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Gouvernance en éducation - Un réaménagement structurel est-il souhaitable?

«Le réseau québécois de l'éducation est le plus performant de toute la Francophonie»

Émilie Corriveau   18 février 2012  Éducation
Abolir les commissions scolaires ou leur apporter de lourds changements structurels risquerait de compromettre la qualité des services offerts aux élèves.<br />
Photo : Source Commission scolaire Eastern Townships
Abolir les commissions scolaires ou leur apporter de lourds changements structurels risquerait de compromettre la qualité des services offerts aux élèves.

À retenir

En 1992, lors du discours inaugural de la session d'hiver de l'Assemblée nationale, le gouvernement québécois a introduit pour la première fois l'idée d'une gestion axée sur les résultats, en annonçant son intention de revoir l'organisation de l'administration publique québécoise «avec des objectifs renouvelés de productivité et d'équité des services publics».

Depuis 1992, plusieurs réformes organisationnelles ont été amorcées au Québec, avec en tête l'idée de «résultats», notamment en éducation. Si nombreux sont ceux à croire que le réseau de l'éducation québécois nécessite toujours une importante réorganisation structurelle, laquelle pourrait notamment se traduire par l'abolition des commissions scolaires, des intervenants du milieu croient qu'il vaudrait mieux miser sur le système en place.

Professeur titulaire à l'Université de Sherbrooke, au Département de la gestion de l'éducation et de la formation, Guy Pelletier s'intéresse au système d'éducation québécois et plus particulièrement à sa gouvernance depuis plus de 30 ans. D'après l'homme, les Québécois ont tendance à entretenir une relation trouble avec leur système d'éducation et ne sont pas suffisamment conscients de la valeur de celui-ci.

Valoriser l'éducation

Aussi, selon M. Pelletier, s'il souhaite réellement con-tribuer à la réussite scolaire de ses élèves, le Québec aurait davantage intérêt à trouver les moyens de valoriser l'éducation et la profession enseignante, plutôt qu'à envisager un réaménagement structurel de son système.

«Au Québec, on a souvent l'impression qu'on est dans un système qui est en crise, mais ce n'est pas du tout le cas, il est en bonne santé! Le système évolue bien, il se compare très bien au niveau international, notamment dans les enquêtes PISA, et il améliore régulièrement son taux de diplomation. Oui, il y a toujours place à l'amélioration, mais est-ce que c'est en s'attaquant aux structures du système, en abolissant les commissions scolaires, comme le suggère la Coalition avenir Québec (CAQ) par exemple, qu'on aidera les élèves québécois à mieux réussir? Ça, j'en doute», soutient le professeur.

Dans le même esprit, Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), ajoute qu'abolir les commissions scolaires ou leur apporter de lourds changements structurels risquerait non seulement d'engendrer des coûts supplémentaires, plutôt que de les diminuer, mais également de compromettre la qualité des services offerts aux élèves.

«Le réseau québécois de l'éducation, en termes de résultats scolaires, est le plus performant de toute la Francophonie! Nous nous classons au cinquième rang de tous les pays de l'OCDE. En plus de ça, les coûts de gestion des commissions scolaires, qui sont de 5,5 %, sont les plus bas de tout le réseau public et parapublic. Quand des partis politiques disent qu'ils vont améliorer le système d'éducation en apportant des changements à la gouvernance, notamment en abolissant les commissions scolaires, je ne peux m'empêcher de me dire qu'ils ne se posent pas les bonnes questions! Comment peut-on penser que les directions scolaires vont réussir à en faire plus, tout en dépensant moins, sans compromettre la qualité des services? Ça m'apparaît comme un non-sens», note Mme Bouchard.

Changement de politiques

Selon M. Pelletier, si le Québec est aussi confus quant à la gouvernance de son système d'éducation, c'est notamment parce que, depuis plusieurs années, il est confronté à un manque de vision à long terme de la part de ses politiciens. Plutôt que de mettre en place des politiques s'inscrivant dans la durée, souligne-t-il, les gouvernements ont tour à tour adopté une série de mesures centralisatrices puis décentralisatrices, lesquelles ont eu pour effet d'alourdir le système.

«Depuis une quinzaine d'années, pratiquement chaque fois qu'un nouveau ministre est arrivé en poste en éducation, il a proposé un projet dirigé différent de celui qui l'avait précédé. Il y a donc toute une série de mesures progressives qui ont été adoptées, mais qui eu ont un effet sédimentaire. On a maintenu en place les éléments des politiques antérieures, tout en en ajoutant de nouveaux. Le résultat, c'est qu'on a obtenu un empilement de règles, de procédures et de façons de faire qui n'étaient pas toujours compatibles et qui ont alourdi le fonctionnement général. Ç'a posé un problème de clairvoyance dans le pilotage du système», précise le spécialiste.

Pistes de solution


D'après M. Pelletier, la volonté d'abolir les commissions scolaires à travers la province témoigne de ce manque de vision à long terme. Selon lui, l'idée de supprimer l'instance locale la plus ancienne au pays — les gouvernements locaux scolaires ayant été créés en 1845, dix ans avant ceux qui allaient donner naissance aux municipalités — démon-tre le manque d'analyse derrière les politiques.

«Il faut que les politiciens arrêtent de vibrer à l'instant médiatique et qu'ils fassent un peu mieux leurs devoirs d'analyse. Au lieu de toujours suggérer des pratiques externes, on devrait peut-être mieux évaluer le génie des pratiques internes quotidiennes, les valoriser et les consolider», ajoute le professeur.

Partageant l'avis de M. Pelletier, la présidente de la FCSQ souligne que les commissions scolaires québécoises sont prêtes à faire leur part pour tenter de valoriser et d'améliorer le système de gouvernance et que, déjà, certains changements ont été amorcés.

Notamment, aux prochaines élections, le nombre d'élus scolaires sera réduit de moitié. Également, tous les présidents seront élus au suffrage universel. «À cela s'ajoute le plan d'action que nous avons adopté en octobre dernier, affirme Mme Bouchard. Il vise la reconnaissance de l'école publique, l'amélioration de la démocratie scolaire et la simplification de l'administration publique, c'est-à-dire l'allégement des structures afin de rendre les commissions scolaires plus efficaces et d'accroître l'autonomie des écoles.»

Cette simplification de l'administration publique pourrait notamment se concrétiser par le regroupement des services de formation professionnelle, des services aux entreprises ou des services de la paye. «On est en train d'étudier tout ça, dit Mme Bouchard. Il faut s'assurer que ça ne se fasse pas au détriment de la qualité des services qu'on offre aux élèves. On s'est donné deux ans pour le faire.»

Afin de valoriser la démocratie et d'augmenter le taux de participation des Québécois, la FCSQ aimerait également que les élections scolaires soient tenues au même moment que les élections municipales, comme c'est le cas partout ailleurs en Amérique du Nord.

«Malheureusement, pour diverses raisons, la proposition ne semble pas plaire aux municipalités, soulève Mme Bouchard. Malgré tout, on continue de penser que ce serait une excellente façon de démocratiser davantage le système de gouvernance.»

Pousser la réflexion

Une conférence sur la gouvernance scolaire sera tenue le 22 février prochain à Laval, dans le cadre du colloque de la Centrale des syndicats du Québec, intitulée «Quelle éducation voulons-nous pour le Québec?». Les conférenciers invités seront André Brassard, anciennement professeur titulaire au Département d'administration et fondements de l'éducation de l'Université de Montréal et aujourd'hui retraité, ainsi que Jean-Noël Grenier, professeur agrégé au Département des relations industrielles de l'Université Laval.

***

Collaboratrice du Devoir
Abolir les commissions scolaires ou leur apporter de lourds changements structurels risquerait de compromettre la qualité des services offerts aux élèves.<br />
Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec<br />
 
 
 
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  • Tourlou - Inscrit
    18 février 2012 10 h 56
    Il faut abolir les nuisibles COMMISSIONS SCOLAIRES
    Souscrivant aux deux articles de Jean-Marc Léger, membre émérite de la Ligue d'action nationale, d'avril 2006 et mars 2007.''Il est grand temps d'abolir enfin les nuisibles Commissions scolaires. Pour des raisons d'ordre culturel, politique et linguistique fondamentales mais aussi pour des raisons d'ordre administratif et d'ordre financier, il faut que le gouvernement supprime les fameuses ''commissions scolaires'', dont l'existence constitue un obstacle à la qualité et à la saine gestion du système scolaire. Il ne s'agit pas de mettre en cause les individus, que ce soit les commissaires eux mêmes ou le personnel administratif et technique, dont on ne saurait contester le dévouement. C'est le système q'il faut changer radicalement.

    Le fonctionnement et la gestion du système d'enseignement public (primaire et secondaire, y compris le collégial) doivent incomber à la municipalité. Elles sont en effet parfaitement équipées pour assurer le rôle actuel des commissions scolaires et elles pourraient d'ailleurs absorber une partie de leurs effectifs, les autres pouvant être repris par la fonction publique québécoise ou recevoir une prime de départ substancielle.

    Il reste à espérer que le gouvernement du Québec saura faire oeuvre de salubrité publique en ce domaine avec le double souci d'une gestion efficace de l'enseigne-ment public et l'usage scrupuleux des deniers publics.
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  • Tourlou - Inscrit
    19 février 2012 15 h 22
    Supprimer les ''commissions scolaires''
    Le gouvernement doit abolir d'urgence une institution non seulement inutile mais, à plusieurs égards, nuisible. Il faut que l'opinion publique l'y oblige. Voici plus de 30 ans, le regretté Camille Laurin, éminemment lucide en cette matière comme en tant d'autres, avait décidé le principe de la suppression des néfastes commissions scolaires mais il n'eut pas le loisir de faire approuver cette masure par le conseil des ministres avant d'être appeler à d'autres fonctions.

    La situation est d'autant plus malsaine que les fameux ''commissaires d'écoles'' élus à moins de 10%, n'ont plus guère de légitimité. Non vraiment démocratique, parfaitement inefficace, l'institution est de surcroît lourde et fort couteuse, sans compter d'autre part les nombreux abus et les dépenses somptuaires qui ont souventes fois été dénoncés.
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  • Chris G. Eustace - Abonné
    19 février 2012 17 h 38
    Le gouvernement doit agir. - The government must act
    19 février 2012


    'Tourlou' est 100% correct. Les commissions scolaires sont le problème.

    Les commissions scolaires anglophones sont une honte. Regardez ce lien concernant la Marcus Tabachnick Pavillon. Le gouvernement fait son travail.

    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci


    Toutefois, M. Tabachnick accuse le gouvernement dans une lettre à l'éditeur du journal The Gazette. (rough translation)


    "Le problème avec le système d'éducation est trop zélée et out-of-touch bureaucrates et des politiciens qui préfèrent interpréter et appliquer les règles désuètes et inappropriées que de chercher une réelle amélioration qui se traduira par la réussite des élèves accrue."

    Quelle bêtise!

    Le gouvernement doit agir. Le gouvernement Charest devrait mettre en œuvre ce que le ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a proposé en Octobre à la Convention du Parti libéral.

    http://www.ledevoir.com/societe/education/334434/p

    Le gouvernement doit examiner une autre situation impliquant la Commission scolaire Lester B. Pearson School Board.
    La commission scolaire a pris environ un million de dollars du budget de fonctionnement normal et de le mettre dans la pré-maternelle que le gouvernement ne paie pas.


    Chris Eustace
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  • Chris G. Eustace - Abonné
    20 février 2012 07 h 58
    Honte ! - CSLBP - (1)
    20 février 2012


    Récemment, le gouvernement du Québec a signifié un avis d'évacuation préliminaire à la Commission scolaire Lester B. Pearson pour l'exécution d'un service de garde, sans permis, au Pavillon Marcus Tabachnick, à Dorval.

    Imaginez ramasser vos trois-ans l'enfant après la pré-K et se giflé par une lettre avec l'en-tête: "
    'Évacuation - Service de garde illégale »- (évacuation - service de garde illégale).

    Pas étonnant que les parents sont confus, et dans une panique, face à la menace de fermeture de garderie, et même le personnel est abasourdi par la situation.

    Donc ce qui s'est passé? Quelle est la cause de ce manque étonnant de sens des affaires? Revenons en arrière.

    Exécution peu de cas de la communauté n'a rien de nouveau pour le conseil Pearson. Au fil des ans, j'ai entendu lors des réunions du Conseil de Pearson des plaintes de la part de la communauté sur le modus operandi Lester B. J'ai été témoin de l'arrogance de la Commission, la négligence et la manière condescendante ...

    En Janvier 2009, les administrateurs de programmes de garderie existantes, armés d'une pétition, a protesté contre le conseil des commissaires réunis que l'intention du conseil d'administration de mettre en place de pré-Ks, à Dorval, nuirait à leurs entreprises. Ils ont dit qu'il n'était pas juste compte tenu de la commission a été de détourner les fonds de son budget de fonctionnement ordinaire de «cannibaliser» leurs écoles maternelles. (Soit dit en passant, ces fonds sont maintenant plus de 1 million $; le gouvernement devrait également se pencher sur cette question).

    Le 2 mai 2007, Le Chronicle a rapporté des 15 représentants de la West Island Teachers réseau préscolaire qui se plaignait à la réunion de 2007 du Conseil Avril sur les tactiques d'intimidation utilisées par le conseil Pearson («préscolaires dénoncer pré-K programme").

    Quoi qu'il en soit, jeudi dernier (2 février), une autre surprise
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  • Chris G. Eustace - Abonné
    20 février 2012 08 h 06
    Honte ! - CSLBP - Lester B. Pearson School Board - Shame! - (2)
    20 février 2012


    .....

    En Janvier 2009, les administrateurs de programmes de garderie existantes, armés d'une pétition, a protesté contre le conseil des commissaires réunis que l'intention du conseil d'administration de mettre en place de pré-Ks, à Dorval, nuirait à leurs entreprises. Ils ont dit qu'il n'était pas juste compte tenu de la commission a été de détourner les fonds de son budget de fonctionnement ordinaire de «cannibaliser» leurs écoles maternelles. (Soit dit en passant, ces fonds sont maintenant plus de 1 million $; le gouvernement devrait également se pencher sur cette question).

    Le 2 mai 2007, Le Chronicle a rapporté des 15 représentants de la West Island Teachers réseau préscolaire qui se plaignait à la réunion de 2007 du Conseil Avril sur les tactiques d'intimidation utilisées par le conseil Pearson («préscolaires dénoncer pré-K programme").

    Quoi qu'il en soit, jeudi dernier (2 février), une autre surprise - une lettre à l'éditeur de la Gazette de Marcus Tabachnick, qui a signé comme «Ancien président, Lester B. Pearson School Board.

    Les questions soulevées par le président sont une indication de ce qui ne va pas avec le Québec le système de la commission scolaire élus. Il accuse la «excès de zèle et de bureaucrates et des politiciens tactiles pour le problème.

    Il affirme que le gouvernement porte atteinte à des travaux de la Commission. Non, ce n'est pas; les bureaucrates fourni des orientations fort utiles. Puis il énonce le programme «n'est pas une garderie», mais la publicité de l'Office dit qu'ils fournissent "garderie le matin et l'après-midi."

    Enfin, M. Tabachnick conclut en souhaitant que les conseils scolaires ont «autorité réelle», sans «gouvernement-niveau d'interférence."

    Certainement pas. Pouvez-vous imaginer?

    Imaginons un système scolaire anglophone avec les écoles autonomes - sans les conseils scolaires - qui traite directement avec le gouvernement avec les règl
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