Médias - Radio activité
Aujourd'hui, 13 février, l'UNESCO appelle à célébrer la Journée mondiale de la radio. O.K., d'abord.
La radio est un média «chaud», à en croire la classification calorico-simpliste du théoricien canadien Marshall McLuhan, gourou de la société des communications. Comme le cinéma ou la photo, l'ardente radio s'avère «hautement définie». Elle n'exige pas une forte participation de l'auditoire, qui se laisse donc guider discrètement par l'oreille.
Le froid médiatique stimule au contraire la participation active de l'audience. Avec un nouveau réseau participatif comme Facebook, on doit avoisiner le zéro absolu.
Il faudrait un peu rafraîchir tout ça. Maintenant, on a aussi des médias sinon tièdes, du moins en partie réchauffés, comme le Huffington Post Québec, qui repique les nouvelles des autres depuis cette semaine.
La fondatrice du site en voie de mondialisation, la Gréco-Américaine Arianna Huffington, a passé mercredi dernier à Montréal pour expliquer que le conflit d'intérêts, c'est de la foutaise tant que le blogueur payé par une entreprise est réputé intervenir en toute transparence. Ah bon, alors passons.
La radio, donc. On l'oublie trop souvent: le vrai média du monde mondialisé, c'est bel et bien celui-là. Internet, la tablette et tous les gadgets de la postmodernité progressant vers son technofutur radieux, c'est bien beau. Seulement, le cinquième, voire le quart de l'humanité demeure analphabète, trois humains sur quatre ne sont pas branchés, un sur deux n'a même jamais utilisé un téléphone, intelligent ou pas.
Tout le monde ou presque, le vrai, le total, y compris la planète d'en bas, est par contre à l'écoute des ondes. Plus de 95 % des segments de la population mondiale ont accès à au moins une chaîne sur leur territoire de vie. Dans les pays en développement, les trois quarts des foyers possèdent un poste récepteur. Le Pérou compte près de 1700 stations FM. Un transistor de base neuf s'y vend moins de 10 $.
Surtout, la seconde grand-mère de tous les médias de masse (après l'édition) se renouvelle sans cesse. Les documents anniversaires de l'UNESCO parlent d'«une véritable explosion du nombre des stations de radio, en particulier celles en langues locales». En Ouganda, ces chaînes dites vernaculaires parlent une quarantaine de langues.
L'impressionnante capacité de mutation se vérifie ici aussi. Astral lançait fin janvier un nouveau service de musique numérique comprenant un lecteur sur demande couplé à un carrefour d'échanges sociaux entre fans et pros.
La Vitrine culturelle inaugurée officiellement la semaine dernière héberge CIBL (101,5 FM), la formidable radio communautaire de Montréal en ondes depuis plus de 30 ans. La chaîne a presque triplé ses budgets en cinq ans et couvre de mieux en mieux la ville pour susciter «la réflexion, l'action, la parole et l'engagement», comme le résume le jeune et dynamique grand patron, Éric Lefebvre. En plus, l'immeuble dit du 2-22 abrite l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires, comptant quelque 4000 membres.
La bande AM se cherche et devrait rebondir, ici comme ailleurs. En cinq ans, le Canada a perdu 35 de ses 177 stations émettant sur cette modulation. Les profits fondent comme la banquise. L'ancienne reine radiophonique manque de personnalité propre, mais elle pourrait en retrouver une, multiple et marginale, avec le développement de chaînes spécialisées s'adressant aux communautés culturelles ou autres. Une licence a récemment été accordée pour l'ouverture sur la bande AM montréalaise de Radio-Fierté, visant les gais et lesbiennes. Proud Radio, sur ce modèle, existe depuis plus de cinq ans à Toronto.
Le remodelage visant le retour au basique affecte aussi la bande FM, réputée plus noble. La Première Chaîne de Radio-Canada renoue depuis un peu plus d'un an avec son mandat de service public. Beaucoup de ses émissions du soir et du week-end ont été remodelées dans cette perspective. Ce qui donne par exemple Le sportnographe, Bien dans son assiette ou Plus on est de fous, plus on lit.
Les insipides chaînes musicales se questionnent également. Radio Nord Média projette de transformer la station Planète Jazz de Montréal (91,9 FM) en radio X. La formule baveuse a fait ses preuves à Québec et le 98,5 démontre assez qu'une radio parlée forte peut rapporter énormément.
Avec cette prochaine concurrente brûlante, le contemporain ne serait pas moins bête: il serait juste plus sonore. Mais bon, on goûtera au média chaud quand il sera servi. Aujourd'hui, on ne va pas gâcher la fête en chialant...
La radio est un média «chaud», à en croire la classification calorico-simpliste du théoricien canadien Marshall McLuhan, gourou de la société des communications. Comme le cinéma ou la photo, l'ardente radio s'avère «hautement définie». Elle n'exige pas une forte participation de l'auditoire, qui se laisse donc guider discrètement par l'oreille.
Le froid médiatique stimule au contraire la participation active de l'audience. Avec un nouveau réseau participatif comme Facebook, on doit avoisiner le zéro absolu.
Il faudrait un peu rafraîchir tout ça. Maintenant, on a aussi des médias sinon tièdes, du moins en partie réchauffés, comme le Huffington Post Québec, qui repique les nouvelles des autres depuis cette semaine.
La fondatrice du site en voie de mondialisation, la Gréco-Américaine Arianna Huffington, a passé mercredi dernier à Montréal pour expliquer que le conflit d'intérêts, c'est de la foutaise tant que le blogueur payé par une entreprise est réputé intervenir en toute transparence. Ah bon, alors passons.
La radio, donc. On l'oublie trop souvent: le vrai média du monde mondialisé, c'est bel et bien celui-là. Internet, la tablette et tous les gadgets de la postmodernité progressant vers son technofutur radieux, c'est bien beau. Seulement, le cinquième, voire le quart de l'humanité demeure analphabète, trois humains sur quatre ne sont pas branchés, un sur deux n'a même jamais utilisé un téléphone, intelligent ou pas.
Tout le monde ou presque, le vrai, le total, y compris la planète d'en bas, est par contre à l'écoute des ondes. Plus de 95 % des segments de la population mondiale ont accès à au moins une chaîne sur leur territoire de vie. Dans les pays en développement, les trois quarts des foyers possèdent un poste récepteur. Le Pérou compte près de 1700 stations FM. Un transistor de base neuf s'y vend moins de 10 $.
Surtout, la seconde grand-mère de tous les médias de masse (après l'édition) se renouvelle sans cesse. Les documents anniversaires de l'UNESCO parlent d'«une véritable explosion du nombre des stations de radio, en particulier celles en langues locales». En Ouganda, ces chaînes dites vernaculaires parlent une quarantaine de langues.
L'impressionnante capacité de mutation se vérifie ici aussi. Astral lançait fin janvier un nouveau service de musique numérique comprenant un lecteur sur demande couplé à un carrefour d'échanges sociaux entre fans et pros.
La Vitrine culturelle inaugurée officiellement la semaine dernière héberge CIBL (101,5 FM), la formidable radio communautaire de Montréal en ondes depuis plus de 30 ans. La chaîne a presque triplé ses budgets en cinq ans et couvre de mieux en mieux la ville pour susciter «la réflexion, l'action, la parole et l'engagement», comme le résume le jeune et dynamique grand patron, Éric Lefebvre. En plus, l'immeuble dit du 2-22 abrite l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires, comptant quelque 4000 membres.
La bande AM se cherche et devrait rebondir, ici comme ailleurs. En cinq ans, le Canada a perdu 35 de ses 177 stations émettant sur cette modulation. Les profits fondent comme la banquise. L'ancienne reine radiophonique manque de personnalité propre, mais elle pourrait en retrouver une, multiple et marginale, avec le développement de chaînes spécialisées s'adressant aux communautés culturelles ou autres. Une licence a récemment été accordée pour l'ouverture sur la bande AM montréalaise de Radio-Fierté, visant les gais et lesbiennes. Proud Radio, sur ce modèle, existe depuis plus de cinq ans à Toronto.
Le remodelage visant le retour au basique affecte aussi la bande FM, réputée plus noble. La Première Chaîne de Radio-Canada renoue depuis un peu plus d'un an avec son mandat de service public. Beaucoup de ses émissions du soir et du week-end ont été remodelées dans cette perspective. Ce qui donne par exemple Le sportnographe, Bien dans son assiette ou Plus on est de fous, plus on lit.
Les insipides chaînes musicales se questionnent également. Radio Nord Média projette de transformer la station Planète Jazz de Montréal (91,9 FM) en radio X. La formule baveuse a fait ses preuves à Québec et le 98,5 démontre assez qu'une radio parlée forte peut rapporter énormément.
Avec cette prochaine concurrente brûlante, le contemporain ne serait pas moins bête: il serait juste plus sonore. Mais bon, on goûtera au média chaud quand il sera servi. Aujourd'hui, on ne va pas gâcher la fête en chialant...
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