Chirurgies - Qui croire?
La sortie du ministre de la Santé, Yves Bolduc, accusant certains chirurgiens d'allonger volontairement leurs listes d'attente dans le but d'inciter les patients à se faire traiter en clinique privée a de quoi surprendre et inquiéter. Non pas que l'information soit fausse, nous n'en savons rien, mais elle semble téléguidée par des intérêts partisans. Sinon, pourquoi ne pas avoir adopté rapidement les mesures qui s'imposent pour corriger la situation?
Comme d'habitude, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le docteur Gaétan Barrette, n'y est pas allé avec le dos de la cuillère en répondant aux accusations du ministre de la Santé. Si le ministre a des noms, qu'il les fournisse, sinon nous allons le poursuivre pour diffamation! a-t-il lancé sur les ondes de toutes les stations de radio.
Il faut dire que le torchon brûle depuis longtemps entre les deux hommes, une situation qui ne s'est pas améliorée depuis que l'on soupçonne le docteur Barrette de vouloir se présenter sous la bannière de la CAQ lors des prochaines élections.
Selon M. Barrette, le problème vient du fait que le gouvernement gère mal les listes d'attente dont il a lui-même le contrôle. Si les listes s'allongent au point d'inciter des patients à se tourner vers le privé, c'est que le cinquième du potentiel des blocs opératoires est inutilisé faute de ressources suffisantes. Ce sont donc 100 000 interventions de plus par année que l'on pourrait faire si le système était mieux géré — et mieux financé, faut-il ajouter!
Ces réactions du président du syndicat des médecins spécialistes ont le mérite d'être claires. Le manque de temps en bloc opératoire est réel, on le sait depuis longtemps. Pour corriger la situation, il faudrait plus d'infirmières qualifiées et, surtout, plus d'argent pour payer tout le monde, y compris les spécialistes rémunérés à l'acte. Les hôpitaux étant soumis à rationnement pour des raisons connues, le salaire du spécialiste l'est aussi, par voie de conséquence.
À Québec, on tente de régler le problème de diverses façons, par exemple en offrant aux patients d'être traités dans un hôpital où l'attente est moindre, mais il semble que plusieurs refusent pour de bonnes ou de moins bonnes raisons.
On a aussi autorisé la création de cliniques spécialisées privées, affiliées à un hôpital, mais la demande a tant augmenté au cours des dernières années que les listes restent aussi longues. Et si 80 % des gens sont opérés dans un délai de trois mois, les résultats sont moins réjouissants en orthopédie, où il faut parfois patienter plus d'un an... après avoir franchi l'obstacle d'un premier rendez-vous.
C'est dans ce contexte que des patients de la région de Montréal se sont plaints d'avoir été invités par leur orthopédiste à «traverser la rue» pour être opérés très rapidement. Comment des médecins qui ont obtenu le privilège exceptionnel de pratiquer à la fois au public et au privé peuvent-ils ainsi abuser de la situation? Ne nous avait-on pas juré qu'un tel dérapage était impossible malgré l'entrée en vigueur de la loi 33 autorisant le recours au privé pour désengorger le système public? Est-ce l'absence de plaintes formelles venant de patients piégés qui empêche le ministre Bolduc de punir les médecins fautifs?
Quoi qu'il en soit, si le ministre Bolduc dit vrai, il donne raison à ceux qui ont toujours prédit qu'une autorisation de pratique simultanée dans les secteurs public et privé ne ferait qu'accroître les coûts pour les patients sans améliorer l'accessibilité aux soins.
Comme d'habitude, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le docteur Gaétan Barrette, n'y est pas allé avec le dos de la cuillère en répondant aux accusations du ministre de la Santé. Si le ministre a des noms, qu'il les fournisse, sinon nous allons le poursuivre pour diffamation! a-t-il lancé sur les ondes de toutes les stations de radio.
Il faut dire que le torchon brûle depuis longtemps entre les deux hommes, une situation qui ne s'est pas améliorée depuis que l'on soupçonne le docteur Barrette de vouloir se présenter sous la bannière de la CAQ lors des prochaines élections.
Selon M. Barrette, le problème vient du fait que le gouvernement gère mal les listes d'attente dont il a lui-même le contrôle. Si les listes s'allongent au point d'inciter des patients à se tourner vers le privé, c'est que le cinquième du potentiel des blocs opératoires est inutilisé faute de ressources suffisantes. Ce sont donc 100 000 interventions de plus par année que l'on pourrait faire si le système était mieux géré — et mieux financé, faut-il ajouter!
Ces réactions du président du syndicat des médecins spécialistes ont le mérite d'être claires. Le manque de temps en bloc opératoire est réel, on le sait depuis longtemps. Pour corriger la situation, il faudrait plus d'infirmières qualifiées et, surtout, plus d'argent pour payer tout le monde, y compris les spécialistes rémunérés à l'acte. Les hôpitaux étant soumis à rationnement pour des raisons connues, le salaire du spécialiste l'est aussi, par voie de conséquence.
À Québec, on tente de régler le problème de diverses façons, par exemple en offrant aux patients d'être traités dans un hôpital où l'attente est moindre, mais il semble que plusieurs refusent pour de bonnes ou de moins bonnes raisons.
On a aussi autorisé la création de cliniques spécialisées privées, affiliées à un hôpital, mais la demande a tant augmenté au cours des dernières années que les listes restent aussi longues. Et si 80 % des gens sont opérés dans un délai de trois mois, les résultats sont moins réjouissants en orthopédie, où il faut parfois patienter plus d'un an... après avoir franchi l'obstacle d'un premier rendez-vous.
C'est dans ce contexte que des patients de la région de Montréal se sont plaints d'avoir été invités par leur orthopédiste à «traverser la rue» pour être opérés très rapidement. Comment des médecins qui ont obtenu le privilège exceptionnel de pratiquer à la fois au public et au privé peuvent-ils ainsi abuser de la situation? Ne nous avait-on pas juré qu'un tel dérapage était impossible malgré l'entrée en vigueur de la loi 33 autorisant le recours au privé pour désengorger le système public? Est-ce l'absence de plaintes formelles venant de patients piégés qui empêche le ministre Bolduc de punir les médecins fautifs?
Quoi qu'il en soit, si le ministre Bolduc dit vrai, il donne raison à ceux qui ont toujours prédit qu'une autorisation de pratique simultanée dans les secteurs public et privé ne ferait qu'accroître les coûts pour les patients sans améliorer l'accessibilité aux soins.
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