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Le Devoir de philo - André Gorz militerait contre les gaz de schiste

L'écologie politique préconisée par le philosophe privilégie une critique radicale de notre société et démystifie les récupérations sournoises du mouvement «vert»

Jonathan Durand Folco: «Pour juger de la pertinence d’exploiter les gaz de schiste, le gouvernement Charest a choisi l’évaluation environnementale stratégique. Mais est-ce une bonne façon d’envisager et de justifier l’exploitation actuelle des ressources naturelles?»<br />
Photo : Clément Allard - Le Devoir
Jonathan Durand Folco: «Pour juger de la pertinence d’exploiter les gaz de schiste, le gouvernement Charest a choisi l’évaluation environnementale stratégique. Mais est-ce une bonne façon d’envisager et de justifier l’exploitation actuelle des ressources naturelles?»
Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie, d'histoire et d'histoire des idées le défi de décrypter une question d'actualité à partir des thèses d'un penseur marquant.

La manière dont nous évaluons l'exploitation de nos ressources naturelles ne serait-elle pas le symptôme d'une crise plus profonde nécessitant une critique de notre vision politique de l'écologie? Pour juger de la pertinence d'exploiter les gaz de schiste, le gouvernement Charest a par exemple choisi la méthode de l'évaluation environnementale stratégique (EES).

Un comité a été mandaté pour mener cette EES. Dans celui-ci, comme Le Devoir le révélait l'an dernier, «le secteur des affaires et les hauts fonctionnaires qui représentent le gouvernement» détiennent ensemble huit des onze sièges.

Ainsi, les écologistes et les autres acteurs de la société civile sont largement sous-représentés, et ce, même si une forte mobilisation citoyenne réclame actuellement un moratoire sur l'exploration et l'exploitation des énergies sales au Québec, le temps de nous réorienter vers un développement énergétique, économique et social alternatif.

Mais la question fondamentale demeure la suivante: l'EES représente-t-elle une bonne façon d'envisager et de justifier l'exploitation actuelle des ressources naturelles?

Pour répondre à cette question, on peut relire avec profit un article du philosophe et journaliste français André Gorz (1927-2007), cofondateur du journal Le Nouvel Observateur. Dans L'écologie politique entre expertocratie et auto-limitation, Gorz distingue deux approches antagonistes de l'écologie. Le choix entre ces deux tendances est lourd de conséquences, non seulement pour la nature mais surtout pour les générations futures.

Expertocratie

«La première approche, qui s'appuie sur l'étude scientifique de l'écosystème, cherche à déterminer scientifiquement les techniques et les seuils de pollution écologiquement supportables, c'est-à-dire les conditions et les limites dans lesquelles le développement de la technosphère industrielle peut être poursuivi sans compromettre les capacités auto-génératrices de l'écosphère.»

Comme André Gorz le soulignera dans Ecologica (2008), cette approche ne rompt pas fondamentalement avec l'idéologie de l'«industrialisme» et son hégémonie de la raison instrumentale. Elle limite le pillage des ressources naturelles en lui substituant une gestion rationnelle.

Il s'agit d'une approche «environnementaliste» ou «préservationniste» qui s'inquiète avant tout de ménager la nature (sur le modèle du management). Elle opère par une hétérorégulation, c'est-à-dire par la mise en place de normes réglant les individus de l'extérieur. Pour Gorz, «des médias régulateurs tels que le pouvoir administratif et le système des prix sont chargés de canaliser les comportements des consommateurs et les décisions des investisseurs vers un but qu'ils n'auront besoin ni d'approuver ni de comprendre pour le réaliser.»

Dans le cas des gaz de schiste, les experts de l'EES se chargeront de produire des prévisions et réglementations sans que les citoyens aient à réfléchir ou à remettre en question le développement global de la société.

Une telle prise en compte des contraintes environnementales entraîne donc une extension du pouvoir techno-bureaucratique et de la rationalité économique. «Elle abolit l'autonomie du politique en faveur de l'expertocratie, en érigeant l'État et les experts en juges des contenus de l'intérêt général et des moyens d'y soumettre les individus.» La société civile est ainsi écrasée par une prise en charge biaisée par les intérêts de l'industrie, la philosophie utilitariste et l'idéologie capitaliste.

Écologie politique

De son côté, l'écologie politique n'a pas eu à attendre des rapports scientifiques sur les changements climatiques et le pic pétrolier pour critiquer la détérioration du milieu. «La nature dont le mouvement exige la protection, écrit Gorz, n'est pas la Nature des naturalistes ni celle de l'écologie scientifique: c'est fondamentalement le milieu qui paraît naturel parce que ses structures et son fonctionnement sont accessibles à une compréhension intuitive; [...] parce que sa conformation familière permet aux individus de s'y orienter, d'interagir, de communiquer spontanément en vertu d'aptitudes qui n'ont jamais eu à être enseignées formellement.»

Autrement dit, la culture du quotidien doit résister à la «colonisation du monde vécu» en passant par la valorisation des savoir-faire intuitifs et vernaculaires; faire son propre pain, jardiner, réparer ses vêtements, garder les enfants de son voisin sont autant de manières de s'émanciper des rapports marchands et administrés.

C'est pourquoi les premières manifestations du mouvement écologique, datant du XIXe siècle, s'opposaient à la dépossession du milieu de vie et à la détérioration culturelle causée par l'exploitation industrielle, sans que soit encore en jeu la survie de l'humanité.

«Ce milieu était bouleversé, technicisé, bétonné, colonisé pour correspondre aux exigences de la mégamachine industrielle. Celle-ci aliénait aux habitants le peu qu'il leur restait du milieu naturel, les agressait par des nuisances et, plus fondamentalement, confisquait le domaine public au profit d'appareils techniques qui symbolisaient la violation par le capital et par l'État du droit des individus à déterminer eux-mêmes leur façon de vivre ensemble, de produire et de consommer.»

L'exemple de la filière des gaz de schiste est frappant à cet égard. Bien qu'elle semble procéder d'un choix technique, elle provient plutôt d'une orientation politico-économique: elle prévoit une croissance toujours plus élevée des besoins d'énergie (au lieu de programmes d'efficacité énergétique), privilégie la concentration de techniques lourdes et dangereuses (l'hydrofracturation est maintenant interdite en France), tout en négligeant l'intérêt des communautés (mépris des citoyens et des municipalités) et les risques évidents pour l'environnement (pollution de l'eau, de l'air et de la terre du bassin agricole du Saint-Laurent).

Évidemment, plusieurs s'indignent du colonialisme évident des groupes privés qui s'approprient sans vergogne les ressources naturelles du territoire québécois en ne redonnant que de minuscules redevances et quelques emplois à la population.

Mais l'État ne peut régler l'ampleur du problème par la simple instauration de normes environnementales et en demandant un peu plus d'argent aux industries. D'après le philosophe Ivan Illich (1926-2002) — dont Gorz s'inspire abondamment —, nous sommes schématiquement devant le dilemme suivant:

- ou bien nous nous regroupons pour imposer aux industries des limites qui protègent les milieux de vie et l'épanouissement des communautés (option conviviale);

- ou bien les limites nécessaires pour absorber les dommages irréversibles causés à l'environnement par des techniques lourdes seront calculées et planifiées par des experts et des institutions centralisées (option techno-autoritaire, voie sur laquelle nous sommes déjà engagés).

L'autolimitation

L'écologie politique opère une critique radicale de notre société en démystifiant les récupérations sournoises du mouvement écologiste. Ne sommes-nous pas martelés par la notion de développement durable alors qu'il est généralement utilisé comme simple outil de marketing social permettant de vendre des marchandises prétendument vertes (écoblanchiment)?

Gorz ne manque pas d'humour lorsqu'il dit: «L'écologie, c'est comme le suffrage universel et le repos du dimanche: dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l'ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l'anarchie et de l'obscurantisme. Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles, on vous accorde ce qu'on vous refusait hier et, fondamentalement, rien ne change.»

Ce qui est nécessaire, aux yeux de Gorz, ce n'est pas un réajustement superficiel du système économique mais un changement de mentalité et une réorientation globale de notre civilisation. C'est pourquoi il oppose au «capitalisme vert» un écosocialisme également hostile au néolibéralisme et au socialisme autoritaire des modèles soviétique et chinois. Pour dépasser la religion de la croissance illimitée, nous devons d'abord assurer l'autolimitation, qui est explicitement entravée par la rationalité économique qui exacerbe les besoins en vue d'accroître ses profits.

«Le modèle de consommation du capitalisme développé résulte ainsi de l'exigence propre au capital de créer le plus grand nombre possible de besoins et de les satisfaire par le plus grand flux possible de marchandises. La recherche de l'efficacité maximale [...] exige ainsi l'inefficacité maximale dans la couverture des besoins: le gaspillage maximum.»

C'est pourquoi Gorz nous exhorte à redéfinir nos besoins, c'est-à-dire à établir une norme commune du «suffisant» permettant de limiter notre production et notre consommation.

Cela ne peut être imposé de force par l'État ni laissé au libre choix des consommateurs placés devant des marchandises écoénergétiques. Il faut d'abord sortir de la société de travail qui nous condamne à ne pas produire ce que l'on consomme, à ne pas consommer ce que l'on produit et à ne profiter du temps libre qu'en consommant du divertissement.

Cela doit passer par une «politique d'ensemble qui demande aussi qu'on repense l'architecture et l'urbanisme, les équipements et services publics, les rapports ville-campagne, de manière à décloisonner les sphères de vie et d'activité, à favoriser les échanges auto-organisés».

Le but est de favoriser l'autoproduction par la réduction du temps de travail et un revenu suffisant garanti. Les individus pourraient ainsi devenir moins dépendants du marché et des prises en charge par l'État car ils pourraient répondre à leurs besoins en reconstituant «un tissu de solidarités et de socialité vécues, fait de réseaux d'aide mutuelle, d'échange de services, de coopératives informelles».

L'écologie politique préconisée par Gorz permet d'éclairer les enjeux écoénergétiques du Québec. Le 3 octobre, Le Devoir mentionnait que «le premier ministre Jean Charest juge intéressante la proposition de Lucien Bouchard de faire du gouvernement un partenaire financier pour le développement des gaz de schiste. Mais le Québec n'est pas rendu là, a dit M. Charest, qui veut d'abord s'assurer que l'exploitation de la ressource est sécuritaire».

En somme, les futures décisions du gouvernement reposeront entièrement sur les conclusions de l'EES, qui se limite pourtant à un calcul coûts-bénéfices, mettant dans un même panier les risques pour la santé et l'environnement ainsi que les profits potentiels pour l'industrie privée et l'État.

Or, cette «expertocratie» ne remet pas en question l'hégémonie de la rationalité économique qui effrite les rapports humains, détruit l'environnement et menace le sort des générations futures au nom du profit qui prescrit des besoins de croissance illusoires. Autrement dit, les mots d'ordre des politiques néolibérales préconisées par M. Charest ne sont pas «justice sociale et écologique», mais «sécurité et croissance».

De plus, l'État ne semble pas à l'écoute de ses milliers citoyens alarmés. Ceux-ci ne s'inquiètent pas de la disparition potentielle de lointaines espèces menacées mais de la dégradation actuelle et illégitime de leur milieu de vie, de leurs conditions d'existence.

Une étude de marché?

À quoi serviraient des milliards de dollars à l'État si notre agriculture était rendue impossible en raison d'une contamination induite par ces centaines de produits chimiques qui seraient injectés dans le sol?

Pourquoi développer des filières énergétiques industrielles (pétrole, gaz et hydroélectricité) alors que nous entrons dans une ère postindustrielle, où chacun pourrait mieux construire sa maison (autoconstruction) ou encore électrifier sa communauté des éoliennes autogérées?

Une EES formée par des ingénieurs, des lobbyistes et des fonctionnaires est-elle la bonne façon de favoriser l'économie locale, de donner la parole aux citoyens et d'assurer la souveraineté alimentaire de la population?

Faut-il une étude de marché d'une ou deux années pour sécuriser une telle entreprise ou faudrait-il plutôt faire un examen de conscience collectif sur la manière dont nous devons organiser le monde de demain?

Espérons qu'en 2012 se lèvera la critique de l'«expertocratie» et le début de l'autolimitation démocratique et conviviale.

***

Jonathan Durand Folco - Doctorant en philosophie à l'Université Laval, l'auteur étudie les connexions entre l'ontologie sociale, l'écologie politique et l'économie solidaire.

***

Des suggestions, des commentaires? Écrivez à Antoine Robitaille: arobitaille@ledevoir.com. Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo ou du Devoir d'histoire: www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo.
Jonathan Durand Folco: «Pour juger de la pertinence d’exploiter les gaz de schiste, le gouvernement Charest a choisi l’évaluation environnementale stratégique. Mais est-ce une bonne façon d’envisager et de justifier l’exploitation actuelle des ressources naturelles?»<br />
Le philosophe et journaliste français André Gorz (1927-2007), cofondateur du Nouvel Observateur, oppose au «capitalisme vert» un écosocialisme, également hostile au néolibéralisme et au socialisme autoritaire des modèles soviétique et chinois.
 
 
 
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    7 janvier 2012 07 h 08
    Encore !!!
    Excellent article, on en veut d'autres comme celui-là !

    Serge Grenier
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  • Robert Ouellet - Abonné
    7 janvier 2012 08 h 11
    Intéressant... sauf que...
    Très intéressant, sauf que plusieurs arguments sont non-fondés ce qui enlève beaucoup de poids à l'argumentaire.

    Si comme M.Durand dit...
    ''À quoi serviraient des milliards de dollars à l'État si notre agriculture était rendue impossible en raison d'une contamination induite par ces centaines de produits chimiques qui seraient injectés dans le sol? ''
    Comment expliquer que le Texas, paradis de l'exploitation pétrolière et gazière depuis plus d'une centaine d'années soit le 1er producteur agricole aux Etats-Unis???

    Personnellement, je n'ai rien contre le fait que les québécois puissent faire le choix collectif de dire non aux développement de ses ressources au nom d'une certaine écologie, mais faudra pas venir se plaindre lorsque le chomage sera à la hausse...

    A ce titre , il était assez paradoxal, pathétique et triste de voir M.Kadhir, champion intesté du modèle anti-capitaliste... s'humilier en demandant cette semaine à M.Labeaume d'intervenir auprès de Papiers White Birch pour sauver des emplois....
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    7 janvier 2012 09 h 30
    Où l'utopie écologiste vient remplacer le marxisme
    "Pourquoi développer des filières énergétiques industrielles (pétrole, gaz et hydroélectricité) alors que nous entrons dans une ère postindustrielle, où chacun pourrait mieux construire sa maison (autoconstruction) ou encore électrifier sa communauté des éoliennes autogérées?"
    Je n'en crois ni mes oreilles ni mes yeux! De l'utopie à foison pour les sept milliards dont plus de la moitié vivent déjà dans des agglomérations urbaines! Sans le "scientisme'"' nous serions probablement tous morts de faim ou de violence à l'heure actuelle, en accord avec la vision de Malthus.
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  • Nicolas Thibodeau - Abonné
    7 janvier 2012 10 h 26
    Consultation Publique en ligne
    De fil en aiguille je me posais la question, QUI sont les onze homo sapiens membres du comité pour l'évaluation environnementale stratégique?

    Cherchez, googlez, vous les retrouverez... On devrait ensuite acheter un claim sur leur propriété, forer un trou pour évaluer la possibilité d'exploiter sous leur pieds. Ainsi, ces onzes sages pourront comprendre avec plus de profondeurs le poids de leur jugement à venir. La pureté de l'eau, l'air et de la terre québécoise est entre leurs mains.

    Les onze se retrouvent finalement au lien suivant:
    http://ees-gazdeschiste.gouv.qc.ca/le-comite/sa-co
    Les nommer c'est remettre l'imputabilité de leur responsabilité humaine:
    Robert Joly, Pierre Boucher, Sébastien Desrochers, Corinne Gendron, Michel Lamontagne, Michel Malo, Marianne Molgat, John Molson, Jean Perras, Lucie Ramsay et François Tanguay.

    Entre temps, la population impuissante est invitée à suivre un lien qui vous mènera à la compagnie Génivar pour compléter un sondage en ligne jusqu'au 15 janvier... http://www.ees.gouv.qc.ca/consultation-alerte.asp

    Expertocratie quand tu nous tiens, doit-on dire adieu Démocratie?
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  • Richard Evoy Richard Evoy - Abonné
    7 janvier 2012 10 h 42
    Une révolution des consciences
    Une révolution de consciences. Voilà ce que les sages de tout temps ont professés. Prendre conscience de l'importance de nos pensées et de nos actes. Comprendre que notre bien-être dépend de celui de nos frères et soeurs et de notre relation avec la nature.Ce sont toutes nos croyances et notre système de valeur qui sont à remettre en question, pas une simple allégeance politique.

    Les ressources de la Terre qui restent sont précieuses et ne doivent plus être gaspillées pour le simple motif du profit et de la poursuite du mythe de la croissance infinie. Ce message, ce ne sont pas Québécor ou Fox ou des gouvernements mis en place par leur soin qui vont en faire la promotion parce qu'il est contraire à leurs intérêts. Donner le status de "personne morale" à des corporations est une erreur historique qui est une source directe de malheur , de destruction et de mort car une corporation n'a pas de conscience ayant un quelconque potentiel d'évolution spirituelle. L'évolution intérieure des individus puis des valeurs collectives est la manière qu'ont toujours eu les humains d'évoluer dans leurs têtes et dans leurs coeurs ce qui leur sert ensuite de fondations sur lesquelles bâtir des civilisations en accord avec leurs valeurs et leur croyances. Or, se fier à une corporation sans âme ou à des représentants payés par elles pour déterminer ce qui est bien ou mal n'a aucun sens.

    Nous faire prendre conscience de ce cul-de-sac du système valeurs corporatiste est un des messages véhiculé par le mouvement #Occupy, Vivement ensuite l'avènement d'une véritable economie basée sur les ressources www.thezeitgeistmovement.com
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    7 janvier 2012 11 h 13
    L'important c'est de réfléchir actuellement au monde de demain.
    Excellent article qui nous permet de soupeser les enjeux écologiques du monde qu'on veut pour les générations futures : un monde techno-autoritaire fondé sur l'expertocratie, ou un monde convivial autogéré, à visage humain. Un autre monde est-il possible ou est-ce une utopie. ? Ce sont les utopies d'hier qui ont amené le monde d'aujourd'hui : celle de la Révolution américaine - L'American Dream - et de la Révolution française : liberté, égalité, fraternité. André Gorz se situe encore dans les limites de ces deux utopies modernes. Il veut marier écologie et socialisme démocratique. Soulignons seulement que l'expertocratie qu'il dénonce existait aussi dans les régimes communistes et menace aussi l'écologie politique. Par contre , les communes autogérés, des producteurs indépendants d'électricité par éoliennes ou par énergie solaire, il y en a de plus en plus, bien que ce mouvement soit encore marginal. Ça rejoint des mouvements comme l'union paysanne, le «slow movement» et tout le mouvement altermondialiste de ceux qui comme moi rêvent encore d'un autre monde meilleur, plus humain et plus démocratique.
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  • armand guindon - Inscrit
    7 janvier 2012 12 h 41
    l'État Hyjacké
    Par les avides insatiables qui ne se contenteront pas s'arrêter de sitôt.
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  • France Marcotte - Abonnée
    7 janvier 2012 13 h 31
    Enfin!

    C'est ça messieurs, chipoter sur les modalités et passez à côté de l'essentiel.

    Vous ne voyez pas que la publication du texte de ce jeune homme est un évènement extraordinaire?
    Les écailles ne vous en tombent pas des yeux?

    "...Gorz distingue deux approches antagonistes de l'écologie. Le choix entre ces deux tendances est lourd de conséquences, non seulement pour la nature mais surtout pour les générations futures."
    "...l'écologie politique n'a pas eu à attendre des rapports scientifiques sur les changements climatiques et le pic pétrolier pour critiquer la détérioration du milieu. «La nature dont le mouvement exige la protection, écrit Gorz, n'est pas la Nature des naturalistes ni celle de l'écologie scientifique: c'est fondamentalement le milieu qui paraît naturel parce que ses structures et son fonctionnement sont accessibles à une compréhension intuitive..."
    "Ce milieu était bouleversé, technicisé, bétonné, colonisé pour correspondre aux exigences de la mégamachine industrielle. Celle-ci aliénait aux habitants le peu qu'il leur restait du milieu naturel..."
    "Il faut d'abord sortir de la société de travail qui nous condamne à ne pas produire ce que l'on consomme, à ne pas consommer ce que l'on produit et à ne profiter du temps libre qu'en consommant du divertissement."

    Mais il m'attriste un peu en disant que la critique de "l'expectocratie" n'est pas encore commencée alors que c'est un peu grâce à nos cris de détresse que son texte est aujourd'hui publié.
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  • Jonathan Durand Folco - Inscrit
    7 janvier 2012 14 h 19
    De l'utopie?
    Plusieurs thèses dans le texte ne sont pas pas argumentées, en raison d'une limitation d'espace m'obligeant à moins nuancer mon propos. La superficie limitée du bassin agricole québécois, ainsi que des différences géographiques notables empêche une comparaison simpliste entre le Québec et le Texas.

    Ensuite, l'autoconstruction et les éoliennes autogérées pourraient être facilement généralisées (notamment dans les régions), sans pour autant représenter la seule solution au problème énergétique du Québec. Évidemment, nous ne pouvons pas tout bâtir d'après ce modèle unique, mais le modèle hégémonique actuel n'est pas le fruit de la meilleure science et des meilleures techniques disponibles.

    D'ailleurs, il y a une grande différence entre le "scientisme" et la science. Le scientisme est l'idéologie selon laquelle la science a le monopole de la vérité, idée étroitement liée à la technocratie qui considère que tous les problèmes humains peuvent recevoir une réponse technique. L'humanité s'est très bien débrouillée sans le scientisme, et il est absurde de croire que le salut de l'homme passe par la foi en la toute puissance de la science.

    Pour ce qui est de Malthus, même si sa vision économique a permis à Darwin d'élaborer sa théorie de la sélection naturelle, son application aux affaires humaines, étroitement liée au darwinisme social, est solidaire d'une vision pessimiste de l'homme et glisse facilement vers l'eugénisme.

    Pour ce qui est des emplois, Khadir est très cohérent lorsqu'il défend les intérêts bafoués des employés de White Birch, et les milliers d'emplois qui pourraient être créés partout au Québec en raison d'un virage vert. Les quelques emplois dans l'industrie des gaz de schiste ne seront pas viables à long terme, et les miettes qui iront à l'économie locale des communautés exploitées ne seront rien devant les profits des industries. Les gaz de schiste violent le droit des habitants au n
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  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné
    7 janvier 2012 16 h 10
    Écologiste ou environnementaliste ?

    À mes étudiant-e-s de maîtrise (SCO 8270) et de premier cycle (SCO 4432) de la prochaine session d’Hiver 2012 - débutant lundi prochain le 9 janvier 2012 – qui me (re)poseront cette fréquente question sur la distinction à faire entre l’écologiste (que je suis) et l’environnementaliste (y incluant la plupart de mes collègues professeurs à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM), je pourrai cette fois-ci leur répondre, mieux encore que par le passé, que cette différence ne saurait être plus intelligemment expliquée que par le brillant doctorant Jonathan Durand Folco.

    Qui plus est, voici ce que j’ai publié, un peu plus tôt ce matin, sur le « mur » de ma page personnelle FaceBook => « Souscrivant à la "pensée" d’André Gorz (qui est aussi « complexe » que celle d’Edgar Morin, mon "penseur" français contemporain préféré), je décerne un A (virtuel) à cette belle réflexion philosophico-écologico-socio-existentielle de Jonathan Durand Folco. »

    Écolocordialement,

    DANIEL CLAPIN-PÉPIN
    Écologiste humaniste altermondialiste coopérativiste postcapitaliste
    Professeur de gestion, éthique et comptabilité environnementales
    au Département des sciences comptables
    de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM
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  • Godfax - Inscrit
    7 janvier 2012 17 h 51
    Anti-scientisme
    Mes quel sont vos preuves et vos valeurs pour préconiser une solution aussi réactionnaire et fantasmé? Votre « anti-scientisme » semble être votre un mobile qui vous autorise le droit de suggérer des solutions sans aucun fondement scientifique comme si votre bonne volonté suffisait.

    Vous le faite au nom de l’emprunte écologique ou vous pensez sérieusement qu’une économie de style artisanal serais bénéfique pour la population.

    Au niveau écologique, si chaque personne produit ses consommations, l’emprunte écologique augmentera assurément. Une production de masse demande énormément moins de ressource et d’énergie par volume de production. Si chaque personne a son atelier, sa forge, etc le temps de travaille par personne augmentera et le nombre de ressource consommé par capital également. Centralisé la production permet de produire plus avec moins.

    Au niveau sociaux-économique, notre civilisation a permit une émancipation incroyable face au dure travaille manuelle. Revenir à une production artisanal ferais que la plus par des citoyens ne pourrais plus s’instruire car elle n’en aurais pas le temps. Vos grandes études philosophique aurais été impossible dans ce genre de société; en avez vous conscience?

    À mon avis, c’est votre vision de l’humanité qui est fondamentalement le problème; vous voyer la civilisation industrielle comme quelques chose de contre-nature.

    L’humanité peut comprendre les lois de l'univers; elle dispose d’une capacité créative unique dans la biosphère; elle est capable de surpasser les limites des ressources car elle les défini elle même par ça capacité à les transformer selon sa compréhension de la nature.
    L’humanité augmente sa capacité d'accueil en modifiant la planète, et ce n’est pas un mal; c’est la nature de notre espèce de concevoir une technostructure toujours plus efficace. C'est ce qui nous donne le temps de réfléchir; c'est ce qui nous rend plus libre.
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  • Francois Laforest - Abonné
    8 janvier 2012 00 h 18
    Excellente contribution au débat !
    Votre texte est une très belle contribution à un débat qui évacue un peu trop facilement les dangers de la technocratisation par les experts des grands enjeux sociaux. Les gouvernements qui s'appuient sur des comités d'experts délèguent leurs responsabilités premières en créant dans les faits une nouvelle classe de gestionnaires de l'État, un nouvel intermédiaire obligé entre la population et les élus. Aussi, vous visez juste en opposant de la sorte «justice sociale et écologie» versus «sécurité et croissance». L'EES, dans ce contexte et bien que paradoxalement, répond très bien à une certaine vision manichéenne de la gestion du territoire. L'autolimitation démocratique et conviviale, comme vous le dites, nous l'expérimentons déjà et les conséquences qui en découleront risquent d'être lourdes en termes de qualité de vie. Mais plus que tout, vous avez également réussi à nous donner le goût de lire cet auteur, André Gorz, ce qui ne devrait pas déplaire à M. Robitaille du Devoir.
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  • Christian Methot - Abonné
    8 janvier 2012 00 h 33
    Un devoir de philo de cégep
    En lisant le devoir de philo cette semaine, je n'ai pu m'empêcher de songer à mes années en sciences humaines au cégep, lorsque nous dénoncions, en nous fiant aux écrits les plus démagogiques de la gauche morale, la mondialisation, les marchés, McDonald, la ZLÉA, l'ALENA, etc.

    Un jour, le cégep se termine et nous faisons face à la vraie vie. Finalement, tout n'est pas si manichéen que nous l'avions pensé. Il n'y a pas de dilemme entre (1) un retour à la terre et l'abolition de toute forme d'économie capitaliste ou (2) la poursuite d'un capitalisme débridé avide de profits qui nous conduit inexorablement vers la fin de l'humanité. La réalité se situe plutôt entre les deux..

    Bien qu'il ne faille pas baser notre vie sur des objets matériels, on ne peut que constater qu'il est agréable d'en posséder et qu'ils améliorent beaucoup notre existence. L'ordinateur que j'utilise actuellement, mes antibiotiques, même mon manteau d'hiver, sont des objets que je ne pourrai jamais produire seul (ni même en communauté réduite), quand bien même toute l'organisation sociale serait radicalement modifiée. Face à cette réalité, on ne peut que constater la vacuité d'une affirmation du genre : « Il faut d'abord sortir de la société de travail qui nous condamne à ne pas produire ce que l'on consomme, à ne pas consommer ce que l'on produit (...)».

    Dans le même ordre d'idée, l'auteur du devoir de philo de la semaine vante simultanément « l’autoconstruction » de sa maison et le principe d'écoénergie. La construction d'une maison écoénergétique une foule de corps de métiers spécialisés, allant de l'architecte à l'ingénieur, en passant par l'électricien. Certes, il est possible de construire sa maison sans l'aide d'aucune de ces personnes, mais il y a de bonnes chances qu'essayer de la maintenir simplement à 12 degrés en hiver fasse exploser le compteur d'Hydro. Dans ce contexte, ce n'est pas deux ou trois éoliennes artisana
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    8 janvier 2012 03 h 16
    Neuter?
    D'accord ici:

    Non au gaz de schiste! Ça va presque de soi!
    Non à la croissance infinie! Au moins autant!
    Sans exclure la science, oui à la justice sociale et écologique!

    Mais à

    « [...] faire son propre pain, jardiner, réparer ses vêtements, garder les enfants de son voisin sont autant de manières de s'émanciper des rapports marchands et administrés. » -DURAND-FOLCO, Jonathan

    s'oppose

    « Chacun, chaque groupe, pourrait dans son coin réaliser son bout d'utopie. Il se fera sans doute plaisir, mais cela ne changera pas grand-chose au système, puisque sa force découle du fait que les agents adoptent un comportement individualiste. De même que "consommer vert" ne change pas la logique de marchandisation universelle, "cultiver son jardin alternatif" ne menace aucunement le capitalisme, puisque l'essentiel pour lui est que les "agents" soient divisés et agissent sans coordination. Les alternatives pourraient même le renforcer, en palliant l'affaiblissement organisé par les capitalistes des tâches protectrices de l'État, rendant [le capitalisme] de ce fait supportable. De surcroît, insérées isolément dans un système fonctionnant selon d'autres critères, elles ne pèsent pas sur la répartition globale des revenus. » -KEMPF, Hervé, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, Seuil - L'Histoire immédiate, Paris, 2009, page 121

    Les «alternatives» ne pèsent également pas lourd sur l'instruction publique qui doit être universaliste et gratuite depuis Condorcet, instruction tenue de réaliser le partage de nos connaissances du monde (expertes ou non). Elles ne pèsent pas non plus sur la gratuité des services de santé. Ni sur l'injustice mondiale. Sans compter que l'«intuition» toute chargée de communautarisme fait le lit de la guerre...

    Impossible, donc, de faire radicalement sans la normativité de l'État ou d'instances internationales (CIJ, OME ou TJCE), et sans la science objective voire la raison, comme chez Illich ou Gorz,.
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  • vincent dostaler - Inscrit
    8 janvier 2012 06 h 11
    Occupons notre environnement!
    Il ne s'agit plus de revendiquer, mais d'agir! ... À qui revendiquer des droits alors que plus personne ne se pose en répondant de ces droits. Il est grand temps de passer à l'action! Le temps de la revendication doit faire place au temps des responsabilités et aux actions légitimes pour se protéger d'un capitalisme devenu fou!
    Occupons notre environnement!

    Merci mille fois pour cette réflexion solide et pour l’originalité de l’angle qu’elle présente!
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  • Louis Aubin - Abonné
    8 janvier 2012 10 h 39
    Très bon texte, merci !
    C'est toute la différence entre l'écologie par en bas et l'écologie par en haut ! En quelques mots:

    L’écologie par en bas se caractérise par le fait qu’elle est avant tout politique, elle cherche à faire respecter les droits environnementaux en questionnant et en voulant réformer le système économique qui est responsable de la dégradation de la planète. C’est une écologie par et pour les citoyens, où la société civile est interpellée pour changer les choses. Elle critique fortement la technoscience, la société industrielle et l’idéologie de la croissance, c’est donc une écologie de combat qui veut mettre en lumière les conflits de la société et qui propose des ruptures systémiques à travers des solutions démocratiques. L’écologie par en bas propose la notion de décroissance et interroge les besoins que la société de consommation néolibérale a réussi à enfoncer dans l’imaginaire individuel et collectif. L’écologie par en bas remet en question la croissance, la pensée unique et l’idéologie du marché.

    L’écologie par en haut, associé au développement durable, ne remet pas en question la croissance, elle tend même à favoriser son expansion. Quand l’écologie par en bas veut faire de la politique, le développement durable lui, fait de la gestion. Le développement durable tend à nier qu’il existe un rapport entre dominants/dominés, il tend à nier également les rapports sociaux et les divisions politiques. Également, comme dit l'auteur, on peut constater que le développement durable est une écologie d’experts, ce sont les spécialistes qui détiennent le pouvoir décisionnel en conjonction avec l’état (écologie étatique) qui aujourd’hui, défend et fait la promotion de l’ordre établi sans remettre en cause la structure économique de la société. Le développement durable est une doctrine politique qui développe une conception technocratique de l’écologie et qui porte la possibil
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  • Jonathan Lafontaine - Inscrit
    8 janvier 2012 10 h 43
    Autolimitation
    Est-ce de l'autolimitation si c'est imposé oumême suggéré par un autre?
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  • Gérald McNichols - Abonné
    8 janvier 2012 12 h 48
    La croissance est le dogme de nos sociétés
    La population en général ne sait pas que l'état obéit par choix à une utopie économique basée sur la croissance présentée comme un idéal. L:es membres des cercles fermés du pouvoir politique sont formés dans les collèges et facultés qui défendent ces valeurs. Le texte de Monsieur Durand Folco dérange parce qu'il dévoile ce que l'on se garde généralement d'expliquer.

    Le philosophe Arne Naess fondateur de l'écologie profonde a recours au concept d'expérience de la réalité pour décrire un type de relation directe qui unit certaines personnes avec le territoire, la nature et le sol et qui vivent en dépendance avec la nature, comme c'est le cas des sociétés traditionnelles à même d'appréhender la sensibilité et la fragilité de leur environnement.

    Le scientisme soutient l'exploitation des ressources naturelles, l'aménagement et les transports essentiellement voués à satisfaire le profit et la croissance.

    Chaque humain devrait avoir le droit de participer au débat essentiel qui consiste à se demander collectivement ce qu'on veut faire de la vie. Il passerait ainsi du rôle d'objet à celui de sujet. Il y a quelques temps leur seul rôle économique était celui de producteur-consommateur. Il est par la suite devenu emprunteur de sorte que sa valeur économique est cédée à l'avance. Il n'a plus de choix. Au Québec, la valeur économique d'un citoyen se réduit à celle de contribuable-bénéficiaire.

    Les modèles élaborés par les scientistes sont incapables d'évaluer les connaissances tirées l'expérience de la réalité parce qu'elles n'ont pas de valeur nominale. Le résultat est désastreux comme en Pennsylvanie.

    Une fois que les outils de production sont élaborés pour le développement dit contrôlé, ils sont détournés pour le développement sauvage qui existe partout sur la planète. Curieusement, les élites qui tirent partie du pillage de cette richesse qu'ils prétendent "créée", recherchent des îlots l
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  • Daniel Berube - Abonné
    8 janvier 2012 13 h 03
    @ Godfax
    Vous dites que si chacun verrait à s'autosuffire, les impacts environnementaux seraient beaucoup plus sévère que ce qui est produit de façon industrielle, que la centralisation est l'idéal : diminuer autant que possible le nombre d'endroits producteurs et les grossir au plus gros de tout les maximum... et les problèmes environnementaux seront réglés ! Il n'y a rien de plus simple...

    Alors, fermer toute les porcheries de la planète et n'en faire qu'une seule: l'urine des porc ne contiendrais plus de phosphore ! Fantastique ! UNE porcherie de 20 milliards de porcs ne causerait plusd aucun problème environnementale ! Merveilleux !

    Les quelques puits de gaz de schiste qui occasionne problème au Québec dû à leur fuites... Donnons feux vert à ces projets, qu'ils en fassent des dizaines de milliers au Québec seulement, et ils ne causeront plus problème ! Fantastique !

    Donc, Monsanto avait raison : les problèmes agricoles actuels au niveau des légumes entre autre, sont dû aux petits particuliers qui se font un petit jardin derrière leur maison : c'est à cause d'eux que Monsanto doit tant travailler avec les OGM : donc, interdisons aux familles de se faire un jardin familliale, ou aux municipalités d'autoriser des "jardins communautaires" dans leur milieux ! Problèmes agricoles résolus !

    Vous terminez en disant: "C'est ce qui nous donne le temps de réfléchir, c'est ce qui nous rend plus libre " Personnellement, je crois plus en cette parole de sage qui disait:
    " L'homme n'est vraiment libre que quand il peut vivre du seul travail de ses mains "

    Sans doute n'avons nous pas les mêmes notions du mot " LIBERTÉ "...

    Vous semblez croire plus en l'avoir qu'en l'être, que l'on ne devient quelqu'un que lorsque l'on a quelque chose... ou en d'autres termes, que c'est l'argent qui fait le bonheur... oui, pour certains, c'est vrais : n'ayant pas réussi à devenir quelqu'un, ils ont préféré devenir quelque chose... Oh! my God...
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  • MJ - Inscrite
    8 janvier 2012 13 h 25
    Les contradictions de notre système économique (1)
    Surexploiter la nature, et la gérer comme une entreprise privée, en pressant le citron jusqu’à la contamination des terres, de l’eau et de l’air est suicidaire. Le modèle dominant, qui préconise une croissance économique sans freins, implique aussi un asservissement accru des personnes au travail afin de se procurer les multiples biens non durables (vite devenus “obsolètes”) que propose notre société de consommation. “La simplicité volontaire”, véritable philosophie de vie, prônée par le docteur Serge Mongeau dans son livre éponyme, vise, entre autres, à se libérer de besoins artificiellement créés par l’industrie et, dont la publicité envahissante fait la promotion à grande pompe, sans tenir compte des ressources limitées de la planète ni de valeurs humaines plus importantes comme le partage et la solidarité.

    Par ailleurs, les développements scientifiques et technologiques ont accru la longévité et rendu la vie plus confortable pour bon nombre de gens. Cependant, pour d’autres moins instruits, affectés par de mauvaises conditions de travail, licenciements, maladies et autres difficultés, leurs conditions de vie se sont détériorées.
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  • MJ - Inscrite
    8 janvier 2012 13 h 28
    Les contradictions de notre système économique (2)
    Les technocrates qui détiennent une expertise dans un domaine spécifique, sont devenus dans notre société - que cela nous plaise ou non - ceux qui sont les plus “employables” et qui bénéficient des meilleures conditions de vie et de travail. Les sciences et les technologies occupent désormais une place prépondérante, modifiant nos conditions de vie et de travail, comme en témoignent les découvertes scientifiques dans de nombreux domaines.

    En comparaison, ce ne sont pas les emplois non qualifiés qui vont permettre aux individus d’améliorer leur sort. Notre monde se complexifie et, pour y vivre et le comprendre, il faut des connaissances actualisées. D’où l’importance de rendre l’éducation universitaire et les études avancées accessibles. Dans nos villes, chacun est de plus en plus isolé et affronte son destin individuel, pour le meilleur et pour le pire. Ce ne sont pas nécessairement les groupes communautaires (qui pullulent) qui contribuent à combler les lacunes dans les diplômes et connaissances d’individus laissés pour compte, aux prises avec des problèmes de survie. Il y a aussi une limite aux changements et réorientations professionnelles qu’un individu peut absorber au cours de sa vie.
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  • Gabriel Normandeau - Abonné
    8 janvier 2012 14 h 46
    experthocratie
    M. Folco, je vous remercie de votre article. Je suis aussi content que vous ayez répondu aux commentaires ci-haut. Ceci m'a permis de répondre à mes interrogations quand je me suis posé lors de ma lecture. J'étudie présentement dans le milieu environnemental et j'avais le pressentiment qu'il y a avait deux courant de pensée dans le monde environnemental (Je les avais surnommé l'écologisme et l'environnementalisme parce que je n'avais pas trouvé de mots plus proche.)

    Votre article m'a permis de définir ce que ce que je voyais et entendait. Présentement au baccalauréat, on m'apprend la version "expert" du milieu. Êtrangement, elle n'est pas du scientisme. Si la base est scientifique, on me montre qu'agir en scientifique n'est pas la meilleur solution aux problèmes environnementaux. On me parle d'indicateurs et de valeur humaine. Je suis souvent dans le flou parce qu'il n'y a rien d'assez solide (bien que publié dans des revues scientifiques) pour être appeler vérité. On m'apprend plus une méthode de travail qu'un cadre strict du travail.

    Le seul bémol que je vous donne, c'est l'analyse assez simple de l'étude environnemental stratégique. Ce n'est pas un calcul des ratios coûts/bénéfices. C'est un calcul complexe des ratios coûts/bénéfices. Comment calculer en chiffre le bien-être d'une population ou ses paysages? Comment peut-on savoir ce qui lui est importante? Qu'est-ce qu'on peut faire? Il y a-t-il plusieurs solutions?
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  • Daniel Berube - Abonné
    8 janvier 2012 17 h 21
    @ GODFAX partie II
    Vous ne semblez pas réaliser que la centralisation réalise aussi la concentration, et que la concentration en un même milieu de quantité industrielle d'un même produit (même naturel) peut devenir une menace pour ce milieu.

    Essayez de voir la chose d'un autre angle: nombre de petites fermes réparties sur grand de territoire, diminuera la concentration et la quantité de produit secondaire provenant de la ferme. Je suis venu au monde sur une ferme qui a cesser ses activitée quand j'avais 14 ou 15 ans. Nous avions 7 vaches, 3 ou 4 porcs, 8 à 10 moutons, 2 chevaux (au début), 12 à 15 poules... et un tas de fumier pour tout çà: avec de la paille sous les vaches et autres animaux, le tas de fumier ne contenait pas une seule sorte de résidus animaliers, mais de 5 types d'animaux différent... alors ce fumier n'avait pas les odeurs de celui d'aujourd'hui... la paille retenait les liquides et le tout se "compostait" au fur et à mesure que l'année avançait...

    L'industrialisation semble être pour vous ce qui a sauver l'humanité... moi je la vois de plus en plus comme étant ce qui la menace, car votre industrialisation a presque vidé la mer de combien d'espèces ? Dénude des pays entiers de leur forêts, parfois agissant comme poumons de la planète. Ils replantent des arbres ? oui, mais presque exclusivement de l'épinette, qui causera un affaiblissement des sols en minéraux pour cette espèce, qui affaiblira aussi la santé de ces épinettes, et favorisera, de par leur nombre, la multiplication des insectes, tel la tordeuse, qui est justement en hausse actuellement dans plusieurs régions du Québec.

    Et vous savez, le savoir chez l'homme a permis de faire de merveilleuses choses, mais a aussi permis d'en faire d'autres, tel la bombe nucléaire, à hydrogène... et quantité de ces armes n'attendent qu'à être utilisées...

    Pour ma part, je demeure avec une confiance plus grande en la nature qu'en la science de l'homme...
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    9 janvier 2012 03 h 01
    Du «dilemme» science - écologie politique
    Détails autour du prétendu dilemme science - écologie politique.

    En fait, en cautionnant ce dilemme, l'article laisse entendre que l'écologie politique est sans fondement scientifique. Du coup, il implique que l'écologie politique relève au final de l'éthique de la conviction, ou de l'acte de foi.

    Ainsi en suivant ce dilemme, quelle place accorder à l'écologie politique dans l'instruction publique? Quelques heures dans le cours ECR?

    Cette question illustre en quoi est pédagogiquement ruineux de placer une dichotomie radicale entre science et écologie politique: cela prive l'écologie politique d'une justification rationnelle.

    Sur le plan pratique, puisque l'article mentionne les éoliennes, il ne rompt pas avec la science et ses précieuses méthodes d'optimisation. On peut penser ici au livre des ingénieurs, ces «experts», Reid et Saulnier: L'Éolien au coeur de l'incontournable révolution énergétique. Fera-t-on de ceux-ci des experts dangereux « pour la nature mais surtout pour les générations futures »?

    Et puisqu'il y est question de schiste, on peut aussi mentionner Kim Cornelissen, dont le projet de biométhanisation éclairé de l'expertise suédoise pourrait être une progressiste solution de dépassement au gaz de schiste... si bien sûr, il y a un réel et impérieux besoin de gaz au Québec... On peut aussi penser à Marc Durand dont l'analyse géologique éclaire scientifiquement les risques de la fracturation hydraulique. Ou a Robert W. Howarth pour l'impact en GES du développement du gaz de schiste.

    Au final, entre science et écologie politique, il ne doit pas y avoir dilemme ou rupture, mais alliance, par endroit du moins. Il n'y aura pas de révolution pour une écosolidarité globale sans inclure des experts. On ne peut mettre tous les experts du coté du capitalisme fanatique, sans faire une erreur stratégique majeure.

    La ligne de feu est entre utilité immédiate et développement durable.
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  • Helpaul - Inscrit
    9 janvier 2012 09 h 30
    @Ouellet et St.Cyr....
    Les sables bitumineux sont au pétrole ce que les gazs de schyste sont au gaz naturel: des restants que l'on veut exploiter malgré les couts et les dangers pour l'environnement parce qu'on veut "encore faire une cenne avec ca!" Il y aurait beaucoup d'emploi a créer dans les énergioes vertes s'il y avait une volonté politique. L'utopie c'est de penser qu'on peut encore continuer a agir comme on le fait présentement. Et quand on a une conscience sociale on pense au bien public avant son portefeuille et on n'a pas peur de s'humilier en essayant de sauver des emplois...
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    9 janvier 2012 14 h 00
    Regard peu critique sur le philosophe Gorz
    Bien que brillant et valeureux, le jeune doctorant en philosophie manque passablement de recul par rapport au philosophe dont il applique intégralement aux gaz de schiste l'approche plutôt radicale et tranchée. Voici un extrait de Gorz dont on voit plus loin que l’étudiant la fait entièrement sienne : « Autrement dit, la culture du quotidien doit résister à la «colonisation du monde vécu» en passant par la valorisation des savoir-faire intuitifs et vernaculaires; faire son propre pain, jardiner, réparer ses vêtements, garder les enfants de son voisin sont autant de manières de s'émanciper des rapports marchands et administrés.»

    J'ai vécu et grandement aimé dans les années 40 ce genre d'écologie naturelle : 10 vaches, trois chevaux, 4 cochons, 20 moutons, du foin, de la luzerne, du lin et toutes les étapes d'une ferme autogérée. Mais, pour le meilleur comme pour le pire, nous ne pouvons retourner à ces années dont certains regrettent la disparition. Si Jonathan Durand Folco s'était quelque peu dissocié de ce volet nostalgique du philosophe, l'ensemble de son analyse prendrait une envergure de beaucoup supérieure. Quand on applique la pensée d'un philosophe (20e siècle nostalgique du passé), l'on n'est pas obligé d'utiliser intégralement tout ce qu'il a écrit. On peut faire des choix et critiquer certaines de ses affirmations, dont celle que je cite plus haut.

    Oui pour des décisions gouvernementales où seraient entendus des citoyens de tous les horizons. Non pour un retour à un passé où chaque producteur était plutôt polyvalent et faisait appel à la communauté pour certaines corvées, comme l'échange entre plusieurs fermiers du seul pouvoir à cheval du village pour battre le grain, ou la contribution du voisinage pour la construction de la maison, etc.
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  • Helpaul - Inscrit
    9 janvier 2012 17 h 32
    @Audet
    Mais il faut bien constater que l'agriculture industrielle a dores déja dépassé les limites de ce que la planete peut supporter... Alors? Il reste la troisieme voie de l'agriculture "responsable" pour ne pas employer le trop galvaudé terme de "durable". Pour ma part j'ai appliqué les principes d'écoclogie naturelle, comme vous dites, dans les années soixante/soixante-dix... Et j'y reviens, apres une incursion dans le monde corporatiste du métro-boulot-dodo.
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    10 janvier 2012 09 h 55
    L'argent justifie les moyens.
    «Ils veulent nous ramener au Moyen-Âge», dit le ministre fédéral des Ressources naturelles Joe Oliver.

    Il souhaite même que l’évaluation écologique des grands projets énergétiques soit menée plus rapidement et certainement sans les groupes écologiques et sans les citoyens.

    Monsieur Durand Folco pensez-vous que le ministre des ressources naturelles du Canada accepterait cette pensée sur une écologie politique que préconise le philosophe. Accepterait-il de critiquer radicalement la société pour démystifier les récupérations sournoises du mouvement «vert»?

    J'en doute, il est d'un autre âge, l'âge de pierre.
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    10 janvier 2012 10 h 59
    @Helpaul
    Sincèrement, je vous envie un peu. À mon âge évidemment il n'est pas question de ce retour à la terre. Mais vous, si vous y voyez une pierre à placer dans la construction d'un avenir plus écologique, bravo.

    Vous écrivez : «Pour ma part j'ai appliqué les principes d'écologie naturelle, comme vous dites, dans les années soixante/soixante-dix... Et j'y reviens, après une incursion dans le monde corporatiste du métro-boulot-dodo.»

    J'aime beaucoup ce «pour ma part». Comme je suis curieux, j'aimerais connaître davantage votre nouvelle expérience. Je vous joins exceptionnellement mon courriel. Au plaisir de vous lire bientôt, si le cœur vous en dit : jean.pierre.audet@videotron.ca

    Que signifie pour vous une «agriculture responsable»? En quoi peut-on la qualifier de troisième voie? Merci et bonne continuation dans vos nouveaux projets. J'oubliais de mentionner la cinquantaine de poules que notre père recevait d'abord bébés par le train et gardait au chaud par une invention ingénieuse : un poèle qu'il avait muni d'un thermostat et de grandes ailes de métal sous lesquelles les poussins jaunes se réfugiaient. Déjà à six ans, c'est moi que ma mère envoyait tuer la poule pour le dîner du dimanche. Avec la hache sur une grosse souche sur laquelle la poule acceptait docilement d'étendre son cou. Et la glacière extérieure dans laquelle je mettais chaque jour de l’hiver une couche d’eau tirée du ruisseau. C'était, d'une certaine façon le bon vieux temps.
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  • Claire Picotte - Abonnée
    10 janvier 2012 11 h 12
    Nature durable plutôt que développement durable
    Bravo pour votre article!
    J'ai l'ai bien trouvé un peu ardu en première partie mais je crois que lorsque l'on aborde les gaz de shiste, tout s'éclaire. Pour le plan Nord, je crains aussi le colonialisme de l'industrie. C'est un milieu si fragile et spécial le grand nord, il y a la nature et les gens, leur langue, leur culture.
    C'est certain qu'il y a une bonne dose d'idéalisme mais l'ère postindustrielle, il faut l'envisager sérieusement. Je crois que les indignés que nous avons eu dans nos villes peuvent s'inspirer de vos propos.
    Les milieux naturels et les terres cultivées ont rétréci autour de Montréal. Même les parterres, en ville ont diminué de surface avec les nouveaux condos bâtis directement sur le trottoir. Il n'y a plus de place parfois pour y planter un seul arbre. Les villes cherchent l'argent des taxes et les promoteurs savent s'y prendre.
    Claire, ing.f.
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    11 janvier 2012 23 h 01
    Évolution
    La nature est libre... Elle se développe, elle évolue!
    Et par conséquent la nature humaine aussi. Libre d'anticiper des interactions résultant en bonum ou en malum aussi...

    L'opposition radicale nature durable et développement durable est donc mal définie. À moins d'exclure l'humain de la nature... Et alors la priorité donnée à la nature durable sur le développement durable mène plus loin encore que l'écologie profonde, ce qui n'est pas sans danger pour l'humain. Lorsqu'une mouche a plus de droits qu'un humain, pourquoi lutter contre la pauvreté au tiers monde ou ailleurs, pourquoi aider les pays en voie de développement? Pourquoi l'instruction publique? Pourquoi nos services de santé, pourquoi au fond l'économie sociale et solidaire?

    Lorsque des humains non instruits et simplistes d'esprit seront en quête d'un tel extrême qu'ils en arriveront à s'exercer au «respirianisme» et l'imposeront
    à leur progéniture, seront-ils à même de lutter pour le développement des énergies renouvelables et l'abandon des combustibles fossiles?

    À la limite, même Hans Jonas dans son Principe responsabilité n'allait pas prétendre la supériorité de la nature durable sur le développement humain.

    L'humain est un objet-naturel en interaction dans un objet-naturel qu'est le monde. Et il va presque de soi que l'humain est susceptible de le modifier par son action. Nous reste à savoir les limites acceptables, les zones d'équilibre à nos actions et notre développement de façon à maximiser la liberté universelle de l'humain, d'aujourd'hui et de demain. Sur cette voie, il serait farfelu d'exclure radicalement la science et ses experts. Et par définition, si le développement humain est durable, son contexte, l'environnement, ou la «nature» si on tient tant à faire radicalement cette séparation, le sera autant. La voie du centre consiste donc à observer les deux également.

    N'est-ce pas d'ailleurs le sens de la Déclaration Buffon endossée par
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  • Danielle D - Inscrite
    12 janvier 2012 14 h 10
    « L'échelle de l'ignorence n'a de meilleur "révélateur" que la connaissance répertoriée...»
    « La nature de toute chose ne se découvre que par l'anima intuitif »...

    Danielle Drolet.
    Femme mur «par nature» et libre penseure.
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    13 janvier 2012 03 h 53
    Se peut-il que la prétention n'ait pas de genre?
    Peut-être nutritif pour l'«ignorence», voici une illustration de ce que la nature nous apprends sur l'instinct:

    « Il est de bon ton de s'émerveiller devant l'intelligence et la perfection de l'instinct animal; il faudrait plutôt s'étonner parfois de la stupidité et de l'absurdité de l'instinct. Ce qui différencie l'instinct du comportement désirant, c'est l'aveuglement du premier et son ignorance du but. C'est l'instinct qui précipite l'insecte contre la lampe. » -VINCENT, Jean-Didier, Biologie des passions, Odile Jacob, Paris, 2002, page 182

    À la limite, dans l'aveuglement et l'ignorance de l'optimal collectif, c'est l'instinct, l'incivilité, l'inculture qui précipite Michael Binnion, à opter pour le développement immédiat du gaz de schiste, cette ressource vite épuisée, plutôt que de collaborer, par ses capitaux, avec l'État et les agriculteurs pour développer la biométhanisation, source d'énergie susceptible de durer, elle, autant qu'il y aura des agriculteurs et des humains.

    L'instinct, ce n'est pas tout, ou du moins, puisqu'il est hors de question d'opposer radicalement intuition et raison sans sombrer dans de cléricales ségrégations de genre, il peut-être collectivement fort utile d'effectuer progressivement son développement du spontané au systématique, pour reprendre le Discours sur l'esprit positif.

    D'ailleurs, on oublie trop souvent en quoi des lois écrites, pour peu que la Constitution leur donne cette force, sont plus positives que l'animation passagère des dirigeants en place et plus aptes à protéger les humains contre les abus de pouvoir. Le retrait de Kyoto par le gouvernement Harper pourrait ici être une illustration, non privée de pertinence, de ce propos.

    P.S.: «N'est-ce pas d'ailleurs le sens de la Déclaration Buffon endossée par l'IQBIO?», voilà la finale qu'on aurait due lire au message précédent inopinément coupé (son texte fait moins de 2000 caractères).
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  • gilbert troutet - Inscrit
    15 janvier 2012 11 h 04
    Excellent article
    Merci, Jonathan, pour cette réflexion, où je me retrouve tout à fait. Il faut, en effet, penser autrement, en dehors du modèle qui prévaut depuis la fin du XIXe siècle. Un simple exemple : les gouvernements, les analystes, les journalistes nous ressassent à longueur de pages et de journées le taux de croissance de l'économie. Mais pourquoi une économie ne serait-elle pas viable sans qu'il y ait croissance? Dans un univers limité, on ne peut pas «croître» indéfiniment. Il y a un mur en avant. C'est le moment de ralentir et de faire demi-tour. Je suis content qu'il y ait des jeunes qui se lèvent pour voir «un peu plus haut, un peu plus loin.»
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  • Jonathan Durand Folco - Inscrit
    16 janvier 2012 13 h 07
    Un radicalisme modéré partie 1
    Dans ce texte, je présentais une version tranchée du développement, une alternative dure entre deux options, qui sont moins des états de choses que des idéaux régulateurs. Le point de vue de l’écologie politique n’est pas celui d’une abolition de l’État et d’un retour à la Terre, la rêverie pastorale d’un monde non-civilisé. Il n’est pas question de retourner au labeur, contre l’efficacité productive de la société industrielle. Si vous lisez les textes sur la société post-industrielle (Alain Touraine, Daniel Bell, etc.), nous entrons maintenant dans une nouvelle ère, où l’économie immatérielle joue un rôle central. Les utopies concrètes de nouveaux groupes écologistes sont déjà en voie de réalisation : agriculture urbaine et soutenue par la communauté, mariage du logiciel libre et de la culture DIY, pouvoir croissant de la knowledge class, émergence des créatifs culturels, développement de la permaculture, de l’écodesign, revalorisation des façons de vivre en ville, etc.

    Dans ce texte, je présentais une version tranchée du développement, une alternative dure entre deux options, qui sont moins des états de choses que des idéaux régulateurs. Le point de vue de l’écologie politique n’est pas celui d’une abolition de l’État et d’un retour à la Terre, la rêverie pastorale d’un monde non-civilisé. Il n’est pas question de retourner au labeur, contre l’efficacité productive de la société industrielle. Si vous lisez les textes sur la société post-industrielle (Alain Touraine, Daniel Bell, etc.), nous entrons maintenant dans une nouvelle ère, où l’économie immatérielle joue un rôle central. Les utopies concrètes de nouveaux groupes écologistes sont déjà en voie de réalisation : agriculture urbaine et soutenue par la communauté, mariage du logiciel libre et de la culture DIY, pouvoir croissant de la knowledge class, émergence des créatifs culturels, développement de la permacu
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  • Jonathan Durand Folco - Inscrit
    16 janvier 2012 13 h 08
    un radicalisme modéré partie 2
    Par ailleurs, l’écologie politique ne vise pas à effacer toute science et toute technique ; au contraire! Que l’on pense à l’ingéniosité du design, à l’hybridation de l’agriculture et des réseaux informatiques, au concept de technologie approprié, au fait que certaines choses devraient être produites centralement (avec un maximum d’efficacité) pour répondre à des besoins essentiels, alors que d’autres seraient laissées libres pour l’autoproduction et la valorisation de l’autonomie via le renforcement de coopératives d’habitation, voilà toutes sortes de stratégies déjà en pleine expansion. Regardez des villages comme Saint-Camille en Estrie ou encore le GREB à la Baie, la fête des semences et toute une nouvelle culture qui dépasse l’opposition entre tradition et modernité ; le projet écologiste n’apparaitra plus comme une vision réactionnaire opposée à la libération des forces productives (marxisme orthodoxe). L’écologie sera bien le dépassement de l’industrialisme, car elle mettra le production au service de l’homme, plutôt que l’inverse. La production à tout prix, la croissance aveugle de l’Amélioration, ne sera plus une manière légitime de refuser le droit à l’homme d’Habiter le monde (Karl Polanyi).
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    20 janvier 2012 02 h 28
    Merci Jonathan
    Merci pour ce passage du «dilemme» de Gorz ou d'Illich à une disjonction, inclusive selon la pratique logique.

    En fait non seulement il peut difficilement y avoir dilemme en tant qu'état de chose, mais même en termes de visée (l'ontologie du «pas encore» chez Bloch, le penseur marxiste de l'utopie concrète) ou de téléonomie (cf. Monod) et d'idéaux régulateurs, il semble peu pertinent d'effectuer une rupture radicale entre écologisme et environnementalisme, entre l'écologie politique des citoyens «autonomes» et l'environnementalisme hétérorégulateur de l'État.

    L'exemple du gaz de schiste peut illustrer encore ce propos. Ce qu'espèrent de nombreux citoyens, dont je suis, offrant une opposition à la fois dynamique et rationnelle à l'industrie du gaz de schiste c'est l'interdiction sans équivoque. Dans le cas présent, seul l'État peut rendre effective l'espérance de voir cette interdiction s'appliquer globalement sur l'ensemble de son territoire. Or pour M. Binnion, il va de soi qu'une telle régulation ne peut-être qu'une hétérorégulation, une régulation qui le règle, en tant qu'individu, de l'extérieur. Ainsi, dans cette visée même, l'écologie politique ne se passe pas de l'hétérorégulation étatique.

    Et on peut pousser le raisonnement encore un peu. En effet, dans sa visée (Meinen) générale, l'écologie politique ne rompt avec l'environnementalisme, la «raison instrumentale» et la recherche d'«efficacité maximale» (voir Gorz, plus haut) car elle tient à l'«efficacité énergétique». Ce qu'énonce, contre Gorz, le message précédent.

    Pour ma part, l'écocitoyenneté me semble un effort de synthèse visant une raison sensée, i.e. riche d'un sens commun; cela prolonge ses racines dans une part de raison instrumentale - d'où ses experts - et dans une part de sens humain, citoyen, artistique dont la Campagne pour le moratoire d'une génération, Wo! et Dominic Campagne ont pu nous donner le goût - ces parts pouv
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  • Pierre Rambaud - Inscrit
    17 février 2012 14 h 33
    Exercice brillant!
    Avec un peu de retard je viens de prendre connaissance de cet excellent devoir de philo. Bravo.
    À moins d'avoir mal compris le but de l'exercice certains commentaires me surprennent. Ils tentent d'entreprendre une critique des fondements de la pensée de Gorz en les attribuants à Jonathan Durand Folco.
    Selon moi, ce dernier a brillamment répondu à la demande en analysant certaines attitudes actuelles - entre autre l'utilisation de l'évaluation environnementale stratégique - face à des enjeux humains, sociaux, économiques et politiques de l'heure; sous l'angle de la pensée de M. Gorz.
    Mieux encore, en si peu de mots (limites obligent) et quelques répliquent, il n'a pas dérogé de son exercice de vulgarisation de la pensée d'un personnage aussi discret que marquant.
    Pour le reste, il faudrait s'en référer au penseur lui-même, ou... attendre la thèse de M. Jonathan Durand Falco. Pour ma part, ces quelques mots m'ont lancé sur quelques pistes et j'en remercie leur auteur. PR
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