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Le Devoir de philo - Sous Harper, Henry David Thoreau cesserait de payer ses impôts

Quelque 150 ans après sa mort, l'inventeur de la désobéissance civile nous permet de saisir le caractère illégitime du gouvernement fédéral actuel

Chrystian Ouellet   18 février 2012  Le Devoir de philo
Le philosophe américain Henry David Thoreau (1817-1862)<br />
Photo : International Portrait Gallery
Le philosophe américain Henry David Thoreau (1817-1862)

À retenir

    Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie, d'histoire et d'histoire des idées le défi de décrypter une question d'actualité à partir des thèses d'un penseur marquant.
2 mai 2011: le Parti conservateur obtient une majorité de sièges aux élections. Immédiatement, le «nouveau» gouvernement Harper se hâte de mettre en place son programme politique controversé en faisant adopter des projets de loi qui, dans un contexte minoritaire, pouvaient être bloqués par les partis d'opposition.

Dans plusieurs dossiers, les conservateurs font fi de l'avis de représentants de la société civile, de l'opinion de scientifiques et d'experts, donnent l'impression qu'ils sont résolus à réaliser coûte que coûte leur programme et non à se préoccuper du bien commun.

Le projet de loi C-10, qui permet un durcissement du système pénal, et le C-19, qui abolit le registre des armes à feu, ont entre autres été soumis aux voix à la Chambre des communes après que le gouvernement eut coupé court aux débats.

Heureusement, de nombreuses critiques se font entendre, mais celles-ci dépassent le simple et banal mécontentement lié à des différends idéologiques. Une véritable crise de légitimité semble éclater, laquelle pourrait fournir une explication à un événement qui a pu sembler surréaliste cette semaine: la déclaration de Justin Trudeau selon laquelle il n'écarterait pas une éventuelle indépendance du Québec pour résister à une mutation trop radicale du Canada.

Il faut dire que la crise de légitimité n'a pas débuté en mai 2011. Depuis 2006, on observe le mépris dont Stephen Harper fait preuve à l'endroit des institutions démocratiques; entre autres, son usage abusif de la prorogation. Plusieurs ont légitimement critiqué ses affronts aux droits de la personne (pensons au cas d'Omar Khadr), sans compter ceux en matière d'accès à l'information.

Cette semaine encore, les conservateurs ont été vivement critiqués pour leur douteuse légitimation de la torture «dans des cas exceptionnels», discutable sur le plan moral mais aussi sur le plan juridique, étant donné les engagements pris antérieurement par le Canada sur la scène internationale.

Héritier d'une tradition

Devant un tel gouvernement, il y a fort à parier qu'un Henry David Thoreau contemporain aurait depuis longtemps opté pour la désobéissance civile. C'est ce que le philosophe américain avait fait en 1846 pour protester contre la politique esclavagiste de son pays et la guerre offensive menée au Mexique.

Il refusa carrément de payer ses impôts, ce qui lui valut un court séjour en prison. Quels principes et arguments l'auteur de La désobéissance civile (1849) évoquerait-il aujourd'hui? Quelles raisons profondes motiveraient ce choix?

Thoreau a créé et popularisé la notion de désobéissance civile, laquelle fut reprise au XXe siècle par les Gandhi et Luther King, notamment. Bien qu'innovateur à cet égard, il est en fait l'héritier d'une longue tradition remontant à la Grèce d'Antigone, pour laquelle il existe une justice universelle et des droits naturels à respecter au-delà des simples conventions humaines contingentes. Celle-ci a conduit à l'adoption de chartes des droits. Au-delà des systèmes de justice respectifs de chaque État, il existe des principes universels qui doivent être respectés en tout temps et en tous lieux.

Qu'est-ce qui permet de reconnaître ces principes? Thoreau répond simplement: «La conscience.» C'est elle qui permet de tracer la ligne entre le juste et l'injuste. «Le citoyen doit-il un seul instant, nous dit-il, dans quelque mesure que ce soit, abandonner sa conscience au législateur? Pourquoi, alors, chacun aurait-il une conscience? Je pense que nous devons d'abord être des hommes, des sujets ensuite. Le respect de la loi vient après celui du droit. La seule obligation que j'aie le droit d'adopter, c'est d'agir à tout moment selon ce qui me paraît juste.»

Agir en suivant sa conscience est un devoir à l'égard de soi et un devoir de citoyen. Pour pouvoir vivre en paix avec soi-même et pour ne pas, par notre inaction, supporter objectivement l'injustice, il importe de désobéir aux lois injustes.

Selon nous, c'est d'abord et avant tout le modèle de l'exercice du pouvoir préconisé par les conservateurs qui inciterait de nos jours Thoreau à opter pour la désobéissance civile. Ce modèle valorise un pouvoir unitaire, centralisateur, peu ouvert aux critiques. Dans cette optique, la diversité des pôles de décision, loin d'être perçue comme un gage de démocratie, est traitée comme un obstacle inutile au gouvernement.

Ce dernier a donc procédé à l'abolition du registre des armes à feu malgré le désaccord de plusieurs provinces, dont le Québec. Il a durci les peines à l'endroit des jeunes contrevenants en dépit de toutes les études démontrant l'efficacité d'un système axé sur la réhabilitation. Il s'est retiré de Kyoto et a renié la parole et l'engagement de l'État canadien malgré les protestations internationales.

Thoreau pensait qu'un régime politique n'était légitime que s'il laissait le plus de place possible à l'exercice du pouvoir par le citoyen, lequel devrait avoir préséance sur l'État: «Il n'y aura jamais d'État vraiment libre et éclairé, nous dit le philosophe, tant qu'il ne reconnaîtra pas l'individu comme un pouvoir plus altier et indépendant, d'où dérivent son propre pouvoir et son autorité, et qu'il ne le traitera pas en conséquence.»

Cette logique — l'individu fonde l'État — condamnerait certainement l'attitude du gouvernement Harper à l'endroit du sort du prisonnier Omar Khadr, dont il a obstinément reporté à répétition le rapatriement de la prison de Guantánamo. Dans cette affaire comme dans celle, terrible, de Maher Arar —torturé en «sous-traitance» en Syrie —, les droits fondamentaux de citoyens canadiens ont été totalement bafoués. Il y aurait là pour Thoreau une raison en soi de désobéir, quitte à se faire emprisonner. Car, «sous un gouvernement qui emprisonne un seul être injustement, la juste place du juste est aussi la prison», écrivait-il.

Attention, Thoreau n'incitait pas tout individu à désobéir au moindre signe d'injustice de la part du gouvernement. Les injustices sont nombreuses et certaines sont plus graves que d'autres: «Toutes les machines connaissent des frictions [injustices]; et il se peut que celles-ci soient assez profitables pour contrebalancer le mal. Mais quand la friction vient à posséder la machine [...], je déclare: refusons de supporter plus longtemps cette machine.»

S'il ne relève pas de la responsabilité de l'individu de se battre contre toutes les injustices, le citoyen responsable a néanmoins un devoir de vigilance à l'égard de l'autorité: il ne doit pas lui obéir aveuglément. Il lui faut s'attaquer aux errements et aux abus du pouvoir étatique lorsque sa conscience le juge absolument nécessaire. Et pour Thoreau, permettre que soient violés les droits de certains citoyens — comme Khadr et Arar — constitue sans contredit une dérive inacceptable du pouvoir.

Guerre injuste

Par ailleurs, on peut penser que le philosophe s'élèverait également contre la politique étrangère agressive instaurée par le gouvernement Harper et le tournant militariste qu'il a opéré. La guerre en Afghanistan, notamment, a un caractère offensif et la décision de poursuive dans cette voie ouverte par les libéraux aurait vraisemblablement été jugée tout à fait condamnable par Thoreau.

Pour le philosophe, seules les guerres motivées par la légitime défense sont justifiables. Or, dans ses fondements mêmes, l'intervention militaire en Afghanistan viole ce principe fondamental de justice lié au droit d'entrer en guerre. Lorsque la guerre n'a pas un but défensif, elle constitue «l'oeuvre d'un nombre relativement restreint d'individus qui se servent du gouvernement permanent comme d'un outil personnel», écrit Thoreau.

Certains se demanderont si une guerre injuste constitue un motif suffisant pour violer la loi d'un État démocratique au sein duquel il existe de nombreuses autres possibilités de se faire entendre. Or, quand «tout un pays est injustement envahi et conquis par une armée étrangère [...], nous dit Thoreau, il n'est pas trop tôt pour que les hommes honnêtes se rebellent et fassent la révolution. Ce qui rend le devoir d'autant plus urgent, c'est que le pays ainsi envahi n'est pas le nôtre, mais que notre armée est l'armée d'invasion.»

Autrement dit, puisque notre gouvernement est à la source d'une injustice — que Thoreau jugerait absolument inadmissible —, on ne peut plus attendre les prochaines élections pour faire changer les choses, ni fonder nos espoirs sur de simples pétitions, ni même compter sur les gestes sporadiques des groupes de pression. Ces mesures respectueuses de la loi, trop dociles aux yeux de Thoreau, peuvent même contribuer à soutenir indirectement l'injustice que commet notre gouvernement.

Suffrage universel

En somme, quelque 150 ans après sa mort, Thoreau nous permet de saisir le caractère illégitime du gouvernement fédéral actuel. On peut ne pas être d'accord ou estimer dépassé le moyen qu'il privilégia, lui, pour se faire entendre. On dira que nous vivons en démocratie; nous disposons de certains moyens, telle l'élection qui permet de se «débarrasser d'un gouvernement» lorsqu'il ne convient plus.

On pourrait objecter aussi que la désobéissance civile est encore moins légitime dans le contexte qui est le nôtre, puisque le gouvernement actuel est majoritaire. Admettons que cette légitimité démocratique n'est pas très forte. Seuls 61 % des Canadiens se sont rendus aux urnes, et parmi ceux-ci, plus de 60 % ont voté contre les conservateurs.

De toute manière, Thoreau soutenait que le vote populaire est insuffisant lorsqu'on souhaite un véritable renversement de situation. S'il était démocrate — c'est-à-dire partisan d'une certaine démocratie libérale qui accorde une place prépondérante aux droits de la personne —, il croyait toutefois important de compter sur les prises de conscience individuelles et sur les gestes d'éclat.

Cette voie préserve la conscience de ceux qui s'y adonnent et encourage les autres citoyens à adopter un mode de vie plus consciencieux. Le suffrage universel lui apparaissait inefficace pour établir la justice, car il jugeait qu'«il y a peu de vertu dans l'action des masses d'hommes. [...] Le sage ne laissera [donc] pas la justice à la merci du hasard, il ne souhaitera pas la voir l'emporter par le pouvoir de la majorité.»

On peut trouver excessif le pessimisme de Thoreau. Mais lorsqu'un gouvernement comme celui de Stephen Harper nage en plein déficit de légitimité et donne au surplus l'impression de mépriser la démocratie et les exigences de la transparence, il apparaît pressant aux yeux de plusieurs de songer à se tourner vers des moyens plus radicaux, comme ceux que Thoreau a mis en pratique, afin de dénoncer un état de fait de plus en plus intolérable.

***

Chrystian Ouellet - Professeur de philosophie au collège de Valleyfield.

***

Des suggestions, des commentaires? Écrivez à Antoine Robitaille: arobitaille@ledevoir.com. Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo ou du Devoir d'histoire: www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo.
Le philosophe américain Henry David Thoreau (1817-1862)<br />
Chrystian Ouellet: Thoreau a créé et popularisé la notion de désobéissance civile, qui fut reprise au XXe siècle notamment par les Gandhi et Luther King. Bien qu’innovateur à cet égard, il est en fait l’héritier d’une longue tradition remontant à la Grèce d’Antigone.
 
 
 
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  • Nimporte quoi - Inscrit
    18 février 2012 09 h 50
    Décorum biologique
    Taboire, la conscience découverte en 1849. Ça explique bien des choses ;- )

    1. Héritier d'une tradition

    Tant qu'à parler de tradition, j'aurais aimé qu'on précise que Harper a non seulement fait reculé le Canada, mais qu'il l'a fait passer du Casque bleu au casque noir! Ce n'est pas seulement un recul, c'est un « justicier » en moins sur la planète.

    Les Casques bleus et la « non-ingérence » du Canada, dans mon esprit de souverainiste génériquement hérité, ont toujours laissé glaner un malaise que Harper a dissipé sans l'ombre d'un doute!

    Non seulement j'ai ma propre nation, mais en plus la leur est sale!

    2. La conscience, héhé! S'il y a quelqu'un que je ne mets pas en doute, c'est bien elle!

    « Agir en suivant sa conscience est un devoir à l'égard de soi et un devoir de citoyen ».

    C'est un devoir de marcher debout et par en avant? C'est un devoir de se coucher le soir? C'est un devoir d'aimer? La conscience est avant tout un organe qu'on développe et qu'on entretient comme n'importe quelle partie du corps. On ne suit pas sa conscience par devoir, mais par bon sens.

    C'est un geste qui a un sens naturel, question d'éviter les remords entre autres. C'est blessant quand on l'articule mal. Dostoïevski le disait si bien, notre dernier compagnon était toujours la solitude, ou si vous préférez notre conscience ;- )

    Voilà ce qu'incarne David Thoreau, la nature. Alors que la situation au Canada n'a rien du cas de conscience. Si on lui retire l'attracteur de la culture québécoise, il semble tout bêtement réagir à la crise économique. Une conscience qui se ferme sur elle même par auto défonce. Un geste tout aussi légitime et naturel malgré tout...

    Merci.
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  •  
  • René Bolduc - Abonné
    18 février 2012 12 h 09
    Très concrètement
    On vous expliquera sur le site suivant comment ne pas payer la partie des impôts allouée à la guerre : http://www.consciencecanada.ca/fr/
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  • Jean Laberge - Abonné
    18 février 2012 12 h 38
    Socrate
    Si la conscience des droits de l'homme est si universelle et intemporelle, pourquoi Platon, auteur du Criton, n'a-t-il pas défendu la désobéissance civile?
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  • Maryse Azzaria - Abonné
    18 février 2012 14 h 48
    Un petit pas
    Chrystian Ouellet écrit que"le philosphe(Henri David Thoreau) s'élèverait contre la politique étrangère agressive instaurée par le gouvernement Harper et le tournant militariste qu'il a opéré". Très concètement, comme l'écrit plus haut René Bolduc, en allant sur le site de Consicence Canada, (www.consciencecanada.ca) on pourra s'objecter aux dépenses militaires et au militarisme du gouvernement, par une Déclaration d'impôts pour la paix. C'est un petit pas pour la paix. Il en faudra bien d'autres...
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  • Charles-Antoine Bachand - Abonné
    18 février 2012 19 h 15
    Beaucoup aimé!
    M. Ouellet, merci mille fois pour cette belle analyse! Vous nous faites le plaisir d'un texte magnifique qui nourrit nos réflexions.

    C.-A.
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  •  
  • Yvon Bureau - Abonné
    19 février 2012 11 h 15
    Une invitation
    à AGIR en cohérence avec nos valeurs profondes et prioritaires.

    Le pire nous invite à sortir notre meilleur.

    Excellent texte. Merci.
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  •  
  • Jeannot Duchesne - Abonné
    19 février 2012 13 h 05
    La montée de l'orangisme
    Cette montée du loyalisme canadien envers la couronne britannique explique peut-être cette pensée asphyxiée qu'est devenue la politique canadienne.
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  •  
  • Sylvain Auclair - Abonné
    19 février 2012 17 h 32
    Pas si sûr
    Thoreau est loué depuis des décennies par tous les opposants à la guerre ou aux diverses occupations, mais je suis loin d'être certain qu'il aurait partagé les vues de ces militants gauchistes.

    Première remarque: M. Thoreau n'a pas refusé de payer «ses impôts», mais seulement une taxe spéciale, une capitation (tant par citoyen, peu importe son aisance) pour financer une guerre qui était vue par plusieurs comme une guerre de défense (défense des colons américains au Texas, qui faisait alors partie du Mexique, et qui voulaient conserver leurs esclaves après l'abolition de l'esclavage par le Mexique). Il était anti-esclavagiste, certes, mais il n'a passé pour cela qu'une seule nuit en prison, parce que les impôts qu'il devait ont été payés par un membre de sa famille. La guerre au Mexique a donc reçu de l'argent en son nom.

    Par contre, je suis loin de croire qu'il aurait appuyé le registre des armes à feu. Il était contre l'intervention du gouvernement dans la plupart des affaires civiles, et encore plus contre l'intervention du gouvernement fédéral. Le fait que le gouvernement fédéral criminalise la possession d'armes à feu l'aurait sans doute horrifié.

    Étrangement, ce refus de l'ingérence du gouvernement fédéral américain est le mantra de nombreux groupes d'extrême-droite, qui doivent sans doute eux aussi loué les écrits de Thoreau.

    Par ailleurs, Thoreau a-t-il même une seule minute milité pour le droit de vote des femmes? J'en serais fort étonné.
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  •  
  • Sylvio Le Blanc - Abonné
    19 février 2012 20 h 39
    Excellent texte !
    Félicitations ! Vive la philo !
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  • M. Miclot - Inscrit
    20 février 2012 06 h 01
    Gouvernement illégitime
    Le gouvernement Harper étant un gouvernement illégitime puiqu'il n'a pas été élu par la majorité, tout acte citoyen illégitime devient par le fait même légitime.
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  •  
  • Jeannot Duchesne - Abonné
    20 février 2012 08 h 31
    @Monsieur Auclair
    Assez tordu comme répartie, jouer sur les mots impôt et taxes, peu importe le mot utilisé il a posé le geste de ne pas la payer cette taxe et peu importe qu'une autre personne qui l'ait fait à sa place. Qu'il ait passé une seule nuit en prison, est-ce le nombre de nuits qui compte?

    La loi du registres des armes à feux ne criminalisaient pas la possession de ces armes pas plus que la loi et les règlements de la société d'assurance-automobile ne criminalise la possession d'une auto. Ce qui aurait été un crime, aurait été d'avoir en sa possession une arme non enregistrée. Le registre était surtout qu'une question de responsabilité sociale. De plus cela aurait permis dans certains cas d'élucider certains vols en retrouvant des armes à feux volées.

    Quand je parlais de pensée asphyxiée, vous nous en donnez un bon exemple.
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  •  
  • Jean Laberge - Abonné
    20 février 2012 09 h 44
    Cas de conscience libérale
    Plus de questions que de réponses. En particulier, c'est le fameux critère de conscience qui pose d'énormes difficultés. Nous aurions une conscience, telle une boussole, qui nous indiquerait sans faille que nous dérapons. Pour ma part, je n'y vois que la défense de la position «libérale» pure s'indignant de celle de son adversaire conservateur. Il s'agirait en somme de la défense d'une sorte de subjectivisme moral prétextant une sorte de réalisme moral. Dans son livre sur Harper, Christian Nadeau développe près la même thèse «libérale».
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  •  
  • Daniaile F - Inscrite
    22 février 2012 16 h 54
    Thoreau
    Une centaine d années plus tard...cet homme peut nous inspirer mais
    a qui le comparerions-nous parmi nos contemporains VIVANTS.
    Nous manquons de personnes inspirantes qui ne font pas de polie tiques.
    Qui imposeraient une vision a ces polis-petits-ciens...
    Une centaine de femmes et d hommes (de tout age) qui ont une pensée qui va au-dela de toute partisanerie, bondieuserie et qui ne base pas tout non plus sur la maudite économie.
    Avec une économie de moyens on pourrait faire tellement mieux!!!
    Au lieu de monsieur H.,c est a une personne qui sait comment vivre avec moins de 25,000$ par an que nous devrions confier le Canada, la mairie de Québec...l Assemblée Nationale ...
    Imaginez 2090...comment vivront vos descendants...
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  •  
  • Johanne Fontaine Johanne Fontaine - Abonnée
    22 février 2012 20 h 47
    «sous un gouvernement qui emprisonne un seul être injustement, la juste place du juste est aussi la prison», écrivait-il.
    Que dire, en ce cas,
    du nombre de plus en plus grand
    de citoyens internés
    en vertu des disposition du Code civil du Québec.


    Au XXIe siècle,
    le nouvel expédient
    auquel a recours la société québécoise
    pour contrôler une population dérangeante,
    est l'ordonnance de traîtement
    souvent jointe à l'ordonnance d'hébergement.

    Concrètement,
    il s'agit d'un recours juridique
    présenté par voie de requête
    à un juge de la cour supérieure.

    Les directions d'hôpital
    et leurs employés des services psychiâtrique,
    réclament du tribunal
    de pouvoir contraindre une personne
    qui plus souvent qu'autrement,
    présente un trouble mental,
    non seulement à se faire soigner, contre son gré
    mais également à se faire héberger.

    En apparence, tout baigne;
    en pratique, l'amalgame
    de ces deux genres d'ordonnance
    (traîtement hébergement)
    confère aux directions hospitalières,
    un pouvoir total sur la personne visée.

    L'organisation psychiâtrique est telle
    que le patient tombant sous le coup
    de ce genre d'ordonnance,
    se retrouve à toutes fins pratiques,
    en cure fermée, sans possibilité
    d'appel, ni de révision.

    Au quotidien,
    il se retrouve dans l'obligation
    de respecter tous et chacun
    des diktats du personnel "soignant"
    dont les groupes communautaires d'usager
    dénoncent depuis des lustres
    la culture d'oppression,
    digne du milieu carcéral,
    sinon pire.

    Les menaces de recourir à la contention et à l'isolement
    pour la moindre incartade
    y sont choses courrantes,
    les brimades constantes,
    l'abus de pouvoir,
    un modus operandi
    etc, etc...

    Ainsi terrorisé,
    le patient se renfrogne,
    avale la pilule,
    intériorise sa terreur,
    ce qui contribue à augmenter
    le trouble qui l'affecte.

    Les internés, pour la plupart,
    sous neuroleptiques
    étant tous soumis
    aux mêmes règles
    en viennent à croire
    que ce régime est normal.
    Et la boucle est bouclée!

    Pour ma part, je dis Non!
    Et vivement la désobéissance civile...
    Johanne Fontaine
    cf: texte de Me Jean-Pierre Ménard
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  •  
  • Johanne Fontaine Johanne Fontaine - Abonnée
    23 février 2012 08 h 26
    «sous un gouvernement qui emprisonne un seul être injustement, la juste place du juste est aussi la prison», écrivait-il. (la suite)
    Sur le site de l'association des groupes
    d'intervention et de défense de droits
    en santé mentale du Québec (AGIDD_SMQ),
    sous l'onglet Quoi de neuf,
    ce texte d'opinion intitulé
    «Traitement forcée en santé mentale: Pour en finir avec la désinformation»
    daté du 16 février 2012 par
    Me Jean-Pierre Ménard

    mais également les autres documents accessibles en ligne
    sur cette page (onglet quoi de neuf) du site de l'AGIDD-SMQ
    et notamment, l'étude intitulée;
    "La garde en établissement, une loi de protection,
    une pratique d'oppression."
    cf: http://www.agidd.org/index.html

    Et pour finir,
    et non les moindres,
    les documents, vidéos et témoignages d'experts
    médecins, psychiâtres, avocats etc,
    américains pour la plupart
    concernant le diagnostic psychiâtrique,
    l'analyse de son concept même, sa véracité
    ainsi que la désinformation l'entoure:

    http://www.psy.infiny.info/category/diagnostic/

    Johanne Fontaine
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  •  
  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    24 février 2012 00 h 51
    Ne plus payer ses impôts?!?
    De quoi réjouir la droite à la Tea Party...

    L'individualisme à la Thoreau est complice du capitalisme triomphant (d'où son succès?), à la manière de l'Institut Fraser, lui-même complice du conservatisme. Et l'impôt progressif c'est le nerf du bien cummun, détruisez le et vous aurez à perpétuité le capitalisme violateur d'isonomie. Du coup, une telle manière d'appliquer la désobéissance civile n'est pas la bonne solution à un vrai problème: le conservatisme à la Harper.

    Oui à la désobéissance civile donc, mais, pas celle qui nourrit l'ennemi et la privatisation qu'il convoite en popularisant jovialement ses propres armes (Harper souhaitait d'ailleurs couper le financement des partis politiques en 2008, ce à quoi on obéirait, curieuse désobéissance?, en cessant de payer nos impôts).

    Sans doute faudra-t-il une brillante création artistique dont je n'ai pas la sauce pour trouver la désobéissance civile adéquate et efficace capable renverser ce type de gouvernement populistement appuyé sur sa droite...
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  • Johanne Fontaine Johanne Fontaine - Abonnée
    24 février 2012 17 h 16
    «sous un gouvernement qui emprisonne un seul être injustement, la juste place du juste est aussi la prison», écrivait-il. (la fin)
    Erratum:

    Les textes
    auxquel je fais référence
    plus haut,
    dans mon précédent
    commentaire de jeudi 8:26hrs,
    notamment celui rédigé par
    Me Jean-Pierre Ménard intitulé
    «Traitement forcée en santé mentale:
    Pour en finir avec la désinformation»
    (16 février 2012)
    et celui préparé par l'AGIDD-SMQ titrant
    "La garde en établissement;
    une loi de protection; une pratique d'oppression"
    se retrouvent sur le site de
    l'association des groupes
    d'intervention et
    de défense de droits
    en santé mentale du Québec,
    non pas sous l'onglet
    "Quoi de neuf"
    mais bien
    au menu principal du site.


    L'adresse pour trouver
    ces textes est la suivante:

    http://www.agidd.org/

    Johanne Fontaine
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