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Chirurgies - Qui croire?

Jean-Robert Sansfaçon   21 février 2012  Santé
La sortie du ministre de la Santé, Yves Bolduc, accusant certains chirurgiens d'allonger volontairement leurs listes d'attente dans le but d'inciter les patients à se faire traiter en clinique privée a de quoi surprendre et inquiéter. Non pas que l'information soit fausse, nous n'en savons rien, mais elle semble téléguidée par des intérêts partisans. Sinon, pourquoi ne pas avoir adopté rapidement les mesures qui s'imposent pour corriger la situation?

Comme d'habitude, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le docteur Gaétan Barrette, n'y est pas allé avec le dos de la cuillère en répondant aux accusations du ministre de la Santé. Si le ministre a des noms, qu'il les fournisse, sinon nous allons le poursuivre pour diffamation! a-t-il lancé sur les ondes de toutes les stations de radio.

Il faut dire que le torchon brûle depuis longtemps entre les deux hommes, une situation qui ne s'est pas améliorée depuis que l'on soupçonne le docteur Barrette de vouloir se présenter sous la bannière de la CAQ lors des prochaines élections.

Selon M. Barrette, le problème vient du fait que le gouvernement gère mal les listes d'attente dont il a lui-même le contrôle. Si les listes s'allongent au point d'inciter des patients à se tourner vers le privé, c'est que le cinquième du potentiel des blocs opératoires est inutilisé faute de ressources suffisantes. Ce sont donc 100 000 interventions de plus par année que l'on pourrait faire si le système était mieux géré — et mieux financé, faut-il ajouter!

Ces réactions du président du syndicat des médecins spécialistes ont le mérite d'être claires. Le manque de temps en bloc opératoire est réel, on le sait depuis longtemps. Pour corriger la situation, il faudrait plus d'infirmières qualifiées et, surtout, plus d'argent pour payer tout le monde, y compris les spécialistes rémunérés à l'acte. Les hôpitaux étant soumis à rationnement pour des raisons connues, le salaire du spécialiste l'est aussi, par voie de conséquence.

À Québec, on tente de régler le problème de diverses façons, par exemple en offrant aux patients d'être traités dans un hôpital où l'attente est moindre, mais il semble que plusieurs refusent pour de bonnes ou de moins bonnes raisons.

On a aussi autorisé la création de cliniques spécialisées privées, affiliées à un hôpital, mais la demande a tant augmenté au cours des dernières années que les listes restent aussi longues. Et si 80 % des gens sont opérés dans un délai de trois mois, les résultats sont moins réjouissants en orthopédie, où il faut parfois patienter plus d'un an... après avoir franchi l'obstacle d'un premier rendez-vous.

C'est dans ce contexte que des patients de la région de Montréal se sont plaints d'avoir été invités par leur orthopédiste à «traverser la rue» pour être opérés très rapidement. Comment des médecins qui ont obtenu le privilège exceptionnel de pratiquer à la fois au public et au privé peuvent-ils ainsi abuser de la situation? Ne nous avait-on pas juré qu'un tel dérapage était impossible malgré l'entrée en vigueur de la loi 33 autorisant le recours au privé pour désengorger le système public? Est-ce l'absence de plaintes formelles venant de patients piégés qui empêche le ministre Bolduc de punir les médecins fautifs?

Quoi qu'il en soit, si le ministre Bolduc dit vrai, il donne raison à ceux qui ont toujours prédit qu'une autorisation de pratique simultanée dans les secteurs public et privé ne ferait qu'accroître les coûts pour les patients sans améliorer l'accessibilité aux soins.
 
 
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  • Yvon Bureau - Abonné
    21 février 2012 06 h 59
    Un sommet svp
    Le temps d'un Sommet québécois sur les listes d'attente et l'efficience en soins de maladies et d'accidents est-il arrivé ?

    Ensemble, tout est possible et tout peut être espéré.
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  • Gilles Delisle - Abonné
    21 février 2012 07 h 55
    Le service en clinique privée
    Il m'est arrivé en décembre dernier à vivre cette malheureuse expérience d'être envoyer dans une clinique privée par l'hôpital Cité de la Santé, Même si j'avais rencontré le chirurgien à l'hôpital, on m'a envoyé dans une clinique privée de Ste-Dorothée, pour une intervention, après un an d'attente. Le service à la Clinique ne fut pas à la hauteur et j'ai dû faire une plainte au Commissaire aux plaintres de l'hôpital, en spécifiant que je n'accepterais plus d'être envoyer dans une clinique privée. Ce système hybride du privé et du public est une aberration totale, sauf pour ceux qui font de l'argent avec ce système tordu où les seuls perdants sont les patients. Vive un système de santé entièrement public.
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  • Jerome Letnu - Inscrit
    21 février 2012 10 h 09
    Petites magouilles de professionnels de la santé
    "La sortie du ministre de la Santé, Yves Bolduc, accusant certains chirurgiens d'allonger volontairement leurs listes d'attente dans le but d'inciter les patients à se faire traiter en clinique privée a de quoi surprendre ... "

    Je ne suis aucunement surpris. Les "professionnels" de la santé adoptent de plus en plus les pratiques commerciales des vendeurs de voitures usagées.

    A titre d'exemple, on n'a qu'à penser à tous ces optométristes qui vous font des misères pour vous remettre une copie de votre prescription, pour ne pas que vous alliez acheter vos lunettes ailleurs que chez eux.
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  • Jana Havrankova - Abonnée
    21 février 2012 10 h 28
    Il y a un problème? Réglez-le, Docteur Boduc!!
    Si le ministre Bolduc est si préoccupé par la fuite abusive des médecin vers le privé, qu'il propose une loi : ce n’est qu’après avoir pratiqué un nombre déterminé de chirurgies dans le public que le médecin pourrait opérer dans le privé. La RAMQ connait la quantité d’interventions pour chaque type de chirurgie et pour chaque médecin. Elle peut se baser sur ces chiffres (ou sur la médiane pour les nouveaux médecins) et pénaliser les médecins qui fuient vers les cliniques privées sans assumer leur devoir au public. Mais attention! Il faut que les hôpitaux soient prêts à fournir les salles d’opération, les lits, le personnel de soutien. En accusant les chirurgiens, le ministre Bolduc obscurcit les défaillances du système public.
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  • Annabella Durocher - Inscrit
    21 février 2012 12 h 29
    Le Ministre Bolduc avait dit oui à cette pratique
    Le Ministre Bolduc avait dit oui à cette pratique pour désengorger notre service puplic de santé mal géré par nos dirigeants.

    À bien y penser, c'est peut-être une coupure camoufflée dans nos services public de la santé.

    De plus, le Ministre Bolduc a ouvert la porte à de la corruption dans notre système de santé. Belle affaire !
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  • Françoise Breault - Abonnée
    21 février 2012 17 h 18
    A qui va servir la dégradation de notre système de santé?
    Il est historiquement prouvé que l'on a se laisser dégrader intentionnellement le système de transport collectif afin de favoriser le nouveau marché de la vente d'autos...

    Des milliards de profits découleront d'un système privé de santé... Les assureurs privés comme Great West (appartenant à Power Corporation) et autres en rêvent depuis longtemps...

    Plus notre système de santé public se détériore, plus les assureurs se frottent les mains...
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