Médecins spécialistes - Le flou artistique
Et si on se payait une petite remise en question de notre système de santé? Au nom d'une amélioration des services aux citoyens et d'une gestion plus efficace, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) relance un débat, il est vrai, essentiel. Mais au nom de qui parle le Dr Gaétan Barrette?
Gaétan Barrette reste toujours évasif sur un éventuel passage dans l'équipe de François Legault, et ce, malgré l'avalanche de questions. Politicien dans l'âme? Sourire en coin, il se défile lorsqu'il le faut, mais ne mâche pas ses mots quand cela est nécessaire, ce qui a d'ailleurs fait de lui un bagarreur notoire, abonné aux débats publics.
Le dernier pavé lancé dans la mare prend la forme d'un numéro hors série du magazine officiel du syndicat des médecins spécialistes, Le Spécialiste. Des chiffres percutants, des analyses bien menées, une vue d'ensemble de toutes ces remises en question plus d'une fois lancées au Québec, sans résultat probant — en 20 ans, les coûts de la santé ont grimpé de 97 % et s'approchent des 30 milliards. En prime, on parle toujours d'une crise. «Notre système de santé peut-il s'en sortir?», s'interroge Le Spécialiste. Le Dr Barrette revient à l'avant-scène. Mais porte-t-il un seul chapeau?
Il nous semble qu'il devrait cesser d'entretenir le flou artistique quant à son passage possible à la Coalition avenir Québec (CAQ). A-t-il, oui ou non, conseillé M. Legault dans la construction de son programme santé? Envisage-t-il, oui ou non, de passer sous la bannière arc-en-ciel? Des 9000 membres de la FMSQ, il ne s'en trouve pas un à vivre l'embarras causé par cette confusion de genre? Flattent-ils tous dans le sens du poil un potentiel «ministrable» à la Santé? M. Barrette a bâti sa réputation sur une capacité hors de l'ordinaire à oser parler franchement; son manège actuel contrevient à sa propre ligne de conduite.
Car conséquent, on peut dire qu'il l'est avec le contenu de ce numéro hors série. Certains y verront une «plateforme électorale», car les idées qui s'y trouvent collent parfaitement à la philosophie de la CAQ, mais voilà des concepts associés à la FMSQ depuis un bon moment. Un système de santé efficace, «dégraissé» d'une bureaucratie nuisant à l'accès des patients aux soins. Le credo d'un système public plus efficace et imputable, même si la CAQ, en cédant un compromis à l'ADQ, a adhéré à un projet-pilote sur le privé en santé qui devrait répugner au Dr Barrette.
Messieurs Legault et Barrette s'entendent aussi sur le fardeau que sont les agences de la santé et la «fausse» pénurie d'omnipraticiens. Tous deux, enfin, savent entretenir la brume là où il est rentable d'éviter les réponses précises.
Politiciens, va!
Ils ont raison sur une formule devenue usée: l'urgence d'agir. La rigidité qu'a démontrée récemment le premier ministre Stephen Harper dans le dossier des transferts fédéraux en santé donne la part belle aux Barrette de ce monde pour parler du cul-de-sac vers lequel le Québec se dirige. Si Ottawa garde le cap sur un taux plancher de 3 % de transferts fédéraux dans cinq ans, des provinces paieront chèrement à la fois l'entêtement du fédéral et leur propre désorganisation.
À cet égard, tous les porte-voix de la santé appelant à un changement de culture ont de bien nobles intentions. Bien des ministres de la Santé ont promis la révolution sans jamais l'enclencher. En ajouterons-nous un à la liste?
Gaétan Barrette reste toujours évasif sur un éventuel passage dans l'équipe de François Legault, et ce, malgré l'avalanche de questions. Politicien dans l'âme? Sourire en coin, il se défile lorsqu'il le faut, mais ne mâche pas ses mots quand cela est nécessaire, ce qui a d'ailleurs fait de lui un bagarreur notoire, abonné aux débats publics.
Le dernier pavé lancé dans la mare prend la forme d'un numéro hors série du magazine officiel du syndicat des médecins spécialistes, Le Spécialiste. Des chiffres percutants, des analyses bien menées, une vue d'ensemble de toutes ces remises en question plus d'une fois lancées au Québec, sans résultat probant — en 20 ans, les coûts de la santé ont grimpé de 97 % et s'approchent des 30 milliards. En prime, on parle toujours d'une crise. «Notre système de santé peut-il s'en sortir?», s'interroge Le Spécialiste. Le Dr Barrette revient à l'avant-scène. Mais porte-t-il un seul chapeau?
Il nous semble qu'il devrait cesser d'entretenir le flou artistique quant à son passage possible à la Coalition avenir Québec (CAQ). A-t-il, oui ou non, conseillé M. Legault dans la construction de son programme santé? Envisage-t-il, oui ou non, de passer sous la bannière arc-en-ciel? Des 9000 membres de la FMSQ, il ne s'en trouve pas un à vivre l'embarras causé par cette confusion de genre? Flattent-ils tous dans le sens du poil un potentiel «ministrable» à la Santé? M. Barrette a bâti sa réputation sur une capacité hors de l'ordinaire à oser parler franchement; son manège actuel contrevient à sa propre ligne de conduite.
Car conséquent, on peut dire qu'il l'est avec le contenu de ce numéro hors série. Certains y verront une «plateforme électorale», car les idées qui s'y trouvent collent parfaitement à la philosophie de la CAQ, mais voilà des concepts associés à la FMSQ depuis un bon moment. Un système de santé efficace, «dégraissé» d'une bureaucratie nuisant à l'accès des patients aux soins. Le credo d'un système public plus efficace et imputable, même si la CAQ, en cédant un compromis à l'ADQ, a adhéré à un projet-pilote sur le privé en santé qui devrait répugner au Dr Barrette.
Messieurs Legault et Barrette s'entendent aussi sur le fardeau que sont les agences de la santé et la «fausse» pénurie d'omnipraticiens. Tous deux, enfin, savent entretenir la brume là où il est rentable d'éviter les réponses précises.
Politiciens, va!
Ils ont raison sur une formule devenue usée: l'urgence d'agir. La rigidité qu'a démontrée récemment le premier ministre Stephen Harper dans le dossier des transferts fédéraux en santé donne la part belle aux Barrette de ce monde pour parler du cul-de-sac vers lequel le Québec se dirige. Si Ottawa garde le cap sur un taux plancher de 3 % de transferts fédéraux dans cinq ans, des provinces paieront chèrement à la fois l'entêtement du fédéral et leur propre désorganisation.
À cet égard, tous les porte-voix de la santé appelant à un changement de culture ont de bien nobles intentions. Bien des ministres de la Santé ont promis la révolution sans jamais l'enclencher. En ajouterons-nous un à la liste?
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