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Médecins spécialistes - Le flou artistique

Marie-Andrée Chouinard   25 janvier 2012  Santé
Et si on se payait une petite remise en question de notre système de santé? Au nom d'une amélioration des services aux citoyens et d'une gestion plus efficace, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) relance un débat, il est vrai, essentiel. Mais au nom de qui parle le Dr Gaétan Barrette?

Gaétan Barrette reste toujours évasif sur un éventuel passage dans l'équipe de François Legault, et ce, malgré l'avalanche de questions. Politicien dans l'âme? Sourire en coin, il se défile lorsqu'il le faut, mais ne mâche pas ses mots quand cela est nécessaire, ce qui a d'ailleurs fait de lui un bagarreur notoire, abonné aux débats publics.

Le dernier pavé lancé dans la mare prend la forme d'un numéro hors série du magazine officiel du syndicat des médecins spécialistes, Le Spécialiste. Des chiffres percutants, des analyses bien menées, une vue d'ensemble de toutes ces remises en question plus d'une fois lancées au Québec, sans résultat probant — en 20 ans, les coûts de la santé ont grimpé de 97 % et s'approchent des 30 milliards. En prime, on parle toujours d'une crise. «Notre système de santé peut-il s'en sortir?», s'interroge Le Spécialiste. Le Dr Barrette revient à l'avant-scène. Mais porte-t-il un seul chapeau?

Il nous semble qu'il devrait cesser d'entretenir le flou artistique quant à son passage possible à la Coalition avenir Québec (CAQ). A-t-il, oui ou non, conseillé M. Legault dans la construction de son programme santé? Envisage-t-il, oui ou non, de passer sous la bannière arc-en-ciel? Des 9000 membres de la FMSQ, il ne s'en trouve pas un à vivre l'embarras causé par cette confusion de genre? Flattent-ils tous dans le sens du poil un potentiel «ministrable» à la Santé? M. Barrette a bâti sa réputation sur une capacité hors de l'ordinaire à oser parler franchement; son manège actuel contrevient à sa propre ligne de conduite.

Car conséquent, on peut dire qu'il l'est avec le contenu de ce numéro hors série. Certains y verront une «plateforme électorale», car les idées qui s'y trouvent collent parfaitement à la philosophie de la CAQ, mais voilà des concepts associés à la FMSQ depuis un bon moment. Un système de santé efficace, «dégraissé» d'une bureaucratie nuisant à l'accès des patients aux soins. Le credo d'un système public plus efficace et imputable, même si la CAQ, en cédant un compromis à l'ADQ, a adhéré à un projet-pilote sur le privé en santé qui devrait répugner au Dr Barrette.

Messieurs Legault et Barrette s'entendent aussi sur le fardeau que sont les agences de la santé et la «fausse» pénurie d'omnipraticiens. Tous deux, enfin, savent entretenir la brume là où il est rentable d'éviter les réponses précises.

Politiciens, va!

Ils ont raison sur une formule devenue usée: l'urgence d'agir. La rigidité qu'a démontrée récemment le premier ministre Stephen Harper dans le dossier des transferts fédéraux en santé donne la part belle aux Barrette de ce monde pour parler du cul-de-sac vers lequel le Québec se dirige. Si Ottawa garde le cap sur un taux plancher de 3 % de transferts fédéraux dans cinq ans, des provinces paieront chèrement à la fois l'entêtement du fédéral et leur propre désorganisation.

À cet égard, tous les porte-voix de la santé appelant à un changement de culture ont de bien nobles intentions. Bien des ministres de la Santé ont promis la révolution sans jamais l'enclencher. En ajouterons-nous un à la liste?
 
 
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  • kfs78 - Inscrite
    25 janvier 2012 12 h 31
    Et puis après...
    Madame Chouinard,

    Est-ce que le fait que le Dr. Barette veuille ou non devenir candidat pour la Coalition change un iota aux conclusions de la Fédération des médecins spécialistes sur le piètre état de notre système de santé au Québec?

    Vous dites vous-même que le numéro hors-série parle de "chiffres percutants, des analyses bien menées, une vue d'ensemble de toutes ces remises en question plus d'une fois lancées au Québec, sans résultat probant — en 20 ans, les coûts de la santé ont grimpé de 97 % et s'approchent des 30 milliards. En prime, on parle toujours d'une crise. «Notre système de santé peut-il s'en sortir?», s'interroge Le Spécialiste."

    Le constat est là et il est indéniable. Et, de plus, le Dr. Barette a toujours dit, lors d'entrevues, qu'il parlait en sa capacité de porte-parole de la Fédération. Jamais en tant que candidat pour la Coalition.

    Et les médias, tous autant que vous êtes, entretenez également des "flous artistiques" en jetant vous-mêmes des pavés dans la marre. Ce sont les médias qui ont dit que le Dr. Barette serait candidat pour la CAQ sans aucune confirmation du principal intéressé. Ce sont les médias qui ont parlé des paiements non autorisés faits par le Bloc, sans confirmation. Voyez ce que ça donne: finalement, ce ne serait pas illégal. Alors, en matière de flou artistique, les médias devraient se regarder le nombril un tantinet. Les verbes conjugués au conditionnel ne font pas une vérité.

    Et, en matière de flou artistique, M. Charest n'a de leçon à donner à personne surtout en fonction du "flou artistique" qu'il a entretenu à propos de la fameuse commission d'enquête et également en matière d'éthique. Le PQ, lui, n'entretient-il pas un "flou artistique" en prônant une gouvernance souverainiste au lieu de dire ouvertement qu'ils feront un autre référendum une fois au pouvoir?
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  • Maco - Abonné
    25 janvier 2012 15 h 38
    @kfs78 .... ouf!
    Indéniable? Constat indéniable? L'augmentation des coûts! Ceci n'est pas surprenant, combien payez-vous votre litre d'essence aujourd'hui? 1,40$ ! En 1986? 0,56$ ! Soit 250% en 26 ans! Quelle horreur! Ce n'est plus une crise .... c'est la fin du monde!

    Avez-vous d'autres chiffres pour faire peur, M. yxz? Question de «s'en sortir». Il faut qu'il y ait de la volonté de la part des principaux acteurs du système en cause. Sans cela, aucun système ne fonctionnera, même avec 100 milliards! Aucun!
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  • kfs78 - Inscrite
    25 janvier 2012 18 h 14
    @Maco
    En premier lieu, il faut retourner à 1968 pour retrouver de l'essence à 0,56$ le litre, pas en 1986. En 1986, le litre d'essence se vendait 0,87$ le litre.

    http://www.parl.gc.ca/Content/LOP/researchpublicat

    Le problème, c'est que les salaires des contribuables n'ont pas, eux, augmentés de presque 80%, mais que tout le reste a augmenté de façon exponentielle.

    Secundo, vous n'êtes pas tanné de justement payer et payer pour pas grand chose en matière de services de santé??? Mais peut-être faites-vous partie des chanceux qui ont un médecin de famille. Ça doit être ça. Et peut-être avez-vous envie que la part du budget de la santé passe de 42% du budget total de la province à 60% ou plus? Que faites-vous alors des autres services qui doivent être donnés par le gouvernement? On les coupe? À moins qu'un endettement qui s'approche de la faillite fasse votre affaire?

    L'augmentation des coûts des salaires et des équipements n'explique pas tout. Le Dr. Barette parle de la maladie de la structurite chronique qui afflige le système. Il dit également, et là il est en accord avec vous, que les acteurs principaux, que les médecins doivent être consultés pour la mise en place d'un système efficace. Ce qu'il pourfend, et il a raison, c'est le gaspillage d'argent dans cette structurite chronique.

    S'en sortir veut dire conserver un système public et faire le ménage avant que les transferts fédéraux en santé ne soient plafonnés à 3% d'augmentation malgré le vieillissement de la population et tout ce que cela va entraîner en augmentation de coûts. 200$ par année en contribution santé récurrente ne seront probablement plus suffisants si rien ne change. À moins que ça ne vous fasse rien de payer peut-être 500$ par année ou plus, en plus de toutes les taxes, les impôts et les tarifs? En tout cas, moi, j'en ai ras le bol de payer et de n'avoir même pas accès à un médecin de famille.
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  • MJ - Inscrite
    25 janvier 2012 21 h 11
    Pollueurs: Payeurs
    Il est vrai que le coût de la vie augmente de façon exponentielle et que les salaires ne suivent pas au même rythme, sauf pour les 1%.

    J’ai quelques solutions à offrir pour renflouer les fonds publics alloués à la santé:

    Une taxe sur le chiffre d’affaires des entreprises de tabac, responsable du cancer du poumon;

    Une taxe aux entreprises extractrices de minerais, car elles contribuent à la destruction de l’environnement et à la contamination des écosystèmes, et de ce fait, sont responsables du nombre croissant de cancers. Ex. le cadmium qui est toxique se retrouve dans l'environnement et la chaîne alimentaire des Algonquins vivant en Abitibi car ils se nourrissent d'animaux qui sont de plus en plus contaminés, à la suite de l'extraction d'or par une ou des entreprises minières et des déchets toxiques (cadmium) à proximité de leur territoire.

    Une taxe sur le chiffre d’affaires des fabricants de véhicules moteurs, émetteurs de G.E.S., responsable en bonne partie du smog et de l’augmentation des maladies cardiaques et respiratoires.

    Une taxe sur la production de boissons énergisantes, responsables de l'augmentation de l'obésité dans la population et notamment du diabète de type 2. Une taxe sur le chiffre d'affaires des chaînes à restauration rapide dont les aliments contiennent des sucres, gras, sel en trop grande abondance et responsables également de l'obésité et du diabète de type 2, etc.

    Et la liste continue...
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