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Peter Singer, la souffrance animale, la poule... et l'oeuf

Le philosophe, figure dominante de l'éthique animale, mangerait-il des oeufs de poules «heureuses»?

Martin Gibert   17 décembre 2011  Le Devoir de philo
Pour Singer, du point de vue de l’éthique normative, c’est le refus de toute souffrance inutile qui prime.
Photo : Agence Reuters Beawiharta
Pour Singer, du point de vue de l’éthique normative, c’est le refus de toute souffrance inutile qui prime.
Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie, d'histoire et d'histoire des idées le défi de décrypter une question d'actualité à partir des thèses d'un penseur marquant. Aujourd'hui, une réflexion sur le végétarisme et la souffrance animale... de quoi mettre un peu de chair autour de l'os de nos conversations autour de la dinde à Noël!

Mon amie Valéry Giroux ne mange pas de viande. Moi non plus. Elle ne consomme ni poisson, ni lait, ni oeufs, ni aucun produit d'origine animale. Valéry est végétalienne et même végane: au-delà de son assiette, elle refuse de porter de la fourrure ou du cuir et n'utilise pas de cosmétiques testés sur des animaux. Pour ma part, je suis largement végan, mais je crois que certaines exceptions sont moralement acceptables. Ainsi, je pourrais manger des oeufs de poules «heureuses». Pas Valéry. Elle est abolitionniste. Je suis welfariste. Qu'est-ce que tout cela veut dire?

La question est d'actualité. Dans quelques jours, le 1er janvier 2012, le sort des poules pondeuses va s'améliorer en Europe, où les cages traditionnelles seront interdites. Au Québec et en Amérique du Nord, toutefois, les progrès sont beaucoup plus timides, pour ne pas dire inexistants.

Je ne suis pas né végétarien. La première fois que j'ai regardé mon burger d'un oeil suspicieux, c'est après avoir lu un livre de Peter Singer. Ce philosophe australien né en 1946, actuellement professeur à Princeton, est considéré comme la plus influente figure actuelle en éthique animale. À 29 ans, il publiait La libération animale, désormais un classique dans le monde intellectuel anglosaxon. Dans ce livre et d'autres qui ont suivi, Singer soutient qu'on ne peut justifier moralement la somme considérable de souffrances que nos pratiques (notamment alimentaires) infligent aux animaux. Il importe donc de lutter pour améliorer leur bien-être (welfare en anglais). Tel est, en résumé, le principe de base du welfarisme.

Il existe plusieurs bonnes raisons de ne pas manger de viande: pour sa propre santé ou pour l'environnement, par exemple (l'industrie de la viande émettrait autant de gaz à effet de serre que l'ensemble des transports). Mais pour Singer, du point de vue de ce qu'on appelle l'éthique normative, c'est le refus de la souffrance inutile qui prime. Les conséquences ne sont pas négligeables: «Même si nous ne devions cesser de faire souffrir les animaux que dans les cas où il est tout à fait certain que les intérêts des êtres humains n'en seront pas affectés dans une mesure comparable à celle où sont affectés les intérêts des animaux, nous serions obligés d'apporter des changements radicaux dans la façon dont nous les traitons.» (Singer, L'égalité animale expliquée aux humain-es. Texte disponible gratuitement en ligne.)

Un philosophe dans sa cuisine

L'argument de Singer est simple: le plaisir gastronomique de l'amateur de burgers ne justifie pas la souffrance du boeuf dont on consomme la viande. Par là même, Singer se réclame de l'utilitarisme et pense que la moralité de nos actions dépend d'abord de leurs conséquences: l'utilitarisme est en effet une forme de «conséquentialisme». Or, selon l'utilitarisme, comme le disait son fondateur Jeremy Bentham (1748-1832), nous devrions nous efforcer d'agir en visant «le plus grand bonheur du plus grand nombre». Et Bentham précisait aussitôt que l'on doit une égale considération des intérêts à tous ceux que nos actes concernent: «chacun compte pour un et personne pour plus d'un».

Mais faut-il tenir compte des intérêts des animaux? Oui, répondait déjà Bentham. Car ce sont des êtres sensibles. Il ne fait pas de doute que les vertébrés (mammifères, oiseaux, poissons) qui, comme nous, sont pourvus d'un système nerveux central, peuvent ressentir le plaisir et la douleur. Et ce n'est pas là oublier les souffrances humaines: Singer est même très engagé dans la lutte contre la pauvreté, comme en témoigne son dernier livre Sauver une vie (Michel Lafon, 2009). Mais l'éthique utilitariste s'impose aussi, au quotidien, dans notre assiette.

Que mange donc notre philosophe? Voici ce qu'il confiait dans une entrevue en 2006: «Je ne mange pas de viande. Je suis végétarien depuis 1971. Je suis graduellement devenu de plus en plus végan. Je suis largement végan, mais je suis un végan flexible. Je ne vais pas au supermarché acheter des produits non végans pour moi-même. Mais lorsque je voyage ou lorsque je suis reçu chez des gens, je suis heureux de manger végétarien plutôt que végan.» En tapant «Singer cooking dhal» dans YouTube, vous pourrez même le voir aux fourneaux. Un philosophe dans sa cuisine, c'est ce qu'on appelle de l'éthique appliquée!

Qui mange un oeuf mange-t-il un boeuf?

À l'heure actuelle, le débat n'est plus de savoir si nous devrions être végés. La majorité des philosophes qui pensent avant d'ouvrir la bouche s'accordent, au minimum, pour condamner l'élevage industriel (qui produit 99 % de la viande consommée au Canada). L'enjeu s'est donc déplacé: certains produits d'origine animale sont-ils acceptables? Quelle forme de végéta(?)isme faut-il promouvoir? Sur le choix du r ou du l, beaucoup d'encre a coulé ces dernières années en éthique animale.

Que veut dire Singer lorsqu'il se définit comme un végan flexible? Qu'il ne suit pas une règle absolue. Que certaines exceptions sont légitimes. Mais pourrait-il aller se faire cuire un oeuf? Ici, tout va dépendre des conditions de production. Si, comme la quasi-totalité de ceux qu'on trouve à l'épicerie, l'oeuf provient de poules en batterie, vivant recluses (par sept dans un espace équivalant à une double page du Devoir), ne voyant jamais la lumière du jour et finissant en farines animales, on peut parier que Singer, en bon welfariste, s'abstiendra.

Mais qu'en est-il si les poules sont heureuses? Que penserait-il des poules urbaines? Verrait-il un problème à manger des oeufs venant d'un élevage au grand air et en liberté, selon des méthodes qui respectent le mode de vie naturel des gallinacés? Puisque l'oeuf ne souffre pas, et en supposant que la poule ne souffre pas non plus, Singer serait fondé à se montrer flexible (il faudrait quand même se demander comment l'éleveur gère les poussins mâles, généralement détruits à la naissance).

Tous les végans ne sont pas flexibles. Mon amie Valéry, par exemple, ne mangerait pas cet oeuf. Sa position est plus radicale. Valéry vient de finir une thèse à l'Université de Montréal dans laquelle elle critique la position de Singer et se réclame de Gary Francione, un professeur de droit américain. Or, en éthique animale, Francione est aujourd'hui le chef de file du mouvement abolitionniste.

Des droits pour les animaux?

Sur le site internet de Francione, abolitionistapproach.com, on peut voir un bandeau sans équivoque: «Le droit des animaux: l'approche abolitionniste... et l'abolition veut dire le véganisme!» On y trouve aussi un manifeste dont voici les premiers articles:

«La position en faveur des droits des animaux soutient que tous les êtres sensibles, humains ou non humains, ont un droit: le droit fondamental de ne pas être traités comme des marchandises.

La reconnaissance de ce droit fondamental signifie que nous devons abolir, et non pas seulement réglementer, l'exploitation animale institutionnalisée — parce que se contenter de réglementer renforcerait l'idée que les animaux sont la propriété des humains.

Tout comme nous rejetons le racisme, le sexisme, la discrimination selon l'âge et l'homophobie, nous rejetons le spécisme. L'espèce à laquelle appartient un être sensible n'est pas une raison de lui refuser la protection offerte par ce droit fondamental, pas plus que la race, le sexe, l'âge ou l'orientation sexuelle ne sont des raisons d'exclure des humains de la communauté morale.»

On le voit, si les abolitionnistes refusent de manger des oeufs de poules «heureuses», c'est parce que cela entraîne la violation d'un droit fondamental: celui de la poule à ne pas être traitée comme un simple moyen, comme une chose. Il faut donc abolir cette sorte d'esclavage qui sévit arbitrairement contre les animaux. Voilà l'intuition fondamentale de l'abolitionnisme: les animaux ne sont pas des choses. C'est pourquoi, contrairement aux welfaristes, Francione met l'accent sur la valeur intrinsèque des animaux, et non pas sur leur bien-être. Cette approche s'inspire donc moins de Bentham que de Kant et des théories déontologiques voulant que certaines normes morales devraient toujours être respectées.

Lorsque Valéry veut me coincer, elle me demande si je suis «flexible» en matière de droits humains. Est-ce que je verrais des exceptions, par exemple, au fait qu'un viol est toujours inacceptable? Si je réponds que non, elle me taxe de spéciste: en effet, cela signifie que j'applique des principes moraux différents pour les humains (je leur confère des droits comme celui de ne pas être violé) et les non-humains (je me contente de minimiser leurs souffrances). Si je réponds que oui, je dois me justifier. La logique conséquentialiste voudrait que j'admette que violer une personne est acceptable si cela permet d'éviter deux viols. Ce n'est pas complètement fou, mais c'est loin d'être confortable. Bref, je marche sur des oeufs.

Ceci dit, je pourrais moi aussi taquiner Valéry: respecterait-elle encore son principe absolu si violer une personne permettait d'éviter vingt viols? Et si jamais elle demeure inflexible, elle peut compter sur moi pour ajouter dans la balance quelques innocents torturés et une bonne guerre nucléaire. En fait, elle pourrait me concéder le point pour ces situations improbables. Mais elle continuerait de dénoncer le double standard: des droits pour les uns et des cages de taille supérieure pour les autres.

Comme on l'imagine aisément, le débat entre abolitionnistes et welfaristes est loin d'être clos. C'est qu'il renvoie aussi à des questions éthiques fondamentales (ce qu'on appelle parfois la métaéthique). Et c'est probablement, d'un point de vue intellectuel, ce qui le rend si intéressant.

Élargir le cercle de la moralité

D'un point de vue pratique, toutefois, tous les oeufs sont pas mal dans le même panier. Welfaristes et abolitionnistes, végans flexibles et inflexibles, végétariens et végétaliens ont largement les mêmes objectifs. Tous militent pour élargir le cercle de la moralité.

Il n'est pas absurde de parler de progrès moral. Depuis l'Antiquité, des droits humains ont été conquis: pour les esclaves, les femmes, les noirs, les minorités sexuelles ou les handicapés. La démocratie et les libertés fleurissent lentement. Dans le livre qu'il publie cet automne, le psychologue cognitif Steven Pinker constate d'ailleurs que la violence entre humains a largement diminué au cours des siècles. Hélas, on ne peut pas en dire autant de la violence faite aux animaux.

Il serait grand temps de les inclure dans notre cercle de la moralité. Manger moins de viande, ne plus en manger du tout, devenir végans. Chacun d'entre nous, pour peu qu'il soit sensible aux droits ou au bien-être, peut contribuer à élargir le cercle. Trois fois par jour, le geste est simple, efficace, politique.

Certes, entre Valéry et moi, les clivages théoriques demeurent. Mais ils nous rassemblent plus qu'ils ne nous opposent (c'est ce qu'on appelle l'amitié). 
Comme le dit la formule : Ce n'est qu'un combat, continuons le début. Nous avons le pouvoir de changer les choses. C'est, en tout cas, ce que je crois. Mon amie Valéry aussi.

***

Des suggestions, des commentaires? Écrivez à Antoine Robitaille: arobitaille@ledevoir.com. Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo ou du Devoir d'histoire: www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo

***

Martin Gibert, chargé de cours en éthique et en philosophie du droit à l'Université de Montréal, et doctorant associé au CREUM. Il a collaboré au livre d'Élise Desaulniers Je mange avec ma tête (Stanké, 2011). Valéry Giroux offrira le premier séminaire en éthique animale au Québec à l'hiver 2012 (Université de Sherbrooke).
Pour Singer, du point de vue de l’éthique normative, c’est le refus de toute souffrance inutile qui prime. Martin Gibert et Valéry Giroux sont tous deux végétariens. Mais lui est «welfariste» et elle, «abolitionniste». <br />
Le philosophe Peter Singer, auteur de La libération animale<br />
 
 
 
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  • Fabien Nadeau - Inscrit
    17 décembre 2011 07 h 19
    Dogmatisme
    Merci pour la réflexion. Je me souviens avoir enduré le regard de collègues, à l'heure du lunch, qui détaillait mon assiette, et me faisaient remarquer qu'il ne faut pas manger telle chose avec telle chose. C'était la mode.

    Je me rends compte que c'était une philosophie. C'est bien de dire que moi, j'ai une philosophie, quelle qu'elle soit. Mais on passe rapidement à un autre niveau. Ma philosophie, c'est LA philosophie et tous doivent y adhérer. Ça devient une religion.

    C'est là que je décroche. J'ai une certaine sympathie pour certaines idées, par exemple, les conditions affreuses pour les animaux de l'élevage industriel.

    Mais je suis un pêcheur (un pécheur, mea culpa!), je sais bien qu'il ne doit pas être agréable pour un poisson d'expirer au fond d'une chaloupe, mais je suis un prédateur dans la chaîne alimentaire et je m'assume. Si je vais nager au milieu des requins, M. Requin ne s'excusera pas de me faire souffrir avant de partir avec un morceau de ma cuisse.

    Au plan de la religion, dans un domaine connexe, un bénéficiaire dans un maison d'accueil se posait des questions sur Dieu, la Providence, l'Omniscience. Un préposé a provoqué l'hilarité générale en lui disant: "Gérard, tu penses trop!"

    C'est un peu beaucoup ma position face à la philosophie végane, végétalienne, etc.
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  •  
  • Andree-Ann Metivier - Inscrite
    17 décembre 2011 09 h 32
    Conditions de possibilité?
    Cet article m'intéresse beaucoup car il se trouve que je tends à vouloir être végétarienne, mais sans en être totalement convaincue, je me pose donc plusieurs questions sur le sujet.
    D'abord, il me semble que la position "vegane" omet (du moins dans cet article, car je ne le sais pas pour sa position générale) la nécessité qu'a eu l'humain au cours de l'histoire de se nourrir d'animaux ou de produits d'animaux. Vivant dans un certain environnement, c'était une question d'abord de survie, mais ensuite d'habitude et de culture que de tuer pour se nourrir. Mais comment aurait-il pu faire autrement? Fort probablement que les vegans ne jugeront pas ceux qui ne peuvent faire autrement que de se nourrir avec de la viande ou ceux pour qui, par exemple, tuer des animaux ne posent aucun problème puisqu'il ne l'est pas fait dans un contexte industriel. Mais cette position ne suppose-t-elle pas, tout de même, un certaine position socio-économique qui lui permet de pouvoir se procurer à peu près n'importe quel produit dans le quartier qu'il habite? À moins d'avoir sa propre petite terre, il faut qu'il y ait minimalement un petit marché pour offrir les produits végans en questions, ce à quoi toutes les sociétés et ce à quoi toutes les "couches" de la population ne peuvent avoir accès. Je pose la question, je ne sais pas en fait!
    Mais aussi, deuxième point, est-ce que toutes les constitutions peuvent se passer de toutes sortes de viandes? Est-ce que l'être humain n'aurait pas différentes constitutions et donc différents régimes alimentaires sans quoi sa santé serait troublée?
    Et, enfin, il me semble que l'élargissement de la question vegane tend à proposer de "ne pas tuer la vie" (et ce, peut-être, jusqu'au plantes et toutes autres formes de vie, tel que le pratiquait une forme du bouddhisme zen). Or est-ce qu'une telle chose est possible?

    Voilà différentes questions, en espérant quelques réponses!
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  • jptabet - Abonné
    17 décembre 2011 09 h 33
    Félicitations
    Bravo pour votre article dont j'apprécie la rigueur et l'humour pince sans rire.

    C'est vrai qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs mais c'est vrai aussi qu'on peut se demander légitimement: Montrez moi donc l'omelette!

    En tout cas, j'ai hâte de vous lire à nouveau.

    Jean-Philippe Tabet
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  • Gaele Chaloppe - Inscrite
    17 décembre 2011 13 h 07
    mon point de vue
    Tout d'abord, merci pour ce bel article. J'ai rarement (jamais ?) vu un article aussi bien posé sur ce sujet, en France du moins. D'ailleurs la possibilité de faire une thèse sur les droits des animaux me laisse rêveuse, on est pas prêt de voir ça en France.
    Je voulais répondre à Andree-Ann, en tant que vegan mais je parle à titre personnel vu qu'il y a beaucoup de "veganisme" différents.
    Il me semble que la position végane n'omet pas en général, la reconnaissance de la nécessité qu'a eu l'homme de manger de la viande au cours de l'évolution. Il serait ridicule de le nier d'ailleurs.
    Seulement, une tradition ne se justifie pas par son passé.

    Pour ce qui est de la position socio-économique : c'est une réalité. Je ne sais pas ce qu'il en est au Québec ou dans d'autres pays mais en France, le végétarisme (rare sont ceux qui connaissent le concept "vegan") passe relativement mal. Et oui, foie gras et corrida sont ici érigés au patrimoine culturel, alors nous avons encore du chemin à faire..
    Bref je m'égare. Ce que je veux dire c'est qu'il est plus facile d'être vegan en ville. Par exemple où j'habite (ville de 300 000 habitants), il y a 2 magasins où l'on peut trouver de la nourriture vegan, seulement un restauration végétarien et évidemment aucune structure vegane.
    Il doit être relativement difficile d'être vegan perdu dans sa campagne.

    Pour ce qui est de l'aspect financier du veganisme : je pensais avant que ça coûtait plus cher qu'un régime basique mais il n'en est rien. Etant étudiante et vivant seulement de mes bourses, je m'en sors pas mal.

    Pour moi, le principe du veganisme est de faire son possible pour éviter les produits d'origine animaux.
    Et il est évident que je ne vais pas reprocher à un pays en développement où par exemple aux mongols de consommer de la viande : ils n'ont pas le choix et ils le font d'une manière tout à fait respectueuse de l'animal.
    Les efforts sont surtout à fournir de la part des occid
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  • Gaele Chaloppe - Inscrite
    17 décembre 2011 13 h 22
    kjhk
    Suite du message.
    J'ai à ma connaissance jamais entendu parler d'une personne qui ne pouvait physiologiquement se passer de viande ou de produits laitiers, mais peut-être cela existe-t-il.
    En ce qui concerne l'élargissement vegan à ne pas tuer la vie : non ce n'est malheureusement pas possible. Mais chaque vie a de la valeur et mérite respect, et dans ce sens, j'estime qu'on se doit de lui laisser vie sauve dans la mesure du possible.
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  • Annie-Eve Collin - Inscrite
    17 décembre 2011 14 h 04
    @Fabien Nadeau
    Même si on laisse de côté que les requins ne mangent pas les êtres humains, votre analogie ne tient pas la route. Vous écrivez : "je suis un prédateur dans la chaîne alimentaire et je m'assume. Si je vais nager au milieu des requins, M. Requin ne s'excusera pas de me faire souffrir avant de partir avec un morceau de ma cuisse."
    1. Les animaux non humains n'ont pas de sens moral : ils ne peuvent pas réaliser le mal qu'ils font à un autre être. Les humains, eux, le peuvent. On ne peut pas se décharger de ses responsabilités en prétextant qu'on imite des êtres dépourvus d'une capacité dont on est soi-même pourvu. Se justifier de tuer les animaux pour les manger en disant que les animaux se tuent les uns les autres pour se manger, équivaut à un raisonnement du genre: "Quand un enfant de 1 an est fâché à table, il jette parfois son assiette par terre, alors pourquoi moi, quand je suis fâché à table, je ne jetterais pas mon assiette par terre ?"
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  • Annie-Eve Collin - Inscrite
    17 décembre 2011 14 h 08
    @Fabien Nadeau (suite)
    2. Par ailleurs, l'humain n'est pas un prédateur comme les autres. Dans votre cas, vous dites que vous pêchez vous même, à la ligne, je présume, ce qui rend déjà l'analogie plus pertinente. Mais les techniques de pêches employées dans la majorité des cas (pour qu'il y ait toujours du poisson sur les tablettes des épiceries) n'ont rien à voir avec les relations entre proie et prédateur dans la nature.
    Un équilibre se conserve dans la nature parce que quand il y a plus de prédateurs, il y a moins de proies, puisque plus de proies sont mangées, mais comme il y a moins de proies, il finit par y avoir moins de prédateurs parce qu'ils n'ont pas de quoi se nourrir, et cette diminution des prédateurs entraîne une augmentation du nombre de proies, et ainsi de suite, vous voyez le tableau.
    L'être humain a développé des techniques de chasse, de pêche et d'élevage qui viennent détruire cet équilibre, puisqu'il peut tuer des quantités industrielles - c'est le cas de le dire - et ainsi menacer gravement plusieurs espèces (l'exemple des poissons est justement très pertinent pour illustrer ça).

    Bref, votre comparaison est faussée.
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  • Martin Gibert - Inscrit
    17 décembre 2011 14 h 17
    Éléments de réponse (1)
    @Fabien Nadeau.

    En tant que philosophe, je peux difficilement souscrire à la remarque du préposé: vas-y Gérard, continue à penser!

    Plus sérieusement, je ne dirais pas que le végétarisme ou le véganisme sont une philosophie. Il s'agit plutôt d'une pratique qui s'appuie sur des arguments moraux. La question est alors de savoir si ce sont de bons ou de mauvais arguments - et je crois qu'ils sont bons. Mais plusieurs philosophies (au sens de conceptions générales du monde) et plusieurs religions sont compatibles avec cette pratique.

    Ensuite, le fait d'être un prédateur (ou qu'il soit "naturel de manger de la viande") n'est pas un très bon argument (techniquement, c'est ce qu'on appelle un sophisme naturaliste). Ce n'est pas parce qu'une chose est naturelle qu'elle est nécessairement bonne - pensez aux tsunamis ou aux maladies. Que répondriez-vous à un violeur qui se justifierait ainsi: c'est dans ma nature, je suis un prédateur?

    Quant au fait que le requin n'hésiterait pas à nous manger, cela signifie seulement que nous ne sommes pas dans une logique de réciprocité morale avec lui: nous avons des devoirs envers lui (ne pas le torturer, peut-être) et lui n'en a pas envers nous. Mais la moralité ne se limite pas aux obligations réciproques: pensez, par exemple, à nos devoirs envers les générations futurs ou envers les personnes handicapées intellectuellement.

    Vous trouverez des explications plus complètes de ces points sur le blog penseravantdouvrirlabouche.com et dans le chapitre 5 du livre "Je mange avec ma tête".

    Ceci étant dit, si vous êtes prêt à condamner les mauvaises conditions de l'élevage industriel, je crois que nous sommes d'accord sur l'essentiel.

    Martin Gibert
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  • France Marcotte - Abonnée
    17 décembre 2011 14 h 34
    Ce qu'on ne sait pas peut faire très mal
    Sans même renoncer dans un premier temps à manger son hamburger ou son steak, certains progrès sont raisonnablement envisageables, comme de simplement prendre conscience de ce que l'on fait, le savoir.

    Il faut savoir ce qui se passe dans les élevages industriels, les abattoirs, ils faut qu'on nous le montre et accepter de le regarder. Il ne faut pas refuser d'entendre que les animaux sont sensibles et à quel point.
    Et quand on les tue, le sachant, qu'on le fasse avec plus de respect.

    Mais les droits humains ne sont pas non plus complètement acquis, contrairement à ce que laisse entendre ce texte. On ne sait pas très bien non plus comment sont traités les gens dans certaines situations quand ils sont vulnérables, à la merci des comportements d'humains véreux, intéressés ou simplement exaspérés.

    Savoir, c'est un bon début.
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  • Martin Gibert - Inscrit
    17 décembre 2011 14 h 51
    Éléments de réponse (2)
    @Jean-Philippe Tabet: Merci pour vos encouragements :)

    @Andrée-Ann

    Vous avez entièrement raison sur les questions de nécessité et de survie. C'est ce qu'on appelle en philosophie le principe "devoir implique pouvoir": on ne condamnera pas moralement quelqu'un (par exemple un mangeur de viande) qui n'avait pas d'autres alternatives. Mais au Québec en 2011, il est tout à fait possible d'être végan!

    En revanche, le fait qu'une pratique soit une habitude culturelle n'est pas une raison suffisante pour la rendre moralement acceptable: l'esclavage a été une pratique culturelle, le sexisme l'est encore en partie. Ils n'en sont pas moins condamnables. Pour ma part, je range aussi la maltraitance envers les animaux dans cette catégorie.

    Je ne crois pas que les (mauvaises) conditions socio-économiques soient en tant que telles un obstacle au végéta(?)isme. Après tout, les légumes sont plutôt moins onéreux que la viande. Et être végé ne signifie pas nécessairement manger bio et local (même si, je vous l'accorde, c'est probablement mieux). On oublie aussi souvent qu'une grande partie de l'humanité (la moitié?) est actuellement végé.

    Je ne suis pas spécialiste des questions de santé. Je sais cependant que l'association des diététistes américains voit le véganisme comme une diète tout à fait acceptable. Plusieurs athlètes sont végans (George Laraque, par exemple). Je ne saurais vous dire s'il existe des exceptions médicales et si certaines constitutions physiques imposent la viande. Mais de façon générale, une protéine est une protéine, qu'elle soit d'origine animale ou végétale.

    (suite au prochain commentaire)
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  • Martin Gibert - Inscrit
    17 décembre 2011 14 h 52
    Éléments de réponse (2) suite
    Quant au principe "ne pas tuer la vie", je ne crois pas qu'on doivent aller aussi loin. Aussi bien pour les welfaristes que pour les abolitionnistes, ce sont seulement les êtres sensibles qui méritent une considération morale. Jusqu'à preuve du contraire, les bactéries, les insectes, les mollusques et, a fortiori, les végétaux, ne sont pas capables de ressentir la douleur.

    Le principe général "moins de violence" me parait en revanche assez légitime.

    Martin Gibert
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  •  
  • amaranta - Inscrit
    17 décembre 2011 16 h 03
    @ Gaele Chaloppe
    J'ai été suivi en acupuncture et l'on m'a fortement conseillé de manger un peu de viande pour renforcer mon énergie (chi). D'après cet acupuncteur d'expérience, c'était une nécessité.
    D'autre part, deux de mes amies ont dû se remettre à consommer de la viande (rouge) parce qu'elles étaient devenues anémiques. Et ce, bien qu'elles aient appliqué les principes de complémentarité des protéines d'origine végétale.

    La supériorité du régime végétarien est un mythe. Chaque individu doit être à l'écoute de son propre corps et éviter de se laisser endoctriner par des théories généralisantes, dont les bienfaits pour l'ensemble de la population restent à démontrer. Le mieux est d’avoir une alimentation variée, équilibrée et de qualité.

    Pour en revenir à l'article, ces deux philosophes peuvent bien se taquiner et se traiter de noms. Ils ne dépendent pas de l'industrie alimentaire pour survivre.
    Les chasseurs de phoques, les pêcheurs ou les ouvriers des abattoirs ne tuent pas pour le plaisir de tuer. Ils le font afin de survivre avec un revenu certainement inférieur à celui de Peter Singer. Un peu comme le lion qui dévore un agriculteur africain. Car pour la majorité des êtres humains, travailler équivaut à se nourrir soi, assurer sa survie.

    Des propositions concrètes conciliant approche sociétale plus respectueuse des autres espèces animales et sensibilité aux besoins des travailleurs issus de l'industrie alimentaire seraient bienvenues et plus utiles que des jugements et des insultes.
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  • France Marcotte - Abonnée
    17 décembre 2011 16 h 37
    Lui ou moi
    Oui, s'il s'avérait que les humains ont absolument besoin de gras animal pour survivre, serait-il immoral de se le procurer en tuant des animaux, tout sensibles qu'ils soient?

    La question morale se pose-t-elle seulement parce qu'on croit avoir le choix?
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  • Jean-François Cantin - Inscrit
    17 décembre 2011 22 h 17
    Précisions (Amaranta)
    Votre acupuncteur voulait probablement vous conseiller de manger des protéines, d'où le recours habituel à la viande. Seulement vous auriez tout aussi bien pu combler ce même apport en protéines sans engendrer de souffrances animales inutiles, en mangeant des légumineuses par exemple. Ce n'est pas tant la source qui importe, mais plutôt l'effet escompté.

    Pour ce qui est de la nécessité de manger santé, nous sommes évidemment d'accord. Mais de deux choses l'une: à la consommation de viande (rouge, particulièrement) est associée un indice significatif de maladies cardiaques et artérielles qui n'est plus à démontrer. Le lien que vous faites entre consommation de viande et bonne santé n'est pas nécessaire. Ensuite, le végétarisme, que vous qualifiez de doctrine généralisante, n'est dans les faits rien d'autre qu'une pratique sensible au fait que nos habitudes de vies engendrent systématiquement une souffrance à très grande échelle, alors qu'une alternative très simple et aux avantages multiples (sur l'environnement, la santé, le bien-être animal) est à la portée de la grande majorité d'entre nous.

    Pour ce qui est de la nécessité de travailler à l'exploitation animale pour en tirer un salaire de subsistance, il s'agit d'un exemple innapproprié. Que des personnes tirent un salaire de l'industrie de l'élevage industriel ne justifie d'aucune manière l'existence de cette industrie. Si des travailleurs tiraient un salaire, fût-il de subsistance, de l'exploitation des enfants, vous ne seriez pas pour autant en faveur de cette industrie.

    Au final, le but final de l'éthique animale est de réduire la souffrance. Je ne doute pas que c'est aussi ce que vous voulez. Je ne crois pas que nous soyons en désaccord sur ce point.
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  • Jean-François Cantin - Inscrit
    17 décembre 2011 22 h 21
    @ France Marcotte
    Si nous n'avions pas le choix, la question serait différente. Pour vouloir, il faut pouvoir.

    Seulement il s'agit là d'un faux dilemme. Nous pouvons nous passer de matière animale. Il n'y a pas là de croyance en cause. Je dirais plutôt qu'il y a une certitude: celle que nous évitons ainsi de la souffrance inutile.
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  • Annie-Eve Collin - Inscrite
    18 décembre 2011 10 h 00
    @Amaranta
    Saviez-vous que les légumineuses (en particulier les lentilles) ainsi que plusieurs autres végétaux (protéinés ou pas) sont plus riches en fer que la viande rouge ?
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  • Hullois - Abonné
    18 décembre 2011 20 h 45
    Pouvons-nous nous passer de viande?
    C'est pas parce qu'un aliment est de source végétal qu'il est nécessairement mieux pour la santé.

    De plus, les organismes vivants, tels les humains, ont besoin d'une variété incroyable de molécules pour croître correctement et prospérer. Certaines ne sont nécessaires qu'en très petites quantités.

    Une alimentation diversifiée est la meilleure façon de s'assurer de tout avoir. Sinon, les carences alimentaires nous guettent...

    De plus, souvent ça nous prend des décennies ou des générations pour découvrir les réels impacts de nouvelles habitudes alimentaires. Le bien-être des animaux, je suis pour, mais de là à me sevrer de la viande, c'est une étape que je ne serais prêt à franchir.
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  • yves bonnardel - Inscrit
    18 décembre 2011 21 h 54
    Au-delà de la promotion individuelle du végétarisme et du véganisme... revendiquer l'abolition de la viande !
    Merci beaucoup pour ce bel article ; il est rare de lire des contributions de fond dans la "grande presse" !

    Ceci dit, je ne suis pas d'accord avec la stratégie végétariste de Singer, ni celle véganiste de Francione ; je pense que là n'est pas l'important ; qu'il faut cesser de se prendre la tête sur ce qui rentre (ou non) dans notre propre ventre ou celui du voisin, quand bien même ce sont des morts et des quantités de souffrances. Se préoccuper de nos propres actions individuelles, de notre "pureté individuelle", de notre prétendue innocence dans ce grand carnage, est dérisoire face aux immenses enjeux en cours ! Comme si on se préoccupait de repeindre notre cabine dans un Titanic qui coule...
    C'est une société tout entière, une culture, qu'on a à changer ; c'est un combat politique contre un système d'oppression (le spécisme) qu'il faut mener, ce qui signifie construire un rapport de force, culturel, symbolique, moral, social, politique.

    On ne peut se cantonner à s'adresser aux gens individuellement, de façon qu'ils changent, un-e à un-e, leurs façons de faire, leur régime alimentaire personnel, leur mode de vie. On n'a jamais changé une société par une stratégie de la "conversion" individuelle... mais en organisant des protestations publiques, en exigeant des changements sociaux...

    Et si l’abolition de la viande devenait un objectif fédérateur du mouvement animaliste mondial ? Certes, il faut continuer de dénoncer les souffrances endurées par les animaux. Continuer de demander l'interdiction des pratiques jugées les plus atroces. De faire valoir la réalité et l'importance de la sentience. Remettre en cause le spécisme. Promouvoir le végétalisme. Mais cela ne suffit pas. Il nous faut exprimer clairement la revendication politique d’interdiction de la viande. On a tort de supposer que la société n'est pas prête à l’entendre.

    A cette revendication est consacré le dossier du numéro 29 des Cahiers antispécistes :
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  • Annie-Eve Collin - Inscrite
    18 décembre 2011 23 h 07
    @Hullois
    Le végétarisme n'est pas une nouvelle habitude alimentaire : des peuples entiers ont été végétariens pendant longtemps, par conviction ou par nécessité (ie parce qu'ils n'avaient pas accès à la chair animale). Si le végétarisme était dangereux pour la santé, on le saurait déjà.

    p.s. Personne n'a prétendu qu'un aliment était forcément santé parce qu'il était d'origine végétale. Ne répondez pas à ce qui n'a pas été dit.
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  • Annie-Eve Collin - Inscrite
    18 décembre 2011 23 h 10
    @Yves Bonnardel
    Monsieur,
    vous n'avez pas tort, mais je crois que les changements à l'échelle individuelle ont aussi leur importance. Des changements à l'échelle de la société ne sont pas possible sans un certain nombre d'appui chez les individus qui la composent. Autrement dit, ça prend les deux. De plus, ceux qui militent pour des changements ne pourraient pas être pris au sérieux s'ils mangeaient du steak...
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  • amaranta - Inscrit
    19 décembre 2011 03 h 11
    @ Annie-Eve Collin
    Merci, je connais très bien la nutrition et j'ai été végétarienne pendant 10 ans.
    Je suis au courant que les lentilles, les haricots secs et à un moindre niveau, les fruits secs et certains légumes verts sont de bonnes sources de fer.
    Néanmoins, le fer de sources animales est plus assimilable que le fer sources végétales.
    @ Jean-François Cantin
    Je connais les règles de complémentarité des protéines végétales et je les ai toujours appliquées. Mon acupuncteur suggérait des aliments en fonction de leurs caractéristiques énergétiques (principes diététique chinoise). Autrement dit, je n’étais pas en manque de protéines.
    Je ne fais pas l’éloge de la viande, je relate des histoires vraies qui remettent en cause certaines généralisations sur le végétarisme. Une alimentation strictement végétarienne ne convient tout simplement pas à tout le monde. Alors, pourquoi prétendre le contraire?

    À l'instar des autres espèces animales. Les êtres humains sont généralement « spécistes ». En ce sens, ils privilégient les leurs. C’est ce sur quoi repose la survie des espèces et c’est tout à fait naturel. Bien entendu, rien n’oblige à ce que cela s’exprime brutalement.
    Je crois qu’une importante réduction de notre consommation de viande aiderait à diminuer le problème de la faim dans le Monde. De même, je crois que les méthodes d’élevage sont généralement cruelles et devraient être modifiées.

    Je pense toutefois que pour amener une société à changer, il faut tenter de la comprendre afin de saisir ce qui freine sa transformation. Ainsi, on a beau être contre le travail des enfants dans les usines en Asie, à court terme, il est un moindre mal si l’alternative est la prostitution ou la mutilation. Il faut travailler activement à changer la société afin qu’elle crée d’autres possibilités. Par exemple, en Afrique, on a compris qu’offrir une autre possibilité de travail aux exciseuses aidait à dimin
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  • amaranta - Inscrit
    19 décembre 2011 13 h 19
    Suite et fin
    Il faut travailler activement à changer la société afin qu’elle crée d’autres possibilités. Par exemple, en Afrique, on a compris qu’offrir une autre possibilité de travail aux exciseuses aidait à diminuer l’excision clitoridienne.
    Mieux vaut comprendre et agir que juger et culpabiliser.
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  • Hélène Morin - Abonnée
    19 décembre 2011 22 h 23
    Très Intéressant!
    Intéressant et d'une grande clarté! Le sujet est traité avec rigueur par monsieur Gilbert. Les commentaires sont aussi très pertinents, intéressants et généralement respectueux des opinions différentes. La route sera longue mais il me semble qu'avec des textes comme celui de monsieur Gilbert, on est bien parti.
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    21 décembre 2011 13 h 42
    Histoire de poules heureuses.
    Dans mon poulailler, il y avait des Chantecler (blanches), des Rhodes Island (rousses et des noires) avec un coq Plymouth. Le poulailler était ouvert toute la journée et les poules étaient libres d'aller où bon leur semblaient. Les poules étaient heureuses même si le coq chantait bien avant le levé du soleil en plus de chanter faux.

    Pour que toutes les poules soient heureuses, je dois l'avouer, j'ai dû être spéciste. Je devais mettre de l'ordre dans cette basse cour et croyez-moi ce n'était pas la cour de Louis XV mais les principes de base y étaient nettement percevables.

    Je devais savoir quelles poules garder car même en liberté quelques unes n'étaient pas heureuses du fait que certaines de leurs congénères les maltraitaient. Le coq était aussi stupide qu'il avait fière allure, il agissait comme un homme; pour garder les faveurs de celles qui dominaient, les Chantecler, lui aussi maltraitait les rousses et surtout les noires.

    Après quelques recherches, ma décision était prise, je me débarrassai des blanches; visa les noires, tua les blanches, non ce n'est pas de cette manière que je les ai occises, ce fut rapide et elles n'ont pas souffert. En tout cas rien de comparable à ce qu'un raton-laveur avait fait lors de sa visite du poulailler, pourtant fermé aux petites heures du matin. Le coq avait été à la hauteur de la situation mais vous auriez dû voir ses blessures de guerre. Il s'en remit assez vite.

    Le corps morts n’ont pas fini dans la chaîne alimentaire animale et cosmétique. La chair des pondeuses étant moins fine qu’une poulette bien nourrie, sans trop d’exercices, j’ai fait un excellent bouillon de poulet qui est très efficace pendant et après l’affliction de plusieurs maladies et même pour un lendemain de veille.
    ...suite
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    21 décembre 2011 13 h 43
    … suite Histoire de poules heureuses.
    Le bonheur du paradis terrestre était revenu, le coq aimait tout autant les rousses que les noires et non moins que les blanches. À qui a harem, deuil paraît moins lourd. Les rousses et les noires ne pondaient que des œufs beiges (bruns) qui n'ont pas plus de valeur nutritive que les blancs mais qui n’en ont pas moins. Le surplus d’œufs je le donnai à mon voisinage, parenté et quelques collègues. On appréciait d’avoir des œufs si frais.

    Il y a eu quelques naissances, de petits poussins qui même dans le poulailler n’étaient pas en sécurité, surtout si le poussin était un mâle. Le coq savait mieux que moi différencier les poussins mâles et femelles, c’était in extremis et sans appel, en tout cas trop tard pour un appel. Une fois cette condition de survie passée la poussine ne devait pas trop s’éloigner de sa mère car il n’était pas acquis que toutes les poules aiment les enfants des autres.

    Comme le bonheur n’est pas éternel, un jour nous eûmes la visite d’indésirables, des rats. La gestion devenait plus compliquée pour garder la salubrité du poulailler. Il ne suffisait pas de se débarrasser des nouveaux indésirables, il fallait s’assurer qu’ils n’aient pas contaminé les poules, les œufs, la paille et il n’était plus question de donner des œufs incertains. J’ai donc décidé de ne garder les poules que pour l’agrément de la vie sur le terrain, les œufs je les jetais. La plupart de mes poules sont mortes l’une après l’autre de vieillesse, les autres ce fût un autre raton-laveur qui s’en chargea.

    Les poules ne se juchent pas sur leur perchoir à l’approche de la fin, elles s’accroupissent comme pour couvrir leurs œufs. Le coq lui, n’a pas rentré dans le poulailler. Une fois que les poules furent rentrées dans le poulailler à la pénombre, il s’est retiré à l’écart sous le balcon pour y terminer ses dernières heures.
    ... suite
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    21 décembre 2011 13 h 43
    … suite Histoire de poules heureuses.
    Les quelques poules qui restèrent n’ont pas semblé être affectée du départ de leur congénère mâle; même qu’elles paraissaient encore plus libres du fait qu’elles n’avaient plus à le surveiller du coin de l’œil pour fuir à toute allure ses bas instincts. Il n’y avait plus de réveil nocturne, la vie paraissait encore plus belle. Les poules n’étaient plus ensemencées, les œufs n’étaient que des ovules non viables comme la très grande majorité des œufs dans les poulaillers industriels. Quel gaspillage? Ils ont au moins engraissé la terre de mon terrain.

    C’était le beau temps, maintenant je n’en garde plus mais à partir de cette expérience il me semble que dans cette création, l’être humain a son mot à dire et quelque chose à faire à part que d’exister comme n’importe la quelle autre espèce. Il ne fait pas toujours les choses de la bonne façon et il semble qu’il en fasse un tas de la mauvaise mais avec le temps il apprend et même que l’histoire nous montre qu’il a effectivement appris.

    Ah oui! J’avais aussi un canard et une canne qui cohabitaient … Mais je suis sûr que vous en avez assez de cette belle vie en dehors du bitume et du béton de vos villes en train de réinventer la morale plus que de parler santé sous un incertain nuage gris. Est-ce si difficile de vivre sans se culpabiliser d’exister comme être humain? Votre végétarisme et votre véganisme sous les fausses raisons de la santé et d’une morale réinventée ne sont-ils pas l’expression de votre désenchantement de la nature essentiellement imparfaite de l'être humain, une philosophie nihiliste?
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  • Kqun Kqpar - Inscrit
    28 décembre 2011 15 h 04
    Et si les carottes souffrent elles aussi??
    Effectivement, les végétaux pourraient posséder un système nerveux qui leur serait propre (de la même façon que pour l'un la cellule fait de la photosynthèse et que pour l'autre, c'est plutôt de la combustion)

    Et si on le découvre ce système nerveux végétal, qu'il est prouvé que les végétaux souffrent eux aussi. Les végans vont ils manger que des fruits??

    Pour ma par je suis plutôt welfariste. La poule dans mon jardin est heureuse, le chevreuil dans le clot l'est aussi. Je suis un omnivore doté d'une conscience morale (ce que n'a pas le requin)
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  • Patrick González - Inscrit
    2 janvier 2012 09 h 51
    Les animaux ne sont pas des individus
    Il y a place à développer une morale concernant les rapports de l'homme avec les animaux mais je trouve idiot de se préoccuper du sort d'une poule. Une poule n'est pas un individu. Celui qui écrase une fourmi en installant un enclos pour préserver une fourmilière ne fait pas le mal. J'imagine qu'un grand singe pourrait être considéré comme un individu.

    En outre, votre argument d'autorité à l'effet que "La majorité des philosophes qui pensent avant d'ouvrir la bouche s'accordent, au minimum, pour condamner l'élevage industriel" ne me convainc pas. Sur quelle base peuvent-ils le faire ? Sur la base que les humains n'accepteraient pas qu'on les soumette eux-mêmes à un tel traitement ? Je ne vois pas en quoi ce qui est bon ou mauvais pour nous le serait aussi pour des espèces qui sont très différentes de la nôtre.

    Une réflexion morale sur nos rapports avec les animaux nous concerne exclusivement. C'est de notre morale dont il s'agit, pas de la leur s'ils en ont une et pas d'une morale qui engloberait tout le règne animal parce que, si un tel concept a un sens (ce dont je ne suis pas sûr), je ne vois pas comment nous pourrions prétendre être en mesure de la développer. D'ailleurs, ne nous leurrons pas : si on étend un jour le cercle de la moralité pour inclure certains animaux, ce sera avant tout pour satisfaire la sensibilité de certains humains comme votre amie et non pour assurer la cohérence de notre système. Vu ainsi, et à la veille des fêtes, votre amie m'apparaît comme une casse-pieds que je me garderais d'inviter à mon réveillon.
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