Adieu à la «seconde intercalaire»?
Photo : Agence Reuters Bobby Yip
Le temps adopté par la plupart des pays est le «temps universel coordonné», qui est le temps délivré par les horloges atomiques auquel on ajoute périodiquement une seconde, dite intercalaire, afin qu’il demeure synchrone avec le temps solaire.
L'ajout périodique d'une «seconde intercalaire», dans le but de rattraper le décalage entre l'heure atomique et l'heure solaire, pourrait être supprimé cette semaine à Genève dans le cadre d'une réunion des pays membres de l'Union internationale des télécommunications (UIT).
Le temps adopté légalement par la plupart des pays est le «temps universel coordonné» (UTC), qui est le temps délivré par les horloges atomiques auquel on ajoute périodiquement une seconde, dite intercalaire, afin qu'il demeure synchrone avec le temps solaire.
«Le problème vient du fait que l'on ne peut pas prévoir longtemps à l'avance s'il faut ajouter ou non une seconde intercalaire à l'heure atomique, car tout dépend de la rotation de la Terre», a expliqué devant la presse Vincent Meens, président d'un groupe d'études sur ce sujet à l'UIT.
«La rotation de la Terre ralentit avec les années principalement sous l'influence des marées, qui sont provoquées par la force d'attraction de la Lune et qui induisent un frottement sur toutes les rives de tous les océans qui freine la rotation de la Terre, explique le physicien Louis Marmet, du Groupe fréquence et temps de l'Institut des étalons nationaux de mesure du Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Ce ralentissement est de l'ordre d'une seconde par deux ou trois ans par rapport au temps mesuré par les horloges atomiques.»
«Les tremblements de terre, parce qu'ils affectent la distribution de la masse à la surface de la Terre, peuvent accélérer ou ralentir la vitesse de rotation de la Terre», ajoute Maurice Lamontagne, sismologue à la Commission géologique du Canada.
«Même la quantité de neige qui tombe et les courants du magma à l'intérieur de la Terre peuvent affecter la vitesse de rotation de la Terre de façon imprévisible, et autant dans une direction que dans l'autre», souligne M. Marmet.
Du retard
La rotation de la Terre est mesurée régulièrement par les astronomes qui déterminent ainsi les fractions de seconde de retard que l'heure solaire accumule chaque année par rapport à l'heure atomique. Depuis 1972, on ajoute une seconde, dite intercalaire, au temps atomique dès que le retard s'approche d'une seconde. En 40 ans, 24 secondes ont donc été additionnées, dont la dernière date du 31 décembre 2008. Une nouvelle seconde intercalaire sera ajoutée à toutes nos horloges le 30 juin prochain.
Certains pays, tels que la France, et les États-Unis, préconisent la suppression de la seconde intercalaire. D'autres, comme la Grande-Bretagne, la Chine et le Canada, s'y opposent. Les uns font valoir le fait que l'ajout d'une seconde à un moment qui n'est jamais le même oblige «de coûteuses reprogrammations de tous les ordinateurs et satellites. Pour éviter ces inconvénients, l'UIT a recommandé d'adopter le temps atomique international (TAI) pour les systèmes informatiques, et d'afficher le temps universel coordonné sur les accessoires destinés aux humains, tels que les montres, les téléphones cellulaires», fait savoir M. Marmet, tout en affirmant qu'«au Canada, on reste persuadé que l'heure doit être reliée au Soleil, comme on l'a toujours fait depuis que l'on mesure le temps, car cela fait partie de la culture humaine.»
Si la suppression est adoptée, elle aboutirait à une «distorsion» entre l'heure atomique et l'heure solaire, qui serait de «15 secondes tous les 100 ans».
***
Avec l'AFP
Le temps adopté légalement par la plupart des pays est le «temps universel coordonné» (UTC), qui est le temps délivré par les horloges atomiques auquel on ajoute périodiquement une seconde, dite intercalaire, afin qu'il demeure synchrone avec le temps solaire.
«Le problème vient du fait que l'on ne peut pas prévoir longtemps à l'avance s'il faut ajouter ou non une seconde intercalaire à l'heure atomique, car tout dépend de la rotation de la Terre», a expliqué devant la presse Vincent Meens, président d'un groupe d'études sur ce sujet à l'UIT.
«La rotation de la Terre ralentit avec les années principalement sous l'influence des marées, qui sont provoquées par la force d'attraction de la Lune et qui induisent un frottement sur toutes les rives de tous les océans qui freine la rotation de la Terre, explique le physicien Louis Marmet, du Groupe fréquence et temps de l'Institut des étalons nationaux de mesure du Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Ce ralentissement est de l'ordre d'une seconde par deux ou trois ans par rapport au temps mesuré par les horloges atomiques.»
«Les tremblements de terre, parce qu'ils affectent la distribution de la masse à la surface de la Terre, peuvent accélérer ou ralentir la vitesse de rotation de la Terre», ajoute Maurice Lamontagne, sismologue à la Commission géologique du Canada.
«Même la quantité de neige qui tombe et les courants du magma à l'intérieur de la Terre peuvent affecter la vitesse de rotation de la Terre de façon imprévisible, et autant dans une direction que dans l'autre», souligne M. Marmet.
Du retard
La rotation de la Terre est mesurée régulièrement par les astronomes qui déterminent ainsi les fractions de seconde de retard que l'heure solaire accumule chaque année par rapport à l'heure atomique. Depuis 1972, on ajoute une seconde, dite intercalaire, au temps atomique dès que le retard s'approche d'une seconde. En 40 ans, 24 secondes ont donc été additionnées, dont la dernière date du 31 décembre 2008. Une nouvelle seconde intercalaire sera ajoutée à toutes nos horloges le 30 juin prochain.
Certains pays, tels que la France, et les États-Unis, préconisent la suppression de la seconde intercalaire. D'autres, comme la Grande-Bretagne, la Chine et le Canada, s'y opposent. Les uns font valoir le fait que l'ajout d'une seconde à un moment qui n'est jamais le même oblige «de coûteuses reprogrammations de tous les ordinateurs et satellites. Pour éviter ces inconvénients, l'UIT a recommandé d'adopter le temps atomique international (TAI) pour les systèmes informatiques, et d'afficher le temps universel coordonné sur les accessoires destinés aux humains, tels que les montres, les téléphones cellulaires», fait savoir M. Marmet, tout en affirmant qu'«au Canada, on reste persuadé que l'heure doit être reliée au Soleil, comme on l'a toujours fait depuis que l'on mesure le temps, car cela fait partie de la culture humaine.»
Si la suppression est adoptée, elle aboutirait à une «distorsion» entre l'heure atomique et l'heure solaire, qui serait de «15 secondes tous les 100 ans».
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Avec l'AFP
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