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Lettres - Un crime d'honneur

Raymond Aubin - Gatineau, le 4 février 2012  7 février 2012  Éthique et religion
C'était en 1965. J'avais 17 ans. Le cinéclub du collège où j'étudiais avait présenté Zorba le Grec.

Cette projection avait causé, dans les jours suivants, tout un émoi auprès des prêtres du collège. La raison? Le scénario de Zorba le Grec comportait une relation adultère (entre la veuve crétoise et l'étranger Basil). Moi, j'avais été surtout choqué par la lapidation de cette femme par les gens du village pour avoir brisé le code d'honneur de leur microsociété. De cette lapidation, pas un mot de la part de nos prêtres. En Crête, nous sommes en pays chrétien orthodoxe et au Québec, en pays chrétien catholique. Je garde un très vif souvenir d'indignation de ce simple événement qui a constitué mon premier pas en dehors de l'Église.

***

Raymond Aubin - Gatineau, le 4 février 2012
 
 
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  • Yves Claudé - Inscrit
    7 février 2012 05 h 47
    Crimes traditionalistes : aussi dans la chrétienté !
    Les religions et cultures patriarcales ont été produites dans le même creuset sociétal, peu importe les continents et les variantes locales. Alors que l’on stigmatise à outrance l’Islam, on oublie qu’il prend en partie racine dans le vieux fond biblique patriarcal qui a marqué les diverses variantes de la chrétienté. L’Asie n’est par ailleurs pas en reste dans le traditionalisme féminicide…

    Dans un ouvrage “oublié”, un notable de la hiérarchie catholique française voyageant en Syrie à la fin du 19e siècle, fait état de son admiration pour le contrôle social qui s’exerce sur la vie des jeunes filles qui exposent à être victimes d’un meurtre traditionnaliste (et non d’“honneur” …) si elles dévient des normes sociales qui les enferment dans l’espace domestique de leur famille d’origine, avant de les cloîtrer avec leurs enfants entre les quatre murs de leur famille de destination.

    Dans l’affaire Shafia, notons qu’une des plus belles (!) et contre-productives réussites des médias, est d’avoir contribué à associer, dans le sens qui circule au cœur des mots, la valeur de l’honneur aux situations intolérables des crimes traditionalistes. Cette dérive sémantique collective est peut-être aussi le signe avant-coureur du fait que l’Honneur est une valeur en totale déliquescence, au profit des tristes valeurs imposées par une entité terroriste nommée aussi “capital financier”.

    En ces temps, où l’oppression, nationale et sociale, se fait de plus en plus écrasante, ne doit-on pas clamer « Tout est perdu, même l'honneur » ?

    Yves Claudé - sociologue
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  • Minona Minona - Inscrite
    7 février 2012 08 h 43
    Quand l'adultère est considéré comme plus grave que le meurtre...
    Quand j'étais petite, je ne comprenais pas pourquoi les chrétiens (sont j'étais) soulignaient avec tant d'insistance que Jésus avait pardonné le pécher d'adultère de Marie-Madeleine (systématiquement décrite à tort comme une prostituée par la plupart des chrétiens) mais que personne ne soulignait jamais la barbarie de la lapidation à laquelle elle avait échappé, de même que celle qu'aurait subis Marie si elle n'avait pas épousé Joseph. Aucun de ces chrétiens n'aurait sans doute eu l'idée d'approuver la lapidation mais je n'ai entendu personne s'indigner de la façon dont étaient traitées les femmes à l'époque de Jésus.
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  • Albert Descôteaux - Abonné
    7 février 2012 10 h 50
    Le présent et l'avenir
    On pourrait continuer à ressasser pendant des années toutes les barbaries commises envers les femmes au fil des millénaires. J'ose avancer que notre société a fait des progrès importants au niveau de la condition féminine au cours des dernières décennies.

    Ce sont ces acquis qu'il faut consolider tout en continuant à éliminer les inégalités et injustices dont les femmes peuvent encore être victimes. À l'occasion, des relents d'une autre ère viennent pourrir notre société, tels les crimes d'honneur et autres mauvais traitements réservés aux femmes dans certaines cultures et religions. C'est sur cette pourriture qu'il faut intervenir, pour la circonscrire et l'éradiquer. Il en va de la vie de femmes qui demeurent inféodées à des traditions barbares.
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  • Mbotemingi - Abonné
    7 février 2012 11 h 47
    Crime d'honneur
    Le crime n'a rien d'honorable, il est horrible, inacceptable, point à la ligne. Le mot honneur ne devrait jamais être accolé à crime. Un crime, est un crime et devrait être sévèrement puni. . Nous vivons au XXIe siècle et les coutumes moyennageuses ne devraient plus exister. Halte au crime, qu'il soit contre les enfants, les femmes qui en sont les victimes les plus fréquentes, surtout avec la monté de l'intégrisme religieux. Tous les intégrismes sont à condamner. Je pense à l'intégrisme catholique qui a fait de la femme une mineure tout comme l'intégrisme islamique d'aujoud'hui. Toutes les religions se ressemblent dans leur intégrisme. Il faut aller vers la laicité.
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  • DeBeau - Inscrite
    9 février 2012 10 h 08
    1965?
    Depuis 1965, bien des films douteux ont été projetés dans les cinémas et dans les écoles à nos jeunes par des adultes qui se croient modernes et ouverts. Pour ce qui est de la lapidation, est-il vraiment nécessaire de dire qu'elle est inacceptable dans le christianisme?

    Dommage que plusieurs ont quitté volontairement l'Église, car c'est le moyen que le Seigneur a choisi pour le salut des humains. Et le fait que son voisin ne serait pas fidèle à sa vocation ou aurait mal agi ne devrait pas nous servir de prétexte pour faire pareil et même pire encore. La véritable charité est de prier pour que chacun ait la force nécessaire pour passer honorablement à travers l'épreuve et la tentation.
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