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Grève étudiante - Individualisme contre sens de la communauté

Cybele Beaudoin - Étudiante en communication à l'Université de Montréal  18 février 2012  Éducation
Je suis étudiante en communication et «j'investis» dans notre futur. Je veux réussir dans la vie, j'ai un iPhone et je n'ai pas de dreadlocks.

«Déception», lisait-on dans le Quartier libre cette semaine car, «du côté des étudiants en communication de l'Université de Montréal (AECUM), [ils] ont voté contre la grève générale illimitée et refusent donc de se joindre au mouvement. Avec 181 personnes dans la salle, c'est un peu plus du quart des membres de l'association qui étaient présents à l'AG».

Eh bien, parlons-en de cette assemblée générale, car aujourd'hui, ce n'est pas la déception mais bien la honte que je partage en tant qu'étudiante en communication à l'Université de Montréal!

Une assemblée mal préparée, des arguments faibles autant dans le camp du pour que dans celui du contre, où on parle de cash sans parler de principes, ou on parle d'efficacité sans parler de symboles d'appui. Un vote de grève symbolique (de 10 jours!?) qui ne passe pas. Et pourquoi? Parce qu'en grosse majorité, on pense à son examen en mars, à son cours de thaï box et à son stage chez Cossette. Allô la communauté! Et il y a de quoi s'inquiéter. Rare. Voilà dévoilé un symptôme plus profond ici... Un symptôme inquiétant, relié directement à la hausse des droits de scolarité...

Si l'éducation est en train de changer, ce n'est pas juste à cause des programmes «rentables» favorisés, de la facture étudiante qui s'alourdit, de la gestion et du financement des universités qui se privatisent; c'est aussi... à cause des étudiants.

Les étudiants, la société de demain, comme on se plaît à le dire, ceux qui oeuvreront dans les communications comme mes collègues, qui obtiendront des postes de grande influence dans la stratosphère médiatique, ceux qui sont au courant de la force d'un mouvement de masse et qui travailleront chaque jour avec et pour le public: ce sont eux qui en grande majorité ont voté contre la grève, entre deux tweets sur leur iPhone, avec l'envie de régler le vote au plus vite, agités et stressés parce qu'ils venaient de manquer les 30 premières minutes de leurs cours...

Mentalité individualiste

Ne manquez surtout pas 30 minutes de relations de presse! Mais manquez votre seule chance de comprendre un enjeu beaucoup plus vaste. Manquez votre chance de comprendre ce qui se passera au Québec pour les 30 prochaines années et beaucoup plus... Manquez votre chance de laisser l'individu de côté pour comprendre le sens du mot collectivité...

Une mentalité individualiste qui va de pair avec la privatisation et la hausse. Une mentalité que parfois je me suis surprise à partager, étonnée, abasourdie de moi-même!

Les gens ne sont pas de mauvaises personnes, c'est une question de société. Quand on baigne dans une idéologie particulière, on finit par intégrer ses valeurs. Et puis justement, question société, le Québec, il va mal... Même dans la position en faveur de la grève, je trouve dommage de voir que parfois certains étudiants adhèrent au mouvement pour les mauvaises raisons. Encore une fois, on peine à saisir les véritables enjeux. On vote parce qu'on a peur de voir son propre bill augmenter. On pense à l'argent de sa tirelire alors que la question est loin d'être individuelle.

De l'endettement? Oui, moi, je suis endettée et je vais m'endetter encore plus l'an prochain avec la hausse. O.K. Mais encore? Comprenez, l'enjeu de l'éducation est extrêmement plus profond. Outre le fait qu'elle empêchera certaines personnes d'accéder à l'éducation, la montée des droits de scolarité dénote une tendance pernicieuse et invisible: celle du néolibéralisme.

Vous chialez contre Harper sans vous rendre compte que nous suivons présentement un courant général vers une même direction. La montée des droits de scolarité n'est pas distincte de ces changements, elle est ces changements! [...]

La grève n'est pas une partie de plaisir.

Ce n'est pas fait pour être agréable, c'est un moyen d'urgence pour la chose la plus précieuse que nous possédions: le savoir. Et le savoir et sa transmission ne s'achètent pas.

On «n'investit» pas dans son éducation comme on «n'investit» pas non plus dans son amoureux, mais on peut par ailleurs «s'investir» dans la communauté.

Et si la conclusion de l'AG de mardi dernier me fait honte, elle m'a en outre convaincue d'une chose: la nécessité d'agir, au plus vite. Je n'ai pas l'habitude d'écrire et de prendre position, mais j'estime que cette fois j'en avais le devoir.

***

Cybele Beaudoin - Étudiante en communication à l'Université de Montréal
 
 
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  • Jihad Nasr - Inscrit
    18 février 2012 05 h 50
    Des libéraux!
    Ce sont probablement les mêmes qui ont comme idoles les personnages du scandale des commandites. Ils ont fort probablement voté pour le gouvernement Charest en 2007, qui venqait de gaspiller 700 millions de dollars versés par le fédéral pour des baisses d'impôt factices au lieu de les canaliser vers le système de l'éducation. Mais je ne dis pas que le PQ est meilleur!
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  • Georges Paquet - Abonné
    18 février 2012 07 h 59
    Un moment de réflexion
    Cybele Beaudoin réfléchit. Celà nous change de certains, même de plusieura autres étudiants et professeurs. Elle dit que le savoir ne s'achète pas. J'ajouterais qu'il ne se donne pas, non plus. L'effort individuel pour acquérir et diffuser le savoir, n'a rien à voir avec les frais de scolarité. La réussite collective et les responsabilités assumés dans la société n'ont rien à voir avec les cfrais de scolarité.
    En somme, ce que je veux dire et porter à la réflexion de Cybele Beaudoin et de ses collègues, c'est qu'il n'y a pas de réussite collective sans réussite individuelle.
    L'individualisme, dans ce sens là, est une nécessité. La sociét a besoin que chacun fasse sa part. Il ne peut pas y avoir de moment dans la vie ou les frais de scolarité son payés par la collectivité et les profits engrangés par les professionnels, issus de ce système gratuit, sont indivisuels.
    On favorise l'individuel ou le collectif...
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  • Raynald Blais - Abonné
    18 février 2012 08 h 02
    Cause vs contexte
    Mlle Beaudoin, je partage votre déception même si j’ai quitté les études depuis plus de trente ans. De militant étudiant à l’époque, je suis devenu militant syndical depuis peu après avoir (enfin) relativisé l’importance de la mentalité individualiste comme frein à l’avancement de mon syndicat.
    Ce que vous classez comme contexte (Une assemblée mal préparée) est la raison principale du vote négatif. Alors que ce que vous affirmer comme cause (mentalité individualiste) n’en est que le contexte. Cette inversion empêche vraisemblablement de résoudre le problème en épargnant les leaders et en condamnant les participants.
    Pour agir, l’homme doit mettre sa confiance en une organisation ou un leader. S’il n’atteint cet état, il est difficile de le blâmer d’agir isolément.
    Vous en ferez la preuve aussitôt que vous présenterez un objectif réaliste à vos pairs, si l’organisation permet l’émergence de leaders progressistes.
    En espérant que vous rejoindrez vos camarades grévistes d’ici peu.
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  • tohi1938 - Inscrit
    18 février 2012 08 h 43
    Réjouissez-vous plutôt!
    N'ayez pas honte de cette Assemblée, car elle représente sûrement le meilleur cours que vous n'aurez jamais en "communications".
    Certes, c'est difficile à prendre sur le coup, mais cela implique un certain nombre de vérités fondamentales pour qui souhaite "communiquer" efficacement, dont la préparation, les faits avant la croisade, la mesure de la compréhension du phénomène par l'auditoire, et le fait que jouer au martyr offensé en se basant sur sa propre situation ou sur des généralités n'est jamais très convaincant.
    Alors, nécessité d'agir, évidemment, mais solidement, et en future professionnelle de la "communication" à qui je souhaite un brillant avenir.
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  • Johanne Lavallée Bernard Dupuis - Abonné
    18 février 2012 09 h 28
    L'éducation considérée comme une marchandise
    Il est frappant de constater que chaque fois que le psychodrame récurant concernant la hausse des frais de scolarité se produit, les tenants de ces hausses ont peu de raisons politiques justifiant ces hausses. Ils parlent surtout de raisons marchandes et mercantiles. Le ministre des Finances parle du prix exorbitant de l'université, de l'investissement considérable qu'elle exige de la part de l'État et des avantages financiers que représenteraient pour les individus les études universitaires.

    Certains pourraient me dire que M. Bachand parle tout de même de la part contributive des étudiants à l'effort collectif consacré à soutenir le financement universitaire. Mme Beauchamp parle d'augmentations «raisonnables» des frais pour les étudiants. Mais, les questions non marchandes ne vont pas plus loin.

    Toutefois, ni M Bachand, ni Mme Beauchamp ne répondent aux questions politiques soulevées par ce psychodrame. Quelles sont les conséquences de cette hausse des frais de scolarité pour l'avenir du Québec? Cette hausse permettra-t-elle de créer une société plus juste? Va-t-elle contribuer à réduire les écarts hiérarchiques, culturels et économiques dans la population québécoise? Cette hausse va-t-elle affecter davantage certains groupes de la société, comme les femmes monoparentales par exemple?

    Je pense que le gouvernement actuel, comme bien d'autres dans le passé, est incapable de répondre à de telles questions politiques, obnibulé qu'il est par la panique que soulèvent le sous-financement des universités.

    Il me semble que Mme Beaudoin a raison de dire que ce psychodrame soulève fondamentalement une question politique: celle du choix que nous devons faire entre le néolibéralisme et la social-démocratie. L'éducation universitaire n'est-elle qu'une marchandise dispendieuse ou un facteur essentiel relatif à l'avènement d'une société juste?

    Bernard Dupuis, Berthierville
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  • Jean Tremble - Inscrit
    18 février 2012 09 h 52
    @Cybele Beaudoin
    <<Je n'ai pas l'habitude d'écrire>> - Étudiante en communication à l'Université de Montréal

    Alors, dans le cadre de vos cours, à tout le moins apprenez-vous le sémaphore ?
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  • arabe - Inscrit
    18 février 2012 12 h 07
    @jean tremble, qui s'étonne du "je n'ai pas l'habitude d'écrire" de notre étudiante en "communication"
    C'est vous dire à quel point le programme d'éducation est très peu chargé. Vous ne verrez pas un étudiant en mathématiques, en comptabilité ou en actuariat dire "je n'ai pas l'habitude de compter".
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  • Lise Moga - Inscrite
    18 février 2012 12 h 15
    L'État, c'est moi!
    L'éducation est une priorité, tout comme l'instruction. Le fait d'avoir un local, des volumes et des professeurs, qui dispensent le savoir à peu de frais, ne fait pas des gens instruits pour autant, encore faut-il la matière première, des gens motivés à apprendre. On a sous nos yeux ce constat où le contexte physique (matériel) gratuit relativement présent, génère quand même le décrochage scolaire.

    Dans la nuit de vendredi à samedi, des jeunes qui militent pour la gratuité post-secondaire, nous ont prouvés que le matériel n'a pas d'importance tant que celà puisqu'ils en ont fait la preuve en faisant du vandalisme dans le CEGEP du Vieux Montréal. Une règle de trois simple pourrait se faire à partir de ce constat: si 85% du coût défrayé par l'État, donc par moi, produit cet effet, qu'est-ce qu'un 15% pourrait vraiment améliorer? Je pourrais passer en revue bien d'autres situations qui démontrent que la relation avec l'argent n'est pas si saine que cela. Tout cela pour dire que si les jeunes ne prennent pas la responsabilité de leur éducation et de leur instruction, c'est faire fausse route que de demander à quiconque de le faire pour vous et de s'impliquer monétairement encore davantage.

    Une chose qu'également, vous semblez ne pas prendre en considération, c'est qu'en assortissant vos revendications de discours socialistes, séparatistes et en malmenant (mal-traitant, même si "bien vue" par ceux qui s'expriment souvent) le gouvernement actuel parce qu'il n'acquiesce pas "hier" à toutes les fantaisies d'aujourd'hui, vous n'inspirez pas tant que cela confiance à la population en général et SURTOUT à tous les gens qui travaillent, paient impôt et taxes et qui souvent doivent consentir à d'importants sacrifices avec ce qu'il reste de salaire pour équilibrer leur budget de fin de mois.
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  • Marie-charelle Fournier - Abonné
    18 février 2012 15 h 37
    GRRR
    Riches ou pauvres, lorsqu'on à la détermination, la volonté, le désir pour étudier, il n'y a rien qui puisse nous enlever l'accessibilité aux études universitaires. Investir dans l'éducation n'est pas un choix, mais une obligation. Et arrêt...ons de dire que les riches doivent payer pour les pauvres, car si les riches sont riches, c'est simplement parce qu'ils ont décidé d'investir dans leur éducation. Ils ont fait un juste choix. Personne n'est forcé de faire quoi que ce soit. Et moi, j'en ai vu, des jeunes motivés, sans moyen financier se débrouiller pour aller chercher des bourses (autre que celles du gouvernement) parce qu'ils avaient des notes exemplaires. Eux, ils ne perdent pas leurs temps, et la grève est loin d'être leur solution. Ce que je trouve déplorable, c'est de voir des jeunes de 19-25 ans, se rebeller contre la hausse des frais de scolarité et de ne pas être en mesure de dire les pourquois de leurs rebellions. Quand j'entend leurs piteux arguments, et leur acharnement à faire la grève à tout prix, je me dis qu'ils manquent sérieusement d'éducation. En fait, c'est peut-être parce que c'est pas assez cher que les jeunes s'amusent à perdre leurs temps dans les rues, à crier haut et fort, leurs colères d'adolescants incomprises. Vont-ils travailler plus d'heures pendant la grève pour combler leur manque de revenu, ou dormir et faire la fête? Et pour ceux qui diront que mon opinion est celle d'une fille qui a les moyens de payer l'augmentation des frais de scolarité sans ennui, vous avez tord. Et non, je n'ai pas plus d'argent que la moyenne des étudiants, et mes parents ne peuvent pas subventionner mes études. Mais j'ai une tête, et j'ai vite compris que pour réussir dans la vie, il faut investir temps et argent. Et oui, il faut travailler quasiment à temps plein, mais c'est la vie, car dans notre société, seul les persévérants atteignent leurs buts. Par contre, je peux admettre que le système d'éducation au Qu
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  • Solange Bolduc Solange Bolduc - Abonné
    18 février 2012 16 h 54
    "Je n'ai pas l'habitude".... de prendre position...
    Je trouve que Cybèle Beaudoin écrit avec beaucoup de sincérité sur les positions qu'elle a dû prendre en rapport avec le vote de grève des étudiants. C'est clair il me semble qu'elle n'a pas voulu dire qu'elle n'avait "pas l'habitude d'écrire" comme tel, mais qu'étant donné le contexte dans lequel elle se voit plongée et le questionnant d'ailleurs qui s'est imposée à elle dans l'état actuel de la société, elle n'aurait pas voulu râter l'occasion de donner son opinion , même si ça ne lui semblait pas aisée de le faire ouvertement dans les journaux.

    La situation qu'elle n'accepte pas l'aurait incité à s'ouvrir au grand jour, donc à donner son opinion dans les journaux, non parce que c'est son habitude de le faire, mais bien parce qu'elle en aurait éprouvé un certain besoin, inhabituel.

    D'ailleurs je ferais remarquer à Jean Tremble, et à son comparse , qui mesquinement la critique sur un bout de phrase, que Cybèle s'exprime correctement tant au plan de la forme que du contenu. Et particulièrement bien pour une personne qui n'a pas l'habitude d'écrire dans les journaux.
    À Cybèle, bravo et bonne chance dans vos études que vous réussirez, j'en suis convaincu. Vous avez du talent !
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  • Cybele Beaudoin Pilon - Inscrite
    18 février 2012 19 h 30
    Bonjour
    Bonjour,
    Si je possède comme plusieurs, l’aptitude d’écrire et de mettre en mots mes pensées, il est vrai que je n’ai pas l’habitude d’exprimer publiquement mon opinion.

    Toutefois, possédant cette aptitude personnelle, j’ai senti que j’avais le devoir d’agir dans un but collectif, le devoir de m’exprimer sur une société dont je fais moi-même partie!

    Et le message a passé…WOWW. Ma lettre originale sans modifications est disponible sur Facebook même s’il n’est pas nécessaire de s’accrocher aux mots (car c’est bien l’essentiel du message qui importe ici).

    Je suis touchée par les personnes qui ont pris le temps de m’écrire depuis une semaine et de partager mon billet! Les personnes qui appuient la grève veulent apprendre, réussir, avoir un bon emploi et forger une société progressiste et éduquée.

    Et si cela suscite tant de réactions, autant pour et contre la hausse, je n’y vois rien de négatif! Bien au contraire, je vois en chacun, une personne concernée par l’avenir du Québec! (Car c’est bien là, l’essentiel de l’enjeu)

    Merci

    Cybèle Beaudoin Pilon
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  • Dominique Beaulieu - Inscrit
    18 février 2012 19 h 47
    La faute au PQ?
    Je suis péquiste, mais moi je dis que le PQ a failli à sa tâche lorsqu'il était au pouvoir. Des valeurs comme la solidarité, le partage, la mise en commun, ça s'apprend à l'école. En plus, avec notre société d'enfants uniques et d'enfants rois qui n'avaient pas de frères et soeurs avec qui apprendre à partager, c'est ce que ça fait. Ça fait des Me-me-moi-my self-and-I.

    Je suis étudiant au doctorat en génie électrique à l'Université Laval et j'ai voté pour les 3 jours de grève pour aller aux manifs, vote qui a passé avec au moins 75% de OUI au niveau des 2e et 3e cycles. Et j'ai signé la pétition pour un vote sur la grève générale illimitée, que je vais appuyer.

    Je suis à l'aube de la quarantaine, j'effectue un deuxième retour aux études, et je puis vous dire que je suis déçu et dégoûté des promesses non tenues de la droite économique qui promettait mer et monde. Le libre-échange qui devait nous apporter des nouveaux débouchés pour nos produits nous a surtout apporté des débouchés pour exporter nos emplois.

    Comme dit Marine Le Pen du Front National, la mondialisation, c'est "faire fabriquer par des esclaves pour vendre à des chômeurs".

    J'ai choisi d'étudier dans un domaine où le privé met de l'argent. Ma bourse vient donc en partie du privé. Quand même, ce n'est pas à tout casser. J'habite dans une chambre aux résidences, je mange poulet, steak haché, patates, carottes, et je ne sors qu'occasionnellement.
    Avant d'aller chercher l'argent chez les étudiants, pourquoi ne pas récupérer le trop payé aux entreprises de construction?

    L'argent est à Ottawa, qui dépense 35 milliards pour des F-35, alors que les besoins sont au Québec. Vous n'êtes pas tannés de payer pour ça? Charest était une figure de proue du camp du NON en 1995. C'est en grande partie de sa faute ce qui arrive aujourd'hui! vous voulez de l'argent? Séparez-vous de ce pays de droite et guerrier pour garder nos impôts au Québec et dépen
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  • Alexane de Montigny - Inscrite
    19 février 2012 01 h 49
    Un choix de société
    Ce qui m'inquiète le plus avec ce choix, c'est très simple: il n'y a qu'à prendre conscience du fait que, puisque la pyramide démographique s'inverse (vieillissement de la population pour moins de payeurs) et que le système tel qu'on le connaît sera de plus en plus coûteux dans les années et décennies à venir, augmenter les frais de scolarité et donc l'endettement des étudiants ne fera qu'ajouter davantage au fardeau financier des travailleurs de demain, qui seront de moins en moins à supporter le poids de l'État. C'est nous et nos enfants qui serons être pris à la gorge dans quelques années avec des impôts et un endettement substantiels. Et sans parler l'effet que cela aura sur le reste des Québécois, jeunes et moins jeunes...

    Bref, ce choix de société auquel nous sommes aujourd'hui confrontés, étudiants mais aussi concitoyens travailleurs, est plein de pours et de contres, de conséquences immédiates mais aussi futures qu'ils nous faut tous évaluer et considérer maintenant pour faire un choix éclairé. Prenez le temps de vous informer, d'en discuter et de vous interroger sur le sujet pour qu'à défaut de laisser personne indifférent puissions-nous au moins ne pas se dire "J'aurais donc dû aller voter"...
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    19 février 2012 07 h 42
    L'individualisme est un mauvais calcul
    Seul, un individu ne peut pas grand chose. La société humaine fonctionne grâce en collectivité. Ça peut marcher même si une fraction de la population est individualiste, car les autres peuvent compenser.

    Mais si la majorité de la population devient individualiste et qu'il n'en reste qu'une fraction qui pense aux autres, alors tout va s'écrouler parce qu'il n'y en aura plus assez pour fournir l'effort supplémentaire pour que ça marche.

    C'est d'ailleurs ce qui est en train de se passer !

    Serge Grenier
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  • Nelson - Inscrit
    19 février 2012 16 h 33
    1) Éducation et Santé sont des droits de tous, 2) Si manque d'argent pour la universalité, que ceux qu'ont plus, qui paient plus.

    Santé et éducation sont des droits de tous les citoyens.

    Si la société ne peut pas garantir la universalité, se demander pourquoi.

    Fiscalité régressive et non distributive ?.

    Est que la droite politique, en protégeant la droite économique, ne paie pas ce que devrait, en faisant payer les moins nantis ?.

    Redevances pour nos ressources naturels ?.

    Si après faire le tour des privilèges, nous continuons à ne pas pouvoir financer l'accès universelle aux services de Santé et Éducation, que se appliquent des tarifes en fonction des revenus des gens.

    La société doit fonctionner de façon solidaire, et tenir compte de la capacité de payer de chacun, pour s'assurer qu'il n'y pas de laissez pour compte pour manque d'argent.

    Et jamais oublier que l'argent des capitalistes ne vient pas du capitaliste ni de ses terres ni de ses machines, mais bien et bel de la partie non payé aux travailleurs, et approprié (volé ?) par les capitalistes....donc, ils ne doivent pas seulement payer des taxes mais aussi retourner une partie de l'argent piqué aux travailleurs.
    POUR CELA IL NE FAUT PAS ÉLIRE DES GOUVERNEMENTS DE DROITE QUE DÉFENDRONS LES INTÉRÊTS DE LEURS PATRONS !!!!!
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  • Pierre-David Labre - Inscrit
    19 février 2012 19 h 00
    Les mains à la gorge
    Le problème avec le débat sur les frais de scolarité transcende l'individualisme. Ça serait bien trop facile de blâmer la polarisation actuelle sur uniquement l'un des deux camps. Le problème découle des " arguments " qui tournent uniquement autour d'une opinion ou vision du monde. Une vision de ce que le Québec devrait être ou de ce qui est socialement juste. La responsabilité fiscale! Faire sa juste part! La gratuité scolaire est un bien inhérent! Les "haussistes" sont individualistes!

    J'ai incliné légèrement en faveur de la hausse au cours des dernières semaines, mais jamais suffisamment pour me prononcer avec une grande ferveur. Cependant, ce qui me semble le plus aberrant dans les discours qui circulent est l'absence d'arguments empiriques et la dichotomie prononcée entre les deux camps, sans aucun doute car ceux-ci ne font que véhiculer des sophismes. Soit vous êtes pour la hausse, ou vous êtes fiscalement irresponsables! Soit vous êtes contre la hausse ou vous nuisez à la société! Quels beaux paris pascaux, non? Et après on se demande pourquoi les gens s'arrachent les cheveux de la tête.
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  • alexandre. - Inscrit
    20 février 2012 23 h 15
    Un vrai probleme de societe
    que de beau discourt.. a tous ces etudiants qui veulent sauver la societer, si vous voulez vraiment aider quitter dont vos etudes en culture ou en sciences social quelquonque et commencer a contribuer en vous trouvant un travail. le systeme de l'education deborde d'eternel adolescent fuiant la dure realiter du marcher du travail avec des bacs en art visuel ou en psychologie. Les etudes en sciences de la santé devraient etre gratuites, les cours de litteratures eux devraient etre considerer comme un loisir. A quoi bon faire autant d'etudes si cest pour finir serveur. L'education est surevaluer, n'importe qui pratiquant un metier honnete aura toujours plus de valeur a mes yeux qu'un Phd en philosophie
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  • Slo Mo - Inscrit
    21 février 2012 00 h 08
    @Marie-charelle
    C'est une vision très égoïste de l'accès à l'éducation qu'est la vôtre. Je serais heureux de payer de l'impôt pour aider vos neveux et nièces à accéder aux cégeps et universités, s'il s'avérait que vous en eussiez, et qu'ils ne soient pas nés sous l'étoile de la richesse qu'est la votre, celle du fric. Vous avez payé de l'impôt qui a servi à m'éduquer sans me ruiner et maintenant je rembourse en payant à mon tour de l'impôt, et j'en suis heureux. Pourquoi ne voulez-vous pas en payer?
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