Libre opinion - Déconstruire l'école publique ?
Dans cette tribune, le 10 février dernier, le président de la Fédération des établissements d'enseignement privés, Jean-Marc Saint-Jacques, m'accusait de véhiculer dans mon récent livre quatre mythes sur l'école privée. Mythes qu'il tenait à déconstruire.
Corrigeons d'abord une fausse impression laissée par son texte: mon livre ne porte pas sur l'école privée, mais sur l'école publique. Le sous-titre est en effet «L'école publique va mal! Les solutions dont on ne veut pas parler». Je ne consacre à l'école privée qu'un chapitre sur 37.
Cela dit, j'aborde dans ce livre une seule critique de l'école privée. Elle porte sur son financement et je ne crois pas avoir déjà vu le point de vue que je développe dans les médias. La raison en est simple: le gouvernement a toujours refusé de rendre publics les chiffres réels. Quand j'ai occupé la fonction de président de la commission pédagogique à la Commission scolaire de Montréal au début des années 2000, j'ai demandé au ministre de l'Éducation d'alors, François Legault, de rendre ces chiffres publics. Il ne l'a pas fait. Je vous laisse le soin d'imaginer ses motifs.
Les quatre pseudomythes relevés par M. Saint-Jacques dans son texte illustrent qu'il n'a pas lu mon chapitre sur les écoles privées. Voici donc, en résumé, ce que j'y démontre.
Contrairement à ce qu'on prétend, un élève du privé n'est pas financé à 60 % d'un élève du public. Un haut fonctionnaire du ministère a effectué pour moi une vérification au début des années 2000. Compte tenu de plusieurs programmes spéciaux, il arrivait à un chiffre minimum de 67 %. Cependant, il ne savait pas à quel point ce pourcentage dépassait les 67 %, car le ministère ne produit pas de statistiques comparatives sur le financement du privé et du public.
Même les 60 % sont une illusion, car ce prétendu financement moyen est ensuite réparti inégalement dans le système public. Un élève fort requiert moins d'argent qu'un élève moyen et un élève faible en requiert plus. Ce qui est très bien si on veut vraiment établir un système scolaire démocratique.
Si l'on compare ensuite le financement d'un élève fort du privé (subvention du ministère et contribution des parents) à celui d'un élève fort du public (subvention seule), on s'aperçoit que l'élève du privé dispose de plusieurs milliers de dollars de plus en services que l'élève du public.
C'est de cette manière qu'on crée une école discriminatoire où ceux qui ont les moyens de payer des droits de scolarité élevés auront plus de services et auront plus facilement accès à l'université.
Voici, pour l'essentiel, la démonstration que je fais dans cinq pages de mon livre, trop long pour un article de journal malheureusement.
En terminant, je ne peux passer sous silence le commentaire de M. Saint-Jacques à propos du succès scolaire des écoles privées. Ce dernier attribue ce succès non pas à la sélection des élèves, mais à la qualité de leurs équipes d'enseignants. Cette affirmation est pour le moins insultante pour les enseignants du public. Pour avoir enseigné dans deux facultés d'éducation, je peux affirmer qu'il n'y a pas de différence de compétence entre les enseignants qui se dirigent vers le privé et ceux qui optent pour le public. La réelle différence entre les deux systèmes concerne les moyens dont ils disposent pour offrir des activités parascolaires enrichissantes.
Cela dit, je réitère ma demande à la ministre de l'Éducation. À quand une véritable étude sur le financement de l'école privée? L'Ontario ne finance pas les écoles privées. Pourtant, les élèves y réussissent aussi bien qu'au Québec. Peut-être le fait que plusieurs ministres de l'Éducation, ministres et premiers ministres aient envoyé leurs enfants à l'école privée explique-t-il le silence qui fait écho à cette demande toute simple?
Dommage, car pendant ce temps, c'est un fleuron de la Révolution tranquille que nous sommes en train de déconstruire. Je parle évidemment de l'école publique.
Corrigeons d'abord une fausse impression laissée par son texte: mon livre ne porte pas sur l'école privée, mais sur l'école publique. Le sous-titre est en effet «L'école publique va mal! Les solutions dont on ne veut pas parler». Je ne consacre à l'école privée qu'un chapitre sur 37.
Cela dit, j'aborde dans ce livre une seule critique de l'école privée. Elle porte sur son financement et je ne crois pas avoir déjà vu le point de vue que je développe dans les médias. La raison en est simple: le gouvernement a toujours refusé de rendre publics les chiffres réels. Quand j'ai occupé la fonction de président de la commission pédagogique à la Commission scolaire de Montréal au début des années 2000, j'ai demandé au ministre de l'Éducation d'alors, François Legault, de rendre ces chiffres publics. Il ne l'a pas fait. Je vous laisse le soin d'imaginer ses motifs.
Les quatre pseudomythes relevés par M. Saint-Jacques dans son texte illustrent qu'il n'a pas lu mon chapitre sur les écoles privées. Voici donc, en résumé, ce que j'y démontre.
Contrairement à ce qu'on prétend, un élève du privé n'est pas financé à 60 % d'un élève du public. Un haut fonctionnaire du ministère a effectué pour moi une vérification au début des années 2000. Compte tenu de plusieurs programmes spéciaux, il arrivait à un chiffre minimum de 67 %. Cependant, il ne savait pas à quel point ce pourcentage dépassait les 67 %, car le ministère ne produit pas de statistiques comparatives sur le financement du privé et du public.
Même les 60 % sont une illusion, car ce prétendu financement moyen est ensuite réparti inégalement dans le système public. Un élève fort requiert moins d'argent qu'un élève moyen et un élève faible en requiert plus. Ce qui est très bien si on veut vraiment établir un système scolaire démocratique.
Si l'on compare ensuite le financement d'un élève fort du privé (subvention du ministère et contribution des parents) à celui d'un élève fort du public (subvention seule), on s'aperçoit que l'élève du privé dispose de plusieurs milliers de dollars de plus en services que l'élève du public.
C'est de cette manière qu'on crée une école discriminatoire où ceux qui ont les moyens de payer des droits de scolarité élevés auront plus de services et auront plus facilement accès à l'université.
Voici, pour l'essentiel, la démonstration que je fais dans cinq pages de mon livre, trop long pour un article de journal malheureusement.
En terminant, je ne peux passer sous silence le commentaire de M. Saint-Jacques à propos du succès scolaire des écoles privées. Ce dernier attribue ce succès non pas à la sélection des élèves, mais à la qualité de leurs équipes d'enseignants. Cette affirmation est pour le moins insultante pour les enseignants du public. Pour avoir enseigné dans deux facultés d'éducation, je peux affirmer qu'il n'y a pas de différence de compétence entre les enseignants qui se dirigent vers le privé et ceux qui optent pour le public. La réelle différence entre les deux systèmes concerne les moyens dont ils disposent pour offrir des activités parascolaires enrichissantes.
Cela dit, je réitère ma demande à la ministre de l'Éducation. À quand une véritable étude sur le financement de l'école privée? L'Ontario ne finance pas les écoles privées. Pourtant, les élèves y réussissent aussi bien qu'au Québec. Peut-être le fait que plusieurs ministres de l'Éducation, ministres et premiers ministres aient envoyé leurs enfants à l'école privée explique-t-il le silence qui fait écho à cette demande toute simple?
Dommage, car pendant ce temps, c'est un fleuron de la Révolution tranquille que nous sommes en train de déconstruire. Je parle évidemment de l'école publique.
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