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Lettres - Indésirable Dieu

Yves Saint-Louis - Québec, le 16 février 2012  20 février 2012  Éthique et religion
Le sujet des accommodements dits raisonnables tourne souvent au ridicule. La dernière ânerie parmi de très nombreuses autres nous vient de quelques illuminés d'une école de Sorel qui ont décidé de retirer la dernière phrase de la très belle chanson d'Édith Piaf L'hymne à l'amour parce qu'elle fait référence à Dieu («Dieu réunit ceux qui s'aiment»).

À ce titre, il faudrait rebaptiser le Messie de Haendel, interdire l'école à tous les enfants dont le nom de famille est Noël ou Chrétien, ceux dont le nom commence par Saint, comme moi (Saint-Louis). Il faudrait aussi bannir les mots «roi», car Jésus était le Roi des Juifs, et «seigneur», nom d'une équipe de hockey pee-wee.

Pour satisfaire aux exigences de cette laïcité, il faudrait faire le recensement de tout ce qui vient à son encontre pour les enlever de notre vocabulaire, une tâche complexe. Il serait plus aisé de retirer le droit de pratique à ces illuminés de la pensée unique. Et dire que les enfants sont entre les mains de quelques enseignants sans jugement.

Nous, au Québec, sommes issus d'une éducation judéochrétienne, et même si la pratique religieuse est en baisse constante, nous ne sommes pas prêts à balayer toutes nos racines du revers de la main.

***

Yves Saint-Louis - Québec, le 16 février 2012
 
 
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  • Fabien Nadeau - Inscrit
    20 février 2012 06 h 46
    Eh oui!
    D'accord avec vous, Monsieur! Mais il est normal que le balancier aille un peu trop fort du côté de laïcité, après l'omniprésence de la religion au Québec. Le problème, c'est toujours la "bien-pensance"...

    Une anecdote. J'ai huit ans, je suis à la grand-messe le dimanche, je me tiens la tête parce que j'ai mal. Le lundi, à l'école, je suis puni, parce que j'ai "manqué de respect"... Le jugement des bien-pensants n'était pas meilleur dans le temps!!!
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  • Minona Minona - Inscrite
    20 février 2012 09 h 23
    Surréaliste
    Il est surréaliste qu'une chanson soit partiellement censurée parce qu'elle fait mention de Dieu, comme si le mot lui-même constituait forcément un endoctrinement, alors qu'il est permis à une enseignante de confession musulmane de porter un voile islamique, malgré le fait que ce n'est pas tellement différent que de permettre à un prêtre catholique d'enseigner en soutane (ce qui j'en suis sûre ne serait pas accepté). Ce ne sont pas tout les dieux qui sont indésirables semble-t-il...
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  • Maryam - Inscrite
    20 février 2012 09 h 32
    Une chose à dire
    @Yves Saint-Louis:La dernière ânerie parmi de très nombreuses autres nous vient de quelques illuminés d'une école de Sorel qui ont décidé de retirer la dernière phrase de la très belle chanson d'Édith Piaf L'hymne à l'amour parce qu'elle fait référence à Dieu («Dieu réunit ceux qui s'aiment»).
    Je n'ai qu'une chose à dire et Dieu créa la plaque.
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  • Gorlof - Inscrit
    20 février 2012 10 h 19
    Dieu réunit?
    Cela n'est pas facile à démontrer...
    Pourquoi faire croire à des enfants que Dieu réunit quoi que ce soit!
    C'est une belle chanson qui se termine sur une fausse note.C'est ce que le prof aurait du dire à ses jeunes.
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  • Jean-Francois Cantin - Inscrit
    20 février 2012 10 h 21
    Notre tradition s'efface devant la peur
    À ce compte, même l'hymne national "Car ton bras sait porter l'épée,
    Il sait porter la croix!"
    http://www.pch.gc.ca/pgm/ceem-cced/symbl/anthem-fr
    ou le préambule de la charte canadienne
    "Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit :"
    http://laws.justice.gc.ca/fra/Charte/page-1.html
    Ne peuvent être enseigné.

    Pour bâtir notre futur nous devons connaître d'où nous venons et où nous allons. Renier notre histoire ne serait d'aucun secours. Il faut plutôt l'accepter comme faisant partie de notre identité collective et aller de l'avant.
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  • Réal Rodrigue - Abonné
    20 février 2012 12 h 23
    L'inculture
    Votre réaction, M. Saint-Louis, me paraît tout à fait saine. Pour ma part, c'est à l'inculture que j'attribuerais ce désir d'éliminer jusqu'au souvenir de Dieu. Plusieurs semblent de nos jours sous l'influence de Nietzsche, ou de quelque auteur qui propage l'athéisme. Pour m'en tenir au cas de Nietzsche que j'ai bien étudié, nous finissons par comprendre qu'il s'en prenait à l'amour prêché par le Christ parce qu'il voyait là un empêchement pour les plus forts, les puissants de ce monde, de sacrifier les plus faibles. Mais oui, vous pouvez vérifier par vous-mêmes.

    Ce genre d'athéisme paraît aujourd'hui intenable comme le montre très bien par exemple René Girard. Quant au ressentiment que Nietzche supposait à la base de l'amour chrétien, Max Scheler en a fait une critique décisive dans L'Homme du ressentiment.

    Pour être plus positif, je dirai que nos ancêtres ne croyaient pas à Dieu à la légère. Il suffit d'étudier le prophétisme hébreu pour se rendre de la véracité de ce qu'ils racontent. Hélas, la plupart de nos concitoyens ne se donnent plus la peine d'étudier la religion qu'ils combattent, comme le remarquait déjà Pascal en parlant des athées de son époque,

    Merci pour votre papier.
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  • Jc Leblond - Inscrit
    20 février 2012 15 h 40
    Il a raison, le prof de Sorel...
    "Il a raison, le prof de Sorel. Dieu ne réunit pas ceux qui s'aiment. Dieu ne réunit pas les amants adultères. Dieu ne réunit pas les amoureux de même sexe. ... Dieu réunit ceux qui s'aiment à condition qu'ils suivent des cours de préparation au mariage et qu'ils promettent de ne pas employer de moyens contraceptifs."

    - Pierre Foglia
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  • gilbert troutet - Inscrit
    20 février 2012 17 h 24
    On met Dieu à toutes les sauces
    Ce serait insensé de vouloir gommer toutes les références à Dieu dans notre culture, que la religion a beaucoup influencé. Toute la musique religieuse, par exemple, est un patrimoine précieux. Mais il faut savoir prendre ses distances vis-à-vis de ces «vérités» qui n'en sont plus. Et l'expliquer aux enfants quand il y a lieu.

    Par ailleurs, on a mis Dieu à toutes les sauces, parfois pour justifier bien des abus : croisades, persécutions et massacres des hérétiques, chasses aux sorcières... Les Nazis avaient pour devise : «Dieu avec nous». Les Américains invoquent sa bénédiction pour perpétrer leurs méfaits. Ernest Renan écrivait : «Le prétendu Dieu des armées est toujours pour la nation qui a la meilleure artillerie».

    Nietsche, à qui d'autres lecteurs font référence, disait aussi : «Dieu est une réponse aux embarras de l'intelligence».
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  • Réal Rodrigue - Abonné
    20 février 2012 21 h 02
    Édith Piaf disait vrai
    On sait qu'elle vouait un culte à Ste-Thérèse, mais ce n'est pas à partir de cette dévotion particulière que je comprends le sens de la phrase supprimée: Dieu réunit ceux qui s'aiment.

    Nous expérimentons tous ce qu'on appelle l'amour. Or, ce sentiment naissant que nous pouvons cultiver, n'est pas une émanation de notre moi, une création de notre esprit. Nous le vivons comme l'ennui, la fatigue, la joie d'être, mais ce sont des modalités consubtantielles à notre vie que seule la vie rend possible. L'amour est aussi une modalité essentielle, et c'est une expérience de communion. Si Dieu est l'Amour comme Édith Piaf le savait par sa foi, c'est donc Lui qui réunit ceux qui s'aiment.
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