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Le Devoir de philo - Aron critiquerait la «nouvelle droite» québécoise

On peut s'inspirer du philosophe, sociologue et auteur pour se demander contre quelle gauche elle prend forme

Portrait non daté de Raymond Aron (1905-1983). Philosophe de formation, sociologue de profession, auteur d’une œuvre considérable dans le domaine des études stratégiques, Aron s’est pourtant fait connaître davantage à la manière d’un intellectuel libéral dans une époque qui faisait du marxisme son horizon indépassable. Pendant une quarantaine d’années, il examinera patiemment le marxisme et ses variantes. On ne le lui pardonnera pas. Il fut longtemps conspué et plusieurs ont réduit son travail à celui d’un polémiste.<br />
Photo : Agence France-Presse
Portrait non daté de Raymond Aron (1905-1983). Philosophe de formation, sociologue de profession, auteur d’une œuvre considérable dans le domaine des études stratégiques, Aron s’est pourtant fait connaître davantage à la manière d’un intellectuel libéral dans une époque qui faisait du marxisme son horizon indépassable. Pendant une quarantaine d’années, il examinera patiemment le marxisme et ses variantes. On ne le lui pardonnera pas. Il fut longtemps conspué et plusieurs ont réduit son travail à celui d’un polémiste.
Une fois par mois, Le Devoir propose à des professeurs de philosophie et d'histoire, mais aussi à d'autres passionnés d'idées, d'histoire des idées, de relever le défi de décrypter une question d'actualité à partir des thèses d'un penseur marquant. Cette semaine, Mathieu Bock-Côté, en se référant à Raymond Aron, fait ressortir des angles morts de cette «nouvelle droite» québécoise, incarnée entre autres par le Réseau Liberté-Québec.

Depuis quelques mois, la question de la «droite» traverse l'actualité. À gauche, on s'inquiète de sa montée, de sa progression, de son «arrogance». Mais plusieurs semblent confus devant la référence à la droite et à la gauche, surtout dans une société qui ne s'est pas traditionnellement constituée autour de ces pôles idéologiques. À nos yeux, ces notions apparaissent moins confuses une fois que nous les passons au crible de la pensée d'un des plus éminents intellectuels du XXe siècle, Raymond Aron (1905-1983). Près de 30 ans après sa mort, il demeure une figure incontournable.

Philosophe de formation, sociologue de profession, auteur d'une oeuvre considérable dans le domaine des études stratégiques, Aron s'est pourtant fait connaître davantage à la manière d'un intellectuel libéral dans une époque qui faisait du marxisme son horizon indépassable. Pendant une quarantaine d'années, il examinera patiemment le marxisme et ses variantes. Il les démontera l'une après l'autre. On ne le lui pardonnera pas. Il fut longtemps conspué et plusieurs ont réduit son travail à celui d'un polémiste. Au terme de sa vie, il gagnera pourtant l'estime de ceux qui l'avaient diabolisé. Aujourd'hui, qui préférerait vraiment «avoir tort avec Sartre que raison avec Aron», selon une formule consacrée?

Mais si Aron est devenu la bête noire de la gauche, il ne s'associait pas spontanément à la droite. Comme l'a déjà noté Denis Tillinac, «quoi de commun entre un libéral disciple de Hayek, un monarchiste, un conservateur anticlérical, un intégriste catho, un fasciste? Rien. C'est le regard de la gauche qui les jette dans le même sac. Elle discrimine les droitiers respectables et d'autres qui ne le seraient pas. C'est la gauche qui définit les droites et les somme de se positionner sur son échelle de valeurs.»

Cette réflexion éclaire le parcours d'Aron. Libéral, il se campera moins à droite qu'il n'y sera repoussé, surtout parce qu'il se sera rendu coupable d'anticommunisme à un moment où la Révolution était l'opium des intellectuels. Il était moins de droite qu'à droite. Sa sensibilité conservatrice ne s'explicitera véritablement qu'après les événements de Mai 68.

On peut s'inspirer de l'expérience d'Aron pour interroger la nouvelle droite québécoise en se demandant contre quelle gauche elle prend forme. Cela présuppose toutefois que nous examinions la genèse de la «droite» depuis la Révolution tranquille pour comprendre ce qu'il y a de particulier dans sa renaissance actuelle.

Genèse d'une droite moderniste

On le sait, la Révolution tranquille, dont il ne s'agit évidemment pas ici de contester la portée fondatrice, s'est malheureusement constituée sur le mythe de la Grande Noirceur qui disqualifiait fondamentalement l'expérience historique canadienne-française. Le régime Duplessis sera présenté comme l'expression politique d'une culture pathologique qu'il fallait moins réformer que liquider. On s'imaginera le Québec comme une page blanche, l'utopie succédant à l'expérience historique comme principe fondateur de la communauté politique.

De ce point de vue, le Québec moderne s'est constitué sur la censure du conservatisme. Dès la fin des années 1960, à la suite de la mort de Daniel Johnson, il sera définitivement disqualifié. On présentera ses restants comme l'expression du ressentiment des couches populaires les moins éclairées contre la modernité, quelquefois comme une idéologie d'importation.

À quelques exceptions près, comme la revue L'Analyste, qui cherchera dans les années 1980 à définir un aronisme à la québécoise, le conservatisme ne disposera pas d'expression intellectuelle significative. Cela ne veut pas dire qu'il avait disparu, mais qu'on ne parvenait pas à le reconnaître autrement qu'à la manière d'une pathologie. Un consensus progressiste recouvrira l'espace public québécois, à l'intérieur duquel s'opposeront les grandes options constitutionnelles.

Ce n'est qu'après le référendum de 1995, la question nationale entrant à ce moment dans une phase de dépolarisation, qu'une nouvelle droite parviendra à s'installer dans le paysage politique.

De nouveaux clivages idéologiques se laissent alors deviner. Le cycle historique de la Révolution tranquille semble s'achever et la question du modèle québécois en vient à recomposer les paramètres du débat public, dans la mesure où on le présente comme son principal héritage socioéconomique, ce qui amène les acteurs sociaux à se positionner à partir de lui, dans la perspective de son maintien, de sa rénovation ou de sa révocation.

Comme de fait, c'est d'abord à travers le procès du modèle québécois que s'est exprimée cette nouvelle droite en s'essayant à un bilan de la Révolution tranquille. Elle allait toutefois en formuler une critique particulière.

Car loin de plaider pour la réparation de la fracture radicale de 1960 en réhabilitant un certain sens de la continuité historique, la nouvelle droite a plutôt reconduit et radicalisé la censure du conservatisme en accusant la Révolution tranquille d'avoir perpétué une forme de Grande Noirceur «clérico-nationaliste» sous les traits du modèle québécois. Elle reproche ainsi à la Révolution tranquille de ne pas avoir mené assez loin la modernisation du Québec et accuse ses adversaires de «conservatisme», terme relevant désormais de l'injure politique.

La nouvelle droite a pleinement intériorisé le mythe de la Grande Noirceur. En un sens, elle est moins conservatrice que moderniste — «hypermoderniste» même. Elle ne conteste pas le progressisme de la Révolution tranquille, elle s'en réclame, mais privilégie le marché plutôt que l'État pour faire avancer ses idéaux.

D'ailleurs, s'il faut distinguer clairement le «centre droit» gestionnaire à la François Legault et la «nouvelle droite» qui émerge à Québec, on notera que les deux partagent un même refus du conservatisme. Le premier parle exclusivement le langage de l'efficacité technocratique, la deuxième, celui de la liberté. Aucun des deux ne se dérobe à l'idéal d'une pleine rationalisation de l'ordre social. On le reconnaît notamment dans leur commune centration sur les questions économiques.

C'est évidemment cette intériorisation de l'imaginaire de la Grande Noirceur qui complique profondément la réconciliation éventuelle de la nouvelle droite avec un certain conservatisme culturel (à distinguer bien évidemment du conservatisme moral à l'anglo-saxonne), qui demeure la perspective manquante dans le débat politique québécois, malgré le fait qu'elle permettrait le mieux d'éclairer l'angle mort de notre hypermodernité et d'en formuler la critique la plus féconde.

Un libéralisme... conservateur ?


C'est ici que le libéralisme conservateur subtilement équilibré d'Aron est susceptible de révéler les limites de la nouvelle droite. Car l'hypermodernité est contradictoire avec la société libérale. Pour Aron, un certain conservatisme culturel attaché aux valeurs de fond de la civilisation occidentale n'était pas la propriété exclusive des «réactionnaires».

Il développera les aspects conservateurs de sa pensée dans la suite de Mai 68, qui avait suscité chez lui une «indignation» «dépass[ant] toutes les indignations éprouvées dans [son] existence». Aron craignait, avec raison, que la dynamique idéologique anarchisante et libertaire déclenchée par Mai 68 n'entraîne une érosion du substrat éthique et culturel indispensable à la démocratie libérale.

Dans ce contexte, Aron développera une réflexion sur les conditions culturelles nécessaires au maintien d'une société libérale ordonnée. Ainsi, il écrivait que «l'ordre libéral, on l'oublie trop souvent, repose sur le respect de la loi et des autorités respectables». Aron avouait sa crainte d'une «décomposition diffuse de l'ordre libéral» ainsi que de la compromission «de certaines valeurs précaires et précieuses, plus faciles à détruire qu'à reconstituer». Surtout, il se demandait si «l'effondrement de l'autorité n'[était] pas la vraie et seule "crise de civilisation"».

La liberté politique ne tient pas dans un vide moral et culturel, à moins de consentir à l'avachissement civique dont les sociétés occidentales donnent aujourd'hui le désolant spectacle.

De ce point de vue, la nouvelle droite révèle ses limites en se situant presque exclusivement dans le créneau de la «liberté» tout en délestant celui de la culture et de l'autorité. Au nom d'un individualisme exacerbé à tendance libertaire, elle tend même à flirter avec une forme de relativisme moral et semble avoir pleinement intériorisé l'expression la plus radicale de l'idéologie de l'émancipation formulée par la new left des années 1970.

Parce qu'elle fait de l'émancipation de l'individu avec son «droit de choisir» le seul horizon de son action politique, la nouvelle droite croit concurrencer la gauche dans le registre du progressisme.

La chose n'est pas sans conséquence. Ainsi, si la nouvelle droite fait le procès du syndicalisme enseignant, on l'entend moins critiquer l'enraiement de la transmission de la culture entraînée par un pédagogisme qui discrédite l'autorité du savoir et de l'institution scolaire.

De la même manière, la nouvelle droite fustige souvent la loi 101 et souhaite délivrer l'individu des contraintes du «collectivisme linguistique» tout en rêvant à son émancipation par l'anglais dans le grand marché nord-américain; comme si l'appartenance à la culture québécoise était un fardeau. C'est la figure même de la collectivité qui s'efface, comme si le bien commun était réductible à la seule agrégation des préférences individuelles.

On peut reconnaître dans ces positions autant d'indices de l'adhésion de la nouvelle droite à l'hypermodernité. Mais cela vient peut-être aussi du fait qu'elle semble en lutte contre une vision caricaturale de la gauche, réduite à la figure d'une bureaucratie appuyée sur de puissantes alliances syndicales. Il ne s'agit évidemment pas de dédaigner l'indispensable réflexion sur les conditions de la prospérité, mais de voir que la politique ne saurait s'y limiter.

Si la bureaucratisation de la société ne fait aucun doute, il faudrait reconnaître qu'elle ne pose pas seulement le problème d'une croissance économique contrariée, mais aussi celui d'un dévoiement de la démocratie, désubstantialisée par la technocratisation et la judiciarisation du politique.

Si Raymond Aron analysait le discours de la nouvelle droite, il l'inviterait probablement à raffiner son interprétation de la gauche en lisant ses intellectuels pour savoir quelle société elle nous prépare et pas seulement les comptes publics qu'elle nous laisse.

Car ce n'est plus seulement la social-démocratie dans sa forme classique qui pose problème, mais surtout sa mutation thérapeutique, libertaire et multiculturelle. D'ailleurs, la question de la «diversité» sera probablement au XXIe siècle pour le clivage gauche-droite ce qu'a été la question de l'égalité socioéconomique dans la plus grande partie du XXe.

La question nationale


Sans surprise, le libéralisme conservateur d'Aron s'accompagnait d'une vision exigeante du politique, dont il ne sous-estimait pas la charge existentielle. La chose a souvent été mentionnée, Aron n'était pas étranger au patriotisme, qu'il considérait comme un devoir civique, même moral. À la lumière de la philosophie politique aronienne, on peut se questionner sur le rapport entretenu par la nouvelle droite avec la question nationale.

Aron inviterait probablement la nouvelle droite à ne pas se laisser illusionner par le discours comptable des «vraies affaires». La question nationale, qui ne s'épuise pas, comme elle semble le croire, dans le décompte fictif des OUI et des NON, exprime politiquement la condition historique québécoise et son rapport à la liberté politique.

Quoi qu'elle en pense actuellement, la nouvelle droite devra finir par reconnaître la nature fondamentalement problématique de la relation Canada-Québec. Elle devrait même respecter, à défaut de la partager, l'idée d'indépendance, qui ne saurait être réduite à la caricature qu'en propose trop souvent le souverainisme officiel.

Dans cette même perspective, la nouvelle droite pourrait contribuer à redéfinir partiellement le nationalisme québécois à la manière d'un patriotisme occidental, pour répondre à ce qu'on appelle de plus en plus souvent la question identitaire. Elle formulerait ainsi sa propre critique du multiculturalisme en plaidant pour le réinvestissement de son substrat occidental dans l'identité québécoise. Évidemment, cela présuppose encore une fois qu'elle se déprenne de la mystique de la Grande Noirceur.

Perspectives

À la lumière de la philosophie politique aronienne, on constate que la nouvelle droite, parce qu'elle reconduit la censure du conservatisme, entretient pour l'instant une conception appauvrie du lien social. Ce n'est qu'en révoquant cette censure qu'elle pourrait véritablement contribuer au renouvellement du débat public en posant un regard critique sur l'hypermodernité québécoise.

Surtout, la nouvelle droite aurait avantage à ne pas se laisser séduire par un individualisme déculturé et dépolitisé. La figure de l'individu ne doit pas déchoir dans celle du consommateur mais se compléter par celle d'un citoyen assumant sa participation à une communauté historico-politique. C'est peut-être moins d'une «droite décomplexée» qu'a besoin le Québec que d'un conservatisme de refondation.

***

Mathieu Bock-Côté - Candidat au doctorat en sociologie à l'UQAM, l'auteur vient de signer un chapitre intitulé «La mémoire du duplessisme et la question du conservatisme» dans le collectif Duplessis, son milieu, son époque (Septentrion, 2010).

***

Suggestions, commentaires? Écrivez à Antoine Robitaille: arobitaille@ledevoir.com. Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo ou du Devoir d'histoire: www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo.i
Portrait non daté de Raymond Aron (1905-1983). Philosophe de formation, sociologue de profession, auteur d’une œuvre considérable dans le domaine des études stratégiques, Aron s’est pourtant fait connaître davantage à la manière d’un intellectuel libéral dans une époque qui faisait du marxisme son horizon indépassable. Pendant une quarantaine d’années, il examinera patiemment le marxisme et ses variantes. On ne le lui pardonnera pas. Il fut longtemps conspué et plusieurs ont réduit son travail à celui d’un polémiste.<br />
Mathieu Bock-Côté: «À la lumière de la philosophie politique aronienne, on constate que la nouvelle droite, parce qu’elle reconduit la censure du conservatisme, entretient pour l’instant une conception appauvrie du lien social.»
 
 
 
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  • Socrate - Inscrit
    15 janvier 2011 13 h 58
    Cuba
    Seule la médecine cubaine semble avoir survécu aux aléas de la gauche ou de la droite au Québec, et si cela peut servir d'indice particulier, les nouveaux technocrates de la Santé pourront peut-être nous sortir de la Grande Noirceur qui menace dans les hôpitaux à nouveau.
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  • Denis Paquette - Abonné
    15 janvier 2011 14 h 21
    la gauche et la droite des symboles comme il en eu beaucoup au cour de l'histoire
    M. Mathieu Bock-Coté votre texte est très intéressant mais je ne crois pas que M’Aaron critiquerait la nouvelle droite québécoise, pour la bonne raison que nous n’avons pas la même horizon et le même substrat
    Après la conquête nous avons vécu une quasi tutelle, ca pris le mouvement des personnalistes dans les années soixante pour nous en délivrer, de l’intérieure
    M. Bock Coté nous n’avons pas eu à choisir entre la gauche ou la droite, c’est tellement vrai qu’encore aujourd’hui au sein du P. Q. c’est un débat important
    Je ne crois pas que les québécois ont envie de trancher cette question, notre situation économique, sociale et historique a fait en sorte que nous ne voulons pas nous embarrasser de telle doctrine, de toutes les façons ne croyez-vous pas que nous en avons eu assez des doctrines
    Jusqu’à maintenant notre situation géographique et politique ont fait en sorte que nous n’avons laissé personne de côté, ça nous suffit amplement, n’est-ce pas Marx qui disait que c’est dans le concret que l’on reconnait la valeur d’un humain
    Nous allons comme sociétés, connaitre des hauts et des bas, mais j’ai confiance, car nous sommes un peuple qui veut vivre
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  • Gebe Tremblay - Inscrit
    15 janvier 2011 14 h 38
    Attention aux images
    Cette nouvelle "droite" ne montre que ce qu'elle veut bien montrer d'elle-même. Elle en cache pas mal dans le placard.

    Est-il nécessaire autant de mots et d'analyses sociologiques autour de ce qui n'est en fait et simplement qu'une campagne d'influence de l'opinion public par des corporations qui souhaitent prendre possession du régime publique des soins de santé ?
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  • Sylvio Le Blanc - Abonné
    15 janvier 2011 15 h 52
    Bon texte !
    M. Bock-Côté, nommez-moi deux intellectuels de valeur au sein de la droite adéquiste. Vous avez tout compris... En France, ils sont nombreux, mais ici, ça ressemble à Maxime Bernier. On ne va pas loin avec ça.
    Pour finir, M. Bock-Côté, cela fait un bout de temps que vous êtes candidat au doctorat. Quand allez-vous enfin le décrocher?
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    15 janvier 2011 16 h 15
    Un problème épineux: Nous avons la mémoire courte.
    Nous vivons trop dans le présent, sans se rappeler du passé. C'est l'un des problèmes de la droite trop moderniste. On ne peut pas évoluer sans tenir compte de son histoire. Sinon, on cherche trop des solutions à courte vue.

    Ne pas tenir compte du passé, c'est aussi évolué avec une page blanche à chaque fois. J,ai vu dans ce texte qu'on parlait de substrat. Sans passé, c'est comme si on vidait à chaque fois le substrat contenu résidu de notre passé.

    Ce n'est pas de droite ou de gauche dont nous devrions parlé. Quand on se limite à cela, on ne fait que du sur place. Et on répète le même manège à chaque génération, en se donnant l'illusion que l'on évolue.

    Tenir compte de l'histoire pour évoluer, c'est apprendre à grandir grâce à nos acquis. Pour évoluer vraiment, la société devrait tenir compte de ses propres expériences. Le problème, J'en conviens, c'est que tout le monde écrit sa propre histoire de l'évolution économique et sociale.

    Au fond, nous faisons comme écrire un roman collectif, mais ce n'est que quelques-uns qui décident subjectivement de sa fin. L'être humain est un animal à la fois grégaire et social. Autre problème encore, il n'y en a que quelques-uns qui définissent de façon intéressée ce qu'est le social.
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  • cpoulin - Inscrit
    15 janvier 2011 16 h 26
    Une droite qui manque de culture
    « La vocation du politique consiste à décréter, contre les intérêts, contre les désirs, donc contre les opinions sondées, quel produit est utile à l’humanité, quel est futile, quel est malfaisant. En conséquence, son action doit viser une pédagogie. S’il n’inculque pas à l’école le Beau, le Bien et le Juste, s’il ne se borne à soudoyer une opinion foncièrement putassière et à insérer des masses dans les circuits économiques, comme on insère des disquettes dans les ordinateurs, les lois de la jungle prévaudront dans les esprits : il faudra beaucoup de flics pour empêcher les non-citoyens de voler, de violer, de tuer ». Denis Tillinac, Les masques de l’éphémère. Voilà l’une des phrases que j’avais soulignées en lisant ce magistral testament politique d’une auteur qui semble exercer une grande influence sur la pensée de Mathieu Bock-Côté, Un ouvrage qu’il faut lire pour comprendre le cheminement de ce jeune intellectuel, souvent difficile à suivre, mais qui ne manque surtout pas de courage. Fascinant! Cette excellente réflexion sur l’œuvre de Raymond Aron (un autre maître à penser) et la droite québécoise en fait la démonstration. Une droite québécoise qui, Bock-Côté a raison de le souligner, fait preuve d’étroitesse de vue, par manque de connaissances et de culture. Claude Poulin Québe
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    15 janvier 2011 17 h 04
    La droite manque de culture?
    Je ne sais pas si la droite manque de culture? Mais elle pense sûrement que la population n'en a pas. Lorsque la population les suit, est-ce que je devrais conclure que c'est parce qu'elle n'a pas de culture? Admettons que ce soit le cas, c'est donc dire que la droite use d'un réflexe de Pavlov pour attirer la population dans ses filets.
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  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    15 janvier 2011 19 h 14
    @sylvio leblanc
    Deux intellos adéquistes?
    Jeff Fillion et Sylvain Bouchard.
    Ce sont les deux intellos responsables de la survie de l'ADQ
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  • Jean-Pierre Proulx - Abonné
    15 janvier 2011 23 h 02
    Des affirmations et des liens criticables
    MBC écrit en séquence ans le même paragraphe:

    [1]"On le sait, la Révolution tranquille, dont il ne s'agit évidemment pas ici de contester la portée fondatrice, s'est malheureusement constituée sur le mythe de la Grande Noirceur qui disqualifiait fondamentalement l'expérience historique canadienne-française."

    Commentaire: Cette affirmation n'est pas du tout prouvée. J'avais 16 ans en 1960 et je n'ai jamais senti, ni vécu, alors comme aujourd'hui que le mythe de la Grande noirceur "disqualifiait l'expérience canadienne-française". En fait, cette expérience est bien plus longue que la Grande Noirceur et elle s'est perpétuée dans l'expérience nationaliste qui a su se nommer après 1960. C'est depuis 66 (sauf erreur) que nous nous sommes donné une Assemblée NATIONALE.

    [2] Il poursuit: "Le régime Duplessis sera présenté comme l'expression politique d'une culture pathologique qu'il fallait moins réformer que liquider"

    Commentaire: Cette deuxième affirmation sur Duplessis semble en lien avec la première. Elle n'est pas dénué de fondement, mais son lien de proximité avec la première affirmation donne à penser qu'il y a un lien logique entre les deux. Ce n'est pas le cas.

    [...] "On s'imaginera le Québec comme une page blanche, l'utopie succédant à l'expérience historique comme principe fondateur de la communauté politique."

    Commentaire: MBC polarise idéologiquement les positions pour mieux justifier la sienne. Désolant.
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    16 janvier 2011 11 h 03
    Mathieu Bock-Côté: un homme de droite ?
    Je l'ignore, bien qu'il soit considéré comme tel par la droite radicale qui pullule à V et aux Journal de Montréal et de Québec.

    Son article n'est pas très tendre envers ce mouvement de droite qui, entre autres, croit à tort, faire l'impasse sur la nécessité de protéger la langue française et la question nationale.

    Je ne pense pas que le mouvement de centre-droit de Legault pourrait s'entendre avec celui du Réseau Liberté Québec.
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  • François Beaulé - Abonné
    16 janvier 2011 11 h 31
    La nouvelle droite québécoise: une aberration.
    M. Bock-Côté critique la droite québécoise en interprétant Aron. C'est lui faire un bien grand honneur... qu'elle ne mérite pas. La droite québécoise est nihiliste. Elle dénie l'existence de la société en croyant à des individus qui se seraient faits seuls. Pour le reste, le discours des droitistes est essentiellement populiste et démagogique, donc d'une grande pauvreté intellectuelle.
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  • Claude Laferriere - Inscrit
    16 janvier 2011 13 h 52
    Pas d'accord!
    La gauche a plongé avec les milieux financiers dans le cercle infernal de la spéculation: Fonds d'Action CSN, Solidarité FTQ...

    La nouvelle droite recoupe aussi une gauche déçue écoeurée de cette nouvelle bourgeoisie de gauche très riche comme Marois et les autres...

    La gauche ordinaire et pauvre est peut-être devenue la nouvelle droite...informez-vous!

    Aron avait anticipé cela!
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  • Stéphane Russell - Inscrit
    16 janvier 2011 17 h 12
    pas la droite, mais un mouvement de droite
    Voilà une critique intelligente, bravo! Je suis de droite mais je n'ai rien à voir avec la nouvelle droite québécoise. Celle-ci véhicule des idéologies monétaristes de type post-impériales, i.e., le "libéralisme" - économique bien sûr, car ce mouvement ne reconnait que la liberté de l'argent, et par ricochet celle de ceux qui la contrôle. Comment peut-on être aussi naïf en supportant un tel mouvemnt anti-démocratique?

    Ma conception de la droite est celle d'un gouvernement puissant pour règlementer et équilibrer les libres-marchés. Logiquement, il ne peut y participer, car sinon il se place en conflit d'intérêt. S'il participe à un marché quelconque, alors il doit l'occuper au complet. Ou pas du tout.

    Les lois anti-trust aussi sont cruciales à une droite saine, et la droite québécoise n'en fait pas mention. Ces lois assurent qu'aucune entité privée ne puisse défier le pouvoir démocratique du peuple. Elles protègent aussi le fait que les privilèges du privé ne soient pas seulement ceux de quelques individus. Chacun a droit a sa chance. C'était le fondement du rêve américain, avant que les aspects occultes de l'histoire de cette grande nation ne vienne le miner.

    Un dernier point, la droite québécoise prétend vouloir unifier tant les indépendantistes québécois que les fédéralistes, mais en même temps décrète un interdit sur ce débat. Comme ceci favorise le statu quo, ça revient à mettre l'indépendance au rencart. Quel indépendantiste considèrera ce mouvement comme neutre maintenant?

    Mais bon, comme ces idées ne sont pas de gauche, la gauche les censures. Comme elle ne sont pas celles de la droite québécoise, on les censure là aussi. Comme certaines de mes opinions sont celles d'un croyant, on me censure là aussi. Mais bien sûr nous seriont une démocratie moderne, pluraliste et progressiste qui défend la libre expression.
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  • France Marcotte - Abonnée
    16 janvier 2011 20 h 34
    La droite de tous les jours
    En quoi la "nouvelle droite" québécoise est-elle différente des formes que prend la droite ailleurs qu'au Québec? Ses caractéristiques sont pourtant bien semblables aux autres: elle fait de l'émancipation de l'individu avec son «droit de choisir» le seul horizon de son action politique; avec elle, c'est la figure même de la collectivité qui s'efface, comme si le bien commun était réductible à la seule agrégation des préférences individuelles, dit ce texte. On croirait lire les caractéristiques de la droite néolibérale qui a étendue son influence partout dans le monde et dont on peut douter qu'elle soit sur le point de suivre les préceptes du philosophe Aron. Avec une droite aussi raffinée que la sienne, la vigilance de la gauche pourrait se relâcher un peu; le capitalisme sauvage n'existerait pas.
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    31 juillet 2011 15 h 09
    Gauche-droite
    La gauche est un beau véhicule rempli de passagers qui circule sur une autoroute bien droite et bien pavée.La route est si belle que le véhicule prend de plus en plus de vitesse. Il roule depuis si longtemps et les passagers sont tellement heureux que personne ne peut imaginer que cette autoroute finira bien un jour et qu'elle se terminera dans un précipice. Quelques partisans de la droitenmettent bien le chauffeur en garde mais la route est si belle et on peut accélérer sans problème qu'on ne puisse imaginer une fin de route. Après un certain temps, la droite commence à s'énerver et multiplie les mises en garde. La gauche ne veut rien savoir et tente de museler la droite prophête de malheurs. Plus le véhicule s'approche du précipiste, plus la droite réussit à intéresser les passagers et c'est à ce stade que la droite Québécoise est rendue. Elle multiplie les mises en garde et réussit à réveiller les passagers du véhicule. Espérons qu'elle fera boule de neige.
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