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Le Devoir de philo - Le philosophe britannique John Stuart Mill fustigerait la «nouvelle» droite québécoise

Christian Bordeleau: «Visionnaire, Mill (1806-1873) se penchait déjà, dans General Principle of Taxation, sur la nécessité d’instaurer l’impôt progressif sur le revenu; une politique publique qui a permis entre autres aux différents États d’offrir une démocratisation économique — dite de bien-être — et les infrastructures qui ont permis la croissance économique importante des pays développés.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Christian Bordeleau: «Visionnaire, Mill (1806-1873) se penchait déjà, dans General Principle of Taxation, sur la nécessité d’instaurer l’impôt progressif sur le revenu; une politique publique qui a permis entre autres aux différents États d’offrir une démocratisation économique — dite de bien-être — et les infrastructures qui ont permis la croissance économique importante des pays développés.
Une fois par mois, Le Devoir propose à des professeurs de philosophie et d'histoire, mais aussi à d'autres passionnés d'idées, d'histoire des idées, de relever le défi de décrypter une question d'actualité à partir des thèses d'un penseur marquant.

Le Réseau Liberté-Québec se réunit cette fin de semaine à Montréal et reçoit la chef du parti libertarien albertain, la Wildrose Alliance, à titre de conférencière principale dans un colloque où sera célébrée l'idéologie d'«Un État aminci, des marchés concurrentiels et la liberté de choix». Pour sa part, le chef de la Coalition pour l'avenir du Québec, François Legault, a dévoilé le 12 avril dernier un «texte de consultation» intitulé Éducation: les meilleurs en 2020 et qui insiste, entre autres, sur la rémunération basée sur la performance dans la transmission du savoir.

Sans être en reste, le deuxième budget de Raymond Bachand a poursuivi la croissance des frais de type utilisateur-payeur. En pleine campagne électorale fédérale, le Parti conservateur promet de couper 11 milliards dans les programmes gouvernementaux et de ne pas remplacer les 80 000 (!) fonctionnaires qui prendront leur retraite.

Nous assistons actuellement à une surenchère de «qui sera le plus à droite». Même le Parti québécois, qui se réunit en congrès aujourd'hui, tend «plus» vers la droite; l'année passée, la chef Pauline Marois avait même évoqué le thème «Dégraisser l'État» avant de regretter la formule. Ce que certains commentateurs ont qualifié de «vent vers la droite» serait un phénomène nouveau. Mais qu'en est-il vraiment?

D'autres affirment qu'il s'agit simplement d'un réajustement découlant de changements de préférences dans l'électorat. Pourtant, la majorité des Québécois se définissent plus à gauche qu'à droite dans les sondages. Il y a assurément des voix dissidentes.

Par exemple, l'Alliance sociale, formée des principaux organes syndicaux et estudiantins, demandait — en contexte prébudgétaire — au gouvernement du Québec d'agir de sorte à poursuivre le financement des services à l'aide de l'impôt progressif, d'ajouter un palier pour les richissimes et d'abolir la contribution santé inéquitable. Selon l'Alliance sociale, le gouvernement préfère plutôt se désinvestir pour miser sur le concept d'utilisateur-payeur favorisant les plus riches.

S'exprimer à l'aide des nomenclatures «à gauche, à droite» ou «plus à droite que» peut obscurcir la réalité plus qu'autre chose. Mais comment y voir plus clair?

Pour comprendre que ce qui survient aujourd'hui n'est pas nécessairement novateur, il suffit d'apprécier l'évolution de l'économie politique dans une perspective historique. Dans le contexte du Devoir de philo, la lecture du texte fondateur du champ de l'économie politique, rédigé par John Stuart Mill (1806-1873), permet de mettre en perspective le présent débat. En se concentrant uniquement sur l'angle du financement des politiques publiques, on peut se demander ce qui différencie la vision de la gauche et de la droite en matière de création, d'accumulation et de redistribution économique et son effet de rétroaction sociale via les politiques publiques.

Un vent rafraîchissant, vraiment?

Déjà en 1848, John Stuart Mill, dans Principles of Political Economy, était engagé dans une argumentation contre l'incohérence d'une droite qui utilisait la même base rhétorique qu'aujourd'hui (c'est-à-dire le «trop d'État»). Mill, pourtant reconnu par plusieurs — dont le néoclassique Frederick Von Hayek — comme étant le plus grand philosophe du libéralisme politique, demandait à cette droite «pourquoi les gens devraient être protégés par leur gouvernement, c'est-à-dire leur propre force collective, contre la violence et la fraude, et non pas contre les autres malédictions de la vie».

Il s'agissait et il s'agit toujours d'une question normative fondamentale et «personne, même les plus fanatiques à l'égard de l'interférence étatique, ne s'est jamais opposé contre l'utilisation des pouvoirs étatiques pour la protection de la propriété et de la richesse».

Mill était inspiré par Adam Smith qui affirma, dans son oeuvre classique de 1776, que ce n'est que sous «l'abri» de l'État que les riches «peuvent dormir chaque nuit». En effet, sans les mécanismes étatiques de protection de la propriété privée que le gouvernement peut créer, modifier et éliminer, les accumulations (parfois ostentatoires) de ceux qui décrient l'intervention gouvernementale seraient impossibles.

Jadis comme aujourd'hui, dans la logique de Mill, ce que la droite veut, en partie, en matière de finance, ce n'est pas moins d'État mais moins de redistribution, via l'impôt progressif, de ce que l'État leur a permis d'accumuler grâce à sa protection. Et pour cause. Régulièrement, la droite veut plus d'État pour lutter contre la criminalité (le gouvernement Harper, par exemple). Il est vrai qu'aujourd'hui l'État intervient de moult façons pour favoriser diverses clientèles, mais cela n'était pas conceptualisé directement dans la pensée de Mill à l'époque.

Sous la lentille du financement des politiques publiques, la vision de Mill nous amène à reconnaître qu'à partir du moment où l'accumulation est possible pour un ensemble d'individus, il n'est plus aussi intéressant de contribuer proportionnellement, via l'impôt progressif, à la construction et au maintien d'un bien-être social supérieur. Cette lecture nous amène à reconnaître le rôle fondamental du gouvernement dans la modulation des iniquités artificiellement créées et remédiables — c'est-à-dire la prise en compte de l'interdépendance permanente de l'État et de l'économie, du gouvernement et du marché, et, en bout de course, de la société dans laquelle évolue l'individu.

Visionnaire, Mill se penchait déjà, dans General Principle of Taxation (son incontournable ouvrage d'économie politique), sur la nécessité d'instaurer l'impôt progressif sur le revenu; une politique publique qui a permis entre autres aux différents États d'offrir une démocratisation économique — dite de bien-être — et les infrastructures qui ont permis la croissance économique importante des pays développés.

Mill n'est pas le seul à avoir conceptualisé le devoir de correction étatique des inégalités économiques affectant la performance du système économique même. Dans The General Theory of Employment, Interest and Money (1935), John Maynard Keynes (réhabilité par la crise financière) traitait également du rôle du gouvernement et affirmait que «le plus grand problème de la société capitaliste dans laquelle nous vivons est son incapacité à fournir du travail pour tous, en tout temps, et sa distribution des richesses arbitraire et inéquitable».

Chez Keynes, les mesures visant la redistribution de la richesse — de manière à engendrer la consommation — favoriseraient la croissance du capital. Mill avait déjà eu de bonnes intuitions à ce sujet. Dans cette perspective, l'économie est plus performante si 100 personnes possèdent 10 $ à dépenser par jour que si une personne possède 1000 $ à dépenser par jour. Il soutenait aussi qu'il y a des limites physiques à la consommation à court terme et que cela affecte la qualité de l'activité économique cyclique. Keynes est donc conscient théoriquement de la fameuse «propension marginale à consommer», un fait empirique prouvé plus tard.

Qui paie quoi, quand et comment?

Selon la logique de Mill, on remarque qu'une vision progressiste propose des politiques publiques favorisant l'équilibrage économique via des contributions équitables au bien commun. Le but recherché est d'améliorer la qualité de la vie sociale en normalisant la courbe de la distribution pour en réduire les extrêmes. L'idée est que l'aplatissement des inégalités engendre le «repos social» nécessaire pour qu'une économie décentralisée (bref de marché) puisse opérer de façon optimale. Corollairement, on veut protéger le capitalisme de lui-même, c'est-à-dire de son élan autodestructeur sui generis minant constamment le socle social sur lequel il repose. Fred Hirsch, dans Social Limits to Growth, établit clairement que J. S. Mill — s'inspirant en cela d'Adam Smith — conceptualisait ce besoin de support social... mais que l'idée a été oubliée récemment, depuis la résurrection du classicisme économique dans les années 1960.

Chez Mill, les recettes générées par l'impôt progressif sur le revenu sont essentielles et forment la base du pouvoir de correction étatique; ce besoin était également conceptualisé chez Adam Smith sous la forme d'institution de support. On retrouve la même vision auprès des écrits du prix Nobel d'économie Amartya Sen. Évidemment, la qualité de cet impôt progressif repose sur la fourchette d'imposition et il s'agit d'un choix de politiques publiques comme un autre.

Par exemple, l'Ontario utilise un taux d'imposition plus élevé que le Québec pour les plus choyés et les États-Unis ont eu un taux de plus 70 % jusqu'à la fin des années 1970. Mill proposait également d'imposer fortement les successions pour faire circuler plus d'argent dans l'économie, une idée qui a récemment refait surface aux États-Unis, avec la bénédiction du plus grand investisseur au monde, Warren Buffet. Peu importe la formule, l'idée est que les revenus de l'impôt progressif servent à offrir des services et des programmes non pas gratuits, comme certains le décrient, mais payés équitablement via un «péage fantôme progressif». Indubitablement, personne ne peut être contre une amélioration de l'efficience des services, mais cela est très différent que le fait de souhaiter moins d'État, donc leurs abolitions.

Comme cette droite du XIXe siècle que Mill interpellait, ceux qui ont réussi à accumuler de la richesse aux XXe et XXIe siècles, grâce à la protection étatique, tendent à vouloir se désengager. Ils refusent la contribution équitable qui leur est demandée. Ce n'est pas nouveau en soi, dirait Mill, mais ce retour en force est relié aux changements structurels de l'économie et à l'effet de rétroaction idéelle qu'ils engendrent. Autrement dit, les nouveaux riches sont devenus égoïstes envers la même société qui leur a permis d'accumuler et de jouir de tous ces biens matériels socialement sans crainte.

Les libertariens oblitèrent la nécessité préalable de ces institutions de support que Mill et même Smith conceptualisaient déjà aux XVIIIe et XIXe siècles; par-delà le «moins d'État», la réduction de l'impôt et toute la rhétorique de l'utilisateur-payeur et des frais fixes qui l'accompagnent. Au fond, qu'on se le tienne pour dit, le but est d'éliminer l'équilibrage économique opéré par l'État, qui est pourtant au profit d'un repos social fondamental, d'une bonne performance économique et d'une corruption limitée. Mill avait vu juste et cela a été confirmé depuis.

Cette compréhension des besoins de réguler l'économie au bénéfice de la société fut à la base des mouvements réformateurs visant la professionnalisation de la fonction publique. Le but était entre autres de réduire la corruption étatique qui nuisait au développement économique — ce qui, faut-il le dire, a remarquablement bien réussi dans une perspective comparée et historique. De plus, s'il faut s'en convaincre, ce besoin de régulation a été consacré par le cauchemar économique engendré par la dé-régulation du système économique à l'échelle mondiale, suivant les prescriptions du «moins d'État» que les mouvements de droite embrassent encore aujourd'hui, sans gêne.

Réduire la redistribution

C'est ainsi qu'en réduisant l'impôt progressif, la droite veut réduire non pas l'État — car elle aime la protection du capital que lui seul peut offrir, ce que disaient Mill et Smith — mais plutôt la réduction, voire l'élimination de ses fonctions de redistribution. Se liant les mains de lui-même en matière de finance pour lui plaire (en baissant sans cesse les impôts, par exemple), l'État doit se tourner vers les privatisations et les partenariats public-privé pour financer les déficits de services et d'infrastructures; un déficit budgétaire artificiel engendré par le même mouvement qui en profite aujourd'hui pour critiquer l'incapacité étatique qu'il a lui-même fortement contribué à créer.

Corollairement, cette ouverture au marché et les attaques incessantes contre le modèle bureaucratique engendrent au final le parasitage croissant des firmes privées dans la sphère publique. Elles deviennent une espèce de bureaucratie fantôme de plus en plus centrale au fur et à mesure qu'on réduit la bureaucratie publique et avec elle, les mécanismes d'imputabilité démocratique la caractérisant.

Paradoxalement, W.F. Willoughby, dans Principles of Public Administration de 1927, établissait clairement qu'une bureaucratie compétente, professionnelle et débordante d'expertise est la clef d'une bonne gouvernance, alors que le vent de dé-bureaucratisation de la droite nous amène plus de problèmes d'éthique et de corruption. Et pour cause. Une fonction publique forte, compétente et bien rémunérée permet de tenir en échec les firmes privées désirant constamment parasiter l'État et, donc, l'intérêt public. Pour reprendre l'expression de Françoise Dreyfus, il s'agit du «retour du refoulé». John Stuart Mill serait certainement d'accord avec cette formule.

S'il est vrai que le marché est au coeur des régimes d'économie politique basés sur la tension «politique démocratique/économie décentralisée», s'il est vrai qu'il offre des avantages que lui seul est en mesure de fournir, il n'est pas moins vrai qu'il tend à déstabiliser la société sur laquelle il repose.

Le vent de droite actuel n'offre rien pour apaiser les craintes de Mill. Au contraire, il glorifie l'irrationalité du marché, son immoralité et la désintégration du socle social sur lequel repose l'économie décentralisée. La rhétorique de la nouvelle droite actuelle est basée sur la méconnaissance des interdépendances caractérisant l'économie politique, l'importance des arrangements institutionnels et l'effet de rétroaction structurant des politiques publiques sur les comportements des acteurs. En relisant Mill, on constate que ce vent de droite n'est ni nouveau, ni rafraîchissant.

***
Des suggestions, des commentaires? Écrivez à Antoine Robitaille.
Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo ou du Devoir d'histoire.

***

Christian Bordeleau, chercheur doctoral affilié au Center for Public Management and Governance (CPMG) et candidat au Ph.D. à la School of Public Policy and Administration (SPPA) de l'Université Carleton à Ottawa, l'auteur est lauréat des prix canadien Carswell et commémoratif du Center for Policy Research Network (CPRN).
Christian Bordeleau: «Visionnaire, Mill (1806-1873) se penchait déjà, dans General Principle of Taxation, sur la nécessité d’instaurer l’impôt progressif sur le revenu; une politique publique qui a permis entre autres aux différents États d’offrir une démocratisation économique — dite de bien-être — et les infrastructures qui ont permis la croissance économique importante des pays développés.<br />
John Stuart Mill. Comme la droite du XIXe siècle qu’il interpellait, ceux qui ont réussi à accumuler de la richesse aux XXe et XXIe siècles, grâce à la protection étatique, tendent à vouloir se désengager. Ils refusent la contribution équitable qui leur est demandée.<br />
 
 
 
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  • Claude Laferriere - Inscrit
    16 avril 2011 02 h 09
    La cible?
    Vous confondez le clientélisme et la "nouvelle droite". Ce clientélisme n'a rien à voir avec les a priori, postulats voire axiomes que vous énoncéz. Il s'agit plus simplement de corruption et de trafic d'influence. La profondeur et le sérieux de votre analyse n'ont rien à voir avec la réalité. Il s'agit d'affaires criminelles qui concernent la police et la justice et non les philosophes.

    Mais si vous vous interrogez aussi sur le mal, dont le mal absolu, et les pires crimes, vous approchez la réalité. Par ailleurs, j'ai bien aimé vous lire.
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  • Socrate - Inscrit
    16 avril 2011 03 h 35
    monétarisme
    Les politiques monétaristes actuelles d'Obama semblent contredire l'économie de marché d'Adam Smith.
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  • alen - Inscrit
    16 avril 2011 08 h 43
    À lire et à relire!
    Malheureusement, on retrouve cet article dans le plus creux du journal, alors que les pamphlets de propagande des Lucien Bouchard, François Legault et cie se retrouvent invariablement à la UNE.
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  • France Marcotte - Abonnée
    16 avril 2011 08 h 53
    Salutaire!
    Monsieur Laferrière, faites donc l'effort de lire attentivement le texte. La corruption et le trafic d'influence y trouvent très bien leur place.

    Et, au contraire, les perspectives qu'ouvre la lecture par les philosophes des événements, est plus que jamais nécessaire.

    Elles permettent par exemple de réaliser que "La rhétorique de la nouvelle droite actuelle est basée sur la méconnaissance des interdépendances caractérisant l'économie politique, l'importance des arrangements institutionnels et l'effet de rétroaction structurant des politiques publiques sur les comportements des acteurs", ce qui n'est pas rien.

    Grand merci monsieur Bordeleau. L'étendue de votre réflexion chasse un peu plus loin les ténèbres et éclaire la confusion des opinions.
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  • Michel Simard - Abonné
    16 avril 2011 11 h 04
    On en veut plus...
    Des réflexions comme celle-ci.

    À comparer avec la faiblesse de celle de Christian Dufour...
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  • Nicole Faucher - Abonné
    16 avril 2011 11 h 24
    N. Joyal
    À répandre !
    Ce texte devrait faire l'objet de vraies discussions sur des émissions de télévision ou de radio à une heure de grande écoute !!!
    Merci pour cette analyse qui devrait circuler dans nos écoles.
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  • Pierre François Gagnon - Inscrit
    16 avril 2011 12 h 52
    J'adore Mill
    Monsieur Bordeleau nous a fait une magistrale remise en contexte historique du plus grand penseur du libéralisme qu'est John Stuart Mill qui plonge encore et toujours au cœur battant des enjeux socio-économiques les plus réels d’aujourd’hui.

    Curieusement, Chomsky écrit que les Américains n'ont jamais pris au sérieux les libertariens. Il y a de quoi être dégoûté de la couverture de presse régulière et constante que ces extrémistes de droite réussissent à obtenir au Canada et au Québec.
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  • Claude Laferriere - Inscrit
    16 avril 2011 13 h 06
    Des arguties...
    Ce que vous appelez la nouvelle droite sert manifestement de paravent pour dissimuler les horreurs passées de la gauche, et dont on ne veut surtout pas entendre parler. La droite dont il s'agit n'est pas l'extrême droite mais simplement des citoyens qui en ont marre de l'hégémonie syndicale et des arguties "structurantes" des "nouvelles vérités". Car, une fois que cette hégémonie est solidement implantée, on glisse inexorablement vers l'extrême gauche.

    Le chemin du centre droit vers l'extrême droite est beaucoup plus difficile et nuancé. Le marché, même à gauche, joue un rôle, voire constitue un facteur déclenchant des interventions de l'État. Il suffit d'observer la Chine qui déploie sans vergogne un "stalinisme de marché" où on exécute sans hésitation les trafiquants de drogue.

    Et on revient alors, en observant ces belles démocraties de gauche, au constat troublant que le fossé de la gauche et de la droite origine d'une vision différenciée des droits de l'homme et que le marché n'est qu'un prétexte...tout comme les interventions de l'état et les politiques monétaires.

    Supporte-t-on, oui ou non, la séparation des pouvoirs? Protège-t-on, oui ou non, ses minorités?

    Pour la gauche, la réponse est claire. Pour la droite, c'est plus compliqué. En attendant, le Québec s'est doté d'un Hugo Chavez du nord. Bonne journée France.
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  • Stéphane Martineau - Abonné
    16 avril 2011 13 h 30
    Superbe texte !
    Bravo, mille fois bravo ! C'est limpide...on devrait obliger chacun de nos dirigeants de la nouvelle droite à répondre à ce texte .... Malheureusement , ce mouvement - soutenu par l'$$$ - se nourrit de l'ignorance, du cynisme, de l'égocentrisme et de la cupidité...autant de «belles valeurs» et de «bons sentiments» qui s'étalent si impunément partout dans notre société. Freitag, Stiglitz et bien d'autres dénoncent aussi cette dérive anti-sociale de nos politiques actuelles...mais leurs voix se perd dans le tumulte assourdissant des Legault, Harper, Charest ou des Dubuc et Pratt de ce monde...
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  • Mario Jodoin - Inscrit
    16 avril 2011 13 h 47
    Bravo !
    Quel texte et quelle profondeur !

    Il est essentiel de dire et de répéter que l'État que pourfendent les gens de la droite est le premier garant de leur sacro saint droit de propriété.

    Et quelle clarté pour montrer que «les nouveaux riches sont devenus égoïstes envers la même société qui leur a permis d’accumuler et de jouir de tous ces biens matériels socialement sans crainte. ».

    Et que dire de ce constat d'une lucidité telle qu'elle devrait rendre jaloux nos «lucides» autoproclamés : «Une fonction publique forte, compétente et bien rémunérée permet de tenir en échec les firmes privées désirant constamment parasiter l’État et, donc, l’intérêt public.»

    Bravo encore !
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  • Paul Racicot - Inscrit
    16 avril 2011 14 h 15
    J'applaudis !
    Extrait intéressant : «...à partir du moment où l'accumulation est possible pour un ensemble d'individus, il n'est plus aussi intéressant de contribuer proportionnellement, via l'impôt progressif, à la construction et au maintien d'un bien-être social supérieur.»

    Formulé autrement : Plus tu peux t'empiffrer, moins tu veux partager.

    Le plus bizarre, c'est que ce refus du partage, de la redistribution des richesses, ne peut entraîner qu'une désagrégation croissante de l'efficacité économique, i.e. des conditions favorables à la création de la richesse (éducation-formation, répartition des coûts des soins médicaux, répartition des coûts de construction et d'entretien des infrastructures, etc.).

    Ce que rend bien ce passage de l'article : «...le devoir de correction étatique des inégalités économiques affectant la performance du système économique même.»

    Refusant de partager, les tenants de la droite, à long terme, se tirent eux-mêmes dans le pied ! Car la richesse est créée par des producteurs (et des consommateurs) optimalement éduqués, bien rémunérés (motivés) et... en santé. Et non par des ignares, malades et mal payés (sur-endettés).

    Pour se faire plus clairement une idée d'une telle idéologie, qui aurait bien fonctionné, on peut évoquer le régime des haciendas sud-américaines... De grand propriétaires terriens d'origine espagnole emploient des Amérindiens sans terres. Aucune école, aucun hôpital. Une église, une police, un cimetière. Les récoltes sont vendues dans les grandes agglomérations ou à l'étranger.

    Pour l'eau, des puits à pompe manuelle. Pas d'électricité (trop compliqué à entretenir). Pas d'égouts. Des chemins en terre battue, réparés au pic et à la pelle. Aucune machinerie agricole. Mais l'hacienda du propriétaire (et de sa proche famille) a tous les derniers gadgets et facilités, et une armée de serviteurs.

    La plus grosse dépense (investissement) du propriétaire est la r
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  • André Robert - Abonné
    16 avril 2011 15 h 58
    CHRISTIAN BORDELEAU invité à TOUT LE MONDE EN PARLE?
    Le public en est réduit à voter pour des slogans creux tels que "Les deux mains sur le volant" ou "La continuité avec m. Harper" parce que les médias prennent leur public pour des cons et négligent d'éclairer les gens sur les fondements de la politique et de l'économie. À quand une vulgarisation de textes comme celui-ci, un texte magistral sur les enjeux politiques actuels et futurs? J.A. Lepage et son bouffon sauraient sûrement comprendre et faire comprendre à leur immense public les théories de Mill, Adam Smith , Keynes. À quand des débats publics sur ces thèmes tellement plus fondamentaux et constructifs que les débats obtus, stériles et pénibles de la campagne électorale fédérale actuelle? Ces débats dispersent l'esprit dans toutes les directions et favorisent l'individualisme au détriment de l'intérêt public.
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  •  
  • Monsieur Pogo - Inscrit
    16 avril 2011 17 h 15
    @Claude Laferriere
    << Le Québec s'est doté d'un Hugo Chavez du Nord (?) >>

    Ce sont les inégalités sociales qui ont porté Chavez au pouvoir.
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  •  
  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    16 avril 2011 18 h 22
    Le libertarien.
    Le libertarien veut le beurre et l,argent du beurre.
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  • Philippe Stephenson - Inscrit
    16 avril 2011 22 h 57
    Convoitise comme base de l'État
    En tant que libertarien, j'aimerais remercier M. Bordeleau d'avoir mis en évidence ce que j'ai longtemps soutenu - que l'État-providence est basé sur la convoitise de la part de ceux qui s'imaginent sortir gagnant de la redistribution effectuée par l'État. Car qu'est-ce qui fait en sorte que les riches auraient besoin de l'État pour protéger leur propriété, si ce n'est la convoitise de ceux qui aimeraient voler ce qu'ils ont?

    Ici, la fonction protectrice de l'État - qui en principe protège de façon égale la propriété de chacun, riche et pauvre - est identifiée à la fonction de redistribution. Ceci fait en sorte que l'auteur confond à tort le 'désengagement' des riches (et même des moins riches) qui ne veulent rien savoir de subventionner qui que ce soit, et le parasitisme des firmes bien connectées qui profitent de la redistribution du gouvernement vers les riches.

    Or, les libertariens connaissent la différence entre la justice qui protège les biens de chacun, et le corporatisme d'un côté qui favorise les firmes déjà riches, et les programmes de redistribution vers les pauvres. Les deux derniers constituent des vols, tout simplement.
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  • Michele - Inscrite
    17 avril 2011 09 h 17
    Réduire les bonus aux employés de l'État
    J'accepte de payer des forts impôts parce que je crois en la redistribution des richesses afin d'améliorer le sort des plus pauvres. Toutefois, je m'oppose à ce que mes impôts servent à payer les bonus d'employés déjà très bien rémunérés.
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  • France Marcotte - Abonnée
    17 avril 2011 09 h 19
    En amont de la redistribution
    M.Stephenson. Vous dites:
    Car qu'est-ce qui fait en sorte que les riches auraient besoin de l'État pour protéger leur propriété, si ce n'est la convoitise de ceux qui aimeraient voler ce qu'ils ont?

    Le texte démontre que c'est par les mécanismes de l'État que l'accumulation des biens des riches a été rendue possible.
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  • France Marcotte - Abonnée
    17 avril 2011 09 h 38
    Claude Laferrière
    Désolée monsieur. J'ai très bien compris le philosophe mais je n'ai rien compris à votre démonstration, même avec la meilleur volonté possible.
    Soit c'est du charabia, soit votre finesse m'échappe.

    Et je m'en tiens donc modestement à ce que disait Nicolas Boileau:
    Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément.
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  • Wilbrod Eastman - Inscrit
    17 avril 2011 12 h 16
    Il vous faudrait connaitre la Russie

    N’étant aucunement spécialiste de la finance. Je me permet, peut-être a tord un commentaire. Il y a une quarantaine d’année j’ai passé quelques mois en Russie. Je fus invité a aller diner chez un médecin. A mon grand étonnement il habitait dans ce qu’on appel aujourd’hui un HLM ( plutôt confortable). Je m’en étonnais, ce a quoi ce citoyen me disait que sa voisine du dessus était une grande danseuse étoile de l’opéra. Estes vous si mal payé, lui demandai-je.
    La réponse fut celle-ci. Dans votre monde capitalisme ceux qui atteignent une profession libérale sont ceux qui peuvent financièrement ce payer en tout ou en partie des études. Donc beaucoup mieux payé qu’une personne sans diplôme. Alors que le coût de la vie est le même pour riches et pauvres. Les gens en Russie sont classés en fonction de leurs capacités a pouvoir faire des études poussées ou non. Mais avons tous a peu prés le même salaire, ceux comme ma voisine et le mien sont légèrement supérieur a ceux sans diplômes. Tandis que dans le monde occidental, si l’on vous disait que comme médecin ou ingénieur vous auriez le un salaire légèrement supérieur que le balayeur de rue, L’occidental dirait, dans ce cas j’aime autant être balayeur sans avoir de responsabilité. C’est l’argent qui fait toute la différence (morale) entre nos deux peuples. En tant qu’urgentiste une voiture est mise a ma disposition ainsi que les frais.
    Depuis quand même pas mal de décennies ce temps est disparue. Ce qui nous permet enfin de constater le nombre effarent de robineux dans les villes, et la pègre une entreprise privée.
    Par contre, grâce au pétrole et au gaz, la Sibérie est devenue un immense chantier. Dont la Finlande vend des villes ou villages clé en main.
    PS. Hors sujet? A voir. Chavez a parfaitement raison de s’occuper des plus démunis et de faire face a l’influence américaine, pays dans la mouise. Au Québec combien d’étudiants qui fo
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  • Philippe Stephenson - Inscrit
    17 avril 2011 12 h 35
    Convoitise (suite)
    Justement, l'État joue un rôle clé dans l'accumulation des richesses en protégeant la propriété de chacun contre la convoitise et le vol conséquent. Dans un état de nature, chacun peut produire des biens - quelqu'un pourrait se construire une maison, par exemple. Ce qui fait que la personne qui l'a construite peut ensuite en bénéficier, c'est la protection contre le vol commis par les autres. L'État serait supposé assumer cette tâche. Mais remarquez que ce n'est pas l'État même qui a fait en sorte que la maison a peut être construite - il a tout simplement assuré le constructeur que ces efforts ne seront pas inutiles, et que ses labeurs lui serviront, plutôt qu'à un voleur qui l'expulserait de force de sa maison.

    Le texte démontre donc que c'est la convoitise contre laquelle l'État est supposé protéger chacun, mais ensuite il ajoute un fonction de redistribution - comme quoi l'État devrait protéger contre la convoitise...en la satisfaisant, et en prenant de force des richesses pour les redistribuer! C'est le monde à l'envers - on va protéger contre le vol en le commettant?
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  • Michel Simard - Abonné
    17 avril 2011 19 h 30
    Les réformistes déforment les analyses pour justifier leur retour au XIVe siècle.
    Il est navrant de voir comment les extrême-droitistes déforment les analyses uniquement pour justifier leurs constructions de prisons pour tous les Jean Valjean de ce monde, détourner les fonds publics vers leurs amis de la très grande entreprise et justifier la corruption et le fascisme latent de Steven Harper.
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  • Stephane Levasseur - Inscrit
    17 avril 2011 19 h 43
    Réponse à Philippe Stephenson, libertarien
    Merci pour votre excellent commentaire, j'étais impatient de voir ce qu'un libertarien aurait à dire.
    Nous convenons tous deux qu'un des rôles de l'État est d'assurer la protection de la propriété privée. La base de la propriété privée est qu'un bien appartient à celui qui à contribué à la production ou la transformation de ce bien. J'utilise votre exemple de celui qui a construit une maison, il en est le propriétaire légitime. La terre qu'il a défrichée, les fondations qu'il a coulées, tout lui appartient.
    La liberté la plus fondamentale devrait être que tous ont droit de travailler et d'acquérir des biens privés. Surtout si c'est pour assurer sa subsistance! Nous devrions tous avoir la liberté de cultiver un morceau de terre pour survivre au moins!
    Mais que se passe-t-il lorsque toutes les ressources d'une région sont devenues privées? Depuis la fin du Dominion Lands Act en 1930, il ne reste plus de terre libre de propriété privée d'où un homme peut tirer sa subsistance au Canada. Comme la liberté première devrait être de pouvoir se nourrir de la terre mais qu'elle est toute privée et protégée par l'État, c'est la moindre des choses qu'on redistribue la richesse.

    "Déclaration universelle des droits de l'homme, Article 3 : Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne."

    Vous m'enlevez la liberté de cultiver ce lopin de terre pour me nourrir parce qu'il vous appartient. Mais j'ai droit à la vie moi aussi.

    Stephane Levasseur
    Québec
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  • Benton - Inscrit
    18 avril 2011 23 h 34
    @Claude Laferriere
    Je vous rappelle que le mur de Berlin est tombé en 1989. Pour la gauche, faudra repasser...

    Pour la réalité donc vous parlez, ce texte est des plus pertinents, relisez-le, il y a une réalité, la réalité, qui vous échappe.

    Bon, si vous croyez encore à la lutte des classes, le texte en question démontre comment l'éviter justement. (Qu'on peut résumer en un mot: équité. J'ai bien dit équité et non égalité, puisque tout le monde naît égaux, mais c'est dans la minute qui suit que ça se gâte!)
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  • Benton - Inscrit
    18 avril 2011 23 h 47
    @Philippe Stephenson
    Churchill disait en gros que la démocratie est le pire est système, exception faite de tous les autres.

    Il est utopique de croire que l'on puisse abolir tout corporatiste, seulement la réglementer. Le problème avec la pensée libertarienne, c'est le même qu'avec l'anarchiste et le communiste, c'est que l'on veut jeter l'eau du bain, le bébé avec, d'où l'utopie.

    Comme l'article le mentionne, l'idée n'est pas d'aplanir la courbe, mais les extrémités. On vie dans un monde d'humain et la perfection n'est pas de ce monde. Faut faire avec la diversité.

    Pour Stéphane Levasseur:
    On ne peut revenir 50 ans en arrière et survivre sur son lopin de terre parce que justement.... on ne fait que survivre!!
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  • lephilosophe - Inscrit
    19 avril 2011 06 h 16
    Néo-malthusianisme
    Cette analyse s'inscrit dans le droit fil de ceux qui contestent l'appellation «néo-libérale» qui est accolée à la droite depuis les années quatre-vingt. Or, ni Locke (libéralisme politique), ni Mill, ni Smith, ni même Ricardo (l'économiste), tous étant reconnus comme étant les «fondateurs» du libéralisme, ne s'y retrouveraient. Cette «nouvelle» école de pensée néo-libérale devrait bien plutôt se voir libellée «néo-malthusianisme» du nom de Malthus, ce démographe du XIXe siècle, ennemi du libéralisme et du darwinisme.
    Et aujourd'hui on retrouve, par exemple chez les Régressistes-Conservateurs, cette même ligne idéologique d'opposition au darwinisme (au néo-darwinisme) que chez Malthus dans sa Théorie de la population. Le créationnisme «nouvelle mouture», plonge ses racines dans les théories réactionnaires du XIXe siècle. C'est tout dire à quel point on est pas sortis du bois...

    Bernard Gadoua
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  • Martin Duchesneau - Inscrit
    20 avril 2011 12 h 14
    Et les réfutations elles?
    Bien que j’adhère, avec une prudente réserve, aux conclusions de cet argumentaire, j’y note toutefois quelques oublis qui, à mon humble avis, affecte sa rigueur. En effet, deux arguments m’agacent particulièrement : L’interprétation par M. Bordeleau du « moins d’état » prôné par le RLQ me semble sciemment fausse car « moins d’état » signifie que l’état s’immisce dans moins de paramètres, et non pas, comme le prétend l’auteur, dans une réduction de sa « régulation » sur ces paramètres. En d’autres mots, aucun libertarien n’acceptera cet argument qui consiste à dire qu’en voulant moins d’état, cela implique nécessairement l’abandon de la répression et de la protection civile. À ce sujet, le libertarien veut simplement que l’état s’occupe principalement de la protection des individus et de leurs biens matériels avec TOUS les moyens requis, s’il le faut, afin de lui offrir la liberté de poursuivre ses objectifs individuels. Les libertariens que j’ai eu la chance d’entendre (ou lire) ont une rhétorique relativement bien argumentée.

    à suivre...
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  • Caron David - Inscrit
    20 avril 2011 14 h 24
    Mills doit se retourner dans sa tombe....
    C'est un peu triste qu'un docteur en philosophie soit obliger de tronquer des citations de John Stuart Mills pour être capable de s'inventer sa propre notion du libéralisme...

    La vraie citation :

    « But why should people be protected by their government, that is, by their own collective strength, against violence and fraud, and not against other evils, except that the expediency is more obvious? If nothing but what people cannot possibly do for themselves, can be fit to be done for them by government, people might be required to protect themselves by their skill and courage even against force, or to beg or buy protection against it, as they actually do where the government is not capable of protecting them: and against fraud every one has the protection of his own wits. But without further anticipating the discussion of principles, it is sufficient on the present occasion to consider facts. »

    Et pour bien clore avec une autre citation cinqs paragraphes plus loin :

    « Again, however wide a scope we may allow to the doctrine that individuals are the proper guardians of their own interests, and that government owes nothing to them but to save them from being interfered with by other people, the doctrine can never be applicable to any persons but those who are capable of acting in their own behalf. »

    Pour Mills c'est clair, pourquoi le gouvernement devrait-il protéger les riches autant que les pauvres par rapport au vol, sans les protéger des autres « malchances » de la vie? Pour Mills, aucune protection de l'État. Je me demande encore comment le « docteur » est allez déformer cette citation, où Mills se ferait l'apôtre de la redistribution de richesse, alors que c'est tout le contraire. Il semblerait qu'une personne aurait besoin de refaire ses devoirs...
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  • Matemiste - Abonné
    28 avril 2011 18 h 13
    groite-dauche troublée
    @Claude Laferriere
    En ajoutant d'autres axes à votre réflexion peut-être pourra-t-elle prendre corps?

    Le débat Gauche-Droite ne pourra jamais simplifier la réalité politique pour la rendre plus fonctionnelle, au contraire. il faut toute la perspective et circonspection pour trouver de l'équilibre, une écologie économique? ...et du courage pour ne pas utiliser des slogans?

    Bravo pour cette merveilleuse lecture enrichissante et ré-actuelle... il me tarde de lire cette superbe chronique chaque mois maintenant.

    Ma citation du jour: L'acmé de l'aliénation capitaliste intervient quand l'humain lui-même devient marchandise." Hervé Kempf (à inviter)
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    1 mai 2011 11 h 23
    Ni la droite, ni la gauche.
    Ce ne sont ni la droite ni la gauche qui sont mauvaises, c'est l'extrémisme de chacune de ces options.En 1960, au Québec particulièrement, nous avions besoin d'un sérieux virage à gauche.Aujourd'hui, même les Partis de gauche, tels le Bloc, le PQ et dans une mesure un peu moins évidente, le PQ réalisent eux mêmes qu'un léger virage à droite s'impose. C'est le phénomène du balancier. Il est présentement trop à gauche et il doit revenir au centre pour assurer la survie d'un capitalisme , mêmesi ce système profiterait d'une bride afin de contrôler ses appétits. Évidemment, beaucoup de personnes voudraient bien voir la fin du capitalisme, on l'a vu dans tous les pays communistes, mais ce système a fait beaucoup plus de tort que de bien, surtout dans le domaine des droits et libertés individuels et ces pays ont fini par comprendre que ce n'était pas une panacée et ils sont revenus au capitalisme. Même Cuba débute présentement un virage à droite, s'apercevant que le communisme ne donne pas les résultats escomptés.
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  • Daniel Berube - Abonné
    1 mai 2011 15 h 43
    Merçi beaucoup !
    En apprenant plus sur le passé du capitalisme et l'agir des gouvernements, et la réflexion de philosophes de certaines époques, justifiant les agirs et leurs raisons d'être, des lumières se sont allumées et permettent de mieux voir la chose, de mieux la comprendre, et ce, depuis ses origines. Félicitation pour ce... "Devoir" bien fait, et qui permet, à ceux ayant moins fréquenté les maisons d'enseignements de mieux comprendre...
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