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Avant le crime

Christian Rioux   17 février 2012  Éducation
Cette semaine, j'écoutais la ministre de l'Éducation du Québec, Line Beauchamp, défendre son projet d'enseignement intensif de l'anglais en sixième année. «Je pense qu'on amène du changement», disait-elle avant d'ajouter qu'elle trouvait «légitime de vouloir être fonctionnel [functional] dans une deuxième langue». La ministre n'en avait probablement pas conscience, mais en prononçant cette dernière phrase, elle utilisait un anglicisme. En effet, en français, si un meuble peut être fonctionnel, il peut être insultant d'appliquer ce mot à un individu. Celui-ci est plutôt habile, alerte, compétent, adroit ou même connaissant, comme dans la belle expression Ti-Jos Connaissant dont l'un de nos écrivains a fait un roman savoureux.
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  • Andre Metivier - Abonné
    17 février 2012 07 h 15
    Charest est-il un nouveau Lord Durham?

    Face à la mollesse du gouvernement Charest pour défendre le français au Québec et face à ses politiques d'assimilation à l'anglais dans les domaines (entre autres) de d'immigration, de l'éducation, des écoles passerelles, de la culture, de la ville de Montréal et des finances avec la Caisse de dépôt, faisons-nous face à un nouveau Lord Durham?
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  • Regine Pierre Regine Pierre - Abonnée
    17 février 2012 07 h 36
    Les mots de l'éducation
    Être fonctionnel dans une langue était peut-être un anglicisme à l'origine mais il est devenu un concept fondamental en éducation depuis les années 1970 avec l'émergence des approches fonctionnelles qui ont créé un véritable virage épistémologique. Et oui, l'éducation comme la médecine et tout autre domaine de savoir a ses concepts propres qui jouent un rôle fondamental dans la compréhension des problématiques (et je l'utilise ici sciemment et à bon escient) fort complexes de l'éducation.

    Par ailleurs, monsieur Hagège est sans doute un intellectuel français respectable mais â ce que je sache il n'est spécialiste ni du bilinguisme ni de l'éducation et sa sensibilité pour la réalité québécoise est pour le moins questionnable. Au fait, n'est-ce pas lui qui avait fait sa conférence d'ouverture dans un colloque international, à Québec, totalement en anglais, alors qu'on l'avait invité en tant que francophone?
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  • Sylvio Le Blanc - Abonné
    17 février 2012 07 h 52
    Bravo !
    Encore une remarquable chronique !
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  • Jean Lapointe - Abonné
    17 février 2012 08 h 04
    A ne pas oublier

    Il ne faut pas oublier que les Libéraux de Jean Charest sont parmi ceux qui participent au « nation building canadian».

    Il ne faut pas oublier que pour ces gens-là, l'identité québécoise doit disparaître au profit d'une identité canadienne parce que le maintien de l'identité québécoise risquerait d' alimenter l'attrait pour l'indépendance, dont il n'est évidemment pas question à leurs yeux.

    Il ne faut pas oublier que pour eux, il y a deux langues officielles au Canada et une seule culture, soit la culture canadienne, dont le propre est d' être «multiculturelle» c'est-à-dire constituée de diverses cultures, dont la culture québécoise. Mais toutes ces cultures sont mises sur un pied d'égalité.

    Il ne faut pas oublier que pour eux, il est souhaitable de viser à ce que de plus en plus de Canadiens puissent s'exprimer dans les deux langues officielles.

    Il n'est donc pas étonnant que le gouvernement Charest vise à utiliser l'école pour faire de nos enfants de bons petits Canadiens bilingues et non pas de petits Québécois de langue française possédant quelques rudiments d'une langue seconde qui serait l'anglais.

    Ce n'est donc pas étonnant qu'il en soit ainsi parce que cela rentre dans leurs plans.

    C'est ce qu'ils veulent. Leur décision d'enseigner l'anglais d'une façon intensive fait donc partie d'un plan beaucoup plus global, soit celui de mettre un frein à toute aspiration de faire du Québec un pays indépendant et continuer de construire un Canada «coast-to-coast» bilingue et multiculturel.

    Si ce n'est pas ce que nous voulons, nous ne devrons absolument pas voter pour le Parti libéral du Québec mais pour un parti qui veut plutôt, non seulement maintenir le caractère français du Québec, comme semble être le cas de la Coalition de François Legault, mais plutôt construire un Québec de langue française qui mettrait au-dessus de tout la culture québécoise.
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    17 février 2012 08 h 19
    Bien dit

    Que n'avons-nous au gouvernement quelques ministrables de la trempe de M. Rioux !

    Nous assistons à une véritable hécatombe non seulement dans le domaine de la langue française chez nos jeunes, mais aussi de la culture et de la délicatesse tant de la pensée que de l'action.

    Il n'est que de constater la multiplication effarante de l'intimidation dans nos écoles et sur Facebook. Les quelques forts en français qui resteront ne pourront même plus garder le fort, se faisant traiter de «fifs» et se faisant tabasser à cause de leur bon français.
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  • Yvan Giroux - Abonné
    17 février 2012 09 h 03
    Anglicismes et autres fautes ...
    Il est bien de dénoncer les anglicismes. Il est encore mieux de ne pas en utiliser. Au lieu d'écrire « risquait de développer une double incompétence », il aurait fallu écrire « risquait d'engendrer ...». L'expression « mur à mur » est un calque de l'anglais « wall to wall ». Peut-être auriez-vous simplement pu écrire « ... du projet de Line Beauchamp [...] veut, sans distinction, les priver [...] ? S'agissant de services, il faut dire qu'on les supprime, les diminue, les élimine, etc., et non qu'on les coupe, verbe qui, employé dans ce sens, est un calque de l'anglais « to cut services ». Oh, et il y a cette anacoluthe : « Avant de commettre l'irréparable, je suggérerais à la ministre de [...] ». Ce n'est pas vous qui allez commettre l'irréparable, mais bien la ministre. Il aurait donc fallu écrire : « Avant qu'elle commette l'irréparable, je suggérerais à la ministre de [...] ou encore « Avant que la ministre commette l'irréparable, je lui suggérerais de [...] ». Il n'y a pas que nos ministres qui auraient avantage à retourner étudier le français de sixième année.

    Yvan Giroux
    Gatineau
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  • Louise Richard - Abonné
    17 février 2012 09 h 11
    Rectification
    Bonjour,

    Il me semble que, malgré l'argument central percutant de cette chronique convaincante, il serait important de rappeler que l'anglais intensif en 6e n'est prodigué que durant une moitié de la journée et que les autres matières sont enseignées durant l'autre moitié. Il n'y aurait donc pas de complète coupure, durant 7 mois, des autres matières.

    Mais cela dit, oui, pourquoi perfectionner l'anglais chez des élèves au français rudimentaire?

    Merci de la chronique.

    LG
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  • Gaggill - Abonné
    17 février 2012 09 h 30
    Bon article, merci!
    On est pas sorti du bois, on y entre plus profondément encore. Vivement des élections parce qu'on veut nous voler notre boussole et nous imposer un autre vrai nord qui est tout faux. Je ne m'arrête pas ici qu'au plan nord.
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  • Georges Paquet - Abonné
    17 février 2012 10 h 02
    Pas bon pour les Québécois
    Je lirai bien un jour le livre de Claude Hagège, mais je suis très étonné qu'il prose ainsi à tout le monde de devenir multilingue, sauf pour les Québécois. Si je pouvais généraliser à partir d'expériences personnels et d'observations ad hoc, je soutiendrais que l'effort que fait un étudiant, et même un adulte, pour apprendre et maitriser une autre langue, l'amène à faire les mêmes efforts pour maîtiser sa langue maternelle. Reconnaître les règles s'appliquant à une langue nous amènerait à nous interroger sur les règles régissant notre propre langue. Donc, rien de négatif, ici.
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  • Éric Poirier - Abonné
    17 février 2012 10 h 10
    Les Québécois et leur français langue seconde
    Oui tout à fait d'accord avec l'allure précipitée de ce projet. Déjà que la maîtrise du français des Québécois s'apparente à celle d'une langue seconde.
    L'apprentissage du plus grand nombre de langues est un noble objectif en soi. Il ne s'agit pas dénoncer le projet sous cet angle. Il me semble seulement que dans le contexte québécois, cela risque davantage de fragiliser la maîtrise du français.
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    17 février 2012 11 h 14
    Encore une idée brouillonne du premier ministre, idée venue d’on ne sait où…
    Vous venez de faire la preuve par 9 que l’enseignement intensif de l’anglais pour tous est dommageable pour la santé de la langue française au Québec. Faut dire que l’exemple vient de haut, J. Charest parle et écrit un français truffé de fautes d’orthographe et de grammaire.

    C’est connu le PM est «full bilingue», n’empêche, rappelez-vous son discours inaugural de 2006, bourré de fautes d’orthographes http://wwww.ledevoir.com/politique/quebec/104401/l . Des néoplasmes, il en fait à la tonne, ses expressions préférées comme «première priorité» et «à mes yeux à moi» sont devenus légendaires.

    Madame Beauchamps disait il n’y a pas si longtemps, que la réciprocité (l’enseignement du français dans les écoles publiques anglophones et ethniques) n’était pas nécessaire puisque que les écoles anglophones (subventionnées en tout ou en partie par les taxes et les impôts des Québécois) procédaient déjà à l’enseignement du français! Beau dommage!... L’enseignement du français en milieu anglophone se fait sur une base volontaire, aucune balise minimale en la matière.

    J’avais déjà suggéré que l’enseignement de la langue seconde se fasse de septembre à décembre en 6ième année pour tout le monde, anglophones comme francophones et non de janvier à juin comme proposé actuellement. Car dommage il y aura, autant limiter les dégâts.
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  • Geneviève Laplante - Abonnée
    17 février 2012 11 h 31
    Ils deviendront nilingues
    Votre chronique a mis un baume sur mes plaies. Merci. J'ai habité plusieurs années au Nouveau-Brunswick et un ami acadien disait de ses pairs (en s'incluant) qu'ils étaient nilingues, c'est-à-dire qu'ils ne parlaient ni une langue ni l'autre. Tristesse !
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  • André Daoust - Abonné
    17 février 2012 15 h 05
    Eh oui !
    Eh oui, Madame Régine Pierre, qui aime bien châtier M. Rioux, en a échappé une, une faute: « Et oui, l'éducation comme la médecine..» devrait plutôt se lire: « Eh oui ! l'éducation comme la médecine...»

    Sans rancune

    André Daoust
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  • Patrick M - Inscrit
    17 février 2012 16 h 15
    Lord Durham
    Il y a longtemps, un certain Lord Durham disait qu'on rendrait service aux Québécois en les assimilant tous à la langue anglaise. Mais son infâme projet n'a jamais abouti car les Québécois se sont levés.

    Le français résistait jusqu'en 2003 aux nombreux assauts pour banaliser notre langue au maximum en la rétrogradant en langue folchlorique. N'oublions pas des villes comme Montréal où tous les journeaux étaient en anglais, les affiches commerciaux et même le nom des rues. La loi 101 est apparue pour mettre fin à cette occupation inadmissible. On en a fait du chemin! Et ça, c'est sans compter la langue de travail qui était en anglais partout et ce, même dans des sociétés d'Etat comme Hydro-Québec.

    Le français prenait de la vigueur mais on a élu un certain John James Charest en 2003. Depuis ce temps, tous nos acquis si durement gagnés ont été détruit... ou presque. Il refuse constamment de défendre le français et le fait que les jeunes écrivent avec de plus en plus de faute et d'anglicisme n'a AUCUNE IMPORTANCE à ses yeux. Le fait qu'on tente de réimposer l'anglais au travail, qu'on défi constamment la loi 101 n'est jamais grave et il n'y a jamais lieu d'agir.

    Mais par contre, des projets visant à nous angliciser au maximum, alors là, ils sont d'un efficacité sans limites. Ça presse d'angliciser notre jeune génération! Les écoles passerelles, l'imposition de force de l'anglais durant une moitié de l'année est une priorité à leurs yeux. L'anglais passe devant tout, devant les maths, l'histoire et SURTOUT devant le français. Il va y avoir plus de cours d'anglais que dans n'importe quoi d'autre dans UNE PROVINCE FRANCOPHONE, vous vous rendez compte!!!

    Ça prenait bien un John James Charest pour réaliser le voeux de Durham, rendre service aux Québécois en les assimilant tous à l'anglais. Car avec son projet, c'est exactement ce qui va se passer.

    Regardez juste culturellement. Les chansons françaises sont totalement ine
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  • Dominique Jutras - Abonnée
    17 février 2012 19 h 45
    Merci
    Que c'est difficile de faire passer cette simple réflexion, qui m'apparait pourtant si simple et si logique... L'aveuglement...

    Dominique
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  • Jean-Renaud Dubois - Abonné
    17 février 2012 21 h 20
    Quelle inconséquence ! Veulent-ils notre disparition?
    Bonjour,

    Excellente chronique.

    Je pense que votre chronique permettra de remettre les pendules à l'heure.

    Et qui n'eat pas d'accord ? Les canadiens-français comme toujours. Et le pire est à venir puisqu'il reste encore près de 2 ans au PLQ pour nous déconstruire complèrement !

    Le plus bizarre: ce sont des commentaires désolants qui nous disent "tout le temps" que les québécoises et québécois devraient maîtriser leur langue avant...de se prendre en mains.

    Aujourd'hui, ce sont les mêmes qui acceptent que l'école publique (écrémée et en perte de vitesse) diminue ses exigennces en terme d'heures d'enseignement du Français !

    S'aperçoivent-ils qu'ils sont inconséquents ! Où est leur logique ?


    Continuez M. Rioux,



    Jean-Renaud Dubois
    Sainte Adèle
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  • Yves Côté - Abonné
    18 février 2012 00 h 07
    A Madame Pierre...
    Madame, désolé mais tel Madame Beauchamp elle-même le fait, vous errez.
    SVP, relisez lentement le texte de Monsieur Rioux...
    Fonctionnel, un programme peut l'être mais en français, jamais un humain ne peut en être qualifié. Même pas lorsqu'il administre un programme d'enseignement auprès d'élèves. Ni même ce serait une ministre qui le ferait.
    Aller voir la définition du mot dans le dictionnaire de votre choix.
    Ne m'en voulez pas trop mais tout de même, avant de vouloir faire la leçon à tous, il serait opportun de commencer par vous assurer de ne pas glisser vous-mêmes si facilement dans ce que Monsieur Rioux illustre de manière parfaite comme condamnable chez la dame en question.
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  • Regine Pierre Regine Pierre - Abonnée
    18 février 2012 08 h 18
    Merci M. Daoust
    Sans rancune aucune. Personne n'est à l'abri de coquilles.
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  • Regine Pierre Regine Pierre - Abonnée
    21 février 2012 06 h 30
    Littératie éducationnelle
    M. Côté,

    Que voulez-vous dire par : avant de faire la leçon à tout le monde?

    Ne vous en déplaise, les concepts spécialisés de l'éducation ne se trouvent pas plus dans le dictionnaire que ceux de la médecine ou des autres domaines de savoir. Reprochez-vous aux médecins l'utilisation de leurs jargons que la plupart du temps on ne comprend pas? Pourquoi lorsqu'on parle d'éducation, l'attitude est-elle différente?

    Ne vous en déplaise M. Côté, vous vous trompez. Être fonctionnel dans une langue est un concept extrêmement important en éducation, tout comme le sont les concepts de littératie, de littératie éducationnelle et de littératie fonctionnelle que vous ne retrouverez pas non plus dans les dictionnaires. Si vous voulez savoir ce quils signifient, vous pouvez lire mes articles. Vous en trouverez plusieurs sur Internet. Sinon, surveillez l'ouverture prochaine de mon site internet.

    Au plaisir de poursuivre cette conversation, parce que c'est de cela dont ils s'agit, n'est-ce pas?
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