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La Cour suprême et les parents catholiques - Une école pour personne peut-elle être une école pour tous?

La Cour suprême du Canada reproche aux parents d’avoir vu des atteintes à leur religion avant même que le nouveau programme d’Éthique et de culture religieusene soit enseigné. <br />
Photo : Agence France-Presse Geoff Robins
La Cour suprême du Canada reproche aux parents d’avoir vu des atteintes à leur religion avant même que le nouveau programme d’Éthique et de culture religieusene soit enseigné.
Faute d'avoir été brimés par le programme d'Éthique et de culture religieuse (ÉCR), les parents catholiques du Québec qui voulaient y échapper n'auront donc pas obtenu gain de cause. S'ils avaient réussi à démontrer une atteinte à leur religion, la Cour suprême leur aurait sans doute reconnu l'exemption qu'ils réclamaient pour leurs enfants. Mais le jugement reconnaît au contraire la validité juridique de ce changement historique. Est-ce pour autant la fin de sa contestation politique? Probablement pas.

Déjà la Coalition avenir Québec (CAQ), qui pourrait bientôt détenir un pouvoir important à l'Assemblée nationale, sinon former le prochain gouvernement, doit préciser sous peu la position qu'elle prendra sur la question. Pour les catholiques, qui bénéficiaient depuis plus d'un siècle d'écoles protégées par la constitution et financées par les pouvoirs publics, cet échec est amer, puisque la Cour a en plus avalisé l'ensemble du programme contesté.

Le cours d'ÉCR ouvre aux enfants des écoles primaires et secondaires la connaissance non seulement des grandes religions du monde, mais aussi de l'apport particulier du protestantisme et du catholicisme au patrimoine du Québec. Paradoxalement, cet apport tient désormais davantage du passé que du présent, comme l'illustre la chute des effectifs de ces Églises et la perte de leur statut dans le Québec d'aujourd'hui.

La constitution de 1867 accordait aux catholiques et aux protestants du Québec et de l'Ontario le maintien de leurs écoles et de leurs commissions scolaires et les lois sur l'éducation ne devaient porter préjudice à «aucun droit ou privilège» déjà conféré à leurs écoles. La Charte canadienne des droits et libertés de 1982 stipulait que ses propres dispositions «ne portent pas atteinte aux droits et privilèges» déjà garantis «concernant les écoles séparées et autres écoles confessionnelles».

Ces protections-là semblaient solides, plus, en tout cas, que l'article 41 de la Charte des droits et libertés de la personne, adoptée au Québec quelques années avant, proclamant le droit des parents d'exiger pour leurs enfants à l'école publique «un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions». Il aura pourtant suffi que Québec demande à Ottawa d'ajouter à la constitution de 1867 un article 93A d'une seule ligne pour enlever les protections garanties dans la province aux écoles confessionnelles.

Tout en protégeant la liberté de religion, la Cour suprême reconnaît désormais que les provinces ont le droit et le devoir de fournir aux populations du pays des écoles qui ne privilégient aucune confession particulière mais éduquent au contraire les enfants à la tolérance et à la diversité. Les parents qu'elle vient de débouter demandaient, disent-ils, «un simple petit accommodement», et non pas l'abolition du cours d'ÉCR.

Curieusement, la Cour suprême ne dit pas un mot d'un gros accommodement accordé aux catholiques en Ontario. La juge Marie Deschamps cite feu le juge Brian Dickson, qui avait, en 1985, statué que la Loi sur le dimanche portait atteinte à la liberté de religion des non-chrétiens. Dickson avait conclu que «protéger une religion sans accorder la même protection aux autres religions a pour effet de créer une inégalité destructrice de la liberté de religion dans la société».

Or, en Ontario, le droit des catholiques à des écoles qui leur soient propres, payées à même les deniers publics, est toujours en vigueur, nonobstant la séparation entre l'Église et l'État célébrée par la Cour et l'incompatibilité qu'elle voit entre l'enseignement religieux et l'école publique. (Quand des parents de foi juive et d'autres confessions invoquèrent les «droits à l'égalité» inscrits dans la constitution pour avoir de telles écoles, la Cour suprême leur avait dit non, en 1994, dans l'affaire Adler c. Ontario.)

Là n'est pas la seule lacune du jugement. Les juges se défendent souvent, à juste titre, d'entrer dans les querelles religieuses. Cette fois, les juges de la Cour ont refusé de s'improviser pédagogues dans un programme élaboré par des spécialistes de l'éducation. Dans un cours d'éthique et de culture religieuse, aucun juge n'a vu d'impact intellectuel, moral ou psychologique, comme si seul un enseignement religieux pouvait «endoctriner» des enfants.

La Cour reproche même aux parents d'avoir vu des atteintes à leur religion avant même que le nouveau programme ne soit enseigné. Deux juges, il est vrai, ont évoqué la possibilité qu'advenant non pas des appréhensions, mais des atteintes avérées, la Cour revienne sur la question. Si jamais la liberté religieuse de certains parents et enfants est brimée, il risque cependant d'être bien tard, une fois le programme en place, pour y porter remède.

Dans tout ce litige, il est toutefois un droit que la plupart des juristes, y compris et surtout dans la tradition catholique, tiennent pour moins que rien. C'est la liberté de conscience de ces futurs citoyens adultes que sont les enfants. Ces parents catholiques craignaient que les leurs aient trop de choix et qu'ils en perdent la foi! Mais les familles catholiques ont rarement laissé aux enfants d'autre choix que le catholicisme. Il en est résulté, notamment au Québec, un rejet viscéral de la religion.

Dans le programme d'ÉCR, les communautés culturelles voient, dit-on, une reconnaissance de leur apport au Québec. Mais la méfiance grandissante envers les religions, que la Cour avalise implicitement, pourrait aussi annoncer un refus du Canada multiculturel auquel elle souscrit pourtant. Que la culture confessionnelle ne puisse plus servir de culture commune, soit. Mais quelles valeurs cette école pour tous, qui risque de n'être l'école de personne, reflétera-t-elle finalement?

***

Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l'Université de Montréal.
 
 
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  • Fabien Nadeau - Inscrit
    20 février 2012 07 h 01
    Piste
    Pour moi, il n'y a qu'un chemin: l'école humaniste. Elle seule pourra préparer notre jeunesse à la vie dans un monde pluraliste.

    Cette école fera la juste place aux religions. Mais elle sera toujours l'ennemie des intégrismes, même s'ils se réclament de notre histoire.
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  • michel lebel - Inscrit
    20 février 2012 07 h 12
    Changement de politique vis-à-vis des minorités à la Cour suprême!
    Ce qui triomphe, c'est l'école du relativisme, du tout se vaut, ceci au nom du multiculturalisme et de l'égalitarisme religieux. La Cour suprême a toujours eu comme objectif principal de protéger les minorités. Mais ici, paradoxalement ou bizarrememt, ça ne joue pas! Le tribunal défend papa-État et ses vues en matière religieuse et éthique. Que de complaisance tout à fait dans la ligne du relativisme et de la bien-pensance ambiante! Cettre décision ne constitue pas une heure de gloire pour le plus haut tribunal du pays.


    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés de la personne
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  • Delisle-Gagnon,Valérie - Abonné
    20 février 2012 08 h 26
    Bravo !
    Bravo! J'ai beaucoup aimé cet article, même si je suis loin d'être de l'avis de ces parents qui demande l'exemption du cours de religion. J'apprécie de mieux comprendre leur point de vue. Enfin un article qui n'argumente pas sur un point de vue mais qui informe sur celui-ci, comme ça devrait toujours l'être.
    Je dois dire qu'un de mes meilleurs cours au secondaire s'est avéré être celui donné sur la religion de partout au monde, ou presque, on y parlait aussi des regroupements sectaires et on apprenait à faire la distinction. J'ai apprécié de mieux connaître la philosophie bouddhiste et les religions chiites (que nous sommes même allés visiter), juives et témoins Jéhovah. Je pense que peu importe les croyances, un être humain n'est que plus "humain" lorsqu'il est conscient des différences qui l'entourent et qui forment et enrichissent sont environnement.
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  • François Dugal - Abonné
    20 février 2012 08 h 31
    Histoire
    Pourquoi ne pas enseigner l'histoire, tout simplement?
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  • Airdutemps - Inscrite
    20 février 2012 08 h 39
    Accomodements...
    Nous savons maintenant que les catholiques ne peuvent obtenir, contrairement aux autres religions, d'accomodements raisonnables, même dans le cadre d'une laïcité ouverte. C'est vous dire le niveau de dégradation de notre peuple.

    Quand testerons-nous un accomodement raisonnable pour parler notre langue maternelle ? J'ai bien hâte de voir cela... car ce sera la fin de notre existence comme peuple.
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  • France Marcotte - Abonnée
    20 février 2012 09 h 07
    Un jugement qui vise plus précisément le Québec?
    "Tout en protégeant la liberté de religion, la Cour suprême reconnaît désormais que les provinces ont le droit et le devoir de fournir aux populations du pays des écoles qui ne privilégient aucune confession particulière mais éduquent au contraire les enfants à la tolérance et à la diversité."

    "En Ontario, le droit des catholiques à des écoles qui leur soient propres, payées à même les deniers publics, est toujours en vigueur, nonobstant la séparation entre l'Église et l'État célébrée par la Cour et l'incompatibilité qu'elle voit entre l'enseignement religieux et l'école publique."

    "Que la culture confessionnelle ne puisse plus servir de culture commune, soit. Mais quelles valeurs cette école pour tous, qui risque de n'être l'école de personne, reflétera-t-elle finalement?"
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  • Francois Dorion - Abonné
    20 février 2012 09 h 55
    Amendements
    Je suis étonné que l'église Catholique ait concourru aux amendements de 1994; on lui a en effet demandé son avis, et elle s'est désisté de la préservation de son droit à l'enseignement religieux.
    Cette démission a pour effet de miner la crédibilité de tout recours qui voudrait s'appuyer sur la tradition de l'enseignement religieux au Québec.
    Il ne reste plus aux catholiques qu'à revendiquer des droits égaux à ceux des pratiquants d'autres religions.
    Une autre voie, plus difficile, consiste à soutenir que le Dieu du préambule de la loi constitutionnelle de 1982 est le Dieu judéo-chrétien, ce qui conférerait une certaine primauté à l'enseignement de la bible dans les cours d'ECR, mais pas une exclusivité en vertu de la référence dans la Charte au multi-culturalisme.

    François Dorion LLM
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  • Philippe Chrétien - Abonné
    20 février 2012 10 h 15
    Jamais content ces grenouilles de bénitier ...
    Ce cours a été mis sur pied pour faire plaisir aux religieux qui tenaient absolument à ce qu'on enseigne leurs contes de fées aux enfants malgré la déconfessionalisation des écoles.

    À ceux qui proposent qu'on enseigne l'histoire de la religion, oubliez ça ... Les religieux ne veulent pas que les enfants apprennent tout le mal que les religions ont fait dans l'histoire!

    Bravo à nos gouvernements qui résistent à la doctrine de la droite religieuse!
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  • Michele - Inscrite
    20 février 2012 10 h 18
    La démocratie scolaire, empêche le relativisme
    En 1998, lorsque les écoles confessionnelles ont fait place aux écoles démocratiques, les Conseils d'établissements se sont vus attribués des pouvoirs décisionnels importants. Il est aussi possible pour les parents de s'impliquer dans les comités de participation de parents. Depuis ce temps, on a vu naître de très belles initiatives réflétant le milieu dans lequel se trouve l'école. Pour que de telles initiatives prennent forme, il faut que les parents participent. On est loin ici de l'école pour personne.

    Les parents peuvent aussi organiser des cours confessionnels après les heures d'école et la grande majorité des paroisses organisent des cours de catéchèse hors des heures de classes. Il est aussi possible pour les parents préférant une approche confessionnelle d'inscrire leurs enfants dans les écoles semi-privées largement subventionnées par l'État québécois. Encore, une fois notre système scolaire est loin d'être pour personne.

    Afin de déconfessionnaliser les écoles publiques, le Québec a demandé une dérogation à l'article 93 de la Constitution canadienne, ce que l'Ontario n'a pas fait. Ce qui explique qu'il y ait encore des écoles confessionnelles subventionnées en totalité en Ontario.
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  • northernbud - Inscrit
    20 février 2012 10 h 49
    @France Marcotte
    "En Ontario, le droit des catholiques à des écoles qui leur soient propres, payées à même les deniers publics, est toujours en vigueur, nonobstant la séparation entre l'Église et l'État célébrée par la Cour et l'incompatibilité qu'elle voit entre l'enseignement religieux et l'école publique."

    Tant pis pour eux ! La séparation de l'Église et de l'État devrait être complète, point à la ligne. L'enseigenement religieux n'a pas plus de place dans une école publique (ou privée, suventionnée en bonne partie par l'État), que l'enseignement de la géographie dans une Église, une Synagogue, une Mosquée, un Temple (nommez la religion...).

    Je refuse que mes taxes servent à propager de la propagande religieuse.
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  • plan sud - Inscrit
    20 février 2012 10 h 58
    Tranquillement...
    Et tranquillement nous aurons ainsi une école issue de nulle part... sans aucun lien avec notre identité. Les couteaux, les foulards, les salles de prières témoigneront de cette grande tolérance et acceptation envers notre façon d’être, dans le respect de la différence.

    Nous avançons vers l'avenir en fonction des traditions passéistes des autres...
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  • Georges Paquet - Abonné
    20 février 2012 12 h 41
    L'École pour tous enseigne des valeurs universelles
    Quel dérapage que celui de soutenir que les valeurs ne sont véhiculées que par les religions.
    Voyez la questions simpliste que pose notre bon chroniqueur:
    «Que la culture confessionnelle ne puisse plus servir de culture commune, soit. Mais quelles valeurs cette école pour tous, qui risque de n'être l'école de personne, reflétera-t-elle finalement?»
    Ce ne sont sûrement pas les religions, avec leur fatwa et leurs croisades qui dans le passé oint enseigné les valeurs de tolérance, d'égalité et de respect pour ceux qui ne pratiquent pas la même religion que soi.
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  • Marie-Michelle Poisson - Inscrite
    20 février 2012 13 h 23
    Abolir ECR pour éviter des frais inutiles...
    Pourquoi défendre à grands frais devant la cours Suprême, deux fois plutôt qu'une ( le Mels contestera le jugement en faveur du Collège Loyola) un cours qui ne qualifie en rien. Un cours dont le contenu "culturel"pourrait facilement être abordé de manière transversale dans les cours d'histoire, de littérature et d'art plastique? Un cours qui a usurpé la place de cours socialement utiles comme des cours d'initiation à l'économie, à la nutrition, au choix de carrière ou à la sexualité. Cours qui ont tous disparu du cursus scolaire pour laisser place à ECR!
    Le Mouvement laïque québécois préconise non seulement l’abolition du volet de culture religieuse du programme ECR mais aussi l’abolition totale et définitive du Secrétariat aux affaires religieuses ( SAR) et du Comité sur les affaires religieuses (CAR) Le SAR et le CAR, séquelles de l’ancien régime cléricaliste, constituent en réalité un lobby pro-religieux financé par les deniers publics et oeuvrant au sein du Ministère de l’Éducation. Les responsables de ces deux entités étaient déjà actifs comme ministre associé de foi catholique et officiaient au Comité catholique du Ministère de l’éducation. Depuis 2000, ils ont continué de servir au sein du Secrétariat aux affaires religieuses ( SAR) et du Comité sur les affaires religieuses (CAR). Pour plus de détails lire : http://www.mlq.qc.ca/cite-laique/numero-11/la-laic et aussi http://www.ababord.org/spip.php?article963
    Marie-Michelle Poisson
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  • Yvon Bureau - Abonné
    20 février 2012 14 h 10
    S'éloigner des mythes religieux
    Il y a environ un mois, sur TV5, un écrivain, âgé, dans un chronique littéraire, a dit : il nous faut nous éloigner au plus tôt des mythes religieux et nous approcher collectivement vers des valeurs humanistes.

    D'accord avec lui.
    ______________

    Élections de Cardinaux. Le prochain pape se doit d'être élu par les 5 000 évêques, non par les Cardinaux.

    Question de crédibilité.

    Question de laisser une marge de manœuvre pour le Saint-Esprit.
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  • Jack Bauer - Inscrit
    20 février 2012 14 h 58
    Georges Paquet
    Quel élément social a-t-il réussi a inculquer des ''valeurs de tolérance, d'égalité et de respect''? Le gouvernement? lol..
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    20 février 2012 15 h 25
    Quels droits pour les catholiques?
    Francois (sic) Dorion a écrit : «Il ne reste plus aux catholiques qu'à revendiquer des droits égaux à ceux des pratiquants d'autres religions.»

    Mais de quoi parlez-vous? Les écoles sont fermées les dimanches et les jours de fêtes religieuses -- catholiques -- importantes. (Pas à l'Ascension ou à la Toussait, certes, mais, dites-moi: quittez-vous le travail pour aller à l'église ces jours-là?) Le catholicisme et le christianisme remplissent une part importante du cours d'ECR, comme il se doit, vu leur importance sociale et historique.

    Alors, que voulez-vous? Que l'on ne serve pas de viande les vendredis et lors du carême (qui commence cette semaine, d'ailleurs)?
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  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit
    20 février 2012 16 h 29
    L'endoctrinement à ce que l'état déclare devoir être toléré ne tolère aucune exemption...
    "C'est la liberté de conscience de ces futurs citoyens adultes que sont les enfants. Ces parents catholiques craignaient que les leurs aient trop de choix et qu'ils en perdent la foi! Mais les familles catholiques ont rarement laissé aux enfants d'autre choix que le catholicisme."

    Le cours d'enseignement religieux et moral précédant le cours obligatoire ECR donnait un enseignement historique et culturel des religions. Ce n'est vraiment pas cet aspect bénéfique qui est contesté par les parents. Les parents déplorent plutôt avec raison que l'on préesente les religions, y compris l'athéisme et l'agnosticisme, comme ayants une même valeur. Ce qui est totalement illogique.

    Si vous vous donnez la peine d'ouvrir un manuel de ce cours, vous serai certainement stupéfié par l'absurdité de la présentation, où personnages historiques et contes de ma grand-mère, tout est mélangé sans aucune préoccupation véritablement culturelle et historique. Un peu comme si dans votre livre d'histoire, on expliquait le rôle d'Astérix dans la guerre des Gaules...

    Ce cours doit être rejeté non pas pour des raisons religieuses ou laiçistes, mais parce qu'il est fondamentalement stupide et constitue une véritable insulte envers l'intelligence de nos enfants... On leur dit que tout est vrai, que tout est faux, selon le choix du professeur, Mais l'important c'est de respecter et tolérer ce que le professeur identifie selon ses valeurs comme devant être toléré. Jamais on a vu un tel cours d'endoctrinement présenté de façon aussi hypocrite.
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  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit
    20 février 2012 16 h 33
    Les parents sont les premiers responsables de leurs enfants.
    Ce qu'il y a de remarquable, c'est que les personnes satisfaites du jugements sont parfaitement en accord avec le contenu du cours. Seule leur vision de ce que doit être l'enseignement des religions, de l'athéisme, du laïcisme prévaudra. Personne n'a le droit d'en être exempté, quelque soit la raison de la demande d'exemption.

    Un cours obligatoire pour apprendre aux enfants la tolérance et le respect de la différence d'opinion? De par son imposition même il est en soi, la négation complète de ce qu'il prétend enseigner...
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  • Democrite101 - Inscrit
    20 février 2012 16 h 43
    La modernité, ou l’affreuse Grande Noirceur. Voilà le choix.


    Jean-Claude Leclerc identifie le vrai danger: «une inégalité destructrice de la liberté» et la bonne question « quelles valeurs cette école pour tous ?».

    Je suis triste à le dire et je ne veux froisser personne, mais l'instruction existe et elle n'est pas terminée même chez ceux qui décident des programmes scolaires.

    La grande philosophie des Lumières, et qui s'est développée jusqu'à nos jours, fondatrice de l'Occident (cf. «Le génie de l'Occident», par Louis Rougier) existe en pleine force chez nos savants. C'est elle qui doit meubler les programmes scolaires, pas les grimoires non rationalistes et primitifs, négateurs des droits de la personne.

    Existe un réel danger de balkanisation et de libanisation de notre culture et de notre société, tant canadienne que québécoise. Et avec le cours ECR nous y sommes à mi-chemin.

    Si on ne liquide pas l'archaïsme et les mythologies infantiles, sauf pour les étudier dans le cours d'Histoire, nous laisserons limiter et gêner par des vautours archaïques la liberté des femmes et la liberté d'expression des meilleurs d'entre nous.

    Pensons surtout aux jeunes femmes immigrantes qui viennent se protéger ici des tyrannies religieuses de leur pays non démocratiques d'origine. Ne permettons pas que continue leur infériorité à la maison et dans leur communauté ethnique et religieuse.

    La religion, uniquement à la mosquée, à l'église et à la synagogue, et respectueuse dans ses discours et directives ad plus strict respect des droits de la personne et de l'égalité homme-femme.

    Oui à la modernité ! Oui à une culture citoyenne, radicalement laïque, et qui liquide en douce les horreurs de son passé douloureux.

    Jacques Légaré, maître en Histoire et ph.d. en philosophie politique
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  • Patrick Bougrelle - Inscrit
    20 février 2012 17 h 13
    @Democrite101
    Illusion rationaliste: On s'apercevra bien vite que pour éviter la blakanisation la raison est impuissante.
    Bien plus, comme souligné par Jean-Léon Laffitte, le relativisme ne s'embarrasse pas de la vérité.
    J-F Revel, agnostique passé par l'athéisme anticlérical, rendait justice à l'intégrité intellectuelle ses maîtres jésuites, dont leurs successeurs laïcards étaient bien incapables, si même ils s'en souciaient.
    Les témoignages abondent dans le même sens.
    L'obscurantisme prospère à l'abri de la certitude qu'il est vaincu avec la religion.
    La vérité, la liberté, l'individu sont en fait des principes chrétiens.
    Qu'ils puissent survivre à leurs racines, voilà bien la grande question.
    À voir la mythologie des Lumières, il est difficile d'y ... croire.
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  • Minona Minona - Inscrite
    20 février 2012 18 h 06
    Une question de priorité...
    @poisson marie-michelle

    "Un cours qui a usurpé la place de cours socialement utiles comme des cours d'initiation à l'économie, à la nutrition, au choix de carrière ou à la sexualité. Cours qui ont tous disparu du cursus scolaire pour laisser place à ECR!"

    Lorsque le gouvernement Charest a décidé de supprimer les cours d'éducation sexuelle (ainsi que la portion "Éducation au choix de carrière et "Formation personnelle et sociale" qui partageaient le même cours), il a pelleté la tâche de l'éducation sexuelle dans la cour des professeurs de toutes les autres matières. C'était à eux de se débrouiller, (pour ne pas employer un autre verbe) pour instruire les élèves sur le sujet. C'est vrai que l'éducation sexuelle ne concerne que la santé physique et affective des jeunes, bref un sujet sans grande importance, et lorsque les parents ne remplissent pas ce rôle, il y a toujours Internet et la pornographie pour apprendre tout ça aux jeunes...

    Par contre, la culture religieuse est beaucoup trop importante pour qu'on en confie l'enseignement aux professeurs des matières pouvant y être liées (histoire ou géographie par exemple). Mieux valait y consacrer un cours spécifique et le faire durer 11 ans, quitte à enterrer pour toujours les cours d'économie familiale, d'éducation économique, d'éducation au choix de carrière et de Formation personnelle et sociale (qui comprenait des leçons de secourisme et dans lequel on aurait pu ajouter le civisme, l'éducation citoyenne ou même l'écologie, qui est passée elle aussi dans le tordeur). C'est sans parler des heures d'éducation physique qui avaient déjà été réduites (il y a même des écoles qui ont raccourci ou supprimé la récréation).
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  • Michel Gaudette - Inscrit
    20 février 2012 21 h 08
    Vous ne l'avez pas du tout !!!!
    Monsieur Leclerc,


    Je crois que vous ne l'avez pas du tout.

    En tant que parent de foi protestante, je suis contre cette poutine du relativisme religieux qu'est le cours ÉCR.

    Je ne veux pas que ma soit soumise à cette poutine, étant donné qu'elle sera enseignée chrétiennement à la maison, alors que ce cours viendra relativiser les convictions que je tenterai de lui inculquer...

    Ces juges ne sont qu'une bande d'ignares en matière religieuse.
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  • Nelson - Inscrit
    21 février 2012 13 h 50
    Impossible enseigner les religions....parce qu'elles sont des ''croyances'' et des choses de ''foi''.

    Il me semble assez clair que les croyances personnels et les foi personnes sont...personnels...et doivent demeurer à l'intérieur de ces gens là.

    Même pas sortir dans les églises parce que les églises sont dans des espaces publiques et je ne veut pas les voir, ni entendre leurs cloches.

    Et surtout pas parler aux enfants des choses délirantes de même...pauvres enfants...ils veulent et ils ont besoin d' apprendre des réalités réels, pas des choses arbitraires, et archi- dangereuses par surcroît, juste lire les journaux s.v.p.
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  • Patrick Bougrelle - Inscrit
    21 février 2012 15 h 00
    @Jacques Légaré
    « Pourquoi ne vous contentez-vous pas d'enseigner votre religion à la maison et dans les lieux de culte ? »

    C'est aller trop loin, mais je suis d'accord pour l'essentiel.

    Notre désaccord porte sur la relation entre christianisme et libertés individuelles, la notion qui définit l’Occident, notre valeur cardinale.
    Selon vous les libertés sont le fruit exclusif des Lumières. Le christianisme y a fait obstacle parce que la religion est intrinsèquement mauvaise.

    Selon moi le progrès des libertés jusqu’à leur domination est dû au christianisme. Les Lumières ne sont qu’un aspects de ce progrès continu. Il s’est manifesté ailleurs et avant de bien des manières. Le tableau d’ensemble des progrès de l’humanité ne laisse guère de doutes. Ceux qui soutiennent l'inverse se focalisent sur des accidents de parcours pour nier ce qu’une mise en perspective montre de manière évidente. Les Lumières aussi ont leur part d’ombre.

    Sur les raisons de cela, il y a bcp à dire, mais voici 2 propriétés de la pensée chrétienne qui jouent un rôle important :
    1 - limiter la portée de l’absolu au seul champ de la morale (contenu de la Révélation);
    2 –séparer l’autorité morale de la régalienne (en excluant de châtier au nom de Jésus).
    L’athéisme ne garantit aucunement cela. Au contraire, avec le cours d’ÉCR l’autorité régalienne est maintenant dépositaire de l’autorité morale.
    Je suis convaincu que la déchristianisation de notre culture sape les fondements même de nos valeurs de liberté et de vérité.
    Il vous semble paradoxal que la liberté s’appuie sur des dogmes et non sur la liberté.
    Pourtant c’est rationnel, ce que votre position n’est pas. Que la liberté soit le naturel de l’homme, qu’elle s’impose d’elle-même dès qu’il se défait de toute idée préconçue (dogmes des religions) … c’est dogmatique. Ce n’est pas du tout confirmé par l’anthropologie et l’Histoire.
    Entre vos certitude
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  • Jacques Beausejour - Inscrit
    22 février 2012 06 h 03
    Le cours ECR et la liberté des parents.
    Je participe aux activités de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) comme directeur de la campagne de financement 2011-2012 (http://coalition-cle.org/ ). Je désire que les parents retrouvent soit leur droit de choix concernant le cours d'ECR ou soit l’abrogation de la loi constituant le cours ECR. J'appuie tous les parents qui veulent faire reconnaître leur droit de refus pour leurs enfants à suivre ce cours. Depuis 1976 j’ai travaillé à l’indépendance du Québec maintenant je travaille pour l’indépendance des parents du Québec. Je félicite les parents qui défendent leur droit de liberté concernant leurs enfants. L’État doit-il dominer les parents et être responsable des enfants du Québec? L’État du Québec est-elle devenu une dictature? Vive les parents libres au Québec!

    Premièrement, le cours ECR est un cours qui veut développer le multiculturalisme chez les étudiants je ne comprends pas le Parti Québécois dans son aveuglement. Pourquoi accepterions-nous de renier notre identité en passant les étudiants aux cribles des accommodements? S’ouvrir aux autres c’est bien mais le cours ECR veut obliger les jeunes à renier leur identité sous le couvert des accommodements.

    Deuxièmement, je préfère appuyer un parti politique qui respectera soit le choix des parents pour leurs enfants ou qui abolira simplement le cours ECR pour le remplacer par un autre cours. Que ce soit un cours d’histoire du Québec, ou par le remplacement des heures allouées au cours ECR par des heures pour l’étude du français, des mathématiques, de la musique ou un autre cours.

    Jacques Beauséjour, professeur retraité et premier député du Parti Québécois du comté d’Iberville 1976-1985
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  • Q1234 - Inscrite
    7 mars 2012 11 h 13
    Pourquoi pas des cours Philosophie ?
    Il me semble que des cours de philosophie dès le primaire seraient beaucoup plus formateurs que n'importe quel cours de religions. Les enfants doivent apprendre à développer une pensée éthique, critique, qui leur permettra d'évaluer toutes les croyances et leur rôle de citoyen libre et responsable.
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