d'opportunité d'apprendre une deuxième langue n'ont aucune importance, ce qu'il faut, ce qui est important pour ce gouvernement pro-colonial, c'est de dévelloper l'appartenance au Canada. Le reste, dont l'avenir du Québéc, n'a aucune importance.

    Réduction du budget de l'OQLF, réduction du budget à la françisation, favoriser les écoles passerelles anglophones, etc : le PLQ ne voit que son avenir dans une gros Nouveau-brunswick bilingual, il faut se rendre à l'évidence : un Québec français ne l'intéresse pas et il travaille visiblement contre.
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  • Gilles Delisle - Abonné
    13 février 2012 07 h 49
    Bravo à ces parents qui ont compris!
    Ces parents ont compris que cet espèce d'engouement malsain de l'anglais à tout prix, que l'on constate partout au Québec, depuis le règne de Charest et de sa bande, sans ministre de la langue. Cela nous a donné une Ville de Montréal qui s'en va à la dérive, de plus en plus anglaise, ou le francais n'est plus considéré nulle part ou presque. Le flot d'immigrants, à raison de 55000 arrivées annuellement, et qui encore, viennent grossir les parlants unilingues anglophones, favorise la disparition tranquille du Montréal francais. Ce cri d'alarme aurait dû naître à Montréal,mais il nous parvient des gens du Bic et de Rimouski. Bravo à ces parents du Bas-St-Laurent! Moi, je vous suis dans vos actions citoyennes.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    13 février 2012 08 h 27
    La réaction
    Pauvres enfants, obligés de faire l'apprentissage d'une autre langue, comme les milliers d'anglophones du pays qui subissent chaque matin, dans des écoles d'immersion française, l'implacable réalité moderne: réseauter au-delà de son clocher.
    Allez les enfants! Appelez le plus rapidement possible la lingua franca de notre époque, vous vous libérerez d'autant plus vite des prisons mentales du Québec nationaliste.
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  • Stephanie L. - Inscrite
    13 février 2012 08 h 35
    Un bien étrange sens des priorités!
    Apprends-on à danser avant de savoir marcher? Un enfant sur quatre vit dans la pauvreté à Montréal et arrive souvent à l'école le ventre vide. La qualité du français parlé et écrit chez les jeunes se dégrade sans cesse au point que des étudiants en enseignement du français à l'université peinent à réussir leur examens. Le taux de décrochage scolaire avant 20 ans est de 22,6 % chez les garçons et de 14,3 % chez les filles, un écart qui serait causé en grande partie par des lacunes en lecture (le taux d'analphabétisme chez les 16 à 65 ans atteint d'ailleurs 39% (en additionnant analphabètes fonctionnels et complets). Enfin, les jeunes boudent massivement le secteurs des sciences.

    Il est incroyable que l'on continue dans ces conditions à faire de l'anglais l'unique matière véritablement importante à l'école et à mentir aux jeunes en leur faisant croire que la maîtrise de cette langue leur ouvrira comme par ma magie toutes les portes du monde du travail, (sans oublier l'ouverture d'esprit supposément impossible à acquérir autrement) alors que les travaux scolaires illisibles sont suivis par des CV bourrés de fautes et qui ne seront pas retenus.

    Au Québec, il est primordial de remettre la maîtrise de la lecture et du français oral et écrit au centre de nos préoccupations. La maîtrise de la langue maternelle, surtout quant elle est aussi la langue officielle du peuple dont on fait partie intégrante, est à la base de l'apprentissage. C'est par là que les enfants acquièrent le goût de découvrir les autres matières. Le Québec ne peut pas se permettre de sacrifier l'avenir des jeunes francophones et allophones, surtout pour des raisons bassement idéologiques et électoralistes.
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  • Jean Lapointe - Abonné
    13 février 2012 08 h 56
    Il faut aller à la source du problème

    Ce qu'il faut réaliser c'est que, comme cela a été dit dans certains commentaires, Charest et le PLQ veulent faire des Québécois, c'est-à-dire de nous tous, des Canadiens bilingues.

    Ce qu' il faut faire disparaître, d'après eux, c'est le sentiment d'appartenance à un peuple distinct qui existe toujours chez nous.

    Charest et compagnie se disent Québécois mais, pour eux, être québécois ce n'est pas faire partie du peuple québécois mais résider au Québec et être de langue française.

    Charest et les partis unitaristes canadiens, y compris le NPD évidemment, ne sont pas contre le français mais ils ne veulent pas entendre parler d'un peuple québécois parce que , si le peuple québécois continuait d'exister, il voudrait éventuellement être indépendant.

    Les Libéraux adoptent donc des lois destinées à empêcher les Québécois de s'appartenir complètement.

    Pour eux, il n'est pas question que le Québec puisse être en mesure de développer une politique globale en matière de langues.

    ILs se sont donnés un instrument pour l'empêcher et cet instrument c'est leur Charte de droits et libertés qui est enchâssée dans la constitution de 1982.

    Si nous voulons avoir une politique à notre goût, nous n'avons donc d'autre choix que de devenir indépendants.

    Jamais les Libéraux ne pourront adopter des politiques qui pourraient nous satisfaire pleinement si, pour nous, la nationalité québécoise et sa survie c'est important.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    13 février 2012 09 h 39
    Une mise au point
    En Allemagne, 90% des Allemands sont unilingues germanophones.
    Or l’Allemagne est la plus puissante économie européenne.
    Donc il n’est pas nécessaire que tous les citoyens d’un pays soient bilingues pour être un pays prospère.
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  • Paul Gagne - Abonné
    13 février 2012 09 h 41
    L'anglais N'EST PAS la priorité, en effet
    Bravo pour votre texte et je suis ENTIÈREMENT D'ACCORD avec vous.
    Cet engouement à tout prix pour l'anglais est démesuré.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    13 février 2012 09 h 41
    Priorités
    Quelles sont les priorités? C’est vrai que les cerveaux des jeunes enfants sont des éponges qui peuvent absorber beaucoup de choses, mais en ce qui concerne le langage il est de loin préférable que l’enfant maîtrise très bien sa langue maternelle avant d’apprendre d’autres langues. Il est plus important à cet âge de bien maîtriser sa langue maternelle et d’avoir une structure de pensée bien formée.

    C’est au secondaire que l’enseignement de l’anglais doit être fait, pas d’une façon homéopathique ou sur le même pied que le français, mais d’une façon sérieuse avec des cours d’anglais (et non pas avec des cours en anglais), et avec des périodes d’immersion en milieu anglophone.
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  • CH4 - Inscrit
    13 février 2012 10 h 53
    ENFIN DE LA LUCIDITÉ
    Bravo chers parents!

    Je suis mère de plusieurs enfants et loin de moi l'idée de leur interdire l'apprentissage d'autres langues. CEPENDANT, peut-on d'abord investir en tant que nation le temps et l'argent nécessaire à l'apprentissage de notre langue maternelle? Je dirais de même pour notre histoire!!! Nous oublions parfois d'où nous venons et le chemin parcouru par nos ancêtres...

    Bravo pour vos arguments! Quand je voudrai que mes enfants apprennent l'anglais, je les ferai participer à un de ces échanges si souvent organisés au secondaire. C'est pas compliqué.

    Chers auteurs de cette lettre, j'aurais aimé connaître votre identité afin de pouvoir vous contacter. Ensemble, avec de bons arguments et de la persévérance, nous pouvons beaucoup! L'Histoire l'a démontré, nous sommes toujours là!!!

    Une maman de Québec (et non, il n'y a pas que des radiopoubelleux ici!)
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  • MJ - Inscrite
    13 février 2012 10 h 54
    Montréal devenu un melting-pot culturel où l’usage de l’anglais prévaut chez les nouveaux arrivants
    La politique d’intégration au français ne réussit pas chez tous les nouveaux arrivants à Montréal. Pire, les jeunes arrivants ne font même plus d’efforts pour s’exprimer en français avec les francophones. Ils utilisent l’anglais comme véhicule de communication, voyant le laxisme du gouvernement (le rôle mineur joué par l'OQLF), constatant que l’anglais est la langue dominante sur le plan économique et social, et que même les élus politiques à l'Assemblée Nationale prêchent indirectement pour la prépondérance de l'anglais. Les anglophones du Québec n’ont-ils pas leur propre système d’éducation du primaire à l’université? N’ont-ils pas leur propre système hospitalier? Les francophones ne sont même plus considérés comme une nation distincte, ni un groupe liguistique majoritaire au Québec, le gouvernement majoritaire libéral, servile, dénaturant et niant dans les faits le sens et la portée d’une société distincte et d’une nation québécoise, adoptant à coups de bâillons des politiques d’anglicisation du Québec. Le poids démographique des francophones s’atténue au fil des ans avec les vagues massives d’immigrants allophones. Or, ces derniers, une fois installés au Québec, optent pour l’anglais comme langue d’usage, s’apercevant qu’il est très viable d’être unilingue anglophone à Montréal et dans les autres grandes villes du Québec.
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  • MJ - Inscrite
    13 février 2012 10 h 59
    Echec du bilinguisme au Canada et renforcement de la position de l'anglais au Québec
    La politique du bilinguisme préconisée et mise en place durant le gouvernement libéral fédéral de Trudeau est un lamentable échec dans les autres provinces, quelque quarante ans plus tard, autant dans la fonction publique fédérale que dans les institutions publiques et parapubliques. Ainsi, cette fin de semaine, une nouvelle en provenance de l’Ontario nous parvenait, plus particulièrement de la municipalité de Cornwall, où un sentiment francophobe s’exprimait, alors que l’hôpital de Cornwall requérait le bilinguisme dans l’embauche de nouveau personnel. Le maire de Cornwall a fortement réagi et menacé de couper les subventions de sa Ville pour l’achat d’équipements technologiques destinés à cet hôpital. Les réactions d’autres citoyens témoignent également d’un ressac anti-francophone. L’échec cuisant du biliguisme dans le ROC démontre bien que nulle part ailleurs qu’au Québec n’a-t-on vu cette politique du bilinguisme appliquée au travail, et ce, même pour les employés subalternes.

    Alors cette politique du gouvernement libéral de Charest qui vise à l’enseignement et/ou à l’mmersion de l’anglais dès les classes du primaire, ajoute encore à l’impression que l’usage de l’anglais est essentiel pour faire sa place au Québec et que le français est désormais un élément folklorique et une langue en perte de vitesse. Cette poiitique, si elle est adoptée, mènera à la disparition tranquille du peuple québécois, emporté par la vague néolibérale mondiale de l’uniformisation des cultures et de la domination des peuples par les oligarques.
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  • Stephanie L. - Inscrite
    13 février 2012 11 h 01
    Quêter dans deux langues...
    On oublie aussi que tout les enfants ne peuvent être performants dans toutes les matières, même dans les matières principales. Certains sont meilleurs en français, d'autres en mathématique. Si on obligeait tout les jeunes à maîtriser les mathématiques à la perfection et à faire de cette matière la condition sine qua non pour obtenir un DEP et un emploi, la population monterait aux barricades! Certains rouspètent déjà devant les exigences des professeurs de français en disant qu'ils veulent faire tel ou tel métier plus tard et qu'ils n'ont pas besoins de pouvoir lire du Molière!

    Qui a décidé subitement que tout les élèves, peu importe leurs forces et leurs faiblesses et le métier qu'ils feront plus tard, doivent devenir parfaitement bilingues? Pour pouvoir quêter dans les deux langues lorsqu'ils auront abandonné l'école ou, devrais-je dire, lorsque l'école les aura abandonnés?..
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  • Claude Richard - Inscrit
    13 février 2012 13 h 07
    Bon sens, courage et amour de sa langue
    Bravo à ces parents qui osent aller contre le courant dominant. Ils ne se laissent pas éblouir par le miroir aux alouettes. Avant de donner tête baissée dans un engouement enfantin pour la langue du pouvoir, ils osent réfléchir. Et cela donne un texte d'une rare pertinence, qui devrait circuler partout au Québec.

    Voulons-nous survivre comme collectivité de langue française ou non? L'apprentissage intensif de l'anglais au détriment des autres matières, dans un contexte de précarité linguistique, est une initiative douteuse. Cela ressemble à un bonbon qu'on jette à la foule avide. Heureusement qu'il y a des gens qui ne se laissent pas abuser et quiréagissent. Bravo encore!
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  • Une pensee differente - Inscrit
    13 février 2012 13 h 11
    Commentaires
    Je ne sais pas où exactement M. Saint-Arnaud à pris la statistique par rapport aux allemands. Wikipedia publie sous l'article ''English language in Europe'' la carte ''Knowledge of English EU map'' qui montre clairement que pour l'Allemagne, le pourcentage de connaissance de l'anglais est situé entre 50 et 79%.
    Ceci cadre mieux avec la connaissance personnelle que j'ai du territoire européen puisque j'y suis naît.
    Je comprends très bien cette peur viscérale de l'anglais, qui est propre au québécois pur laine.
    Mais la connaissance d'une langue n'a tue personne. La connaissance d'une culture différente ne te rend que plus fort.
    D'un autre côté, M. Saint-Arnaud a raison; je ne nie pas qu'il y des immigrants qui ne connaissent pas le français ou qu'ils peuvent améliorer leur connaissances. Mai commençons par donner l'exemple: le québécois pur laine doit apprendre sa langue maternelle comme il faut et il faut qu'il arrive à connaitre sa propre culture. Je sais que reconnaitre la vérité fait mal; mais il faut commencer par s'enquérir du vrai problème et seulement par la suite cherche des remèdes. C'est ce que vous fait en allant voir un médecin, n'est-ce pas?

    A plus les amis.
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  • camelot - Inscrit
    13 février 2012 13 h 13
    Charité bien ordonnée...
    Commence par la connaissance du français. Et de l'histoire. Ils sont inséparables. Le reste viendra de lui-même, naturellement.
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  • Gilles Théberge - Abonné
    13 février 2012 13 h 36
    Bravo à ces parents lucides
    Quand un peuple n'a pas de projet propre qui s'impose naturellement à lui, il les cherche ailleurs ou il en invente pour se donner l'impression d'avoir un but.

    Ça peut prendre plusieurs formes. Mais la plus vile selon moi, c'est celle que choisit à répétition ce gouvernement de cul que nous subissons depuis bientôt une décennie.

    Écoutons le discours public de ce premier ministre, celui de cette ministre de l'Éducation, celui encore de cette autre, responsable de la langue, sans oublier celui de celle responsable de l'immigration.

    Qu'entendons-nous? Qu'en lieu et place de raisonnements fondés, conduisant à des propositions d'action qui soient de nature à favoriser le renforcement de notre culture propre et l’épanouissement de notre peuple, on n'entend qu’une suite de discours creux, simple résonnance à l’atmosphère ambiante, fondé sur les perceptions superficielles.

    C'est ainsi que l’obsession maladive d’apprendre l’anglais même au détriment du reste explose, avec la fébrilité propre aux situations s'apparentant à une urgente nécessité. Nous voilà dans le désert!

    C’est Jacques Godbout je pense qui disait (qu’on me corrige si je me trompe), que «le bilinguisme est une maladie mentale venue d’Ottawa».

    Envisagé dans l'optique avec laquelle vous l'exprimez, chers parents, voilà un véritable enrichissement.

    Instauré de la façon imbécile avec laquelle le gouvernement Charest le commande, c’est de la bêtise pure.

    Bonne chance dans votre mobilisation. Et si j’en crois certains commentaires lus ici même, vous avez fort à faire…
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  • Pierre François Gagnon - Inscrit
    13 février 2012 15 h 59
    Sans anglais, effectivement point de salut!
    «Sans anglais, au Québec, point de salut!»

    C'est peut-être désolant, mais c'est déjà le cas dans le monde du travail de la région de Montréal et cela par notre faute, notre très grande faute collective accumulée depuis nombre d'années.
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  • Esther Morrissette - Abonné
    13 février 2012 18 h 07
    D'accord avec les auteurs de ce texte
    Même si j'enseigne l'anglais langue seconde depuis plus de 35 ans, je trouve qu'il y a une différence entre être bilingue et assimilé. Je suis en total accord avec les auteurs de ce texte qui viennent de ma région.
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  • Sadiem - Inscrite
    13 février 2012 18 h 30
    L'anglais n'est pas un ennemi
    Moi je ne suis pas d'accord ... je trouve qu'il y a moyen de faire de l'anglais intensif sans pour autant sacrifier le reste. On pourrait facilement ajouter 30 minutes aux jours d'école, ou augmenter l'année du semaine pour "perdre" moins de temps. Ça, c'est sans compter que c'est un investissement sur tous les cours de merde qu'on nous donne et qui nous aprennent a dire des choses du genre "the cat is under the table" 4 cours par 9 jours.

    Je trouve aussi un peu hypocrite de leur part de parler comme si l'anglais ne faisait juste qu'être utile a la vie adulte; avec internet de nos jours, savoir l'anglais nous permet d'explorer encore plus de choses, de comprendre la musique qu'on écoute, de lire une énorme variété de plus, d'écouter des émissions dans d'autres langue qui malheureusement ne sont pas nécessairement traduits, et même s'ils le sont souvent le sont fait médiocrement.

    Bref, j'ai fait la moitié de ma 6e année en anglais et je ferais tout pour que mon enfant le fasse également (si je ne lui ai pas apprit l'anglais avant) parce qu'a mon avis, c'est le moment idéal de se développer un anglais fluide dans sa vie.

    Ici on critique que l'apprentissage des enfants ne devra pas pour en faire de petits travailleurs, pourtant, quand un enfant nous dit que les maths, l'algèbre ou bien les sciences de la nature, ça sert a rien, on leur dit quoi? Eh oui, on leur dit que s'ils veulent faire X Y ou Z métier plus tard, ils en auront besoin.
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  • L. Cimon - Inscrit
    14 février 2012 21 h 31
    Il était temps!
    Il était vraiment temps que quelqu'un dise que l'anglais n'est pas le mot magique pour la réussite de tout crin et qu'il ne peut remplacer la compétence et la bonne éducation.
    Il était temps aussi que l'on dise que la langue maternelle est la base essentielle sur laquelle repose tous les autres apprentissages, incluant celui d'une langue seconde.
    Il était temps que l'on présente le souci d'acquérir une compétence minimale dans sa langue maternelle comme un prérequis à l'autonomie de tout individu et non comme une preuve de fermeture d'esprit et de repliement sur soi.
    Trop de démagogues bon marché accusent ceux qui défendent le français d'être des gens bornés qui refusent la modernité et qui cherchent à ghettoïser les Québécois francophones. Il faut que ces esprits colonisés sachent que baragouiner l'anglais, si cela permet de faire son marché à l'étranger, cela ne constitue pas un moyen d'acquérir une culture qui nous distingue par sa façon originale d'interpréter le réel dans lequel nous vivons.
    Il est temps que l'on cesse de se prosterner devant cet idole que des politiciens paniqués voudraient nous faire prendre pour la voie du salut.
    Lucien Cimon
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  • ellacastafiore - Inscrit
    15 février 2012 21 h 28
    Pas d'accord
    Je ne crois pas que de freiner l'apprentissage de l'anglais fera que le français en sera plus préservé. Il est vrai que les gens écrivent de moins en moins bien et que les fautes pullulent (même dans les médias de masse!), mais le fait d'empêcher l'apprentissage intensif d'une langue pour en préserver une autre est tout à fait injustifié.

    Pour bien comprendre et assimiler un langage, il faut le parler, l'écrire, l'écouter, et le programme régulier enseigné lors de mes études primaires et secondaires n'était pas du tout adapté. Ce n'est pas là que j'ai appris l'anglais!

    Cependant, je crois aussi qu'il faudrait revoir les méthodes pédagogiques qui ont trait à l'enseignement du français. Comment se fait-il que nos amis du Vieux Continent savent tous écrire impeccablement mais qu'au Québec, nous fassions des fautes aux deux mots et que beaucoup d'universitaires ont encore de la difficulté à accorder leurs participes passés? Il y a bel et bien des lacunes au niveau du français, mais ce n'est pas la faute de l'apprentissage d'une langue seconde.

    Le débat généré ici est, à mon avis, purement politique. Au lieu d'apprendre à nos enfants comment s'ouvrir sur le monde en apprenant une langue étrangère (ici l'anglais, mais pourquoi pas l'espagnol?) n'est pas dans le but de donner une éducation adéquate à nos générations futures, mais de les maintenir dans le carcan du québécois pure laine qui revendique sa médiocrité et ses limites culturelles comme une distinction.

    Je parle couramment l'anglais. À ce que je sache, je n'ai pas oublié mon français, et j'ai même eu envie d'apprendre l'espagnol et l'allemand, que je parle aujourd'hui couramment. Ça s'appelle ouvrir ses horizons.
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  • Virginie Hébert - Inscrite
    16 février 2012 10 h 20
    Nous ne dénonçons pas l'apprentissage de l'anglais
    @ellacastafiore

    Je suis auteure de cette lettre.
    Moi aussi j'ai appris l'anglais. J'ai même fait des études universitaires en anglais. J'ai voyagé et travaillé en anglais : en Angleterre, en Israël, et comme guide touristique au parlement de l'Alberta. Et j'ai appris un peu d'espagnol. Je crois que mes horizons sont passablement «ouverts». Non, ce n'est pas à l'école que je suis devenue bilingue. C'est en immersion (2 mois) dans un camp de vacances vers l'âge de 15 ans.

    Ce que nous dénonçons ici ce n'est pas l'apprentissage de l'anglais qui, évidemment, peut être bénéfique pour tous. C'est plutôt la «démesure» de cette mesure. 400 heures ! Ce n'est pas rien. On dit que nos enfants parlent mal français, a-t-on jamais pensé ajouter 400 heures de français pour autant ? On dit que nos enfants ne bougent pas assez. A-t-on jamais pensé ajouter 400 heures d'éducation physique pour autant ?

    J'ai un enfant en difficulté à l'école. Selon la ministre, grâce à cette mesure il pourra vivre de belles réussites. Pourtant, au même moment, on lui refuse l'accès aux programmes à concentration sportive ou artistique sous prétexte qu'il est trop lent… Où est la logique là-dedans ? Quand on offrira à mon enfant le choix entre 400 heures d'anglais, d'espagnol, de danse ou de théâtre, et ce malgré ses difficultés, là je serai partante !

    Dans une société tout est question de choix et de priorités.
    Et ça me semble plus que légitime et justifié que de remettre en question la répartition de 400 heures scolaires.

    Virginie Hébert
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  • Q1234 - Inscrite
    16 février 2012 18 h 49
    Bravo! Les ressources à la langue française!


    Je refuse que le gouvernement utilise mes impôts pour favoriser l'anglicisation du Québec alors qu'il devrait mettre cet argent pour valoriser la langue française ! A-t-on déjà vu un peuple subventionner sa propre disparition? Il y a des limites à rire de nous. ÇA SUFFIT!
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  • Henri Masson - Inscrit
    17 février 2012 00 h 19
    Nous subissons la même pression en France
    Né dans le Maryland, le ministre de l'éducation nationale veut gaver le cerveau des enfants à l'anglais dès l'âge de trois ans. C'est un conditionnement, car l'anglais n'est pas neutre !

    Ce gavage du cerveau des enfants à l'anglais dès l'âge de trois ans est une forme de conditionnement conduisant à une façon de penser, de voir le monde, de consommer et de se comporter "à l'américaine". C'est comme si l'on voulait inculquer une religion aux enfants, la religion dans laquelle le seul dieu est le fric.
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  • Nicole Hebert - Inscrite
    17 février 2012 08 h 40
    Nuance
    Il faut surtout éviter ici l’erreur de comparer la situation dans laquelle un individu se met librement à l’apprentissage d’une langue à celle d’une jeune communauté que l’on met à l’anglais!

    L’apprentissage d’une langue seconde par un individu ne présente généralement aucun risque pour la langue maternelle de cette personne - sauf exception, par exemple si c’est fait trop tôt ou si la personne a peu de fierté ou d’attachement identitaire. Ici, on parle d’une mesure collective. Mesure qui fera en sorte que, pendant une demi-année, année après année, les élèves de 6e, - donc d'un âge sensible - partout au Québec, seront mis en situation de vivre ensemble en anglais, avec unE formateurE anglophone - ou l'équivalent. Et cela, au Québec, où la langue à promouvoir, sinon sauvegarder, est le français, ce ne saurait être anodin.

    Nicole Hébert
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