dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 22h23
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Libre opinion - Déconstruire l'école publique ?

Robert Cadotte - Auteur de Lettre aux enseignantEs  17 février 2012  Éducation
Dans cette tribune, le 10 février dernier, le président de la Fédération des établissements d'enseignement privés, Jean-Marc Saint-Jacques, m'accusait de véhiculer dans mon récent livre quatre mythes sur l'école privée. Mythes qu'il tenait à déconstruire.

Corrigeons d'abord une fausse impression laissée par son texte: mon livre ne porte pas sur l'école privée, mais sur l'école publique. Le sous-titre est en effet «L'école publique va mal! Les solutions dont on ne veut pas parler». Je ne consacre à l'école privée qu'un chapitre sur 37.

Cela dit, j'aborde dans ce livre une seule critique de l'école privée. Elle porte sur son financement et je ne crois pas avoir déjà vu le point de vue que je développe dans les médias. La raison en est simple: le gouvernement a toujours refusé de rendre publics les chiffres réels. Quand j'ai occupé la fonction de président de la commission pédagogique à la Commission scolaire de Montréal au début des années 2000, j'ai demandé au ministre de l'Éducation d'alors, François Legault, de rendre ces chiffres publics. Il ne l'a pas fait. Je vous laisse le soin d'imaginer ses motifs.

Les quatre pseudomythes relevés par M. Saint-Jacques dans son texte illustrent qu'il n'a pas lu mon chapitre sur les écoles privées. Voici donc, en résumé, ce que j'y démontre.

Contrairement à ce qu'on prétend, un élève du privé n'est pas financé à 60 % d'un élève du public. Un haut fonctionnaire du ministère a effectué pour moi une vérification au début des années 2000. Compte tenu de plusieurs programmes spéciaux, il arrivait à un chiffre minimum de 67 %. Cependant, il ne savait pas à quel point ce pourcentage dépassait les 67 %, car le ministère ne produit pas de statistiques comparatives sur le financement du privé et du public.

Même les 60 % sont une illusion, car ce prétendu financement moyen est ensuite réparti inégalement dans le système public. Un élève fort requiert moins d'argent qu'un élève moyen et un élève faible en requiert plus. Ce qui est très bien si on veut vraiment établir un système scolaire démocratique.

Si l'on compare ensuite le financement d'un élève fort du privé (subvention du ministère et contribution des parents) à celui d'un élève fort du public (subvention seule), on s'aperçoit que l'élève du privé dispose de plusieurs milliers de dollars de plus en services que l'élève du public.

C'est de cette manière qu'on crée une école discriminatoire où ceux qui ont les moyens de payer des droits de scolarité élevés auront plus de services et auront plus facilement accès à l'université.

Voici, pour l'essentiel, la démonstration que je fais dans cinq pages de mon livre, trop long pour un article de journal malheureusement.

En terminant, je ne peux passer sous silence le commentaire de M. Saint-Jacques à propos du succès scolaire des écoles privées. Ce dernier attribue ce succès non pas à la sélection des élèves, mais à la qualité de leurs équipes d'enseignants. Cette affirmation est pour le moins insultante pour les enseignants du public. Pour avoir enseigné dans deux facultés d'éducation, je peux affirmer qu'il n'y a pas de différence de compétence entre les enseignants qui se dirigent vers le privé et ceux qui optent pour le public. La réelle différence entre les deux systèmes concerne les moyens dont ils disposent pour offrir des activités parascolaires enrichissantes.

Cela dit, je réitère ma demande à la ministre de l'Éducation. À quand une véritable étude sur le financement de l'école privée? L'Ontario ne finance pas les écoles privées. Pourtant, les élèves y réussissent aussi bien qu'au Québec. Peut-être le fait que plusieurs ministres de l'Éducation, ministres et premiers ministres aient envoyé leurs enfants à l'école privée explique-t-il le silence qui fait écho à cette demande toute simple?

Dommage, car pendant ce temps, c'est un fleuron de la Révolution tranquille que nous sommes en train de déconstruire. Je parle évidemment de l'école publique.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Fabien Nadeau - Inscrit
    17 février 2012 07 h 50
    Précision
    Je n'entrerai pas dans le détail de la discussion. Je sais cependant par expérience que les élèves forts qui fréquentent l'école publique dans des options particulières, par exemple, sport-étude, coûtent plus cher aux parents. Faut vraiment TOUT dire.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Airdutemps - Inscrite
    17 février 2012 08 h 25
    Mentalité de BS
    Le gouvernement québécois finance tout, y compris le privé, parce que les Québécois ont une mentalité de BS. Ils veulent le beurre et l'argent du beurre. Et pas un parti politique ne s'aventurera à abolir le financement du privé, puisque même les politiciens y envoient leurs enfants. Cela a été domontré.

    Un peuple de BS qui vendrait sa langue et sa culture au premier venu pour quelques dollars.

    À quand le pays ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michele - Inscrite
    17 février 2012 09 h 06
    Pour un système scolaire unique
    Lorsque l'on consulte les rapports faits suite aux examens internationaux, certains résultats mériteraient d'être considérés avant de modifier quoique ce soit. D'une part, selon le rapport PISA, il existe très peu d'écart quant à la performance des élèves de 15 ans fréquentant le secteur public et privé au Canada, lorsque l'on considère le statut socioéconomique des parents. D'autre part, selon un rapport de l'OCDE (2011), parmi les 10 pays produisant le plus fort pourcentage de diplômés post-secondaires, 8 s'appuient fortement sur le secteur privé. Bref, il semble que les élèves réussissent aussi bien dans les deux secteurs et que la présence d'un secteur privé contribue à un fort taux de diplômation post-secondaires.

    Les décisions prises dans le secteur de l'éducation devraient toujours l'être en considérant l'intérêt supérieur de l'élève. À mon avis, parce qu'il contribue à la réussite des élèves et met en oeuvre les programmes ministériels, le secteur semi-privé mériterait plus de financement et pas moins. Cela permettrait à plus de parents de choisir le type d'éducation désiré pour leur enfant, un droit reconnu par des conventions internationales. À l'heure actuelle le secteur public ne répond pas à la demande des parents, on sélectionne et refuse des élèves dans les écoles à projet particulier.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • PhB - Inscrit
    17 février 2012 09 h 38
    Précision
    Il est difficile de comprendre les opposants au réseau des écoles privées quand ces mêmes opposants ont eux-mêmes fréquenté le collège privé. Je ne vise personne en particulier, car ils sont légion à faire partie de cette catégorie de gens qui ont eu la chance, certains diraient même le privilège, d'avoir fréquenté un établissement privé (qu'on appelait à une époque "le collège classique") et qui, pour des raisons souvent d'opportunisme professionnelle, se rangent du coté des opposants au financement de ces écoles. Considerant la génération à laquelle appartient l'auteur de cette opinion au lecteur, aurait-il fait ses études classiques dans un collège privé?

    Personnellement, il faut cesser de prétendre que l'existence d'un réseau d'établissements autonomes appauvrit le réseau des écoles appartenant à des commissions scolaires. D'ailleurs, toutes les recherches dans ce domaine se contredisent les unes par rapport aux autres et tout bon chercheur universitaire le sait.

    Ce que l'école doit développer, ce sont des programmes, des services, un environnement, des activités qui tiennent compte des jeunes qu'elle reçoit et non pas chercher à imposer à ces jeunes un moule qui leur propose un modèle unique d'école.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • JS L - Inscrit
    17 février 2012 10 h 49
    lalala
    Quand on paie directement pour quelque chose, on s'attend à recevoir en retour ce pour quoi on à payé. Qu'elle est la vraie valeur d'un diplôme au privé? C'est bien beau de parler de taux de diplômation, avoir moi-même une institution privée, je les distribuerais volontier les diplômes, en autant qu'on me refil le fric... Peut-on, en tant que société, revenir à un vrai débat sur l'éducation? La gratuité scolaire, ça ne parle plus à personne? Peut-être en aurions-nous moins de BS...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Gagnon - Inscrit
    17 février 2012 12 h 29
    Il faut abolir le financement au privé
    Il est tout de même regrettable de continuer de financer largement un système d'éducation à deux vitesses quand l'on voit le piètre état du financement du secteur public. Le privé financé à plus de 67% et qui s’adresse à une classe de personnes privilégiées, ce n’est pas normale. Si quelqu’un décide d’emprunter le système privé, qu’il en assume le coût total. Investissons massivement dans notre réseau public pour l’améliorer et nous obtiendrons des résultats aussi bons que dans le privé mais de façon beaucoup plus équitable.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jack Bauer - Inscrit
    17 février 2012 14 h 01
    @Michel Gagnon
    Je suis abasourdi par l'excuse récurrente utilisée pour justifier l'échec grave du systeme d'éducation public, tout mal émanant de notre bureaucratie 'déducation publique apparament provient du fait que ceci n'est pas assez financé.... une belle excuse

    Autre point, abolir les subventions du privé: 1. n'améliorera pas le systeme public(a moins d'une réforme sur le fonctionnement de ceci, qui est en ce moment un échec lamentable)

    2. favorisera encore PLUS le systême d'éducation a ''2 vitesses'', car les riches sont parfaitement capable d'assumer les frais excédents de cette action, ce que vous faites c'est de détruire l'opportunité des familles moins fortunés d'envoyer leurs enfants dans une école privée(peut-être que le curriculum de l'état est tellement standardisé qu'il répresse l'expression individuelle des enfants?)

    Pour conclure, de lancer des milliars a coup de pelle dans un systeme aussi terrible que le Ministere de L'éducation et s'attendre a des résultats a ratio de 1 pour 1 relève de la fantaisie plus que de la réalité
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean_Yves - Abonné
    17 février 2012 16 h 00
    @ Robert Cadotte, l’état lève des taxes et impôt pour l’éducation de ses enfants, pas pour la prospérité d’une busines en particulier, étatique ou privée.
    La seule chose qui doit préoccuper l’état c’est le résultat.

    Et la diversité de moyen est une richesse en soi.

    De plus vous oubliez dans vos comparaisons de coûts le renflouement des caisses de retraites des employés de l’éducation publique. Si on accorde a ce secteur une part de responsabilité de 20% dans le FARR on se retrouve a devoir ajouter quelques 15 milliards$ au bilan du coût de l’éducation publique… Une charge qu’on ne retrouve pas pour le réseau privé.

    Ce n’est pas un détail…
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • bernac - Inscrit
    17 février 2012 23 h 32
    La sélection est bonne pour la réussite des élèves
    La sélection est utilisée dans toutes les activités humaines. Elle est jugées nécessaire pour assurer le succès et l'excellence dans tous les domaines,même dans celui des écoles publiques pour les professeurs, la direction et tout le personnel.

    Une sélection fondée sur la localisation de l'école opère aussi dans la qualité des élèves.

    Je ne vois pas en quoi éliminer les subventions aux écoles privées règlerait un problème quelconque,ce serait détruire quelque chose qui a grandement servi le Québec sans apporter beaucoup à l'école publique.

    La question est : que faire des élèves qui ne vont à l'école que parce que ils
    y sont forcés et ne font que nuire aux autres. Je ne connais pas de solution à ceci.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Gagnon - Inscrit
    18 février 2012 13 h 31
    @Jack Beaur. Le fiancement n'est pas la seule solution
    Le financement n’est assurément pas la seule solution pour améliorer le système d’éducation mais le financement de deux systèmes inéquitables est de loin la pire solution. Les arguments que seul le privé peut être efficace et rentable est la pire rhétorique que la masse gobe depuis bien trop longtemps et qui permets d’élargir le fossé entre les démunis et les mieux nantis! L’école privée bénéficie de large subvention, recrute les meilleures élèves par des sélections basés sur la performance et laisse l’école publique se débrouiller avec tous les élèves éprouvants plus de difficultés. Que les écoles privées ouvrent leurs portes à tous les élèves et subventionnent même l’accès aux élèves des milieux plus démunis et avec des troubles d’apprentissage et je serai plus ouvert à vos arguments. Entre temps, j’aime mieux que mes impôts soient investis dans le secteur public et je vais m’impliquer comme citoyen pour améliorer ce système imparfait mais beaucoup plus équitable. Le privé ne sera jamais la solution pour une société plus équitable, surtout dans les domaine comme l’éducation ou la santé.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
10 réactions
5 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012