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Et si le politicien descendait bel et bien du singe...

Fabien Deglise   9 février 2012  Science et technologie
«Les politiciens se rapprochent désormais des maîtres de la politique sans langage, c’est-à-dire les chimpanzés», estime le paléoanthropologue français Pascal Picq.<br />
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
«Les politiciens se rapprochent désormais des maîtres de la politique sans langage, c’est-à-dire les chimpanzés», estime le paléoanthropologue français Pascal Picq.
Sale temps pour l'homo politicus qui devrait y penser à deux fois avant de dénoncer l'attitude primitive de ses adversaires, avant de faire des singeries sur la place publique ou pire, avant de remettre sérieusement en question la théorie de l'évolution de Charles Darwin. Par respect pour les siens.

C'est que sous l'effet de la communication politique, des faiseurs d'images, de l'information en continu ou encore de l'effritement du débat et du monde des idées dans la société, l'homme politique ne s'est jamais autant rapproché, dans sa pratique politicienne, du singe et plus particulièrement du chimpanzé, estime le paléoanthropologue français Pascal Picq, auteur de L'homme est-il un grand singe politique? (Odile Jacob). Un rapprochement facilement perceptible au quotidien, dit-il, et qui devrait inciter à l'avenir les politicologues à se faire éthologues, ces fins observateurs du comportement des mammifères. Et inversement.

«Rien ne serait plus normal», lance, confortablement installé dans un canapé, le spécialiste du primate et de l'humain, maître de conférences à la Chaire de paléoanthropologie et préhistoire du Collège de France. L'animal pensant est de passage à Montréal cette semaine à l'invitation de l'émission d'affaires publiques Bazzo.tv (Télé-Québec) à laquelle il va participer ce soir à titre d'invité principal.

«La télévision, les communicateurs politiques ont changé la donne de la politique. Conséquence: pour éviter les bourdes, les politiciens n'osent plus parler. Ils sont davantage dans l'image et le comportement que dans le discours. Et, en ce sens, ils se rapprochent désormais des maîtres de la politique sans langage, c'est-à-dire les chimpanzés.»

Assassinat politique pour se débarrasser d'un rival dans une course à la chefferie, serrage de mains en rafale pour se rapprocher de l'électeur ou du puissant financier, coup de gueule, jeu de coulisse, avec intrigues sexuelles, l'homo politicus des temps présents n'a finalement rien inventé, donnant raison en partie à Aristote qui a qualifié l'humain de «zoon politikon», d'animal politique, et aux éthologues qui, au fil des années ont compris en observant les chimpanzés que «les racines de la politique sont plus anciennes que l'humanité», écrit Pascal Picq.

Cette famille d'hominidés qui englobe les chimpanzés communs et le bonobo est en effet «machiavélique, parfois même démoniaque», «très douée pour la politique» et le pouvoir de ses élites dépend des «capacités des individus à constituer des coalitions et des alliances dans le but de monter dans la hiérarchie et de se maintenir dans l'exercice du pouvoir, de gagner les privilèges et d'en assumer plus ou ou moins bien les obligations morales envers ses alliés et les autres», ajoute l'auteur qui, en 2007, a signé également l'excellent Lucy et l'obscurantisme (Odile Jacob).

La planète des singes

À une époque où pour atteindre le sommet, «il est préférable d'avoir la meilleure image possible que le meilleur programme», résume le paléoanthropologue, la distance entre les deux univers politiques, celui de l'humain et celui du chimpanzé, tend donc à diminuer. Un peu parce que les politiciens se font plus singes. Un peu aussi parce que le chimpanzé «est plus humain qu'on le pensait».

Conséquence, cette politique sans langage, qui au Québec s'éloigne des grandes envolées discursives des Jean Lesage, Henri Bourassa, René Levesque, Pierre Bourgault ou de l'oublié Armand Lavergne, pour se concentrer sur la couleur d'un carré Hermès ou l'attitude d'un candidat par rapport à son téléscripteur, donne aujourd'hui un avantage aux rois de l'épouillage, base du comportement du chimpanzé qui, par ce geste sanitaire, lui permet d'avoir des relations avec les autres, dit-il. «Jacques Chirac en France était très bon là-dedans», en ne rechignant pas devant une andouillette partagée avec un citoyen lambda. Idem pour «Barack Obama, qui donne régulièrement des sueurs froides à ses services de sécurité en se rapprochant des gens pour les toucher ou leur parler».

«Les liens entre les individus se tissent au travers de séances d'épouillage soutenues et le partage de nourriture, écrit Picq. Ils installent des relations de réciprocité qui se révèlent précieuses dans les conflits» qui, en politique humaine comme en politique des singes, sont nombreux et conduisent parfois au drame.

Meurtre pour le pouvoir


Le primatologue néerlandais Frans de Waal a été témoin de la chose au zoo d'Arnhem, au pays des canaux et des moulins, en assistant au meurtre d'un chimpanzé fomenté par deux mâles coalisés, rapporte Picq dans son bouquin. Dans cette communauté, en cage comme en pleine nature, ce genre de violence pour se débarrasser d'un rival — souvent symbolique dans le monde des humains — est monnaie courante et implique aussi parfois des femelles dont leur rôle, dans cette politique du singe, n'est pas à négliger.

«Il y a le pouvoir formel et les réseaux informels qui permettent de le maintenir et dans lesquels les femelles occupent une place importante», dit Picq en évoquant quelques intrigues à saveur sexuelle qui viennent parfois pimenter les rapports de force entre hominidés. Un doute? Chez les bonobos, une femelle peut briser une coalition en formation qui menace un mâle dominant. «Elle se pliera par la suite à un accouplement avec les deux protagonistes pour aider à faire passer la pilule», résume le paléoanthropologue.

Dans cette mise en parallèle amusée et amusante, l'homme évite, à quelques exceptions près, de nommer, de mettre un visage connu sur un comportement animal. «Je ne voulais pas faire dans la caricature, dit-il. Je voulais seulement écrire un essai d'anthropologie évolutionniste de la politique.» Mais il se plie toutefois au jeu des comparaisons entre certaines tribus de singes et des formations politiques.

Ainsi, l'extrême gauche politique serait, selon lui, incarné dans la sphère animale par les cercopithèques, ces petits singes à longue queue qui «crient beaucoup et agissent peu», des bêtes outrées en somme qui se nourrissent des fruits de la nature, vont parfois voler dans des champs cultivés et se tiennent en groupe restreint, explique l'auteur.

La droite pragmatique et intrigante, quant à elle, trouve certainement ces racines chez la communauté des macaques, un groupe dont les «fossiles vivants sont encore actifs», où la hiérarchie est stable et où le pouvoir repose non pas sur la force, mais sur la capacité à «nouer des relations avec des alliés». Et forcément, «toute ressemblance avec des personnages ou des groupes politiques connus n'est pas coïncidence fortuite», comme le dit l'auteur qui avoue, avec son bouquin, ne chercher rien d'autre qu'à souligner nos «archaïsmes culturels» en passant par les chimpanzés.

Cette description des origines naturelles de la politique se veut d'ailleurs sans cynisme, sans ironie, mais avec un constat toutefois: «Si Aristote revenait sur terre, il serait effaré par la médiocrité de nos arènes médiatiques», écrit-il. Médiocrité qui, à l'image des singes dans une cage au zoo, a le mérite de divertir pour, sous la houlette d'un paléoanthropologue, mieux faire réfléchir.
 
 
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  • Suzanne Chabot - Inscrite
    9 février 2012 02 h 27
    Méprisant

    Je trouve cet article très méprisant.
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  • Moteur - Inscrit
    9 février 2012 03 h 44
    Réaliste!
    Je trouve cet article réaliste!

    Il a bien fallu qu'il la puise quelque part son inspiration, l'auteur de "La planète des singes!"
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  • Socrate - Inscrit
    9 février 2012 04 h 23
    Idées nouvelles?
    Ça alors! Que vont devenir les idéees nouvelles en politique? De simples petits singes médiatiques tout comme ceux de Lady Godiva des États? Il me semblait bien aussi...
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  • Denis Paquette - Abonné
    9 février 2012 04 h 55
    Des humains !
    Ce qui voudrait dire que l'image voire le mimétisme et la posture serait plus importants que les conceptes, l'on s'en doutait, Effectivement le mamifere est toujours tres present en nous c'est incontestable. J'ai meme des amis qui disent que c'est souvent le reptile qui mene, Sinon comment comprendre qu'il y a encore des politiciens pour croire en la torture et a la peine de mort . En fait, je crois que l'etre pensant est plutot rare . Je crois qu'il est présent dans certains milieux mais, ca exige un long apprentissage et surtout beaucoup de disponibilités. Car ca prend des individus capables de se projeter au-dela de leurs émotions. Ce qui n'est pas évident . Etre capable de concepts et d'idées n'est pas donné a tout le monde . Peut etre existe-t-il encore sur terre des homidés dont il est abusif de dire qu'ils sont des humains. Bonne journée
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  • Biscornu - Inscrit
    9 février 2012 05 h 16
    Oui, méprisant et injuste!
    Surtout quand on pense que certaines espèces de grands singes sont à risque de disparaître pour avoir été trop peu méfiants de l'homme et de l'hommerie, la comparaison avec les politiciens est blessante... pour les chimpanzés, évidemment!
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  • Richard Evoy Richard Evoy - Abonné
    9 février 2012 06 h 55
    Simple constat
    Nous sommes aussi des primates, Cela fait partie de nos conditionnements profond.

    Selon Krishnamurti, être conscient de ses conditionnements est le fondement même de tout cheminement spirituel. l'ignorance de nos conditionnements est à à la racine de la souffrance humaine parce que préalable à toute évolution positive. Agir selon sa nature n'est pas mal ou bien, on fait avec c'est tout.

    Être capable voir si cela crée de la souffrance pour soi ou aux autres et être capable de moduler son action en conséquence fait appel à des capacités spirituelle plus spécifiquement humaine et c'est vers cela qu'il faut tendre individuellement...les politiciens sont des humains et sont aussi capable d'évoluer

    Avant de vous libérer, la vérité vous fera ch...
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  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    9 février 2012 06 h 56
    On peut aussi comparer avec les insectes...
    Les insectes sociaux (fourmis, abeilles et termites) peuvent se aussi comparer aux humains : les fourmis vivant de façon plus démocratique, les abeilles sous un régime monarchique et les termites en dictature.

    Serge Grenier
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  • Socrate - Inscrit
    9 février 2012 06 h 57
    La Nature des Choses
    La négation de l'être est l'essence, la négation de l'essence est le concept, et la négation du concept est...l'Idée absolue. Mais qu'est-ce donc alors que l'Idée absolue? C'est celle qui se nie elle-même pour ne pas avoir à aller sombrer dans l'abstraction de son néant.

    De la même façon, la qualité déniée devient quantité, la quantité déniée devient la mesure, la mesure déniée devient l'être, l'être dénié devient le phénomène, le phénomène dénié devient la réalité, la réalité déniée devient l'idée absolue, l'idée absolue déniée devient la Nature, la nature déniée devient l'esprit subjectif, l'esprit subjectif dénié devient l'esprit moral objectif, l'esprit moral dénié devient l'art, l'art dénié devient religion et la religion déniée devient savoir absolu.

    Voir la Logique de Hegel dans La Négation de la Négation pour tous les détails s.v.p....

    Alors? Des singes pensants les politiciens?
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  • Sylvie Brousseau - Inscrit
    9 février 2012 07 h 33
    Epouillage
    Cher Fabien
    J'apprécie toujours vos articles...
    C'est une bonne chose de rappeler de temps en temps notre nature animale incontournable, ça permet: de rire un peu, de nous pardonner les cruels automatismes de survie que nous mettons en œuvre tous les jours, et de nous distancier de ceux ci pour essayer d'agir avec un peu plus d'"humanité" , forcée ou non. Oui, j'aime les singes, mais franchement, l'amour à la Bonobo (sans parler du reste), très peu pour moi.
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  • Airdutemps - Inscrite
    9 février 2012 07 h 48
    Petits et grands singes
    M. Deglise, je vous remercie d'avoir si bien exprimé ce que je pense de l'Homme. Bien peu a changé depuis la nuit des temps. Quelques civilisation ont bien tenté d'améliorer l'Homo Érectus, mais en vain, doit-on constater.

    L'Homo Érectus n'est pas plus évolué que l'homme du Néandertal. Nous sommes gouvernés et administrés par des Cro-Magnon qui vivent en clan (cliques financières et politiques tels les Desmarais).

    Et ce sont les petits singes soumis qui élisent le Grand Singe.

    Bienvenus sur la planète des singes !
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  • François Dugal - Abonné
    9 février 2012 07 h 59
    Le miroir
    Au point où est rendu la politique, une session devant le miroir nous ramène à la réalité, que l'on aime ça ou non.
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  • slowmou - Inscrit
    9 février 2012 08 h 01
    C'est la révolution électronique!
    D'abord, les politiciens peuvent-ils être plus «singe» que la communauté qui les produit?
    Je vois dans cette démonstration littéraire, un exemple des effets de la révolution électronique présenté par Marshall McLuhan. Sur la couverture de La Galaxie Gutenberg, on peut lire:

    LA GALAXIE GUTENBERG
    La genèse de l'homme typographique.
    L'histoire secrète de l'occident, sous le règne de l'imprimé.

    Les technologies, quel que soit leur contenu, marquent l'homme de façon indélébile. Ainsi, l'imprimerie nous a donné l'industrialisation et le militarisme, le nationalisme et la valse, le subconscient et la 3e dimension, le cinéma et le roman policier, l'orthographe et le calcul intégral, le machiavélisme et la schizophrénie, la production en série et le capitalisme, le cinéma et le romantisme.

    Mais vint enfin l'électronique...
    1962.

    "L'alphabétisation a éjecté l'homme de sa tribu, lui a fait troquer l'oreille pour l'oeil et a remplacé le sentiment qu'il avait d'une appartenance collective, totale et toute en profondeur par une conscience fragmentaire, faite de valeurs visuelles linéaires." "L'homme total est devenu l'homme fragmenté, dissocié." "...toute la vie sensorielle, émotionnelle et imaginative s'en trouve appauvrie." M. McL.

    Et la révolution électronique nous re-connecte avec nos sens. Dans l'espace acoustique de l'électricité, tout est en tout, sans division. Il n'y a ni haut ni bas, ni gauche ni droite, ni devant ni derrière, ni début ni fin. C'est le monde enchanté de l'enfance, où tous les sens sont constamment branchés sur tout le monde.

    "La connaissance elle-même, dispensée sous cette forme alphabétique, s'organise et se répartit en spécialités, créant la division des fonctions, celle des classes sociales, des nations et du savoir." M. McLuhan

    Jean-Pierre Payette
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  • France Marcotte - Abonnée
    9 février 2012 08 h 14
    L'observateur du singe
    La prétention de l'observateur du singe est de dire qu'il le voit "tel qu'il est".
    Mais qui nous dit que c'est le cas? Qui nous dit que ce que voit dans le singe l'observateur n'est pas en bonne partie une projection de ce qu'il est lui-même?
    L'observateur voit peut-être le singe tel que lui, l'observateur, est.

    Une observatrice femelle y verrait-elle la même chose, dans la pratique de l'épouillage par exemple? N'y verrait-elle pas plutôt un geste de sympathie, un désir de rapprochement sincère?

    C'est le manque de modestie et l'absence de doute de l'observateur qui m'intriguent surtout ici, bien propre aux prétentions de nos humains dominants qui imposent leurs vérités.
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  • Oues81 - Abonné
    9 février 2012 08 h 21
    Excellente analogie
    L'on oublie trop souvent qu'avant d'être mammiphère et "humain", nous sommes "animal" et ces "vestiges" biologiques sont toujours bien présents...

    C'est le développement du néo cortex qui fait de l'homme un homme...ou une femme bien entendu.
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  • France Marcotte - Abonnée
    9 février 2012 08 h 22
    Ah avant!
    «La télévision, les communicateurs politiques ont changé la donne de la politique. Conséquence: pour éviter les bourdes, les politiciens n'osent plus parler. Ils sont davantage dans l'image et le comportement que dans le discours...", dit M.Picq.

    Ce passage par contre me semble criant de vérité.
    Les communications ont changé la donne.

    Mais la donne, elle était quoi avant?
    Loin des grands singes, vraiment?

    Il serait bien utile de le savoir.
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    9 février 2012 08 h 27
    Dépouiller?
    À ChantalMino: ne confondez pas épouiller et dépouiller. Épouiller, c'est l'acte, pour un singe, d'enlever les poux qui infestent le pelage d'un autre qu'il courtise. C'est ce que font les politiciens entre eux, afin de nouer des relations utiles. Dépouiller, c'est ce qu'ils font, une fois au pouvoir, au reste de la population.

    Desrosiers
    Val David
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  • jean brunet - Inscrit
    9 février 2012 08 h 38
    Opinion
    C'est méchant pour le singe...mdr.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    9 février 2012 08 h 50
    Les politiciens devraient se mettre à jour, scientifiquement parlant.
    Il faudrait que les politiciens cessent de penser que la terre est au centre de l'univers. C'est le soleil qui en est le centre. En son temps: «Il [le chanoine Copernic] devient le champion de l'univers héliocentrique et traite de «simple d'esprit» les tenants de l'univers traditionnel où l'homme créé à l'image de Dieu est au centre du monde pensé par son créateur.» (1)

    On dirait que les politiciens sont encore en retard sur le monde des sciences. Ils continuent de faire croire, ou de ne pas écouter ce que disent parfois les scientifiques quand ça fait leur affaire. Les politiciens vivent dans le monde trop étroit de l'économie, sans tenir compte du fait que l'économie n'est pas tout. Là où la population n'est pas systématiquement aliénée par les arguments économiques des politiciens, celle-ci semble plus sensible à la réalité des faits.

    L'environnement et l'économie, pour bon nombre de politiciens, la terre tourne autour des humains et c'est à eux de décider ce qu'ils en font. Pour ma part, je trouve qu'ils sont loin d'être sage. Je pense au contraire que nous habitons sur la terre pour apprendre à la respecter, elle et ses lois. Quand les politiciens, qui ont en tête uniquement la croissance étroite de l'économie comprendront cela, ils auront fait un grand pas vers plus d'harmonie.

    1) Jean D'Ommesson, «C'est une chose étrange à la fin que le monde», France, Pocket, # 14778, 2011, 283 p., p. 72-73.
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  • Leproff - Inscrit
    9 février 2012 08 h 55
    L'homo politicus
    «Sale temps pour l'homo politicus ...»

    Ah oui!! Il faudrait que notre monsieur lise les écrits de Cicéron. Il se rendrait vite compte que ce n'était guère mieux à cette poque. Comme quoi, et comme on dit: plus ça change, plus c'est pareil.
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  • Francois Otis - Inscrit
    9 février 2012 08 h 58
    Bref il ne savait plus quoi écrire pour se rendre intéressant
    En effet c'est méprisant et sommes toutes, peu créatif et sans audace de discourir avec cynisme sur la classe politique. Disons que je ne suis pas ébranlé par le courage de ce genre d'opinion.
    Ça me rappelle quand j'étais à la poly. J'avais écrit un texte affirmant aussi que les profs descendaient du singe. Et bien mes primates se sont tous concerté et ils se sont mis d'accord pour me suspendre pendant une semaine. Je crois qu'ils voulaient me faire comprendre qu'un esprit bien formé ne se laissent pas à des comparaisons aussi futiles. L'insulte, même assortie de recommandations, ou de solutions, reste un pet de l'esprit.
    L'intelligentsia française, plus elle est verbeuse, moins elle est créative.
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  • André Michaud - Inscrit
    9 février 2012 09 h 03
    TOUS des singes
    On est TOUS une sorte de singes...pas seulement les politiciens. Qui se rappelle le "Singe Nu" de Desmond Morris qui le démontrait amplement.
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  • meme40 - Inscrit
    9 février 2012 09 h 24
    Rien qu'à voir, on voit bien !
    Hey!! Aie! Y a qu'à voir. les faiseurs de pirouettes se prélasser d'aise dans le bain d'insignifiances du dimanche soir, Une ptite grafigne à la gloire d'un vaniteux qui fait rire les indigents de l'esprit , conforte la langue de bois, et sert à légitimer la non-imputabilité,( Les- M'as-tu-vu,) s'en tirent à bon compte.. .. une grimace trois petits tours.. et puis s'en vont nous laissant béats dans un miasme de non-dits ..de non information... l'inutile grassement payé par nos taxes et nos impôts ...Il y a la fornication des riches, et celle des pauvres par médias interposés.
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  • Chantal_Mino - Abonnée
    9 février 2012 09 h 34
    À M. Pierre-R. Desrosiers 8h27
    Mon jeu de mot était volontaire et avait pour but de faire exactement une prise de conscience telle que votre commentaire est écrit, mais plus encore ...

    Sachez également, qu'ils ne se gênent pas entre eux pour se dépouiller les uns les autres, si cela leur est profitable personnellement.

    M. Desrosiers, ces gens ne font preuve d'aucune générosité, tout est calculé et pragmatique pour dépouiller toute personne pouvant leur rapporter quelque chose dans un but de pouvoir ou d'$$$$$$$, ne serait-ce qu'une belle image dans nos chers médias influents de désinformation.

    Québec ... la nouvelle planète des singes ... Suite à venir ...
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  • France Marcotte - Abonnée
    9 février 2012 09 h 36
    Abolir la distance
    Difficile pour un politicien de réfléchir tout en étant à ce point obsédé par son image.

    Je suppose que c'est pour cela que leurs discours sont écrits d'avance et qu'ils ne se risquent pas à parler avec leurs tripes.

    Il sont pour beaucoup élus sur leur image, pas sur ce qu'ils disent.
    Mais ils gouvernent sur ce qui est écrit et à quoi ils ont méticuleusement réfléchi: le programme.

    Devant l'électorat, c'est principalement une représentation, comme le dit l'acteur de sa performance au théâtre.

    Hum, dilemme.

    Ce show est-il vraiment compatible avec la démocratie?

    Je ne serais pas contre le retour des tribuns qui au moins avaient avec leurs électeurs un rapport direct, la distance des médias interposés étant abolie.
    On pourrait alors au moins les haranguer quand le discours serait médiocre et les intentions réelles seraient plus difficiles à dissimuler.

    Et nous pourrions mutuellement nous épouiller d'amour...
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  • André Pelchat - Inscrit
    9 février 2012 09 h 42
    Rien de bien neuf
    Il y a longtemps qu,on sait que l'être humain est un primate. Après son patrimoine génétique ne diffère de celui du chimpanzé que de 2%. Qu'il ait des comportements en commun avec les autres primates n'a donc rien que de très normal et prévisible. Il n'y a rien de "méprisant" à constater ce fait. La seule question est : qu'est-ce qu'on fait avec ça ? Les comportements innés ou acquis, ne sont pas une fatalité. Ils sont seulement le terrain dont il faut tenir compte si on veut arriver à des résultats.

    Sauf évidemment, pour les conservateurs qui refusent la théorie de l'évolution...
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  •  
  • Normand Chaput - Abonné
    9 février 2012 09 h 42
    intéressant
    l'article est ordinaire mais je remercies les commentateurs. En fait, les commentaires sont nettement plus intéressants que le propos.
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  • Kris13104 - Inscrit
    9 février 2012 09 h 55
    Cousinage...
    L'homme ne descend peut-être pas du singe, mais le cousinage avec ce dernier est prouvé, ce qui implique des indentités comportementales liées à cette proximité.
    Pour les singes comme pour les hommes, il semble que l'on oublie un des enseignemnents essentiels d'un canadien célèbres, Marshall Mac Luhan: «Le medium est le message». Le médium évolue donc avec les techniques que l'homme a su faire évoluer. L'éloquence célèbre de Démosthène est à mettre au même rang de l'habilité à se servir du débat télévisé, le message sera d'autant plus «opérationnel» et lisible qu'il sera valorisé par un médium est bien maitrisé. Cela correspond à la gestuelle et aux démonstrations sonores de nos cousins les singes qui sont d'autant plus persuasives que compréhensives par le groupe.
    «Nous sommes bien peu de choses...» comme disait ma grand'mère.
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  • Roland Berger - Abonné
    9 février 2012 10 h 16
    Une insulte au chimpanzé
    «... l'homme politique ne s'est jamais autant rapproché, dans sa pratique politicienne, du singe et plus particulièrement du chimpanzé, estime le paléoanthropologue français Pascal Picq. » Ce monsieur date. Des études récentes montrent un chimpanzé capable d'une conduite sociale exemplaire. Voici d'ailleurs ce qu'en dit Wikipédia :

    « Les deux espèces (de chimpanzés) présentent des traits physiques, affectifs, mentaux, de même que des comportements relationnels et sociaux, voire moraux et spirituels, particulièrement remarquables pour l'être humain dans leur similitude ou parfois leur différence. »

    Comparer les politiciens aux chimpanzés, c'est faire insulte à ces derniers.

    Roland Berger
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  • slowmou - Inscrit
    9 février 2012 11 h 01
    @Richard Evoy et France Marcotte
    Les yeux fermés,
    assis immobile dans le silence,
    j'observe le défilement de mes pensées.
    Qui est l'observateur?
    D'où viennent et où vont les pensées?
    Y a-t-il deux moi en moi?
    Un moi charnel et mortel, le corps et
    un moi spirituel et immortel, la conscience?
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    9 février 2012 11 h 19
    Sommes-nous des enfants de la culture ou de la nature?
    Nous sommes en fait des animaux bipèdes. En imaginant que les singes puissent parler, ils nous diraient certainement de ne pas leur donner de ritalin, pensant que leur problème de manque d'attention est simplement dans leur gène. En bref, les bipèdes sont surtout les enfants de la culture. Si ma mémoire est fidèle, selon T. Dobzanski, l'évolution culturelle est le prolongement de notre évolution biologique. Cela dit, l'être humain n'est pas plastique au point de vouloir en faire ce qu'on veut, soit une bête de somme ou un singe savant.
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  • Benoit Fortin - Inscrit
    9 février 2012 11 h 27
    Suggestion de lecture
    Vous avez tous vu au moins une des versions de cette histoire en film... hollywoodien. Moi j'ai lu le livre original de l'écrivain Pierre Boule et je le recommande fortement.

    Les deux sujets principaux que l'auteur a traité sont les comportements humains et le voyage à très haute vitesse dans l'espace-temps. Les films n'en ont peu tenu compte ou ont dénaturé le sens.

    C'est une excellente critique de notre comportement collectif. Il est dans mon top 5 des livres que j'ai lu à vie.
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  • mohicans - Inscrit
    9 février 2012 11 h 31
    à France Marcotte "l'observateur du singe" oui... oui!
    Peu de commentaires m'ont impressionné sauf celui, fort judicieux, de France Marcotte. En effet, tous les débats sont biaisés par l'idée que l'homme (j'insiste sur le petit "h") se fait de l'homme. Sa réflexion unie-dimensionnelle oblitère et du coup nous prive de l'intelligence humaine des principes féminins. Principes vitaux qui nous sont essentiels si l'humain tient à sa survie. Le champ politique, économique, spirituel émane du cerveau mâle avec ses stratégies de compétition, de domination et sa peur de la réciprocité de la coopération. Vivement l'entrée de la Femme dans l'agora de la réflexion sur nos destinés. S'épouiller d'amour serait envisageable.
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  • emeri - Abonné
    9 février 2012 12 h 13
    Méprisant, dit la dame du haut
    Pour un, qui a le sens de l'humour super développé, Je trouve que ce monsieur
    Picq à beaucoup d'imagination et surtout, qu'il frappe dans le mil le plus souvent.

    Je visionnerez donc, comme à l'habitude l'émission de Madame Bazzo pour lui
    voir la bet et probablement me délecter de ce spécialiste des fossiles dont, entre autres, nos chers politiciens.

    Réjean Grenier.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    9 février 2012 12 h 20
    @ France Marcotte: Abolir la distance.
    Vos commentaires sont très intéressants. Je me demande si certains ne confondent pas la représentation de l'image qu'ils sont et ce qu'ils sont en réalité? Sont-ils plus porté à se voir à travers le miroir des autres ou à travers leur propre aptitude à l'introspection?
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  • Kim Cornelissen - Inscrite
    9 février 2012 12 h 58
    @ mohicans...
    je seconde...
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  • Geoffroi - Abonné
    9 février 2012 14 h 25
    « Ils sont davantage dans l'image et le comportement que dans le discours.»
    On le savait. I y en a qui ne font que ça. Pourtant une image ou la télé c'est souvent fort instructif quand on prend le temps de vraiment voir et 'entendre.
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  • Michel Miclot - Inscrit
    9 février 2012 14 h 47
    Pauvres chimpanzés
    Les comparer à des politiciens est une injure et sous prétexte qu'ils n'ont pas voix au chapitre, il est trop facile de les salir. Alors qu'il est notoire que le politicien est un invertébré dela famille des sangsues .
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  • Michel Miclot - Inscrit
    9 février 2012 14 h 52
    Epouiller vs dépouiller (Chantal_Mino)
    Le politicien épouille les puissants qui le contrôlent, mais il dépouille le citoyen qui l'a élu.
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  • Françoise Breault - Abonnée
    9 février 2012 17 h 18
    A mourir de rire...
    Ce M. Pascal Picq a un grand talent d'humoriste... De plus, il vise juste.
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  • glanglais - Inscrit
    9 février 2012 20 h 37
    L'inverse...
    Bonsoir,

    Ti-Wee me disair aujourd'hui le contraire: C'est plutôt le singe qui descend du politicien. Pourquoi pas me suis-je dit finalement.

    Gaston Langais - Gaspé.
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  • Pierre Bellefeuille - Inscrit
    9 février 2012 22 h 30
    Des singes!
    Singes et république de bananes font la paire!

    Je pense que je lirai « La psychanalyse politique », écrit par Roger Dadoun, publié aux Presses universitaires de France. Voyons si je pourrai en apprendre davantage sur le comportement de nos grands singes carencés affectifs.
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